Compétition etabanes en question

L’Assemblée des délégués a approuvé l’introduction de Conditions générales pour les cabanes du CAS. Il n’y aura pas de plafonnement des coûts pour les sports de compétition.

En lieu et place de l’orchestre et de son chef, le Comité central (CC) au complet, mené par son président, Frank-Urs Müller. Pas de concerti, mais des discussions importantes pour l’avenir du CAS. Les 190 délégués n’étaient pas dans la grande salle de concert du Kulturcasino à Berne en spectateurs.

Ils ont décidé à une nette majorité d’intégrer au Règlement des cabanes des Conditions générales (CG) contraignantes pour les hôtes. A l’origine, une préoccupation de longue date: le manque à gagner dû aux annulations trop tardives et aux non-présentations. Les gardiens peuvent désormais exiger plus de discipline de la part de leurs hôtes, tout en jouissant d’une certaine marge de manœuvre. Corollaire: moins de pertes pour les gardiens et les sections propriétaires, comme l’a relevé Fridolin Brunner, chef du domaine Cabanes.

Annulations trop tardives dédommagées

Depuis le 1er juillet 2012, les gardiens peuvent exiger des clients hors course de section officielle le paiement d’un acompte. En cas d’annulation, les groupes de plus de douze personnes doivent se manifester deux jours avant la date réservée. Pour les autres, une annulation jusqu’à 18 h le jour précédent suffit. Initialement fixée à six personnes, la limite a été relevée à douze suite à une proposition des sections Uto et Blümlisalp. Une «question de sécurité», selon un membre de la section Uto pour qui le chef de courses doit pouvoir prendre des décisions à la dernière minute, même avec un groupe de douze personnes.

Les gardiens peuvent en outre revendiquer un dédommagement pouvant aller jusqu’à l’intégralité de la prestation en cas d’annulation trop tardive ou de non-présentation. Les délégués ont toutefois largement refusé de suivre la section Neuchâtel, qui proposait de réduire le montant maximal exigible à la moitié de la valeur des services réservés. Son président voyait dans une taxation à 100% un «montant punitif». C’était oublier le caractère facultatif de ce point, rappelé par des représentants des sections Monte Rosa et Zofingue. «C’est l’intérêt du gardien qui doit primer», a conclu l’un d’eux.

Ces CG, qui valent pour les cabanes du CAS uniquement, sont le résultat d’un compromis entre les CG existantes de l’association Cabanes suisses et les souhaits du CAS. Elles dotent les cabanes du CAS de conditions uniformes en matière de réservations et d’annulations.

Pas de plafonnement pour les sports de compétition

Réduction des moyens actuels d’un tiers, moins d’athlètes dans les compétitions internationales, diminution de l’attractivité du CAS, moins de sponsors et impossibilité de soutenir deux disciplines. Les conséquences invoquées par Françoise Jaquet, vice-présidente du CC, en cas de limitation des dépenses dans les sports de compétition ont certainement eu raison des arguments de Bruno Piazza, président de la section Pilatus. Les délégués ont largement plébiscité les sports de compétition en refusant de suivre la section de Suisse centrale. Cette dernière demandait d’une part qu’un maximum de 10% des cotisations des membres soit consacré aux sports de compétition dès 2015. D’autre part, elle souhaitait que le CC examine la création pour les sports de compétition d’une entité séparée du CAS.

«Le CAS n’est pas comparable à un club de foot ou de ski.» Au moment de prendre la parole, Bruno Piazza a tenu à rappeler que le succès du CAS tenait à autre chose que la quête de performance. Est-il raisonnable de concéder des dépenses aussi importantes à une activité marginale qui profite à une minorité? Oui, selon Markus Weber, chef du domaine Sports de compétition, qui a expliqué que «les membres profitent pleinement au final des efforts consentis financièrement». 40% des dépenses dans le domaine sont en effet consacrées à des événements dont les membres du CAS sont nombreux à bénéficier. Et «les jeunes membres sont friands de compétitions», a encore ajouté le président de la section Diablerets.

Planification pluriannuelle pour prévenir les excès

Mais que dire du manque de mesure reproché à l’Association centrale en matière de dépenses? Pour mémoire, la part des cotisations des membres utilisée pour les sports de compétition a passé de 400 000 francs en 2001 à près de 1 million de francs en 2011. Selon Françoise Jaquet, cette hausse est l’expression d’un développement dynamique digne d’une «association ouverte et moderne». Et la vice-présidente du CC de rappeler que ces dépenses, avalisées d’année en année par l’AD, sont couvertes presque exclusivement par l’Association centrale. Stables depuis 2007, elles sont de plus compensées par des recettes en hausse.

Pour sa part, Frank-Urs Müller s’est déclaré convaincu du fait que l’AD dispose, avec la planification pluriannuelle, d’un outil efficace pour contrôler les coûts. «Je suis à 100% convaincu que le CAS a pris la bonne décision en 1994 en décidant d’intégrer les sports de compétition», a conclu le président central après le vote.

Prochains rendez-vous

Conférence des présidents: 10 novembre 2012, Ittigen près de Berne

Assemblée des délégués et Fête anniversaire: 15 juin 2013, Interlaken

Feedback