Le ski en Australie

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PAR GEORGE F. J. BERGMAN, SYDNEY

Avec 3 illustrations et I carte ( 148-150 ) 1° Son développement Lorsque l' an dernier j' écrivis à un ami en Europe que j' avais fait à ski l' ascension du Mount Kosciusko, le plus haut sommet de l' Australie, il fut fort étonné et me demanda comment il était possible de faire du ski dans ce continent, avec de pareilles chaleurs! Le brave homme ne semblait pas se rendre compte clairement que dans l' hémisphère austral le climat se tempère et se refroidit à mesure qu' on se rapproche du pôle sud. S' il n' est pas précisément nordique, celui de la partie méridionale de l' Australie, où se trouvent les terrains de ski, rappelle celui du Midi de l' Europe. Tout comme dans les Alpes Maritimes, on fait du ski dans les Alpes Australiennes qui, avec la Tasmanie, constituent les seuls mais très vastes domaines du ski dans ce continent. Il est significatif que l'on ait donné à ces Alpes le nom de Snowy Mountains ( Montagnes Neigeuses ), et Snowy River au fleuve qui en sort.

Le groupe principal des Alpes Australiennes se trouve dans la Nouvelle Galles du Sud; il forme une chaîne presque ininterrompue de 110 kilomètres. Les montagnes du sud, moins importantes, avec le Mount Buller, le Mount Hotham, le Mount Bogong et le Mount Buffalo, appartiennent à l' Etat de Victoria.

Les principaux champs de neige de l' Australie se trouvent dans cette chaîne qui se développe en forme de croissant parallèlement à la côte sud-est du continent. Les Alpes Australiennes, constituées de roches primitives très érodées, comptent parmi les plus anciennes montagnes du monde; elles ne possèdent pas de glaciers. Leurs zones supérieures présentent une grande analogie avec les chaînes moyennes de l' Europe, Jura, Sudètes, Kärntner. Leurs crêtes allongées et leurs plateaux ondulés tombent brusquement dans des vallées fortement boisées. Les sommités touchent la cote 2000 m; la plus élevée, le Mount Kosciusko, atteint 2234 m K Les Alpes Australiennes ne présentent à l' alpiniste aucun problème d' escalade ou autre, mais seulement la possibilité de faire de belles excursions. Par contre le skieur y trouvera une riche variété de terrains. Pendant les mois d' hiver - de la fin juin à la fin septembre - et souvent jusque tard au printemps, il y a dans les parties les plus élevées jusqu' à 10 m de neige; on pourrait y faire du ski pendant des semaines dans un secteur presque aussi vaste que la Suisse.

On pourrait, dis-je. Car ces Alpes, pour leur plus grande partie, sont si éloignées des grandes villes, qu' elles sont difficilement accessibles aux skieurs peu fortunés, et les refuges, sauf dans quelques rares districts très fréquentés, sont encore bien insuffisants. C' est pourquoi la pratique du ski est aujourd'hui concentrée dans certaines régions d' accès plus facile.

Les nouvelles routes construites par les grandes entreprises de forces hydrauliques - Snowy Mountains Scheme en Nouvelle Galles du Sud et Kiewa Scheme dans l' Etat de Victoria - ont eu pour résultat d' ouvrir de nouvelles vallées, ce qui a fortement contribué au développement du ski en Australie ces dernières années.

1 Le Mount Kosciusko fut gravi la première fois par un Blanc le 15 février 1840 ( voir Dr J. Bergman: « Vie de l' explorateur Sir Edmund Strzelecki et son ascension du Mount Kosciusko » [Der Bergsteiger, 1953, pp. 228 et suivantes] ).

Toutefois, en comparaison des masses qui préfèrent la mer et les sports aquatiques, le pourcentage des Australiens qui passent leurs vacances sur les champs de neige est encore très petit. Il y a plusieurs causes à cette abstention: d' abord l' antipathie insurmontable des Australiens pour tout ce qui touche à l' hiver et au froid; puis le fait que la plupart des Australiens ont l' habitude de prendre leurs vacances en été. Quoi qu' il en soit, les sports d' hiver restent en dehors des moyens financiers de la très grande majorité des habitants de l' Ouest et du Sud, ainsi que de ceux du Queensland. Toutefois, les raisons principales de cette carence sont bien avant tout celles mentionnées ci-dessus: la difficulté d' accès des terrains de ski, leur éloignement des grandes villes et l' insuffisance des refuges et hôtels. Le voyage de Sydney aux Alpes exige, dans les conditions actuelles, soit une nuit en chemin de fer plus une demi-journée d' autocar, et éventuellement l' utili d' une « chenille », soit l' avion avec le complément du trajet en auto. Jusqu' en 1960, c'est-à-dire jusqu' à ce que les compagnies de chemins de fer aient compris l' importante de cette nouvelle vague, le ski de fin de semaine était réservé aux sportifs de la classe aisée qui pouvaient se payer un avion, ou aux « mordus » qui ne redoutaient pas un trajet de 8 à 10 heures en auto.

Dans l' Etat de Victoria, les conditions sont plus favorables, car les terrains de ski sont plus proches de Melbourne, la capitale. Aussi, bien que le ski y ait été introduit beaucoup plus tard que dans la Nouvelle Galles du Sud, il s' y développa plus rapidement dès la fin de la deuxième guerre mondiale. Avant la guerre, le ski en Australie était surtout une affaire mondaine. Pour les dames en particulier, le bal annuel du Ski Club et la douzaine de « cocktails parties » qui précédaient la saison d' hiver étaient bien plus importants que la neige.

On constate toutefois que depuis la deuxième guerre mondiale le ski tend à pénétrer dans des masses populaires de plus en plus nombreuses; il n' est plus réservé à une classe privilégiée.

2° Histoire du ski en Australie Ce sont des Norvégiens, que la découverte de l' or avait attirés en Australie vers le milieu du siècle passé, qui ont introduit le ski dans le continent austral. C' est pourquoi, si étrange que cela puisse paraître, le ski a fait son apparition en Australie plus tôt qu' en Suisse. C' est vers 1860 qu' un Norvégien, qui se disait apparenté au célèbre explorateur polaire Amundsen, apporta ses skis au village minier de Kiandra, situé dans les ramifications des Alpes Australiennes. Le 6 août 1861 paraissait dans le Sydney Morning Herald la première mention du ski dans le continent. Cette nouvelle méthode de déplacement gagna des adeptes à Kiandra, où fut fondé en 1878 le premier ski club de l' hémisphère sud, et sans doute l' un des premiers du globe. L' activité des membres du club de Kiandra se bornait toutefois à aller faire leurs emplettes à ski ou quelques balades dans les environs. Il n' était pas question de technique ni de randonnées en montagne. Les fixations par trop élémentaires que les Norvégiens avaient apportées avec eux et qui, faute de contact avec l' Eu et dans l' ignorance des expériences faites ailleurs, furent utilisées pendant des dizaines d' an dans les Alpes Australiennes, ne permettaient aucune entreprise sérieuse. Et personne, dans les grandes villes, ne montrait le moindre intérêt pour ce nouveau sport.

Ce n' est qu' en 1896 que quelques amateurs de Sydney, sous l' inspiration du photographe et propriétaire de mines Charles Kerry, considéré généralement aujourd'hui comme le père du ski en Australie, fondèrent l' Alpine Club de la Nouvelle Galles du Sud. Le fait qu' ils abordèrent pour leur début le plus gros problème, soit l' ascension hivernale du Mount Kosciusko, montre le sérieux et l' esprit entreprenant de ces pionniers. L' ascension à ski fut réussie au cours de l' hiver 1897 par Kerry, McAlister et quelques compagnons. Le retour fut rapide. Kerry écrit: « Nous nous assîmes sur nos skis et dévalâmes à toute allure les pentes que nous avions gravies péniblement le matin. » Il n' est pas étonnant que l' enthousiasme du jeune Kerry se soit refroidi bientôt et qu' au tournant du siècle le club ait déjà cessé d' exister.

En 1898, une expédition scientifique composée de J. Jensen, C. Wragge, B. Ingleby et B. Newth fut envoyée en hiver dans le massif du Mount Kosciusko. Ses membres bivouaquèrent d' abord sous les tentes polaires qu' ils avaient apportées; plus tard, ils logèrent dans une petite cabane. Ils utilisaient les skis des Norvégiens de Kiandra. La description que donne Newth de la fixation et de la technique employée n' est pas sans intérêt: « Nous enfilâmes la pointe de nos bottes de caoutchouc dans une sorte d' étrier formé d' une simple courroie de crampon, dans lequel elles « flottaient » librement; après quoi nous fixâmes solidement les bottes à nos ceintures avec des ficelles, de peur de les perdre en cas de chute. Nous tenions à la main un bâton que nous traînions dans la neige pour faire les virages, tantôt à droite, tantôt à gauche. Pour empêcher de prendre une trop grande vitesse, nous nous asseyions sur le bâton, creusant ainsi un sillon dans la neige. » Avec ce matériel primitif et une technique à la « Zdarsky », ils parcoururent les montagnes environnantes. Malgré cela, Newth parle avec enthousiasme de leurs magnifiques descentes, à cheval sur le bâton de freinage.

En 1909 fut fondé l' actuel Kosciusko Alpine Club, groupement de skieurs et non pas de grimpeurs. Il doit sa création à la construction cette année-là, par le gouvernement de la Nouvelle Galles du Sud, de l' hôtel Kosciusko, à 1665 m. Grâce à la présence de ce point d' appui - encore qu' il soit situé trop bas - l' exploration du massif comme terrain de ski progressa dès lors rapidement.

Juillet 1913 voit arriver dans la région l' alpiniste autrichien Franz Malcher. Il entreprit et réussit toute une série de « premières » hivernales. Il fut aussi le premier à renseigner les skieurs européens sur les possibilités de ces nouveaux champs de neige1.

Après la guerre 1914-18 paraissent les premières femmes à ski, en chapeau de ville et la plupart encore en robe longue;alors que les skieuses européennes avaient depuis longtemps adopté le pantalon.

En 1919 parut le premier annuaire du Kosciusko Alpine Club; cette même année fut organisé le premier concours de ski.

On s' était bientôt rendu compte que l' hôtel Kosciusko était situé trop bas, et dès 1920 des voix proposèrent d' édifier un autre refuge plus haut, dans la large combe du Charlotte Pass, à 20 km de l' hôtel. Il fallut attendre dix ans la réalisation de ce désir. En attendant, les pionniers purent utiliser, comme point de départ pour leurs explorations, une petite cabane en bois construite par le géomètre Bett, et connue sous le nom de Bett' s Camp.

En 1920, quelques anciens membres du club Kosciusko fondèrent le Ski Club of Australia. Contrairement à la tendance aujourd'hui prevalente, qui va au ski de compétition, le nouveau club inscrivait comme but principal les courses et l' exploration des hautes régions. Il construisit à la source de la rivière Finn la première cabane pour skieurs, la Tinn Hut, petit refuge non gardé qui devait faciliter la traversée du massif principal. Plus tard, on citait cette cabane comme offrant le meilleur exemple d' une porte mal orientée, soit du côté du vent.

Un des plus éminents promoteurs du ski en Australie fut le médecin Herbert Schlink, de Sydney. Durant l' hiver 1921, le Dr Schlink et Storaker, accompagnés d' un indigène qui se donnait pour guide, firent la première tentative de traversée hivernale des Snowy Mountains, de Kiandra à 1 Cf. Zeitschrift des Deutschen und Österreichischen Alpenvereins, 1933, pp. 48 ss. 248 l' hôtel Kosciusko. Mais il s' avéra que le prétendu guide ne connaissait pas la contrée. Parvenus au sommet du Gun Garden ( 2064 m ), ils furent contraints de faire demi-tour. Ce n' est qu' en juillet 1927 que le Dr Schlink, avec le Dr E. Fisher, J. Laidley, W. Gordon, de Sydney, et W. Hughes, de Kiandra, réussirent en trois jours la traversée à ski de la partie nord des Alpes, de Kiandra à l' hôtel Kosciusko. C' était également la première traversée du « Main Divide Range » ( ligne principale de partage des eaux ), qui va du Mount Kosciusko au Mount Twynam. A la suite de cette expédition, l' Office du Tourisme de la NSW fit construire, à la jonction de la rivière Pound' s Creek et du fleuve Snowy River, la cabane non gardée Pound' s Creek Hut.

En 1925, le Ski Club de Victoria avait commence son activité et publié son premier annuaire. Les ascensions hivernales dans les Alpes victoriennes avaient débuté déjà dans les années « 80 », mais sans ski. Le Mount Feathertop fut gravi en 1889 par des membres du Bright Alpine Club, qui centra son activité sur la région du Mount Buffalo. Toutefois, le ski ne se développa vraiment qu' après la première guerre mondiale. Les Bogong High Plains furent franchies pour la première fois en juillet 1926 par le Dr Yof G. Rush et ses compagnons. La caravane dut passer la nuit dans des huttes alpestres. Toutefois le ski ne devint populaire dans l' Etat de Victoria qu' après la deuxième grande guerre, lorsque furent construits des refuges au Mount Hotham et au Mount Buller.

Deux hommes, le Norvégien George Aalberg et l' Australien John Collins, exercèrent une grande influence sur le développement du ski australien, vers la fin des années « 20 ». Le premier introduisit la technique scandinave; le second, pendant ses années d' études en Europe, s' était familiarisé avec les méthodes modernes. Il apporta en Australie le slalom et le chronométrage des épreuves de compétition.

Août 1928 enregistra le premier accident d' alpinisme hivernal: surpris par une tempête de neige lors de l' ascension du Mount Kosciusko, Even Hayes et Kaurie Seeman périrent de froid. En souvenir des victimes, la famille Seeman construisit une petite cabane, la Seeman' s Hut.

Cette même année 1928 vit le premier pas vers une organisation rationnelle du ski en Australie. Le Kosciusko Alpine Club et le Ski Club of Australia se joignirent au Millions Ski Club et au Sydney University Ski Club, créés dans l' intervalle, pour former le Ski Council of New South Wales. Cette association fonda en 1930 la première maîtrise de ski. C' est également en 1930 qu' eut lieu le premier vol vers les champs de ski. La construction du « Chalet » sur le Charlotte Pass par le gouvernement de NSW facilita dès lors l' accès aux sommets éloignés. Le « Chalet » brûla en août 1939, mais fut immédiatement reconstruit. L' école de ski de Kosciusko fut ouverte en 1933 et en 1936 l' Australie, pour la première fois, envoya un représentant aux concours de la FIS à Innsbruck.

Au cours des années suivantes, Tom et Elyne Mitchell entreprirent d' explorer à fond les « faces ouest », c'est-à-dire le versant occidental de la chaîne, dont les pentes très raides, grâce aux progrès de la technique, sont aujourd'hui praticables à ski. Ils ont raconté leurs aventures dans un volume richement illustré, Australia' s Alps.

Entre temps, tout le massif du Mount Kosciusko avait été déclare Parc National, réserve de Protection de la Nature. Heureuse pour la saison estivale, cette mesure s' avéra néfaste au développement des sports d' hiver, car le gouvernement qui, avec l' hôtel et le chalet, avait en fait un vrai monopole, n' était pas dispose à accorder l' autorisation de construire d' autres auberges ou cabanes de club.

L' arrivée de nombreux Allemands et Autrichiens, victimes des persécutions nazi, donna dès 1938 une très forte impulsion - encore que temporaire - aux courses à ski. Ces hommes, avec leur riche expérience européenne d' alpinistes et de skieurs, rendirent bientôt très populaire le tourisme d' hiver. La fin de la deuxième guerre vit une nouvelle invasion de skieurs: Polonais, Tchèques, Hongrois, Suisses, etc., que les Australiens cataloguaient habituellement sous l' étiquette de « The Unpronounceables » ( ceux dont on ne peut prononcer le nom ). Le Tchèque Georg Tacheci, vainqueur en 1949 de la course de fond de Nouvelle Zelande, était appelé « Tuck a ski » ( emmaillote le ski ) par ses collègues du club australien. De nouveaux clubs de ski voient le jour à Sydney, Melbourne et dans la capitale fédérale Canberra.

Une des fondations les plus importantes fut celle des « Ski Tourers Association » qui, sous la direction de l' Autrichien Karl W. Anton, ne tarda pas à exercer une grosse influence sur la suite de l' exploration des Alpes. Il s' agissait en premier lieu de livrer assaut contre l' interdiction de construire des refuges dans le Parc National. Avec l' aide de la presse et de quelques parlementaires, une croisade fut organisée dans ce but. Lorsque, le 18 avril 1951, l' hôtel Kosciusko fut incendié, comme le gouvernement ne faisait pas mine de le reconstruire ou d' en bâtir un autre à plus haute altitude, les voix furent plus nombreuses à réclamer la levée de l' interdiction, et avec d' autant plus de force que les sports d' hiver émigraient dans l' Etat de Victoria, où les stations de ski se développaient sans aucune restriction1.

La « Ski Tourers Association » réussit enfin à forcer la défense. En 1951 elle construisit la « Lake Alpina Lodge ». Comme la construction par des ouvriers régulièrement rétribués aurait carte trop cher, les membres du club sacrifièrent leurs vacances d' été pour édifier eux-mêmes une cabane de ski selon les modèles européens. En définitive, l' incendie de l' hôtel tourna à l' avantage du ski. Le gouvernement fut force de céder, d' autant plus que les travaux d' équipement hydroélectrique des Snowy Mountains, commencés en 1949, rendaient caduques les ordonnances strictes pour la protection du district. Il n' était dès lors plus possible d' empêcher une évolution imposée par les faits.

Les firmes qui avaient obtenu les concessions pour la construction des barrages et usines des Snowy Mountains, non seulement édifièrent des villages entiers pour loger leurs ouvriers, mais elles introduisirent des skieurs qualifiés dans le pays. Les Norvégiens employés par la grande société Selmer, spécialisée dans le percement des tunnels, installèrent le premier grand tremplin, et le 3 août 1952, anniversaire du roi Haakon, eut lieu le premier concours de saut. Ils construisirent leur propre cabane de ski près du barrage de Guthega. La « Snowy Mountains Authority », organisme d' Etat, dut tracer des routes pour les travaux, lesquelles servirent dès lors au tourisme. Une de ces routes, dite « Alpine Way », créait une nouvelle voie de communication reliant les Etats de NSW et Victoria, et ouvrait les vallées de Thredbo et de Geehy jusque-là quasi inaccessibles. Le gouvernement dut suivre le mouvement et se vit oblige de lever presque entièrement l' interdic de bâtir, pour les particuliers aussi bien que pour les clubs.

Sans tarder, d' autres sociétés sportives se mirent à construire des refuges. Tout un village, comptant plus de vingt cabanes de ski, s' éleva au Perisher Gap, au-dessous du Col Charlotte. En 1960 vinrent s' y ajouter trois grands hôtels modernes. Presque toutes les régions des Alpes praticables à ski furent équipées de skilifts.

Jusqu' en 1956, le danger d' avalanches était considéré comme inexistant dans les Alpes Australiennes. En juillet de ladite année, à la suite d' une chute de neige exceptionnellement abondante, une avalanche descendue du Mount Clarke emporta la cabane Kunama, construite en 1952 dans une tombe, et fit la première victime de la neige. On est devenu dès lors plus prudent dans le choix de l' emplacement des nouvelles cabanes.

1 L' hôtel Kosciusko n' a pas été reconstruit. En 1959 la vaste dépendance où logeait le personnel fut transformée en « Guesthouse » ( maison d' accueil ), exploitée par le maître de ski tchèque Toni Sporer.

Le premier skilift australien date de 1959. Les pentes sud de la vallée de Thredbo, où les neiges sont sûres, furent aménagées, et un skilift construit par des spécialistes européens sous le patronage de la « Ski Tourers Association ». De la station supérieure, où l' Association a placé sa cabane Ka-cela, on atteint facilement et en peu de temps le sommet du Mount Kosciusko. Autour de la station inférieure s' est groupé un nouveau village de ski, comprenant plus de 40 chalets particuliers et des auberges.

Tandis que le « Canberra Alpine Club » de la capitale fédérale trouvait son champ d' activité au Mount Franklin voisin, un nouveau district s' ouvrait à Falls Creek pour les skieurs du nord de Victoria. Ils le doivent également à une entreprise de forces hydrauliques, la « Kiewa Scheme », de Victoria.

La Fédération nationale australienne du ski ( ANSF ), fondée en 1932, met tout en œuvre pour rendre le ski populaire en Australie. Elle recommande aux débutants de se soumettre aux épreuves officielles, où il s' agit de descendre correctement certaines pentes standard sur des montagnes choisies. Ces épreuves, du reste, furent déjà introduites vers la fin des années « 20 » sur recommandation de Sir Arnold Lunn. Quelque bien intentionnées que soient ces mesures, elles montrent que l' an tendance à mettre les courses de descente au-dessus du ski de tourisme a de nouveau prévalu. Elle caractérise l' esprit sportif de l' Australien, qui en général met la compétition au-dessus du plaisir que peut procurer une belle randonnée à ski.

Quoi qu' il en soit, sous l' influence d' une immigration accentuée d' Européens et grâce à l' amé des voies d' accès et des possibilités de logement, on constate un développement qui semble devoir aboutir à faire du ski un sport vraimment populaire. Durant l' hiver 1959 ont circulé les premiers « Skisonderzüge » et juin 1960 a vu les premiers trains de ski de weekend. Lors d' une série de trois jours fériés, on a compté près de 5000 skieurs dans les régions de Kosciusko et de Thredbo. Beaucoup d' entre eux durent passer la nuit dans leur voiture!

3° Toponymie Le fait que toute une série de montagnes doivent leur nom à la pratique du ski marque l' impor des sports d' hiver pour les Alpes Australiennes. Avant l' arrivée des Blancs, les mots d' Aus portaient des noms indigènes dont quelques-uns sont restés. Merveilleux observateurs de la nature, les aborigènes avaient inventé des dénominations poétiques, telles que Lac Cootapatamba ( où l' aigle vient boire ), et le Mount Bogong a emprunté son nom à une teigne ( Agretus suffusa ) dont les indigènes viennent se rassasier lors des cérémonies d' initiation ( Banquet des Teignes ) 1.

Les Blancs furent moins poétiquement inspirés. Nombre de sommités, surtout dans les Snowy Mountains - et cela est significatif - ont pris le nom des pionniers du ski, par ex. Mount Clarke, Kerry View, etc. L' humour féroce avec lequel les premiers skieurs raillaient leurs timides débuts s' exprime par des appellations telles que « Varsity Drag » ( sabot de l' université ), « Mary' s Slide » ( Glissade de Marie ) au Mount Hotham, « Fanny' s Finish » ( Fin de Fanny ), « Shaky Knees » ( Genoux tremblotants ) au Mount Buller. A Falls Creek une descente s' appelle « Frying Pan » ( Pale à frire ).

En Nouvelle Galles du Sud, les expériences des skieurs semblent avoir été moins amusantes; une montagne s' appelle « Paralyser », une autre « Perisher » ( Meurtrière ). Toutefois, on trouve 1 Voir Les Alpes, 1959/11, pp. 129 et ss.

aussi près de l' ancien hôtel Kosciusko une « Plain of Heaven » ( Plaine du ciel ), un Mount Sunrise » ( Lever de soleil ) et « Pretty Point » ( Belle Place ). Quelques toponymes ont leur origine dans l' utilisation des montagnes comme pâtures d' été. « The Blue Cow » ( Vache bleue ), « The Grey Mare » ( Jument grise ), « Ramshead » ( Tête de bélier ).

4° Principaux terrains de ski australiens A. Nouvelle Galles du Sud: The Snowy Mountains ( 1765-2135 m ), le plus ancien et le plus important centre de sports d' hiver; belles descentes et belles courses.

1° Mount Kosciusko. Logement au « Chalet » du Charlotte Pass; quelques cabanes privées « Alpina » et « Guthega »; accessible en voiture de Cooma à Smiggins Hole ( hôtel ), les derniers 11 km en auto-chenille.

2° Mount Perisher ( 1768-2042 m ). A 9 km au-dessous de Charlotte Pass; gros village de skieurs, cabanes de clubs et 3 hôtels.

3° Thredbo Valley ( 1829-2134 m ). Village de ski avec télésiège pour Crackenberg Range, auberge de jeunesse; de Cooma en voiture par l' Alpine Way.

Région de Kiandra ( 1520 m ). Pentes douces, terrain idéal pour débutants, cabanes de clubs, auberges de jeunesse.

Wilsons' s Valley ( 1460 m ). Au-dessous de l' ancien hôtel Kosciusko, à la limite des neiges; automotel récemment construit par l' Etat.

B. Territoire de Canberra ( capitale australienne ) Mount Franklin ( 1696 m ), Little Gimmi ( 1778 m ). A 61 km de Canberra. Le « Canberra Alpine Club », fondé en 1937, a construit ici une cabane de ski selon le modèle autrichien; l' Académie militaire australienne a aménagé au Mount Gimmi son propre champs de ski.

C. Victoria L' Etat de Victoria possède dans les Alpes méridionales de nombreux et excellents terrains de ski. Etant donné que ces stations peuvent être atteintes facilement de Melbourne en weekend, elles se développent plus rapidement que celles de la Nouvelle Galles du Sud, moins faciles d' accès. Une caractéristique de ce district est que les refuges se trouvent pour la plupart sur le plateau sommital et qu' il y a peu de vrais sommets.

Mount Buller ( 1805 m ). Une des dernières ramifications méridionales des Alpes Australiennes. But favori des skieurs de Melbourne, à 160 km de cette ville; généralement enneigé de juin à octobre. Autobus à prix réduits le dimanche. Plus de 50 chalets et cabanes de ski et trois auberges ( l' une s' appelle Arlbergerhaus ). C' est à l' Autrichien Helmuth Koller qu' est dû le développement de cette station.

Mount Hotham ( 1860 m ). Au centre des Alpes de Victoria, à 380 km de Melbourne. Accès parfois difficile en hiver, les derniers kilomètres jusqu' aux deux auberges et aux dix cabanes de clubs devant être franchis à pied. Terrain de configuration alpine, permettant de nombreuses descentes dans de petites vallées; quelques eminences sur le plateau.

Falls Creek ( 1585 m ). A l' entrée des terrains de ski des Bogong High Plains. Ce village de cabanes de ski se vante d' être actuellement la seule station hivernale sur le modèle continental. Courses faciles, en général bonne neige; accessible d' Albury.

Mount Buffalo ( 1675 m environ ). A 322 km de Melbourne; facilement accessible par train et autobus. Chalet de l' Administration des Chemins de fer de Victoria. Convient particulièrement aux débutants; les skieurs chevronnés y regretteront bientôt le manque de belles descentes. Skilift.

Mount Bogong ( 1980 m ). La plus haute montagne de Victoria; elle offre probablement les plus belles pentes et la plus longue saison de ski du pays. Malheureusement difficile à atteindre; à elle seule, la marche d' approche jusqu' à la cabane du Victoria Ski Club dure deux jours.

Outre ces centres principaux, il y a dans l' Etat de Victoria quelques montagnes à ski de second rang: Plateau Bawbaw ( 1500 m ), Lake Mountain ( 1463 m ), Mount Wills ( 1755 m ) où l'on ne trouve que peu ou pas de refuges.

D. Tasmanie C' était jusqu' ici le paradis de l' alpinisme d' été; il y a cependant dans cette île un certain nombre de terrains de ski qui se prêtent à de belles randonnées.

Ben Lommond ( 1573 m ). Champ de ski très couru dans le voisinage de Launceston, au nord de la Tasmanie.

Mount Field National Park ( 1230 m ). A 87 km de Hobart, la capitale, au sud de file; quelques refuges.

Mount Wellington ( 1256 m ). Cette montagne domine Hobart; pentes d' exercices.

Craddle Mountain National Park, au NW de file. Lieu de villégiature très fréquenté en été, mais peu visité par les skieurs. Sites de haute montagne. Quelques cabanes-abris. La pension Wald-heim fut construite par le naturaliste Gustav Weindorfer qui fut le premier à utiliser les skis en Tasmanie.

Dans les régions sauvages du SW de la Tasmanie se dressent les monts King William, Hartz, etc., où il y aurait certainement de belles « premières » hivernales à faire. Les premières courses à ski dans les monts du Hartz datent de 1931.Traduit par L.S.

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