Du Glärnisch au Tödi

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Ernst Marti. Glaris

La haute montagne en pays glaronnais S' il n' y a pas de quatre mille dans notre canton, les Alpes glaronnaises offrent néanmoins un choix varié de courses de haute montagne. Ce n' est pas sans raison que le massif du Tödi a été choisi en son temps comme premier centre d' excursions par le CAS nouvellement fondé et que on y a construit le premier refuge: la cabane Grünhorn.

Nous voulons mentionner dans notre article quelques ascensions intéressantes. On en trouvera les détails dans le Guide des Alpes glaronnaises du CAS dont une nouvelle édition, revue et mise à jour, paraîtra prochainement.

Le premier massif qui frappe l' attention quand, venant du Plateau, on roule vers le pays glaronnais, c' est celui du Glärnisch. Dans les journées claires, on voit briller jusqu' à Zurich le glacier étincelant du Vrenelisgärtli. Parmi les buts d' excur en haute montagne, c' est l' un des plus « payants ». De là-haut, le regard embrasse la Forêt-Noire, le Vorarlberg, les sommets de l' En, de l' Oberland bernois et naturellement les montagnes glaronnaises elles-mêmes. D' au tre part, l' ascension du Glärnisch est facile, du moins par la voie normale en partant de la cabane du Glärnisch. Seul le dernier passage par le Schwandergrat demande quelques précautions. Au retour, on fait parfois un crochet par le Ruchen Glärnisch ( 2901 m ), qu' on atteint, lui aussi, sans difficulté du glacier du Glärnisch. La vue plongeante sur le lac du Klöntal, deux mille mètres plus bas, est impressionnante. Les deux voies qui montent de là par le flanc nord sont rarement parcourues. Le seul itinéraire pratiqué du côté du Klöntal conduit par le Chalttäli au Vrenelisgärtli. Passant par des gazons abrupts, des pierriers et un névé, il n' est pas intéressant comme varappe, mais d' un grand charme quant au paysage.

Le chemin le plus fréquenté, du côté sud, est aussi plus ensoleillé et avenant. On part de la Guppenalp, dont les cabanes peuvent servir d' abri pour la nuit. Face au panorama des trois mille glaronnais, cette montée est particulièrement variée. Seul, le ressaut sommital présente un peu d' escalade facile du II e degré.

Le contrefort est du massif du Glärnisch est le Bächistock ( 2914 m ), qui offre trois montées, plus ou moins difficiles, par la paroi sud. Ici encore, la voie normale part du glacier du Glärnisch dans un couloir de neige du versant nord.

La traversée du massif entier ( avec l' ascension du Bächistock, le passage du Schwandergrat qu' au Vrenelisgärtli et un crochet par le Ruchen Glärnisch ) demande une journée complète. Enfin, limitant au nord le glacier du Glärnisch, se présente une crête déchiquetée, presque horizontale: l' arête ouest du Ruchen. Elle offre l' escalade la plus intéressante du groupe avec plusieurs endroits exposés et en général de bon rocher. On ne dépasse pas le IVe degré, et tous les pitons sont en place... Pourtant cet itinéraire n' est guère suivi plus de trois ou quatre fois par an!

On arrive ensuite au massif glaciaire des Clarides, une région intéressante en toutes saisons pour les alpinistes. L' itinéraire normal des Clarides ( 3268 m ) part du col du Klausen et passe par l' Is, une pente de glace qui, autrefois, avait mauvaise réputation. Elle ne pose aujourd'hui pas de problème majeur à l' alpiniste habitué aux crampons. Il en va autrement de la face nord, l' une des plus belles courses de glace des Alpes. Après avoir traverse vers le milieu de la paroi, le long d' une vire rocheuse souvent enneigée ou glacée, l' itinéraire conduit directement au sommet. Le peu de raideur de la pente ne doit pas encourager les alpinistes à marcher ensemble à la corde, s' ils veulent éviter des accidents regrettables comme ceux des dernières années.

De la cabane des Clarides, on atteint le Claridenstock après la traversée d' un glacier. Le même refuge sert de base pour l' ascension du Gemsfairenstock ( 2972 m ) et du Bocktschingel ( 307g m ), peu fré- qucntc. Les Tüfelsstöcke, situés entre les deux, voient plus rarement encore un grimpeur s' enga dans leurs rochers parfois délités.

Souvent, on traverse le Claridenstock en direction de la cabane Pianura. Ce refuge, haut perché et entouré de glaciers, sert de point de départ pour le Schärhorn ( 3295 m ), en été aussi bien qu' au printemps ( ski de haute montagne ).

Mais la silhouette qui domine ici, c' est la plus élevée des montagnes glaronnaises: le Tödi ( 3620 m ). Le gravir est aussi tentant que d' escala un quatre mille valaisan ou du massif du Mont Blanc. L' itinéraire habituel au départ de la cabane Fridolin n' est déjà pas facile. Le chemin qui conduit à la cabane passe sous les parois imposantes du Selbsanft, puis traverse le cirque sauvage situé entre le Bifertenstock et le Tödi.

L' itinéraire du Tödi passe par l' historique et petite cabane du Grünhorn avant d' atteindre le glacier de Biferten qui, dévalant les degrés trop étroits de son lit, présente un aspect chaotique. Sa chute de séracs est infranchissable, même en été, et on la contourne par un pas rocheux: la Gelbe Wand ( Paroi jaune ). Mais ce détour devient lui-même toujours plus problématique au cours de l' été, et quelquefois il est impraticable. Lorsqu' on a gagné le glacier de Biferten au-delà des séracs, les plus grandes difficultés sont vaincues. Il ne faut plus que de l' endurance pour la longue montée sur le glacier.

Compte tenu des difficultés mentionnées, on fera bien de partir de la cabane Pianura par la voie du versant sud-ouest. L' ascension se faisant par un côté moitié rocheux, moitié neigeux, il convient de se méfier des chutes de pierres, éventuellement causées par un groupe d' alpinistes partis plus tôt. En tout cas, cet itinéraire, comme celui du glacier de Biferten, demeure réserve à l' alpiniste qui s' y connaît en haute montagne.

Les autres voies du Tödi sont nettement plus difficiles, se déroulant parfois dans une roche délitée, et elles sont beaucoup moins souvent parcourues. Pour l' alpiniste chevronné, la voie de la paroi est, par le glacier suspendu du Tödi glaron- nais, représente l' accès le plus rapide au sommet. Le glacier Hinter Röti permet de gagner la brèche ( derrière le Grünhorn ) on débute l' attaque du passage-clé: un gradin rocheux difficile et haut de 15 mètres. L' itinéraire continue, toujours redressé, en ligne droite vers le sommet.

Une autre ascension recommandable est celle du couloir de glace du Rötifirn. C' est un entonnoir que surplombent les puissantes corniches du glacier sommital. On le traverse dans sa partie la plus resserrée, de droite à gauche, et l'on remonte le flanc gauche, désormais hors de la zone dangereuse, jusqu' au point culminant.

Le parcours de l' arête nord est une longue et sérieuse entreprise. Elle s' élève, en effet, en six ressauts de la Sandalp au Sandgipfel, avec une dénivellation considérable: plus de 1400 mètres. Au départ, le chemin traverse les pierriers du versant droit. On continue ensuite par le fil même de l' arête en varappe souvent très difficile.

La voie directe de la face nord-ouest est peut-être encore plus sérieuse et dans tous les cas plus impressionnante. Elle se déroule ( en droite ligne ) jusqu' au sommet et passe par une niche peu marquée de la paroi.

Ces derniers itinéraires sont réserves aux spécialistes.

Le Piz Urlaun ( 3359 m ) dont le large flanc nord limite au sud le glacier de Biferten est peu fréquenté. En revanche, le Bifertenstock ( 3421 m ) est escaladé plus souvent, mais par le versant sud ( point de départ: Brigels ) et par les itinéraires du Bänderweg ( chemin des vires ) et de la paroi sud. U Akademikerroute ( Voie des clubistes académiques ) de la paroi nord-ouest est moins courue, bien qu' elle compte parmi les plus belles ascensions du canton de Glaris du point de vue de l' am et du cadre on elle se déroule. Le coup d' œil, jeté du sommet sur la paroi verglacée et disparaissant dans la profondeur, est vraiment saisissant.

Le ressaut ouest du Bifertenstock ne totalise qu' à maintenant que 15 ascensions. De la cabane Fridolin, on atteint le pied partiellement vertical de l' arête par le couloir Schaufelberger. L' esca lade est relativement courte, mais exposée, et la qualité de la roche laisse parfois à désirer.

Au sud du Bifertenstock s' étend la chaîne de Crap Grond et Cavistrau Grond. Ces sommets dépassent les 3000 mètres. Flanqués de glaciers sur leur flanc nord, ils conviennent aux alpinistes qui aiment la solitude. Ceux-ci trouveront plus d' une escalade plaisante dans ce massif qui domine la cabane Punteglias.

Autre oasis solitaire, le massif du Selbsanft s' étend au nord du Bifertenstock. A celui qui aime la nature nous recommandons le chemin du Tierfed par la gorge de la Limmern jusqu' à l' arête nord du Vorder Selbsanft. Qui veut vraiment jouir de cette expérience bivouaquera dans une grotte sur la terrasse de Luegboden. Le lendemain, en feuilletant le vénérable livre du sommet, il pourra remonter au siècle dernier et se plonger dans l' époque des pionniers de l' alpinisme.

Autre sommet remarquable et connu, le Hausstock ( 3158 m ). Si l'on part de la sympathique cabane Muttsee, on traverse d' abord le Ruchi ( 3107 m ) et on descend l' arête, toujours plus raide et plus étroite, conduisant au Drahtseilfurggeli. Comme son nom l' indique, un câble d' acier facilite l' escalade de la partie suivante qui s' élève sur des ardoises glissantes. La vue plonge sur le cirque d' Hintersulz, d' où un itinéraire difficile conduit par le Schlössliturm ( Tour du Châtelet ) au sommet du Hausstock.

Un second itinéraire ( souvent parcouru ) conduit du col du Panix au glacier de Mer ( Gletscher da Mer ). On peut remonter le flanc du glacier jus- qu' au point culminant ou escalader l' agréable arête rocheuse est. On peut abréger la descente en laissant le col du Panix sur sa gauche et « rutscher » dans un couloir d' éboulis jusqu' à Wichlen.

A l' est d' Elm se dressent les derniers sommets glaciaires de la région des Alpes glaronnaises: les Piz Sardona ( 3056 m ) et Segnas ( 3099 m ). On y accède plutôt de la cabane Sardona, dans le val Calfeisen, ou en partant de Flims.

Nous mentionnerons encore les Tschingelhoren ( 2849 m ), cette rangée de pics dentelés au-dessus d' Elm, rendus célèbres par le Martinsloch, ce trou naturel où le soleil pénètre deux jours par année. Jusqu' à une époque récente, on n' aurait pas manqué de citer, parmi les sommets des Alpes glaronnaises, le Vorab ( 3028 m ), accessible de la cabane Martinsmaad. Mais, à cause de l' exploitation touristique inconsidérée des Alpes, le voilà, lui aussi, perdu pour l' alpiniste. Puissent les régions décrites dans le présent article n' être pas à leur tour sacrifiées au veau d' or! Ainsi pourrons-nous y vivre encore de bellesjournées dans l' insouciance et la joie de la montagne.Trad. E. Baumgartner

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