Avalanches: formation du CAS et bulletin

Le vigoureux développement du ski-alpinisme présuppose une solide formation dans le domaine des avalanches, qui est assurée en premier lieu par le CAS. Elle repose en particulier sur des guides expérimentés et sur la collaboration avec l' Institut fédéral de recherche sur la neige et les avalanches ( ENA ).

Le bulletin des avalanches, quant à lui, représente une source importante d' information servant à l' estimation de la situation avalancheuse en rapport avec un projet de course.

Importance touristique croissante du ski-alpinisme Dans de nombreuses régions du monde, le ski-alpinisme est devenu un facteur non négligeable dans la création de manne touristique. Cela vaut en particulier pour les régions de montagne qui ne disposent pas d' infrastructures hôtelières et de divertissement très développées.

A l' origine, il s' agissait de quelques rares pionniers qui, au printemps, se mettaient en route au clair de lune et montaient sur la neige durcie par le gel, pour descendre du sommet avant midi en traçant sur la neige légèrement détendue d' amples courbes de télémark... Mais aujourd'hui, grâce à l' évolution du matériel et à l' exploita de la montagne que les cabanes permettent, le ski-alpinisme s' est transformé en une aventure qui peut durer toute la journée et se vivre pendant tout l' hiver. En tant que sport de compétition et d' endurance ( par exemple la Patrouille des Glaciers ), il est plus apprécié que jamais. De plus, le ski-alpinisme d' aventure franchit depuis longtemps allègrement les frontières nationales, à une époque où l'on est curieux de cultures étrangères et où les voyages dans des régions touristiques extra-alpines deviennent toujours plus avantageux.

Une solide « formation avalanches » en collaboration avec l' ENA Sous ses formes actuelles, le ski-alpinisme pose des exigences élevées en matière de formation technique alpine et concernant les avalanches. Le CAS répond à ce défi par une formation et un perfectionnement solides des instructeurs de cours et des chefs de courses. C' est ainsi que, l' année passée, l' association centrale ( CC ) a organisé à elle seule 148 cours et courses, auxquels 1573 personnes ( dont 26 % de femmes ) ont participé. Et un nombre encore beaucoup plus grand de tels cours et courses ont lieu dans les sections, sous experte direction.

Le haut niveau qualitatif de la formation avalanches résulte en particulier de la communication étroite et de l' échange permanent d' expériences entretenus avec l' Institut fédéral de recherche sur la neige et les avalanches ( ENA ), à Davos. Les besoins naissant de la pratique peuvent toujours être discutés avec les responsables de l' ENA et sont ainsi intégrés dans la recherche et les services de l' ENA, tel le bulletin des avalanches. Cet échange d' informations avec toutes les institutions intéressées à la prévision des avalanches et à la recherche dans ce domaine a été lancé et organisé par le Dr Ammann, directeur de l' ENA.

Extension du bulletin des avalanches Pour le skieur alpiniste, des connaissances fondamentales sur les avalanches et des informations aussi actuelles que possible sur l' état de la neige, la situation avalancheuse et météo sont les conditions d' une activité alpine menée dans la conscience de ses responsabilités. Cela est naturellement encore plus vrai lorsqu' il Le bloc glissant est une méthode qui permet de montrer de façon impressionnante, au cours d' une formation approfondie sur les avalanches, les surfaces de glissement dans le manteau neigeux s' agit d' assumer la conduite d' un groupe. Les informations nécessaires doivent être ainsi conçues qu' elles ne constituent pas un schéma à suivre aveuglément mais qu' elles incitent à un comportement adapté à la situation. C' est pourquoi chaque bulletin des avalanches, outre des indications générales, signale des degrés de danger en fonction de l' altitude, du type de terrain et de son exposition qui doivent être motivés de manière compréhensible pour le skieur alpiniste. Comme il est inévitable que le bulletin des avalanches ne soit plus d' une absolue actualité au moment où la course est entreprise, il faudrait ici aussi connaître les tendances, établies sur la base des prévisions météo. Et comme, en particulier, la quantité et l' intensité des précipitations locales et régionales auxquelles on peut s' atten sont relativement difficiles à pronostiquer, il faudrait également que soient mentionnées les autres possibilités éventuelles d' évolution. Ce n' est qu' ainsi que les bulletins d' avalanches pourront être une source d' informa primordiale et actuelle pour le skieur alpiniste chevronné, que ce soit au moment de la préparation de la course à la maison, à celui de l' arrivée dans la région, de l' estimation d' une pente particulière ou lors de courses de plusieurs jours.

Men Wieland, commission d' alpinisme d' hiver du CAS, Elgg/Zurich ( trad. Se risquer sur des pentes raides de neige fraîche exige une estimation prudente du risque d' avalanche et le sens des responsabilités

Les régions de trekking

du Népal

3e partie: Solu Khumbu

Dans un premier article, Bernhard Banzhaf avait présenté un aperçu de la diversité des paysages, de la flore et de la faune du Népal, due aux importantes dénivellations et aux particularités climatiques régionales1. Cet article évoquait également la première région de trekking du pays, celle de l' Anna. Dans une deuxième livraison, il nous a conduits dans deux autres régions intéressantes, l' aride district du Dolpo et les alentours du lac de Rara2.

Ce troisième et dernier article se concentre sur le Solu Khumbu, région au cœur de laquelle trône l' Everest et qui est devenue un haut lieu mondialement connu du trekking et de l' alpinisme.

Dénominations géographiques et politiques Les noms qui se rattachent à cette région de haute montagne, peut-être la plus impressionnante du monde, peuvent prêter à confusion et il convient en préambule de s' arrêter sur quelques-uns d' entre eux. Solu Khumbu désigne l' un des 75 districts du Népal. Ce district se subdivise en trois régions: Solu, Pharag et Khumbu. Son chef-lieu, Salleri, se trouve dans la région de Solu. La zone politique dont fait partie le district du Solu Khumbu s' appelle Sagarmatha ( qui signifie « mère de l' océan » ), nom népalais du Chomolungma, ou encore Mont Everest. C' est donc en toute légitimité qu' on désigne également cette région sous le nom de région de l' Everest. Ce dernier fait partie d' un massif qu' on nomme le plus souvent Khumbu Himal, bien que l' appellation beaucoup plus belle et plus expressive de Mahalangur Himal ( « la montagne enneigée du grand singe » ) n' ait jamais été officiellement abolie. Mahalangur, le grand singe, fait bien sûr allusion au yèti. Il semble que ce soit ici, parmi la population sherpa locale, que la croyance en cette créature légendaire est le plus fortement enracinée.

Les Sherpas Le Solu Khumbu est principalement habité par des Sherpas, qui sont établis dans la région depuis environ 500 ans. Ils sont arrivés dans cette nouvelle patrie en franchissant le col englacé du Nangpa La, au terme de décennies de migration à partir du Tibet oriental et, de façon très analogue aux Walser de chez nous, ils ont colonisé les zones les plus élevées, emportant avec eux le bouddhisme et leur langue, également appelée sherpa. A l' origine, les Sherpas s' occu d' élevage et de commerce. Les villages sherpa du Khumbu comptent Deux chorten marquent le début du Pays sherpa, à Bhandar. A l' horizontale de la chaîne de montagnes située à l' arrière se trouve le col du Deorali.

1 Voir Les Alpes 7/1996, p. 16 ss.

2 Voir tes Alpes 9/1996, p.16ss.

Tibet parmi les agglomérations habitées toute l' année les plus élevées du monde. Habitués à un climat dur et rompus par le commerce aux relations avec des étrangers, les Sherpas se sont rapidement acquis une excellente réputation dans les milieux de l' alpi. C' est pourquoi le nom de leur peuple a pris dans les dictionnaires le sens, entre autres, de porteur d' alti. Les Sherpas sont l' une des ethnies les plus actives, habiles et capables d' adaptation du royaume du Népal. Il n' est donc pas étonnant qu' ils aient rapidement compris les avantages du tourisme et qu' ils sachent en tirer profit, comme en attestent par exemple les itinéraires de trekking du Solu Khumbu, qui sont parmi les mieux exploités du pays.

Propriétés topographiques A elle seule, la douceur du mot « Solu » rend déjà bien compte du caractère de ce paysage. Celui-ci, en effet, est dominé par des crêtes de collines boisées et il est fermé, au nord, par le décor glacé du Shorong Yul Lha ( 6959 m ), le dieu protecteur du Solu - plus connu chez nous sous le nom de Numbur. Au nord du Solu ihard Rudolf Banzhaf Le chorten de Mong ( 3973 m ) se dresse à l' atten des marcheurs, en concurrence avec les silhouettes du Kangtaiga et du Tramserku ( à l' arrière ) se trouve également le col de Tra-singdo, par lequel on passe dans le Pharag, où dévalent les eaux écu-meuses de la Dudh Kosi. Cette région densément peuplée se caractérise par ses pentes raides et hostiles; on y a néanmoins aménagé - à Luglha - une piste d' aviation... de calamiteuse réputation. La rampe qui, dans le haut de la vallée, s' élève jusqu' à Namche Bazar marque le passage dans le Khumbu et la haute montagne proprement dite. Cette dernière région répartit ses cinq vallées dans l' Himalaya comme les cinq doigts d' une main: Thame, Nangpo Tsangpo, Gokyo, Khumbu et Imja Drangka. Ces vallées élevées sont protégées par une couronne de très hautes et superbes montagnes.

Les chemins d' accès Outre les itinéraires qui parcourent la haute montagne elle-même, la région offre trois voies d' accès intéressantes: de Jiri, du Teraï et de la vallée d' Arun. Ces itinéraires de trekking très gratifiants à tous égards permettent de s' imprégner profondément des immenses paysages de collines du Népal et on peut les recommander vivement pour une bonne acclimata- tion à l' altitude. Seules alternatives à ces accès: les liaisons par avion et hélicoptère de Katmandou à destination de Phaphlu ( Solu ), Luglha ( Pharag ) et Syampoche ( Khumbu ), grâce auxquelles on gagne directement et rapidement la haute montagne, pour se retrouver cependant, pour cette raison même, confronté beaucoup trop brusquement aux dangers de l' altitude.

L' itinéraire de Jiri Aujourd'hui, la « route suisse » ( Swiss road ) relie Jiri à Katmandou et au monde moderne. Une fois accompli le long et pénible trajet en car, c' est tout un univers de randonnée qui s' ouvre, paisible et beau: sommets arrondis, vallées pittoresques, forêts, villages intéressants - mais aussi, bientôt, trois solides cols et, entre eux, des vallées plus profondes. Collines et vallées courent du nord au sud, tandis que notre itinéraire va d' ouest en est. Il s' agit donc de franchir d' importantes dénivellations, ce qui est cependant excellent pour parfaire sa forme physique et s' acclima. On évolue d' abord dans une zone subtropicale et submontagnarde. Après Shivalaya se dresse le premier obstacle, le col de Deorali Bhanjyang ( 2705 m ). Le premier village derrière cette passe boisée est déjà habité par des Sherpas. Il s' appelle Bhandar et il s' étend sur une grande terrasse magnifiquement disposée. Après Kenja ( 1620 m ), un joli village et marché ( « bazar » ), suit une éprouvante montée jusqu' au col de Lamjura, à 3530 m. Le climat montagnard et la végétation correspondante - pins et sapins hemlock - indiquent qu' on approche lentement de la haute montagne. A Junbesi et dans ses environs, on peut admirer plusieurs monastères lamaïstes, par exemple celui de Thupten Chhöling, siège du plus haut dignitaire religieux du Solu Khumbu, le Trulshig Rimpoche. Franchissant un épaulement, on atteint ensuite Solung où nous attend un premier coup d' oeil panoramique sur le Mahalangur Himal. Le dernier obstacle se nomme Tragsingdo La, un col culminant à 3071 m et dont la montée peut être qualifiée de relativement tranquille, suivie d' une descente spectaculaire jusqu' à la « rivière de lait », la Dudh Kosi, dont les flots blancs écument 1500 mètres plus bas. On remonte ensuite cette rivière sauvage, effluent du versant sud du massif de l' Everest, pour atteindre bientôt Luglha ou Phakdingma, d' où on pénètre dans les zones d' altitude. Compter 6 jours de Jiri à Luglha.

Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur Sherpa: le nom d' une ethnie devenu synonyme de « porteur d' altitude » L' accès sud La marche conduisant de la plaine subtropicale du Teraï jusqu' au pied des plus hautes montagnes du monde a longtemps passé pour un véritable secret de connaisseurs. Aujourd'hui, cette contrée autrefois très tranquille, comme de nombreuses autres au Népal, est équipée d' une route et elle a perdu ainsi rapidement de son intérêt aux yeux des amoureux des paysages intacts. Toutefois, les vastes espaces libres qui subsistent offrent encore aux individualistes des possibilités infinies de se concocter des itinéraires particuliers.

Cet accès par le sud passe par Katari et traverse les chaînes des Siwalik et du Mahabharat Lekh. On franchit la Sun Kosi près de Toxa!

Le « zopkyo », hybride entre le yak et la vache, est un animal de travail apprécié en Pays sherpa Ghat sur un imposant pont suspendu, après quoi on suit la ligne de crêtes des collines qu' on a devant soi, via Okhaldunga et jusqu' au Chhayathan, un col facile à 3010 mètres qui marque l' entrée dans le Solu. Après Salleri et Phaphlu, on rencontre près de Ringmo d' assez grands vergers de pommiers et on rejoint l' itinéraire venant de Jiri. Jusqu' à Luglha, cette marche dure 12 jours.

L' accès par l' est Des régions basses et torrides de la vallée de l' Arun, c' est un chemin très beau mais également éprouvant qui conduit le marcheur au pays des Sherpas. On démarre à Hile, à la fin de la route, ou à Tumlingtar, qu' on peut atteindre par avion de Katmandou ou de Biratnagar. On suit l' Arun tout en songeant au fait que ses eaux glacées ont pris leur source, entre autres, sur le versant nord du Mahalangur Himal. Cette rivière, en effet, traverse la chaîne himalayenne principale entre le Khumbakarna et l' Umbhak Himal, une prouesse que seule égale le puissant Tsang Po, ou Bahmaputra, plus à l' est. Après Tumlingtar, on quitte la vallée principale pour s' engager dans celle d' Irkhua, toujours très chaude et habitée par une population rai, et atteindre Salpa Phedi ( 1600 m ), où l'on se trouve soudain face à une pente incroyablement raide, boisée de vieux chênes, qu' on suit jusqu' au col de Salpa ( 3349 m ). Ce faisant, on franchit plusieurs étages de climat et de végétation. Après le col, suit d' abord le village sherpa de Sanam, puis on pénètre dans la région de la Hunku Khola, très densément peuplée. Les villages rai de Tsatsalung, Gudel, Bung, Chhemsing et Chheskam s' échelonnent comme sur un espalier.

Une vénérable femme sherpa, portant un collier de coraux et d' ceils de tigre, au marché tibétain de Namche Le plus éprouvant de cette étape n' est pas tant de parvenir à prononcer convenablement le nom des villages mais le fait désagréable qu' un S gouffre d' au moins 700 mètres de Z profondeur sépare Gudel de Bung! Et S. le prochain col ne se fait pas attendre. Au-dessus de Bung, la zone deshabitations s' est étendue en raison de ^m la pression démographique et aux 19 dépens de la forêt. Après le col de Surkie ( 3035 m ), on plonge à nouveau dans une gorge sans fond, pour remonter raide de l' autre côté après avoir traversé le fond très chaud de la vallée et pour atteindre cette fois le dernier col de l' itinéraire, le Pang- Au printemps, les rhododendrons ornent le Pays sherpa de leurs nombreuses nuances de couleurs kongma La ( 3173 m ). On a alors devant soi la Dudh Kosi, que l'on remonte jusqu' à Luglha. La course aura duré environ 12 jours.

Dans le Pharag Cette vallée s' atteint par l' un des trois itinéraires décrits ci-dessus - ou même par hélicoptère; il atterrit à Luglha au moins une douzaine de ces engins par jour. Les possibilités quasi illimitées d' atterrissage d' hélicoptères conduisent à une multiplication sauvage du trafic aérien, encore accentuée par les programmes de vacances trop serrés de nombreux touristes. Ce qui a pour conséquence que les nuisances des bruyants hélicoptères russes utilisés ici ne se limitent pas aux terrains d' aviation traditionnels.

La rivière Dudh Kosi règne sur cette vallée dont les villages, au fur et à mesure du développement touristique, se sont agrandis et continuent de le faire. Dès le village de Bemkar, le Tramserku ( 6608 m ) marque la vallée de son sceau. A Monjo, le voyageur entre dans la zone du parc national de Sagarmatha, où la faune s' est bien reconstituée ces dernières années: on y observe souvent des tahrs, des porte-musc et des faisans. Les projets de reforestation sont également une belle réussite. Après Monjo, il s' agit de grimper la rampe raide menant à Namche Bazar. Le village apparaît à un détour du chemin de manière si subite qu' on ne peut s' empêcher de faire halte un moment.

L' adaptation à l' altitude Au-dessous de Namche Bazar, la vallée principale se subdivise pour la dernière fois: à l' ouest s' étendent les vallées de Thame et de Nagpo Tsangpo. Le village de Thame a bien conservé le caractère d' une agglomération sherpa de haute altitude, ce qu' on ne soupçonne pas nécessairement depuis Namche, où se concentre le tourisme. Tous les chemins des vallées latérales passent en effet par Namche. Ce point stratégique et son altitude idéale de 3440 m invitent à s' y reposer une journée. Ceux qui veulent ou doivent renoncer à cette pause en raison d' un programme trop serré se retrouveront tout de suite inévitablement en haute altitude et s' en repentiront deux ou trois jours plus tard, dans la vallée de Gokyo ou à Pangpoche. On ne devrait prendre aucun risque inutile avec le sournois mal des montagnes. Seule une adaptation à l' altitude graduelle et régulière offre la garantie de jouir en excellente forme de la haute montagne. Il est en tout cas très dommage et dangereux de tomber malade ou de se sentir patraque après un si long voyage et à portée de main du but.

Dans la vallée de Gokyo Cette vallée latérale commence vers Phortse. Une gorge étroite et boisée de bouleaux et de rhododendrons mène d' abord à l' alpage de Dole, où la vallée s' élargit fortement, autorisant les premiers coups d' œil sur le Cho Oyu ( 8153 m ) et le Gyachung Kang ( 7902 m ). En été, les Sherpas de Khumjung et Phortse font paître leur bétail dans les nombreux pâturages de cet alpage. La vallée ne compte cependant aucune agglomé- Du Gokyo Peak ( 5300 m ), panorama gigantesque au-dessus des éboulis du glacier de Ngozumpa: Everest, Nuptse, Lhotse, Makalu, Tsholatse, Taboche ration habitée toute l' année. A Gokyo, près d' un joli lac retenu contre les montagnes par l' imposant glacier de Ngozumpa, nous nous équipons pour l' ascension du Gokyo Peak, un point de vue apprécié d' où on peut admirer les huit-mille que sont le Cho Oyu, l' Everest, le Lhotse et le Makalu, ainsi qu' une véritable mer de merveilleux six-mille et sept-mille; pour ne rien dire du spectacle saisissant qu' offre la vue plongeante sur le glacier parsemé d' éboulis, l' un des plus longs du monde.

Vers l' Everest Le Kala Pattar, à 5545 m, est un autre point de vue intéressant pour le marcheur. On l' atteint par de bons chemins via Pangpoche, Pheriche et Lobuche. Il se situe dans la vallée du Khumbu, sur la rive ouest du glacier du même nom. Le panorama dont on jouit de cet endroit n' est pas très vaste, mais il place le voyageur juste en face du gigantesque groupe Eve-rest-Lhotse-Nuptse et de ses puissants voisins, tels le Changtse et le Pumori - une vue à couper le souffle. Dans la courbe du glacier du Khumbu lui-même, dans une zone parsemée d' aiguilles de glace, d' éboulis et malheureusement aussi de détritus, se trouve l' endroit des camps de base traditionnels du versant népalais de l' Everest. A ceux qui voudraient contempler de plus près la face sud du Nuptse et du Lhotse, on recommandera l' ascension de Nmjatse ( anciennement Island Peak, 6173 m ) ou du Chukhhung ( 5857 m ), plus facile. Ce fond de vallée réunit cinq énormes glaciers aboutissant tous à proximité de Chukhhung.

Que ce soit à l' aller ou au retour, on passera presque inévitablement à Le Pumori, 7145 m, montagne sœur du Chomolungma ( nom que les Sherpas donnent à l' Everest ) Q.

Tengpoche. Ce monastère entièrement détruit par un incendie en 1989 a été reconstruit et rayonne à nouveau de toute sa splendeur, perché sur son éperon, à un endroit unique. De nombreuses personnes estiment que c' est le plus bel endroit du monde. Ce que ne contrediront pas ceux qui se sont trouvés un jour sur ce pré devant le monastère et se sont laissés imprégner par l' harmonie des montagnes et par la végétation paradisiaque du lieu.

Bernhard Rudolf Banzhaf, Saas Fee VS ( trad. I Pour l' alpiniste, le skieur et le randonneur i Per l' alpinista, lo sciatore e l' escursionista I Für Skitourenfahrer, Bergsteiger und -wanderer 01 a

Aux confins du pôle Nord

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