Chant de printemps

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Par Granit.

Les derniers pas sont faits, l' arête enfin s' abaisse, Et je suis seul, joyeux, sur le pic isolé. Son roc à peine émerge hors de la neige épaisse, Lourde neige d' avril où mes skis sont plantés.

Ainsi que de la mer les vagues infinies

La houle des sommets se presse à l' horizon;

Tous de blanc revêtus, immense symphonie

Où l' ombre des vallons s' accorde en bleu profond.

Des corniches de neige aux lignes sinueuses Sur le front des rochers s' inclinent mollement; Blanc doré sur bleu-noir, courbes voluptueuses Que le dur trait du roc vient couper brusquement.

La Montagne frémit à l' ardeur printannière Et les feux du levant teintent tout en vermeil. Je sens sous mes deux pieds vibrer la terre entière, Et sur mon front brûler le baiser du soleil.

Tout chante autour de moi: l' avalanche à voix sourde

Couvre pour un instant la basse des torrents;

Le vent saccadé chante au goulot de ma gourde

Et mon cœur enivré chante un hymne au printemps.

Mai 1937.

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