Eugène Rambert (1830-1886)

Hinweis: Dieser Artikel ist nur in einer Sprache verfügbar. In der Vergangenheit wurden die Jahresbücher nicht übersetzt.

En ce qui concerne l' alpinisme proprement dit, son activité fut considérable. Il a gravi la plupart des grands sommets des Alpes, de préférence les plus difficiles. Il a participé avec son ami Javelle à l' exploration du massif du Trient. Son principal exploit fut en 1882 l' ascension en solitaire de la Tour St-Martin ou Quille du Diable, regardée jusqu' alors comme totalement inaccessible.

Il avait le don remarquable, dit l' un de ses biographes, d' électriser ses compagnons.

Louis Seylaz EUGÈNE RAMBERT ( 1830-1886 ) Issu d' une vieille famille de vignerons, Eugène Rambert est né à Clarens où son père était instituteur. D' abord collégien, puis étudiant en théologie à Lausanne. Mais ses goûts le portent vers les belles-lettres. Aussi, après avoir complété ses études littéraires à Paris, il occupe, à 24 ans, la chaire de littérature à l' Académie de Lausanne. Mais il étouffe dans le climat d' étroit doctrinarisme qui prédominait alors chez nous, et il répond à un appel de la Haute Ecole Polytechnique Fédérale à Zurich où il professera de 1860 à 1880. Rappelé à Lausanne, la mort le fauche brusquement en pleine activité, en novembre 1886.

Tout enfant, un séjour à Rossinières pour cause de santé avait éveillé en lui le goût et l' amour de la montagne. Puis ce furent, dès 1848, les villégiatures habituelles dans son cher vallon des Plans s/Bex. A la pension Marlétaz, il était regardé comme l' enfant de la maison. Avec les guides-chasseurs Philippe Marlétaz, oncle et neveu, il gravit presque toutes les cimes de la chaîne vaudoise. Au cours des vingt ans de son séjour sur les bords de la Limmat, il parcourut en tous sens, avec son ami le professeur Jules Piccard, les Alpes de la Suisse centrale. Le 25 décembre 1866, ils effectuent la première ascension hivernale du Titlis. C' est aussi avec J. Piccard qu' il réussit en 1865 la deuxième ascension de la Cime de l' Est ( la première, en 1842, avait passé totalement

mWtm

SÈËÈmL

40 io«/.v Kurz 1854-I942 inaperçue ). A Zurich, le trio des professeurs Rambert, Piccard et Baltzer passait pour être l' équipe la plus audacieuse.

En 1864, il se joignit au groupe d' hommes éminents qui formaient le noyau de la section Uto. Pas de statuts à cette époque, pas de protocoles, en revanche, une foi magnifique, un merveilleux esprit de corps, un dévouement sans bornes pour le but que ces hommes se sont fixé: explorer les Alpes et les faire connaître. A la fête centrale de 1867 à Lucerne, Rambert exposa dans un discours mémorable les tâches du CAS:

« On parle quelquefois du Club alpin comme d' une société de gymnastes et d' équilibristes dont l' unique but est d' exciter ses membres à des prouesses alpestres. Pour nous, nous savons que c' est une société dont l' activité embrasse tout ce qui concerne les Alpes: les Alpes, voilà notre objet.

« Une société comme la nôtre ne doit pas craindre d' embrasser un vaste horizon, de laisser venir à elle la science et la poésie, et les simples jouissances de la vie en plein air. Plus le club alpin élargira le cercle de son activité, plus il sera fort contre les préjugés dont il peut être l' objet. » Plus tard, parlant de Weilenmann en qui il voit le grimpeur idéal, qui grimpe pour le plaisir de grimper, il conclura: « Au fond, le clubiste est un homme qui a le goût de l' aventure, et sur qui la société moderne fait l' effet d' une prison. » Le meileur moyen, a-t-il dit, de détruire les préjugés du peuple contre le CAS, c' est de lui faire connaître les Alpes, ses richesses et ses beautés. Aussi, dès 1860, c'est-à-dire avant la fondation du club, Rambert a conçu le plan d' un grand ouvrage, Les Alpes suisses, dont les cinq volumes paraîtront de 1866 à 1875, et qui embrasseront tous les phénomènes alpins. Une partie a été traduite et publiée en allemand sous le titre: Aus den Schweizer Bergen.

Eugène Rambert a présidé la fête centrale à Lausanne en 1872; il fut Président central de 1882 à 1884. Pendant de nombreuses années, il fit partie de la fameuse Commission des glaciers. Le 6 septembre 1886, l' Assemblée générale de Winterthour le nomma membre d' honneur du CAS. Quelques semaines plus tard, il fut terrassé par une embolie cérébrale.

En 1895, la section des Diablerets a honoré la mémoire de Rambert en donnant son nom à la cabane qu' elle construisit à la Frète de Sailles, au pied des Muverans.Louis

Feedback