Vétéran, c'est le soir

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Par M. Grisel.

Vétéran, c' est le soir! Si ta vigueur décline, L' alpe au loin te sourit, elle t' appelle encore. Son langage t' émeut, sa beauté te fascine; Aux stériles regrets ne donne pas l' essor.

Garde jalousement des heures d' allégresse, De la joie des hauteurs le brillant souvenir. Fortuné vétéran, tu as une richesse Que personne ici-bas ne saurait te ravir.

Contemple de nos monts les blanches pyramides, Leur chaîne qui s' étend en traits harmonieux, Où les sommets dressés sont les cariatides Que le Créateur mit sous la voûte des cieux.

Et vois: quand vient le soir, lorsque le soleil sombre Dans l' abîme sans fond et descend lentement, L' astre du jour encore veut triompher de l' ombre, Verse ses derniers feux sur leurs croupes d' argent.

La montagne s' embrase; un sublime incendie A cet ardent baiser s' est alors allumé. Angelus émouvant, triomphante harmonie, Eclats de cuivre et d' or sur ses flancs enflammés!

Dans le jardin du ciel vont fleurir les étoiles; La cime, en s' éteignant, nous dit ce mot: « Espoir ». Bientôt sur nous aussi la nuit tendra ses voiles... Espère et souviens-toi, Vétéran, c' est le soir!

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