Groupe et cabane du Rotondo

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Hugo Doppler, Baden

Walter Niggeler, responsable des cabanes de 1914 à 1943, qui prit un soin exemplaire de la cabane Rotondo, écrivait dans la plaquette de jubilé Cinquante ans de la section Lägern du CAS, igoo-ig$o: « Le groupe du Rotondo forme un massif en soi, pas trop grand, avec environ dix-huit sommets et autant de glaciers, séparé des Alpes voisines par trois cols ( Gothard, Furka, Nufenen ) et les vallées qui en descendent. qu' ils ne dépassent guère 3000 mètres ( Pizzo Rotondo, 3192 m ), ils possèdent tous des bassins neigeux et des glaciers qui s' en écoulent. Notre groupe est orographiquement très intéressant du fait du triple partage des eaux marqué par le Witenwasserenpunkt, 3025 mètres; les bassins de trois fleuves s' y rencontrent: ceux du Rhin, du Rhône et du Pô; trois cantons s' y rejoignent aussi: Uri, le Valais et le Tessin; et, si Von fait abstraction du Haut-Valais qui est relativement court, trois langues aussi: l' allemand, le français et l' italien. Géologiquement parlant, le groupe du Rotondo appartient au complexe des massifs helvétiques centraux, dont les puissants noyaux granitiques ont été partiellement transformés par la pression en divers gneiss et schistes cristallins; ces roches forment presque partout un rocher solide, favorable à la varappe. Les névés et glaciers n' ont pour la plupart pas de trop fortes pentes, et conviennent admirablement au ski. Il n' existe presque aucun danger d' avalanche en altitude, mais seulement sur les pentes latérales inférieures qui mènent dans les vallées. » C' est ainsi que le groupe du Rotondo était alors décrit et délimité. Depuis la construction de la cabane Piansecco et l' ouverture du Col du Nufenen aux voitures, on en a pratiquement détaché l' ex occidentale, entre le Chüebodenhorn et le Blasenhorn. A part le Chüebodenhorn, ces sommets ne sont plus guère visités depuis la cabane Rotondo à cause de leur éloignement. Aujourd'hui, le groupe du Rotondo englobe les sommets et cols que le guide Urner Alpen West décrit sous Gotthard-West dans les chaînons du Lucendro et du Rotondo. Il n' est donc pas nécessaire de décrire ici en détail le terrain d' excursions de la cabane Rotondo, ni même d' en énumérer les sommets et les cols. Les livres de cabane montrent que le Pizzo Lucendro et le Leckihorn sont les plus fréquentés en été comme en hiver.

Durant ma jeunesse, j' ai parcouru la région entière, à quelques rares sommets près, en été et en partie aussi en hiver. Je peux attester que le groupe du Rotondo offre beaucoup à chaque saison et à chaque ami de la montagne. Les promeneurs contemplatifs tout comme les grimpeurs y trouvent leur compte. Pour le touriste skieur, et jusqu' en plein été, c' est un paradis, d' accès relativement facile, et pourtant bien loin du bruit des skilifts et de la rage des pistes.

La cabane et les environs se prêtent admirablement à des semaines de cours de montagne, des semaines de courses et des cours de Jeunesse et Sport, en été comme en hiver.

De vieux souvenirs s' éveillent quand je feuillette mon carnet de courses. Et je pense avec une joie particulière à ma première course au Pizzo Rotondo.

C' était à Pentecôte 1930, alors que la section Lägern faisait des courses à ski autour de la cabane Rotondo. J' étais débutant en ski et en montagne, et je m' étais joint au groupe avec l' intention de m' exercer à la marche à ski dans les alentours de la cabane. Mais je dressai l' oreille quand certains camarades parlèrent d' une ascension au Pizzo Rotondo. Jamais je n' aurais osé espérer qu' ils m' inviteraient à participer à ce qui était alors pour moi une « grande » course. J' en fus d' autant plus heureux quand j' y fus entraîné comme « débutant ». Les montagnes de la région étaient alors pour moi aussi nouvelles que l' art du ski alpin, ou l' escalade sur l' arête de Rovino encore enneigée, ou la vue splendide du sommet.

La traversée des Muttenhörner m' est aussi bien restée en mémoire. J' avais fait quelques courses solitaires les jours précédents, depuis l' hospice du Gothard: j' avais gravi le Pizzo Centrale, le Pusmeda, le Pizzo Lucendro ( 2962,7 m ) et la Fibbia ( 2737,9 m ) et parcouru toute la chaîne du Winterhorn au Pizzo dell' Uomo. Le samedi, par les cols de Lucendro et de Cavanna, je montai à la cabane Rotondo pour y rejoindre mes camarades. Et le dimanche nous fîmes la traversée de tout le chaînon des Muttenhörner. Dans les montées et les descentes du Leckipass, du Stotzig ( 3061,8 m ), du Petit ( 3024 m ) et du Grand Muttenhorn ( 3099 m ), je pus encore voir beaucoup de nouveau, et approfondir mon expérience alpine. En pensant à cette course, je me rends compte avec tristesse qu' aucun de ceux qui m' accompagnaient n' est encore de ce monde.

Un souvenir du Pizzo Lucendro me revient aussi en mémoire. Les nuages couraient sauvagement, mais le temps était encore bon quand nous fîmes l' ascension du Leckihorn ( 3065 m ), un samedi. Le Pizzo Lucendro était au programme du dimanche, mais le temps se gâta, et le brouillard avait envahi toute la région. Nous nous mîmes Cabane Rotondo en igog Photo Fankhauser Cabane Rotondo en Cabane Rotondo après iggo 26 pourtant en route; mais à l' alpage d' Oberstaffel déjà, il commença à pleuvoir légèrement, et deux camarades renoncèrent à la course. Deux autres nous abandonnèrent quand le sentier se perdit dans le labyrinthe d' une moraine, et encore deux quand on commença à monter dans la neige. Les deux derniers nous quittèrent dans la brèche d' Ywerber, juste au moment où un rayon de soleil enjôleur incitait l' élite à continuer. Nous n' étions plus que deux pour continuer l' ascension dans un épais brouillard et pour atteindre enfin le sommet. C' est seulement la croix du sommet qui nous prouvaque nous avions touché le point le plus haut. A la descente, peu après le départ, mon dernier compagnon disparut dans le brouillard en faisant une glissade sur la neige, et je me trouvai tout seul sur la branche, comme la petite hirondelle... Mais peu après, la neige cessa, je retrouvai mon ami qui avait disparu, et sains et saufs nous descendîmes à Realp où les autres nous attendaient.

Un superbe jour de septembre, nous avions gravi à trois le sommet sud des Saashörner ( 3036 m ) par le couloir. A la montée, dans les pentes au-dessus de Miilistei, la neige était dure et portait bien. C' est seulement à la descente sur la cabane Rotondo que la montagne nous montra son côté faible. Le beau soleil de septembre, dont nous avions tant joui au sommet, nous joua un mauvais Photo Faiikhaust Photo Rossé La cabane Rotondo après l' agrandissement de ig6 Photo Erik Arodell, Bremgarten tour. Il avait ramolli la neige du matin au point que nous enfoncions jusqu' aux genoux dans la « soupe », et n' avancions presque plus, comme si chacun de nous portait une meule dans son sac.

J' étais parti une fois pour une semaine en montagne avec ma fille. Un orage nous rattrapa dans la montée à la cabane Albert-Heim, nous trempa complètement et nous rendit contents d' atteindre la cabane déjà surpeuplée. Le lendemain, comme le temps ne promettait toujours rien de bon, nous fîmes route par Tiefenbach jusqu' à Realp. Le ciel sembla s' éclaircir durant l' après. Après une nuit passée à Realp, le jour suivant nous vit -de nouveau dans le brouillard, et avec beaucoup de neige - monter à la cabane Rotondo. Brusquement, à notre arrivée au refuge, le soleil apparut, et nous vîmes toute la splendeur des montagnes qui entourent le Glacier de Witenwasseren. Les sommets fraîchement enneigés étincelaient sous le ciel d' un bleu profond. Le lendemain, ce fut l' as du Leckihorn avec, au retour, la traversée du Stellibodenhorn ( 2988 m ), du Rot Tällihorn et du Tälligrat, car le temps était merveilleux. Le jour suivant, ce fut encore la traversée du Lucendro jusqu' à l' hospice du Gothard. On était en juillet, mais il y avait encore tant de neige qu' on aurait pu faire toute la course à ski. Pour terminer, une vue vraiment complète nous fut accordée du Pizzo Centrale, toujours par grand beau temps.

Quand la section Lägern du CAS ( fondée à Baden le 5 février 1900 ) se mit à grandir, elle ne voulut naturellement pas être en retard par rapport aux autres sections; elle désira aussi offrir à tous les alpinistes un havre en haute montagne. En 1904 déjà, une commission d' emplacement de la cabane fut constituée, des lieux furent visités dans les Alpes uranaises et glaronaises, et, en 1906, un endroit favorable à la construction fut trouvé presque au centre du groupe du Rotondo. Le Comité central se déclara d' accord avec la proposition, et on put conclure avec succès des tractations avec la Corporation d' Urseren pour la remise du terrain convenable. C' est ainsi que la section Lägern prit pied dans le canton d' Uri, tout au fond du Val de Witenwasseren. C' est là que notre cabane trône depuis lors à 2571 mètres d' al, sur la rive gauche du glacier, ouvrant la région de Rotondo aux amis de la montagne qui y trouvent en toutes saisons les plus belles possibilités de courses.

La cabane Rotondo de 1909, construite en bois sur un socle de maçonnerie, avait les parois et le toit couverts de«tavillôns ». Edifiée selon les plans du clubiste J. Dübendorf, elle avait 30 places. Le rez-de-chaussée était constitué par un grand réfectoire où l'on pouvait cuisiner, et par un petit dortoir d' hiver avec un fourneau. Par un escalier, on atteignait l' étage supérieur, formé d' un seul dortoir spacieux et qui occupait toute la longueur et toute la largeur de la cabane; des sacs pleins de paille servaient de matelas, alignés sur des planches des deux côtés. Cela correspondait au niveau du confort de l' époque dans la construction des cabanes. Le refuge fut érigé en été 1909, alors que les bonnes conditions de neige avaient déjà permis de transporter tout le matériel durant l' hiver, et l' inauguration eut lieu le 26 septembre 1909. La construction avait coûté environ 15000 francs, et la Caisse centrale y avait contribué par une subvention de 6250 francs.

La forte augmentation des passages en hiver rendit nécessaire, en 1913 déjà, la construction d' un appentis pour abriter les skis, l' équipement et le matériel de secours. Cette adjonction permit aussi de protéger l' entrée de la cabane du vent et des amas de neige. Le coût s' éleva à 3300 francs, et le CC fournit une nouvelle subvention.

Pour être prêt à tout, on installa à Realp, en 1911, une station de secours en montagne. Placée sous la responsabilité de la section Lägern jusqu' en 1967, cette station fut ensuite confiée à la section Piz Lucendro.

Faite d' une poutraison légère qui était habituelle à l' époque, la cabane résista sous cette forme à plus de vingt ans de vents et de tempêtes. Mais des dégâts y apparurent peu à peu, causes par l' affaiblissement, le gonflement et le travail du bois. Il ne fut plus possible de boucher simplement les fentes par lesquelles le vent pénétrait; en hiver, on n' arrivait presque plus à chauffer la cabane. Ces ennuis, ajoutés à l' augmentation constante du tourisme à ski dans le massif du Rotondo, amenèrent la section à chercher un remède radical.

Le président d' alors, Alfred Zwygart, prit énergiquement l' affaire en main. Le 27 juillet 1928 déjà, l' assemblée de la section décida de transformer complètement et d' agrandir un peu la cabane selon les plans d' Alfred Welti. Mais deux ans passèrent encore avant le début des travaux, car il fallut mettre bien des choses au point et trouver les moyens financiers. Le 24 novembre 1929, l' Assemblée des délégués du CAS accorda un subside de 20000 francs sur les 42 000 francs du budget de transformation. Une collecte faite parmi les clubistes rapporta environ 14000 francs qui, ajoutés au fonds des cabanes, permirent de couvrir la somme.

Pour construire aussi bon marché que possible, il fallut, malgré la transformation, conserver la charpente qui tenait encore bon, et garder aussi la forme du toit et l' emplacement des fenêtres. En changeant la disposition de l' espace, on put augmenter le nombre des places de 30 à 40. Deux petits appentis permirent de mieux aménager la cuisine et d' installer des WC d' hiver. Les planches du dortoir du CAS furent garnies de matelas de caoutchouc, et, au dortoir de l' étage, une forte toile de tente fut tendue sur un fond de paille. Comme protection contre la tempête et le froid, on construisit un mur de pierre, épais de 50 centimètres, tout autour du bâtiment, et on posa un nouveau toit de tavillons par-dessus le premier. Le matériel de construction, totalisant une quarantaine de tonnes, dut être transporté à dos d' homme et de mulet en quatre heures de marche depuis Realp. On fut très heureux de voir participer à ce dur travail une colonne de mulets des fortifications d' Andermatt. La construction commença le 15 juin 1930, et la maison rénovée put être inaugurée le 5 octobre. Malgré le brouillard et la neige soufflée, près de trois cents amis de la montagne participèrent à cette seconde inauguration.

Depuis lors, et dès que les moyens en furent à disposition, l' aménagement intérieur de la cabane fut beaucoup amélioré. C' est ainsi qu' on commença par munir toutes les couchettes de bons matelas. L' armée installa une liaison téléphonique, que les visiteurs peuvent utiliser aussi dans les cas urgents. En 1937, le chemin d' hiver fut balisé avec de grandes perches et des flèches. L' amenée d' eau fut toujours un souci, et on s' ef sans cesse de l' améliorer.

De ses débuts jusqu' en 1950, la cabane Rotondo a été visitée par plus de 28000 touristes inscrits, sans compter les militaires, à qui elle servit de base durant les deux guerres mondiales. Une note de procès-verbal de 1937 montre que la section a aussi connu des déceptions avec certains visiteurs. On s' y plaint que, au cours des cinq années précédentes, du bois et des cartes postales valant plus de mille francs ont été « consommés gratuitement ».

Pour les premières années après 1950, la chronique de la cabane n' a rien de spécial à signaler, si ce n' est une grande fête de famille. Les 28 et 29 août 1954, la section organisa une excursion à la cabane Rotondo avec les familles. Plus de 70 personnes, adultes et enfants, y prirent part. Le compte rendu porte: »La musique et la danse occupèrent la nuit. Quelques personnes ont probablement aussi dormi. Ce fut une fête extraordinairement joyeuse ». Avec le jubilé « 50 ans de la cabane Rotondo », l' année 1959 exigea d' assez grosses réparations et améliorations. Mentionnons en particulier que le problème de l' eau potable fut résolu d' une façon qu' on espère définitive par la pose d' un tuyau de symalen de goo mètres. Le président et l' archi de la cabane posèrent la conduite à eux deux. L' eau jaillit maintenant d' une fontaine située juste à côté de la cabane, et le trop-plein sert à nettoyer les WC d' été nouvellement installés. L' ensemble des travaux s' éleva aux environs de 12 000 francs, qui furent entièrement trouvés dans le fonds des cabanes, sans aucune aide du CC. La fête du jubilé eut lieu les 5 et 6 septembre 1959, et fut une joyeuse rencontre pour les invités d' hon neur, les membres du club, leurs familles et de nombreux habitants de Realp.

Le nombre toujours croissant de visiteurs engagea le comité à envisager de nouveau un agrandissement de la cabane. Le 8 mars 1963, la section décida de transformer le bâtiment d' après les plans du clubiste Dieter Boiler, et elle désigna une commission de construction dirigée par Rudolf Flückiger. Les premiers plans, qui prévoyaient un allongement de la maison vers l' ouest, ne trouva pas grâce aux yeux du CC. Il fallut reprendre tout le projet. L' agrandissement fut prévu au nord, en augmentant encore la place par un deuxième étage. La cabane ainsi agrandie montre que le supplément de travail en valait la peine, et que les conseils du CC étaient bons. Les nouveaux plans donnèrent les améliorations suivantes: augmentation du nombre des places de 40 à 76, 15 places supplémentaires sous le toit, nouvelle disposition de la cuisine, chambre séparée où le gardien peut séjourner et dormir, deux WC d' hiver, grande chambre pour les skis et le matériel, un autre dortoir de 29 places dans le second étage, et une fosse fermée pour les déchets. Le toit fut couvert de furai. Mais le plus réussi dans la nouvelle disposition de la cabane est bien le local ( d' hiver ) du CAS, avec dix-neuf couchettes, « car-notzet » et cuisine, formant en un sens une petite cabane à l' intérieur de la grande.

Quand l' Assemblée des délégués du CAS eut accordé une subvention de 64000 francs, soit les 40% du devis qui s' élevait à 160000 francs, les travaux furent pris en main vigoureusement. Qua-rante-huit heures après la décision mentionnée, on avait déjà couvert la différence entre les moyens existants et la somme totale nécessaire, et de nombreux clubistes s' annonçaient comme travailleurs volontaires. Le plus réjouissant fut encore l' importante des dons. Comme les militaires étaient aussi intéressés par l' agrandissement de la cabane, les troupes du génie mirent à disposition un téléphérique qui fonctionna jour et nuit du i4 juin au 3 juillet 1965 et transporta environ 140 tonnes de matériel d' Oberstaffel au chantier.

Seul Jean Rosset ne collabora pas: les travailleurs eurent beaucoup à souffrir du mauvais temps.

La cabane rénovée, presque nouvelle, put être inaugurée par une fête les 27 et 28 août 1966. Des comptes de la construction, extrayons les chiffres suivants:

coût total, environfr. 164 900. prélèvement sur le fonds des cabanes fr. 31 270. prêtsfr. 37500. donsfr. 21 850. L' architecte renonça à une grande partie de ses honoraires, et les prestations volontaires couvrirent le reste.

Pour montrer que l' agrandissement de la cabane était nécessaire, et que la dépense en était justifiée, comparons deux lignes de chiffres extraits de la statistique des visiteurs:

Total des nuitées dans les années 1957 ï958 IC>59 !96°'961 192' 963 i964 1170 1130 1637 1241 1496 1814 1363 1936 moyenne = 1473 Total des nuitées dans les années 1967 1968 1970 1971 1972 1973 1974 2691 3894 2417 2053 2380 2062 2606 2621 moyenne = 2590 Dans la suite de l' histoire de la cabane Rotondo, on doit mentionner en particulier qu' en 1971 les emplacements de dépôt d' ordures autour de la cabane furent supprimés et recouverts. Depuis lors, les déchets sont périodiquement retirés de la fosse couverte et transportés dans la vallée - une amélioration qu' il faut particulièrement saluer dans la ligne de la protection de la nature, mais qui a aussi ses difficultés, et qui coûte cher. En 1972 fut installé un nouveau nivomètre de 6 mètres de haut, dans les environs de la cabane. Pour remplacer les lampes à pétrole qui fumaient toujours et noircissaient les plafonds et les parois, un éclairage au gaz de propane fut installé dans les deux réfectoires, dans la cuisine et la chambre du gardien; mais seul le gardien a le droit et la possibilité de l' utiliser; quand il est absent on en revient au passé: l' éclairage à la bougie. Les balises endommagées qui marquaient le chemin d' hiver furent aussi remplacées pendant ce temps par des tuyaux métalliques.

Nous sommes arrivés ainsi, provisoirement, au bout de l' histoire de la construction de la cabane Rotondo. J' espère que beaucoup de clubistes ont suivi avec intérêt le développement d' une cabane du Club alpin, et se sont ainsi rendu compte de la somme de travail et d' argent nécessaires pour que le touriste et l' alpiniste trouvent à chaque saison un toit hospitalier et un refuge contre la tempête et le froid dans ce monde des montagnes qui est splendide, mais souvent peu accueillant.

Terminons ce rapport par quelques données sur la fréquentation de la cabane et par des indications pratiques pour les visiteurs.

Rénovée en 1965, la cabane s' est avérée excellente à l' usage. Elle a même résiste à une invasion de 128 personnes pour une nuit. Le toit de furai, au sujet duquel on avait d' abord des doutes, n' a suscité aucune mauvaise surprise, grâce à sa pose réalisée selon les instructions. Il est non seulement absolument imperméable, mais il offre aussi l' avantage que la neige n' y reste pas longtemps.

Nous avons toujours eu jusqu' à maintenant de la chance avec les gardiens, qui sont sans doute difficiles à trouver. Depuis 1972, Karl Gamma, de Schattdorf, et son remplaçant ont travaillé à la pleine satisfaction de la section. On ne trouve absolument plus d' aides pour le nettoyage de la cabane et les transports. Heureusement, de nombreux membres de la section se portent toujours volontaires pour des week-ends spéciaux de corvées. L' OJ ne reste pas en arrière, et organise chaque année un camp de travail particulier. La troupe aide aussi occasionnellement pour des transports, ce dont nous lui sommes très reconnaissants.

Il faut malheureusement toujours relever que certains touristes manquent de la discipline nécessaire.

Nous ne pouvons ( à' regret ) pas préciser le nombre exact des nuitées. De 1909 à 1950, soit pendant 42 ans, il y en a eu plus de 28000, sans compter les militaires. Dans les 26 années de 1950 à 1975, leur nombre a atteint environ 45000, en incluant la troupe. On peut estimer à 80000 le nombre total des nuitées. Pour les membres du CAS et les assimilés, la taxe pour la nuit a passé de 1 franc ( 1909 à 1951 ) à 5 francs actuellement, et pour les non-membres de 2 to francs.

Traduit de l' allemand par Pierre Vittoz

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