Joies et peines d'une monitrice OJ

Elle a des crampons, des baudriers et des appareils DVA plein sa cave, et tous les deux week-ends elle organise une sortie à ski, une course de montagne ou une journée d' escalade. Monika Schoch est monitrice de l' OJ d' Interlaken1 depuis neuf ans déjà. Qu' est qui a changé au cours de ces années et qu' est qui lui plaît dans ce travail? C' est ce que nous allons apprendre durant une sortie de l' AJ d' Interla au Stockhorn, dans l' Ober bernois.

Le programme indiquait une escalade près du Steingletscher, dans la région du Susten. Mais comme la pluie est tombée toute la nuit, les responsables ont décidé de se rendre plutôt au Stockhorn, situé à une altitude 1 Avec la réorganisation du club et l' intégration de l' OJ ( organisation de jeunesse ) dans le CAS, l' ensemble des jeunes de 10 à 22 ans forme désormais « la Jeunesse du CAS ». L' abréviation OJ est cependant restée en usage dans les sections, et on parle par ailleurs d' AJ ( alpinisme juvénile ) pour désigner plus particulièrement les enfants de 10 à 16 ans.

L' assurage d' un copain réclame une très grande attention Activités jeunesse nettement plus basse, à l' entrée du Simmental.

SCe sont finalement huit jeunes de S la section d' Interlaken qui se retrou-« vent, frissonnants, sur le parking du 5 téléphérique du Stockhorn. L' autom ne s' annonce avec ses bancs de 3 brouillard qui traînent, son air froidet humide. Tous sont contents d' avoir 38 des bonnets et des gants à enfiler. Les responsables, à savoir la cheftaine AJ Monika Schoch et Beni, essaient de trouver au moins quelques taches bleues entre les nuages. Vu le temps, on décide de monter en télécabine à la station intermédiaire puis de continuer à pied jusqu' au site d' escalade. « D' ici que nous soyons en haut, les rochers auront le temps de sécher et nous, de nous réchauffer » fait Monika avant de distribuer le matériel: baudriers, chaussures, casques. « Qui n' a pas sa cordelette d' auto ?» « Je n' aime pas du tout les jours comme ça », dit Monika tandis que, de la cabine, nous voyons passer des lambeaux de brouillard. « Le matin même, on hésite encore sur le but à choisir. Heureusement que presque tous les jeunes habitent près de notre lieu de rendez-vous, la gare d' Interla Ost. On peut ainsi changer de destination au dernier moment. » Que sont devenus les fanas de la montagne?

Nous montons en une heure et demie au jardin d' escalade, sur un chemin rendu glissant par la pluie. A plusieurs reprises, le soleil triomphe du brouillard et bientôt tout le monde peut enlever son pull.

Durant la marche d' approche, Monika raconte ses expériences durant les neuf ans qu' elle a passés en tant que cheftaine AJ. « Maintenant on a environ une moitié de filles, tandis qu' avant, il arrivait que l' AJ soit une association purement masculine ». Grâce aux nouveaux jardins d' escala bien protégés, dont fait partie celui du Stockhorn, l' accès aux sports de montagne est devenu bien plus simple pour les enfants et les adolescents. D' autre part, il existe d' hui un grand choix d' activités de loisirs, si bien que les jeunes font beaucoup d' autres choses à côté des courses AJ. Beaucoup sont membres d' autres sociétés sportives. « Quand les jeunes viennent une fois tous les trois mois, ils oublient la moitié de ce qu' ils ont appris et il faut recommencer la formation à zéro », constate Monika. « Le vrai fana de la montagne qui fait toutes les courses, même quand il pleut des cordes, n' existe pratiquement plus ».

D' autre part, les courses de montagne classiques ont moins la cote qu' autrefois. Actuellement, le grand truc, c' est l' escalade sportive. Malgré cela, Monika met de temps en temps au programme des courses de haute montagne qu' elle réalisera même s' il n' y a que deux ou trois participants. Elle aimerait répondre à tous les désirs, sachant bien que « les modes peuvent changer ».

Lorsque Monika a pris la direction de l' OJ d' Interlaken, il y a neuf ans, elle était une des premières cheftaines de Suisse. Elle se souvient que « au début, on m' observait avec beaucoup de réserve et on était toujours Par un temps superbe, vue depuis le Stockhorn sur les sommets de l' Oberland bernois Le rappel aussi doit être exercé prêt à me critiquer; mais j' ai reçu aussi beaucoup de soutien, surtout de la part du président de la section. » Du temps pour grimper et pour jouer Nous sommes arrivés au site d' es. D' épais lambeaux de brouillard se traînent encore autour des rochers et personne n' a envie de faire un vrai pique-nique. Une partie des jeunes s' attaque tout de suite à la falaise avec Beni. Ceux qui ne maîtrisent pas très bien la technique d' en s' exercent avec Monika à faire des noeuds et demi-nœuds d' amarre, ainsi que des nœuds de « huit ».

Bientôt une paroi est équipée de dégaines et de cordes. Certains des jeunes grimpent de façon indépendante par cordées de deux, tandis que d' autres préfèrent faire leurs premiers pas en falaise assurés du haut. « Un peu plus à droite, les prises sont plus grandes, ouais, comme ça, reste bien toujours sur tes pieds !» A force de soutien et de bons trucs, tous finissent par réussir à grimper une voie en tête. Monika a bien à faire: contrôler les noeuds, tenir les cordes pour la descente, équiper des relais et préparer un départ de rappel. Suivant ses instructions, les enfants crachent leur descendeur et installent leur boucle d' auto avec prusik. Les premiers pas vers le vide sont souvent un peu hésitants, ça se comprend!

Midi est passé depuis longtemps. On déballe les sandwichs, les pommes et les barres de chocolat. Mais bien que la température soit maintenant un peu plus douce, les enfants ne consacrent pas beaucoup de temps au repas... Ils découvrent que cordes, mousquetons et sangles peuvent aussi être des jouets. Simon, par exemple, pendu à un gollot, essaie de pêcher une gourde à l' aide de ses mousquetons. On peut également se servir de la corde comme d' une su-per-balançoire.

« Plus les participants sont jeunes, plus nous devons consacrer de temps au jeu », dit Monika pour résumer ses expériences. Comme c' est en général plus facile de se joindre aux activités de l' OJ qu' aux courses du CAS, des adultes ont commencé à y prendre part. Ainsi est née l' idée d' offrir aux familles des possibilités de séjour, en collaboration avec les Amis de la nature. Ces semaines sont organisées au printemps et en automne.

Travail de bureau, « téléphonite » et cave bien remplie Monika dirige elle-même la plupart des sorties de POJ-AJ. En plus de plusieurs semaines de courses, elle est de sortie presque un week-end sur deux. Il est clair qu' il y a beaucoup de travail derrière tout cela. Elle établit le programme annuel avec l' en des responsables, en tenant compte aussi des voeux des enfants.

Des papillons d' information détaillés regroupant trois à quatre courses sont envoyés aux membres. Elle doit annoncer à J+S les cours de la saison et commander le matériel nécessaire. L' organisation des week-ends et des semaines de courses, la réservation de logements, l' achat de nourriture requièrent bien sûr un travail particulièrement important. A la fin de l' année, il faut en plus faire les comptes en deux exemplaires, un pour le CAS, l' autre pour J+S.

Après plus de neuf ans, ces travaux de bureau sont devenus une routine pour Monika et ils sont relativement vite liquidés, « tandis que les comptes prennent beaucoup de temps et d' énergie ». Comme elle a un poste d' assistante médicale à 70%, elle dispose du temps nécessaire à toutes ces tâches.

Les problèmes surgissent quand son équipe de responsables, petite mais très active, n' est pas assez nombreuse pour réaliser le programme prévu. Elle passe parfois des soirées entières au téléphone pour réunir suffisamment de chefs ou cheftaines de courses...

Dans la cave de Monika s' entas le matériel J+S, des chaussons d' escalade, des baudriers, des tentes, des réchauds, tout ce que l' OJ a acheté au cours de ces dernières années. « Quelquefois je me demande où je vais bien pouvoir caser tout ça », dit-elle en riant. Le pire moment, c' est au retour d' une semaine de camping sous la pluie. Sa cave est alors encombrée de tentes mouillées et elle en a pour des jours et des jours à nettoyer des réchauds, des casseroles, des poêles, un travail qu' elle n' apprécie pas spécialement, et on la comprend!

C' est une joie toute particulière pour Monika de recevoir des lettres ou de petits cadeaux des jeunes ou de leurs parents. Ce qui la réjouit aussi est de voir que plusieurs jeunes gens qui ont appris avec elle à varapper et à faire de l' alpinisme sont actuellement en formation pour devenir guides de montagne. Et, bien sûr, son grand plaisir est de pouvoir grimper elle-même.

On cherche du soutien Entre la grimpe et les jeux, l' après passe rapidement. Il est déjà l' heure d' enrouler les cordes et de faire les sacs. « A qui est cette boucle? Ne laissez rien filer en bas de la pente !» Monika et Beni trient le matériel et se chargent des cordes. Il semble que les enfants ont apprécié la journée: c' est en riant et en bavardant qu' ils descendent vers la station du téléphérique.

Quand à Monika, même après neuf ans, son activité de cheftaine lui plaît toujours autant. Certes, le volume de travail n' a pas arrêté d' aug ces dernières années, surtout avec la mise sur pied de l' alpinisme juvénile. Elle serait donc heureuse de réduire ses activités et de pouvoir répartir le travail entre plusieurs personnes. « Mais tant que ça fonctionne encore, ce n' est pas si facile de trouver un successeur », dit-elle pour décrire la situation de la section d' Inter, avant d' ajouter: « Je vais sûrement faire encore une année comme cheftaine ».

Simone Remund, Spiez BE ( trad. ) M I Escalade libre / Compétition l Arrampicata libera e di competizione i Sport- und Wettkampf klettern Dominique Roulin, Veyrier GE a.m Terrain de Préalpes calcaires par excellence, le Ver-40 cors ne fut longtemps connu que des initiés. Historiquement, il représente le berceau de l' alpinisme grâce à l' ascension du Mont Aiguille par Antoine de Ville en 1492, dont l' itinéraire ne sera répété qu' au milieu du XIXe siècle. Après une période d' âge d' or allant du milieu des années 1950 à la fin des années soixante, le Vercors sombre progressivement dans une semi-léthargie. Aujourd'hui il semble qu' on assiste à un réveil discret. Cependant, tout n' est pas si simple dans cette île merveilleusement préservée... où les tribus sont nombreuses et les « vieux Indiens » tiennent à conserver leur réserve intacte!

Dans les années soixante il était courant d' enten comparer le massif du Vercors aux Dolomites, les hautes parois verticales qui limitent la frange orientale du plateau du Vercors faisant immédiatement penser à celles du nord de l' Italie. Les points de comparaison peuvent effectivement être nombreux mais restent néanmoins bien trompeurs! A la différence des Dolomites, le Vercors présente peu de sommets individualisés et la structure de la roche ne prédispose pas à l' escalade facile. Les voies « normales » sont quasi inexistantes et les faces d' in modérée sont très rares. Au contraire des Le petit village d' Archiane est typique de ceux que l'on rencontre en Vercors

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