Appareils GPS à l' épreuve de la pratique Quelle est l' utilité de ces discrets accessoires?

On trouve maintenant des assistants électroniques destinés à l' accompa de presque toutes les activités de plein air. La balise GPS sera bientôt un équipement de base. Quel est le bon modèle? Comment s' en servir? Où se situent les limites des compétences du modeste touche- à-tout de la technologie? Voici un test de produits issus de la jungle de l' électronique.

Un développement vertigineux

L' électronique au service des activités de plein air a fait ses premiers pas au début des années 70 du siècle dernier. La création du code binaire ASCII utilisé en informatique a nettement amélioré le traitement des données par les ordinateurs, et les bases de la navigation satellitaire ont été posées peu après. Le GPS ( Global Positioning System ), créé par le Département américain de la défense pour des besoins militaires, fut livré aux applications civiles dès 1983. Vingt-six ans plus tard, les capteurs GPS montrent leur chemin à des milliers de sportifs de plein air, au moyen de « waypoints » et de « bearings ». Le développement dans le domaine de l' électronique au service des sports de plein air a pris un rythme effarant, à peine décalé de celui de la branche informatique.

Le domaine d' utilisation de l' électro outdoor s' est prodigieusement étendu, ce qui rend difficile au consommateur le choix de l' instrument à emporter absolument lors d' une excursion. Personne n' est tenté de remplir d' appa électroniques la moitié de son sac à dos, pour être contraint d' en bannir le pique-nique. Le flux des informations fournies par la balise n' est pas toujours d' une grande utilité au sportif: les vues en trois dimensions du paysage environnant sont proprement superfétatoires. Avec un peu d' entraînement et une capacité convenable de représentation spatiale, n' importe qui peut se faire une image des régions avoisinantes. Les jeux que l'on trouve sur ces appareils sont en général superflus, sauf à se trouver seul dans sa tente et ne savoir comment s' y occuper.

Utilisation des appareils

La technique doit aider l' homme dans ses activités, mais on n' y trouve avantage que si les instruments sont pratiques. Dans un environnement favorable, un appareil bien conçu doit pouvoir être utilisé par n' importe quelle personne. Mais que se passe-t-il lorsque la pluie, le vent, le froid ou la neige rendent son maniement difficileLes appareils doivent pouvoir être utilisés de manière intuitive, les menus indicateurs et les fonctions doivent répondre aux sollicitations dans les conditions les plus défavorables. La firme Garmin propose sur ses plus récents appareils des écrans tactiles qui restent fonctionnels même par températures négatives, et utilisables avec des gants. Le fabricant anglais de balises GPS Satmap propose pour la même raison un grand écran et des touches. Mais attention! Un excès de technique peut aussi augmenter le risque de dysfonctionnements. Si l'on veut s' assurer d' une utilisation sans faute dans le terrain, il est indispensable de se familiariser avec l' appareil dès son acquisition, en s' aidant des instructions fournies par le fabricant. Celles-ci peuvent prendre différentes formes: manuels imprimés, CD ou fichiers télé-chargeables sur internet. La meilleure formule est incontestablement la disponibilité de programmes d' apprentissages interactifs sur internet, ou mieux encore la présence de tels programmes sur les appareils eux-mêmes. SUUNTO, par exemple, explique les fonctions et manipulations de base de son modèle phare X10 au cours d' un week-end interactif. Garmin est allé jusqu' à programmer un didacticiel sur les modèles de la série Oregon: les premiers pas de la navigation peuvent être appris de façon ludique avec « Wherigo », bien utile aux débutants.

On peut proposer le schéma suivant pour l' entraînement à l' utilisation des appareils: dans une première phase, il faut se familiariser avec l' appareil. Cela doit se faire dans les meilleures conditions de fonctionnement ( à la maison, par exemple ), à l' aide de la documentation. La deuxième phase est celle de la consolidation, qui consiste à utiliser l' ap dans des conditions optimales de temps, de disponibilité, etc., pour de petites promenades en territoire connu. On apprend alors les subtilités du maniement en renforçant la maîtrise que l'on a du fonctionnement.

La troisième phase est celle de l' ex, qui commence par l' explora d' itinéraires inconnus, toujours dans des conditions optimales, et l' ac de tâches complexes. C' est ainsi que les fonctions utiles aux activités de plein air pourront être maîtrisées. Il y faut une manipulation adéquate, aussi indispensable à se déplacer sûrement dans la nature que l' entraîne des capacités physiques. Pour ceux qui ne se sentent pas une âme d' autodi et qui préfèrent s' instruire en groupe, sous supervision, il est possible de s' inscrire à un cours auprès du CAS, de la plupart des écoles d' alpinisme et de certains commerces spécialisés d' articles de sport.

Jamais sans ma carte

Malgré les possibilités offertes par les appareils actuels et leur précision, il ne faut jamais négliger ce principe: l' électro peut ne pas suffire, il faut toujours avoir dans son sac une carte imprimée et une boussole. Tout le monde doit savoir lire une carte, rebrousser chemin ou se diriger à la boussole dans toute situation. La dépendance totale à un accessoire électronique, à l' exclusion de toute intuition et observation du terrain, laisse un grand vide en cas de panne: il faut savoir que certains appareils actuels sont de grands dévoreurs d' énergie, même en mode de fonctionnement économique. On peut se garantir d' un épuisement de l' alimentation au moyen d' un accumulateur de rechange ( à tenir dans la poche du pantalon, au chaud ) ou d' un panneau solaire de type Offgrid Sunbag à fixer sur son sac.

Si l'on utilise des appareils compatibles avec les cartes géographiques, il faut vérifier la qualité, la capacité d' éta d' itinéraires et la disponibilité de la base cartographique numérique. Satmap et Sony-Ericsson utilisent les cartes swissmap de swisstopo, qui sont d' une qualité irréprochable mais inaptes à l' établissement d' itinéraires sur les sentiers pédestres. Mynav a établi sa propre carte topographique qui permet l' éta d' itinéraires dans le terrain. L' utilisateur peut ainsi se laisser guider sur les chemins pédestres ou de VTT ainsi que sur des pistes, comme il le ferait sur une route au moyen d' un récepteur GPS conventionnel. Garmin a lancé en février 2009 la carte cycliste Topo Schweiz V.2 pour les appareils compatibles avec les cartes géographiques, sur la base des données de la carte nationale de la Suisse. Cette carte numérique vec-torisée permet à l' utilisateur d' établir des itinéraires aussi dans le terrain.

Regard dans la boule de cristal

Un nouveau fournisseur de signaux de positionnement sera opérationnel dans le domaine de la navigation satellitaire dès 2013. Le système européen Galileo opérera avec trente satellites dans les ondes longues. Les récepteurs GPS actuels ne sont pas à même de capter les signaux de ce type. Guido Stecker, de la firme Giove, qui produit les capteurs Mynav 311 sport pro et 600 professional, se montre encore sceptique à l' endroit de ce système, en raison des questions relatives au type des appareils à fabriquer et aux coûts des licences d' utilisation.

Selon son estimation, les appareils du futur n' apporteront de progrès que dans les domaines de l' alimentation électrique, de la capacité de réception et du poids. La taille des appareils ne devrait pas changer, car l' affichage des cartes exige une surface minimale d' écran. Il ne croit pas à la combinaison de différents types d' appareils, par exemple GPS et LVS, qui entraînerait de trop grands risques d' erreurs de manipulation.

Garmin garde l' option des écrans tactiles. Ses appareils doivent encore mincir, tout en acquérant de nouvelles fonction-nalités. Ce constructeur vise à rendre plus rapide l' acquisition des signaux sa-tellitaires, et à augmenter la puissance de calcul grâce à des processeurs plus puissants. Cela devrait permettre entre autres d' améliorer la représentation en trois dimensions.

Et les sportifs de plein air, que désirent-ils?

Les utilisateurs ont des vues un peu différentes de celles des constructeurs: ils appellent de leurs vœux un appareil simple, maniable et robuste, utilisable au moyen d' un écran tactile et de touches. Ils doivent pouvoir télécharger auprès du fabricant les applications qui leur sont nécessaires. Dans le domaine des appareils dédiés aux activités de plein air et compatibles avec des cartes, il devrait être possible d' établir avec les cartes de base des itinéraires sur tous les chemins pédestres et de VTT. On ne peut pourtant pas s' attendre à l' apparition d' une multifonctionnalité parfaite. Les fabricants devraient au moins tenter d' y parvenir. Mais dans l' ensemble, il faut se garder d' une trop grande dépendance de la technique. La nature doit rester au centre de toutes nos activités.

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