Jardin d'escalade de Geisshöri-Seebergsee bouclé par l'Inspectorat de la protection de la nature du canton de Berne (Le -)

Après une période d' essai ( 1997 ) durant laquelle une pratique libre de l' escalade était autorisée, l' Inspectorat de la protection de la nature du canton de Berne a décidé de ne pas octroyer l' auto demandée après coup pour le jardin d' escalade de Geis-shöri-Seebergsee, dans le Diemtigtal. Les gollots devront être enlevés jusqu' à fin mai 1998.

Ce jardin d' escalade signalé dans Les Alpes comme un site particulièrement propice pour les enfants se trouve dans la zone de protection cantonale de la nature de « Spillgerten ». Aux termes d' une décision du Conseil d' Etat bernois de 1976, « tout dérangement ou atteinte à la faune sauvage » y est interdit. Par la suite, l' Inspec de la protection de la nature du canton de Berne a exprimé son mécontentement face à la fréquentation relativement élevée du jardin d' esca, qui s' était ouvert sans réaction de cet office. Lors d' un entretien, il avait été convenu que les exploitants privés du jardin déposent après coup une demande d' autorisation concernant la protection de la nature et que, dans l' attente de la décision finale, l' escalade serait autorisée sans limitation pendant une année d' essai ( 1997 ). Durant cette période, garde-faune et surveillants de la protection de la nature se sont livrés à des observations. Selon leurs déclarations, les oiseaux tels que tétras, bartavelles et lagopèdes, ainsi que la colonie des chamois, sont dérangés par la forte fréquentation du jardin d' escalade. Il se seraient accoutumés au bruit et mouvements lointains des promeneurs autour du lac du Seeberg, mais les grimpeurs, en revanche, seraient trop près de leur domaine pour qu' ils puissent s' y habituer.

Le CAS s' incline Le CAS accepte la décision de l' Ins de la protection de la nature, de même que l' exploitant du jardin, qui renonce à mener l' affaire plus loin. Tout le matériel d' assurage fixe sera enlevé. Il n' est ainsi plus permis - en particulier aux groupes - de se rendre au jardin d' escalade, sous peine d' enfreindre la disposition concernant « le dérangement et l' attein à la faune » et de risquer des poursuites.

Le CAS en appelle à tous les grimpeurs pour qu' ils respectent cette décision.

Sentiment de malaise Reste un certain sentiment de malaise. D' abord, parce tout durcissement d' une situation de conflit est regrettable. Au lieu de trouver en commun des solutions souples qui satisfont les deux parties, on aboutit le plus souvent à une « victoire » et une « défaite », source de ressentiment. De plus, compte tenu de l' activité touristique intense autour du lac du Seeberg, situé à 200 m seulement du jardin d' escalade, de l' utilisation des zones environnantes par l' agriculture ( alpages ) et même, en partie, par l' ar, cette décision est difficile à comprendre pour bien des grimpeurs. On peut se demander si une solution plus souple, par exemple le bouclage saisonnier du site au printemps et une restriction horaire journalière ( pas de présence humaine au crépuscule du soir ) n' aurait pas mieux servi la cause.

Conclusions Dans une publication du Club alpin allemand ( DAV ) sur le thème « Escalade et protection de la nature », Une activité sportive magnifique, en pleine nature: escalade au jardin de Geisshöri-See-bergsee... en 1996

Les grimpeurs se doivent d' avoir des égards pour les besoins des autres occupants des rochers et de leurs environs - car ils ne sont que des « invités dans les rochers ». ( Tétras-lyre ) on peut lire que « nous sommes des invités dans les rochers » et que « grimper, c' est avoir des égards ». On veut dire par là que malgré notre droit de libre parcours des forêts et pâturages ( art. 699 CC ), nous sommes tenus d' avoir des égards pour les autres habitants de cette « maison » que sont les rochers et leurs environs. Cela implique qu' on soit prêt, de temps à autre, à entrer en matière sur une restriction. Les ouvreurs de voies actifs et les professionnels de l' escalade ont le devoir, avant de passer à l' acte, de s' informer sur la flore, la faune, les éventuelles zones de protection et dispositions y relatives1.

Comment procéder à l' avenir La situation la plus favorable est celle où, dans chaque région, on cherche à résoudre les problèmes au niveau local et de manière informelle, par la discussion et des accords conclus entre les autochtones concernés: grimpeurs, agriculteurs de montagne, garde-faune, protecteurs de la nature. D' autre part, il est important d' établir, au moins dans les grandes lignes, un concept et une planification généraux, afin de bien définir le cadre de l' action. Dans le canton de Berne, des efforts en ce sens sont en cours pour tous les sports pratiqués dans la nature, et le CAS y est partie prenante.

Jürg Meyer, délégué à la protection du monde alpin ( trad. ) 1 Le secrétariat du CAS fournit volontiers son assistance, sous forme d' informations sur les zones de protection, d' adresses de contact et de conseil: 031/370 18 18, secteur d' activité « Protection du monde alpin »

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