Camp de travail sur l’Olympe.

Qui n' a jamais entendu parler de l' Olympe? La montagne de laquelle Zeus et sa suite observent le monde des mortels? Qu' est qui se cache derrière ce massif entouré de légendes? Grâce à I' UIAA et aux organisateurs grecs, nous avons participé à un camp international. Au début septembre, nous avons rénové en douceur des sentiers qui sillonnent les flancs de l' Olympe.

A Salonique ( Thessalonîque ), nous rencontrons le reste des participants: deux Roumains, une Allemande et un Français. Nous longeons ensuite le golf de Thermaïkos en direction du sud. Le lendemain, après une nuit passée sur la plage, nous nous approchons par étapes du but de notre voyage: l' Olympe. Nous prenons d' abord un bus, puis nous voyageons à l' arrière d' un camion, d' où nous cueillons les premières noix, avant d' arriverà destination, à Priona. De ce camp de base, des caravanes de mules transportent parfois du matériel mille mètres plus haut, au refuge A ( 2100 m ). Nous jouons les mules de bon cœur, mais nous ne sommes pas encore adaptés au climat chaud et humide. Nous accueillons avec soulagement le brouillard qui recouvre le massif et qui amène de la fraîcheur. Nous nous sentons rapidement à l' ai dans le refuge en pierres qui, pour les normes grecques, est très bien construit.

En compagnie du gardien de cabane, Kostas, et de l' expert en chantiers respectueux de la nature, l' Autrichien Richard Feichtinger, nous nous occupons des travaux de rénovation des sentiers pédestres. Richard aimerait marquer les sentiers, mais l' idée ne plaît pas au gardien de cabane grec. Il ne pense pas que cela soit indispensable. De plus, cela n' a jamais été fait auparavant...

Du travail, il en reste cependant en quantité. A l' aube, nous contemplons le sommet mythique, dégagé de son capuchon de nuages. Nous chargeons la pelle et la pioche sur notre épaule et rejoignons notre premier chantier, à 2500 mètres d' altitu. Parfois, nous emportons aussi des barres de fer et des pieux. A cet endroit, nous apprenons que le massif de l' Olympe est formé en majeure partie de pierriers, parsemés de rares formations rocheuses. Au lieu de procéder au marquage du sentier, nous construisons des cairns. Nous nous prenons vite au jeu: nous organisons un concours du plus beau cairn.

Une partie importante de notre travail consiste à débroussailler, puis à consolider les bords du chemin à l' aide de branches et enfin à recouvrir la surface de pierres, qui sont acheminées sur place par un système de chaîne humaine. Ces travaux empêchent l' érosion et le tracé reste net.

Nous sommes entourés d' un brouillard constant qui provient de la mer. S' il nous a dérangés au début, nous l' apprécions avec le temps, car il modifie le paysage et lui donne un aspect mythique. L' effet est surtout impressionnant dans la forêt vierge de l' Olympe, qui pousse jusqu' à une altitude de 2300 mètres. Espacés, imposants et noueux, les arbres ont une écorce semblable à la carapace des tortues, avec des écailles qui peuvent atteindre la taille d' une main. Lorsque l'on est assis dans cette forêt, on est entouré de silhouettes étranges qui ressemblent parfois à des gnomes. Le brouillard s' insinue entre les troncs et étouffe tous les bruits. Un sentiment étrange nous envahit.

L' ascension du massif aux cinq sommets est couronnée par la victoire sur le Myticas ( 2917 m ). Des bruits courent dans tout le camp. Le jour de l' ascension, nous quittons le camp dans le brouillard, avec de l' eau de source de l' Olympe, des tartines de fromage de brebis et du chocolat. Nous sommes un peu tendus en empruntant le sentier. Cependant, après les premières dénivellations, nous poursuivons notre route jusqu' au sommet sans encombre. Et c' est avec un brin de fierté que nous inscrivons notre nom dans le livre du sommet.

Ces tartines jouent un rôle important. Une tartine de fromage de brebis est constituée de deux tranches de pain blanc assez sec, entre lesquelles on a glissé des tomates et une épaisse couche blanche et humide de fromage de brebis. Cet encas nous est servi en général pour le repas de midi. Avec le temps, nous cédons notre pitance aux chiens sans maître et affamés qui vivent sur l' Olympe. Ce festin inespéré les réjouit autant que nous. Au chapitre nourriture, il faut encore mentionner la sauce orange à tout faire ainsi que le vin de table grec.

Le temps passe très vite. Déjà nous devons prendre congé de l' équipe des gardiens, de Rosa, le chien de berger, des tartines de fromage de brebis, des chiens affamés, du brouillard et de l' Olympe.

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