Jours ensoleillés et nuit de tempête à Hollandia

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Karl - Wilhelm Specht Müllheim-sur-la-Ruhr

A partir de Fafleralp, nous avons laissé derrière nous presque toutes les marques de la civilisation. Encore quelques êtres humains et quelques animaux à Gletscherstafel. Puis il n' y a plus, autour de nous, que la sauvage solitude du haut Lötschental. Nous entamons la redoutable montée à la cabane Hollandia, redoutable non pas tant par ses difficultés — attendues — que par le poids de nos sacs, lourds comme du plomb et qui, pendant cinq heures ou plus encore, vont faire de nous leurs esclaves. Des vivres pour une semaine, mesurés avec soin, des habits d' hiver d' un poids non réductible, des objets de première nécessité allant des allumettes de sûreté à la corde en perlon, les indispensables appareils photo- graphiques - trois caméras sans compter de volumineux accessoires - constituent l' équipe de notre « expédition ».

Les imprécations, prévisibles, ne tardent pas à retentir, car tout coûte un effort, à commencer par le simple fait de relever la tête pour pouvoir admirer les âpres et rudes beautés de cette originale vallée de la Lonza. Cependant, malgré toutes nos fatigues, nous sommes captivés par le sommet du Petersgrat et, lorsque les nuages qui, à notre lever encore, nous paraissaient suspects, se sont peu à peu dissipés et laissent apparaître le Bietschhorn dans toute sa splendeur, alors, tout à coup, voilà que les sacs s' allègent aussi. Du moins, nous en avons l' illu.

Je m' expose volontairement à une douche tout en gravissant la gueule béante du Langgletscher. Derrière moi et au-dessus de moi, de sinistres et sourds craquements parcourent la glace qui, à quelques mètres de profondeur, s' épaissit en une masse bleu-noir, inquiétante et même menaçante. La crainte d' une rupture a tôt fait de me ramener à la lumière du jour.

A vrai dire, nous nous étions propose de grimper à gauche du portail glaciaire. Mais le dernier pont sur la Lonza est loin derrière nous, et le torrent, ici, est infranchissable. Nous attaquons donc aussitôt la glace, ou plutôt les éboulis. Car le Langgletscher charrie force débris. D' énormes blocs composent avec la pierraille éboulée un chaos de ruines à travers lequel nous cherchons infatigablement notre chemin. Les premières crevasses apparaissent. Elles ne constituent pas encore un obstacle. Mais bientôt nous tombons dans une chute de séracs qui nous barre tout accès à une paroi rocheuse si proche qu' on croirait presque la toucher. Que faire? Revenir en arrière pour contourner ce labyrinthe de crevasses? Non! Nous avons du temps. Eh bien, enfonçons-nous dans ce monde glaciaire aux clartés glauques et qui semble inabordable. Et nous voilà tâtonnant au milieu de gouffres et de crevasses, nous hissant sur des tours et Vue de Murren: ( de gauche à droite ) Gletscherhorn, Ebenfluh et Mittaghorn 2Cabane Hollandia ( 3238 m ) et Sattelhorn 3Vue du glacier de l' Ebnefluh sur VAletschhorn ( 4195 m ). Paroi nord et le Haslerrippe ( à gauche ) Photos: Karl-Wilhelm Specht, D-Mülheim a. d. Ruhr des blocs, jusqu' au moment où s' ouvre une issue. Tout en nous reposant, nous nous étonnons d' avoir déjà derrière nous la moitié du trajet, sans avoir fait basculer notre bagage dans quelque précipice.

Désormais, plus d' obstacles. La « Grosse-Dole », la partie supérieure du glacier, est pauvre en crevasses. De plus, du haut de son éperon, la cabane nous lance un appel sur et un salut tentateur, tout en nous promettant repos, chaleur et sécurité. Nous suivons une trace qui, là-haut, du côté de la Lötschenlücke, se perd dans la neige fraîche. Aucun bruit autour de nous. Le torrent lui-même se tait en se précipitant du Sattelhorn. Cet air de la haute montagne, à la fois transparent et frais, est tout comblé de silence.

Nous voici sur la selle du col. La Lötschenlücke sépare et unit deux mondes. Vers l' ouest s' étire le Langgletscher que nous avons parcouru dans toute sa longueur. Il se fond dans la vallée, s' amollit au soleil, se laisse pénétrer par la chaleur de la vie.Vers l' est s' étend le grand Aletschfirn. Il ne s' attendrit pas. Il s' allie à beaucoup d' autres fleuves de glace pour former la puissante masse de la Place Concordia. Et ce pourrait être peu rassurant pour nous si nous ne savions pas que, dans quelques minutes, nous aurons un bon toit pour protéger nos têtes.

Quatre Anglais nous accueillent et nous saluent lorsque, au bout de huit heures, nous nous déchargeons de nos sacs.

There' s some tea for you1 L' un d' eux nous apporte une théière et deux tasses.

We saw yo coming1.

L' explication est simple: c' est la camaraderie des montagnards. Nous voici dans la cabane six touristes bientôt plongés dans une conversation animée. « Mountaineering » ou « escalade » en est le* thème. Comment pourrait-il en être autrement? Le feu pétille. L' aimable gardien fume' Voici un peu de thé pour vous 2Nous vous avons vus venir sans discontinuer sa pipe, et écoute, des heures durant, sans dire un mot. Il fait bon à Hollandia.

Le lendemain, nous regrettons presque de passer un jour aussi radieux à ne rien faire. Mais le repos nous est bien nécessaire après la fatigue de la veille. De plus, la cabane, à 3238 mètres, est déjà en elle-même un sommet non négligeable. A ce repos, notre équipement photographique trouve sa justification. Dans le lointain, le Mont Blanc, largement étalé, attire le regard; plus près, c' est la longue arête dentelée qui va du Bietschhorn au Distlighorn en passant par le Breithorn du Lötschental, et juste en face, le névé en lame de couteau qui s' élève jusqu' au Sattelhorn, tandis que, à côté, le bloc pesant de PAletschhorn domine en souverain le panorama que ferment, à l' est, les Fiescherhörner, les Grünhörner... Devant un pareil coup d' œil, j' admire et je photographie tout à la fois.

Le lendemain aussi, le soleil irradie un ciel d' un bleu profond. Nous montons par l' Ebne sur une neige nouvelle, mais qui porte. A peine si une crevasse coupe le vaste glacier blanc, doucement incliné. A peine si un éperon rocheux dérange le calme visage de ces neiges éternelles. Devant nous surgit, imposant, s' éle au-dessus de ces étincelantes solitudes, le Mittaghorn, une de ces nombreuses montagnes, souvent peu connues, qui culminent de bien peu au-dessous des quatre mille. C' est à son sommet que nous voulons grimper aujourd'hui. La rimaye est profondément enneigée et c' est bien pourquoi nous nous assurons avec grand soin au passage de sa fissure à peine visible. La montée alors devient plus variée: nous avons atteint l' arête. Ici, le vent souffle avec une violence telle que nous devons, pour garder notre équilibre, nous arc-bouter sur nos piolets. Quelques rochers se présentent sur notre chemin: les seuls au cours de cette randonnée glaciaire. Nous avons vite fait de les franchir, et c' est là précisément que nous trouvons un petit endroit abrité du vent, où nous pourrons bien nous reposer au retour.

Vue de la cabane Hollandia vers l' est: Grand glacier d' Aletsch, Place Concordia, Fiescherhörner, Grünhörner et Finsteraarhorn Brouillard au-dessus de V' Aletschhorn. A gauche, le Dreieckhorn ( 3811 m ); au premier plan: le glacier de la Jungfrau.

Photos: Karl-Wilhelm Specht, D-Mülheim a. d. Ruhr Le vent soulève des voiles de neige au-dessus des corniches. Infatigablement, il sculpte et façonne la montagne. Il a effacé les traces anciennes. Les nouvelles que nous laissons derrière nous ne durent que quelques secondes. Nous avons l' impression d' être déjà près du sommet. Mais nous avons encore une longue arête devant nous. Elle se prolonge, sans monter beaucoup, jusqu' au point culminant.

- Comment te sens-tu? demandé-je à ma compagne.

- Continue seulement! me répond-elle. Alors je comprends que la montagne est à nous.

Chacun de nos pas soulève de la poussière de neige. Un léger nuage voltige, se dissipe, disparaît. Les crampons s' enfoncent en crissant dans la vieille neige tassée par le vent. Les yeux pleurent à cause du courant froid qui pénètre sous les lunettes de glacier. Mais il voient confusément cette calotte dans laquelle vient s' embou l' arête. Elle s' approche, s' approche encore, jusqu' au moment où il n' y a plus ni proximité ni éloignement, pour quelques minutes...

Nous sommes seuls, entièrement seuls. Qu' il est exaltant pour le grimpeur, ce sentiment que la montagne lui appartient à lui seul, du moins pour quelques instants, même si ce n' est là qu' une illusion! Nous sommes seuls. La montagne nous appartient, et elle nous gratifie d' une vue limpide comme du cristal. Au-dessous de nous, Murren. J' y suis allé un jour, il y a bien des années, et je regardais là-haut, fasciné, ce versant nord - pareil à une muraille - du groupe de l' Ebnefluh. Maintenant, c' est un de ces formidables remparts de glace qui plonge devant nous dans l' abîme.

La vue s' étend bien à deux cents kilomètres. En une seconde, nous parcourons du regard la Forêt Noire, et la seconde suivante nous trouve à la Bernina. Une infinité de sommets compose autour de nous un demi-cercle que l' œil peut à peine embrasser. Pour quelques brefs instants, nous oublions la morsure du vent; nous découvrons sans cesse de nouvelles cimes, de nouvelles aiguilles. Nous avons escaladé une d' entre elles. Une seule, perdue dans cet océan aux vagues figées. Et pourtant quelle joie d' être sur son sommet!...

Blottis l' un près de l' autre, nous sommes assis dans les rochers de l' arête, à l' Auenjoch. Le vent peut bien souffler: ici il fait chaud, le soleil brille, on est tranquille. Nous mangeons le contenu de nos sacs, nous étirons nos membres fatigués et, satisfaits, nous regardons à la ronde.

Ces quelques éphémères minutes du sommet sont déjà du passé, de l' inoubliable passé.

Le temps est toujours radieux quand nous regagnons la cabane. Mais qu' y est-il donc arrive? La grande pièce confortable s' est tout à coup métamorphosée en chambre d' hôpital. Un des Anglais est atteint d' ophtalmie des neiges! Il a imprudemment, pendant la randonnée d' hier, ôté trop longtemps ses lunettes de glacier, et il erre maintenant dans la pièce avec un visage convulsé par la douleur. Deux camarades suisses sont tombés à l' Aletschhorn. L' un des deux semble durement touché. Un de ses crampons s' est pris dans son bas, et aussitôt le jeune alpiniste a dévissé de laHasler-rippe. Le choc a arraché le deuxième et, si leur corde ne s' était pas emmêlée, nous aurions dû aller chercher des morts. Habits déchirés, plaies béantes aux jambes, main fracturée, visage inondé de sang: un tableau d' épouvante. Avec le gardien, nous pansons l' infortuné, nous tam-ponnons ses blessures, nous lui faisons de sa couchette un lit.

Une atmosphère contrainte règne à Hollandia. Les trois autres Anglais ne sont pas encore rentrés. A une heure, nous les avons vus aux jumelles à l' avant de l' Aletschhorn. Maintenant, l' après est déjà avancé. Et voilà que, brusquement, le ciel a passé au gris. Des nuées d' orage, accourues de l' ouest, dévorent la lumière du jour. Des coups de vent fouettent le toit. Les parois craquent. Une tempête se prépare. L' Ecossais aveugle tâtonne à travers la chambre...

Les premiers flocons tombent, ou plutôt ils sont plaqués contre les fenêtres. En un tournemain, il fait nuit. Je sors devant la porte. Des éclairs projettent leurs palpitantes clartés, illuminent pour une seconde les contours du Sattelhorn, éclairent la sombre masse de nuées qui s' est accumulée dans la cuvette du glacier. Mais qu' est donc? Le mat du drapeau siffle et craque, et de petites flammes bleues jaillissent comme des langues à son sommet. Le feu Saint-Elme! L' inquiétant phénomène! Où peuvent bien être maintenant nos trois camarades? Ils doivent s' être mis à l' abri depuis longtemps... Le gardien est soucieux:

— Aujourd'hui, je ne dormirai pas bien. Mais qui songe encore à dormir? Nous préparons du thé en abondance, et nous instil-lons des gouttes pour les yeux à notre Ecossais. A peine si nous prononçons un mot. Figés, nous écoutons les fracassantes fureurs de l' orage, ou bien nous allons une seconde devant la cabane essayer de jeter un coup d' œil.

La tempête de neige se déchaîne et mugit autour du refuge. Le thermomètre est tombé à moins trois degrés. Nous tremblons pour les trois compagnons. Ce sont sans doute des alpinistes expérimentés, mais que vaut l' expérience par un temps pareil? La fascinante splendeur de l' alpe, telle que nous en avons joui ce matin, s' est transformée d' un coup en un épouvantable enfer de glace.

Empaqueté dans d' épais vêtements, me revoici devant la porte. L' oppressant feu Saint-Elme luit toujours au haut du mat. A ce moment, le vent ouvre une déchirure dans l' impénétrable paroi de nuages sur l' Aletschfirn et... une lumière! Une lumière! Réellement, ils émettent des signaux lumineux, loin, loin là-bas, au-dessous de nous. Je fais irruption à l' intérieur:

- Une lumière!

Bousculade générale. Tous se précipitent dehors. Nous répondons avec la lampe. Mais déjà le rideau de nuées s' est refermé.

Quelque peu soulagés, nous buvons du thé, et nous attendons. La tempête hurle avec une puis- sance qui ne diminue pas. Il est déjà tombé dix centimètres de neige. Il est dix heures. Il est dix heures et demie. On ne voit pa: à cinq mètres. J' agite ma lanterne. Rien. Le vent emporte nos appels. Aucune réponse. Nous songeons aux crevasses juste au-dessous de la cabane. S' ils allaient y tomber!...

Et voilà qu' une pâle clarté luit dans cette « soupe aux pois ». Puis des voix deviennent perceptibles. Ce sont eux. Dieu soit loué! Trois formes humaines confuses s' avancent en trébuchant, trempées, transies, épuisées, mais sauvées!

— Oh yes, we had a little crevasse jumping '. Encore tout hors d' haleine, l' officier nous raconte leur aventure de vingt heures, cependant que nous dénouons leur corde et que nous délaçons leurs chaussures. Il ne leur semblait plus possible d' affronter la descente par la Haslerrippe. Le verglas était si redoutable qu' ils avaient préféré descendre par le glacier du Mittelaletsch sur le Glacier d' Aletsch. Ils l' avaient suivi jusqu' à la Place Concordia, pour remonter finalement tout l' Aletschfirn, et pas à petite allure! Ils voulaient se remontrer à nous afin de nous ôter tout souci, et c' est pourquoi ils avaient renoncé à la cabane Concordia toute proche. Et tout cela pendant la tempête. Une extraordinaire performance!

Le gardien disparaît dans un local sur la porte duquel on lit « Provisions de secours », et il revient avec un flacon de fendant. Une bonne gorgée emporte toutes nos émotions et, tranquillisés, nous nous glissons sous nos couvertures -pour une retentissante nuit de tempête en cabane.

1 Nous avons du sauter une petite crevasse ( Adapté de l' allemand par G. Widmer )

Rund um die Monte-Rosa-Hütte

Die Hütten-Monographien, die wir in zwangloser Folge erscheinen lassen, sind als Ergänzung der Angaben im Clubhütten- Verzeichnis aufzufassen. Und zwar sollen vor allem die Tourenmöglichkeiten, die im genannten Verzeichnis nur summarisch erwähnt sind, charakterisiert werden. Sie können als Verbindung zwischen Clubhütten-Verzeichnis und Clubführer gelten und dürften vor allem dem Bergsteiger nützlich sein, der eine Hütte besuchen will, deren Tourenmöglichkeiten seinem Können und seiner Ausdauer entsprechen. Sie könnten auch als Anregung aufgefasst werden, in einer späteren Auflage des Clubhütten-Verzeichnisses die Gipfelangaben durch kurze, prägnante Angaben über den Charakter, die Länge und die Schwierigkeiten der Besteigungen, unter Hinweis auf die ausführlichen Routenbeschreibungen in den diesbezüglichen Clubführern, zu ergänzen.

Das erste Objekt, das die Ausflügler auf dem Gornergrat am grossen Fernrohr oder mit dem eigenen Feldstecher ins Visier nehmen, ist die Hütte am Fusse des Monte Rosa. Nachher peilen sie die schon von blossem Auge erkennbare Spur an, die sich durch die weissen Hänge des Berges zieht. Sind sie, die Ausflügler, am Vormittag zugegen, so wird es ihnen bei schönem Wetter fast immer gelingen, auf der Spur ein paar Menschen zu entdecken, die den höchsten Punkt der Schweiz bestiegen haben und sich nun im Abstieg zur Hütte befinden. Einige werden auch die Feststellung machen, dass es kein Kunststück sein dürfte, die Hütte mehr oder weniger wandernderweise zu erreichen. Auch wenn ihre Meinung einer Präzisierung bedarf, so haben sie doch recht. Die Monte-Rosa-Hütte ist in der Tat ein dankbares, ein aussergewöhnliches Ziel einer Bergwanderung.

Nimmt man bis zur Station Roten Boden die Gornergratbahn zu Hilfe, so ist der Ausflug eine Angelegenheit von viereinhalb bis fünf Stunden. Davon entfällt etwa die Hälfte auf die Überschreitung des Gletschers - des Gornergletschers. Und hier ist die Präzisierung am Platze, die angedeutet worden ist. Die Markierung der einzuschlagenden Route durch Stangen nimmt uns die Sorge ab, die besten Übergänge an den Spalten und an den Wasserläufen selbst zu suchen. Trotzdem ist es ein Unfug, die Wanderung in Halbschuhen und in Minis zu unternehmen. Auch wenn wir uns im regenarmen Wallis befinden, ist es durchaus möglich, dass wir auf dem Rückweg von einem Gewitter oder von Nebel überrascht werden. Dann ade Halbschuhe und Mini!

Sind wir aber ordentlich bekleidet und beschuht, so ist der Besuch der Monte-Rosa-Hütte eine der grossartigsten hochalpinen Wanderungen. Viertausender an Viertausender. Und was für Viertausender: Monte Rosa, Liskamm, Castor, Pollux, Breithorn. Das Matterhorn zeigt sich in seiner elegantesten Form. Um nicht hin und zurück den gleichen Berg gehen zu müssen, kann man auf einem ordentlichen, wenn auch steilen Weglein den Gornergrat in den Ausflug einbeziehen. Es führt etwa goo Meter östlich des Gipfels, unweit des Gletschers, zum Weg von Roten Boden hinunter.

Neben den vielen Ausflüglern, die an schönen Sommertagen die Monte-Rosa-Hütte besuchen, erhält das stattliche Haus nicht selten Besuch von Leuten, die ihre Hüttenwanderung mit Gipfelbesteigungen verbinden wollen. Ich erinnere mich der Bemerkung eines früheren Hüttenwartes, es sei unglaublich, wie viele Touristen nach der Monte-Rosa-Hütte kämen, in der Meinung, sie könnten von hier aus den einen oder anderen Hüt- 1 Monte-Rosa, vom Gornergletscher aus. Links Nordend, rechts Dufourspi Monle-Rosa-Hütte rechts. Mitte Bildrand tenberg besteigen. Die Bemerkung war keineswegs abfällig. Der Mann war sich der Gründe für die falsche Beurteilung der Tourenmöglichkeiten bewusst. Die meisten voralpinen Hütten, vor allem auch diejenigen in den Ostalpen, liegen nicht nur in wesentlich tieferen Regionen, sondern auch in einer Umgebung, die dem Touristen und mittelmässigen Bergsteiger für sie erreichbare, leichte Gipfel bietet. Diese Art von Hausbergen besitzt die Monte-Rosa-Hütte nicht. Sie ist ein exklusiver Hochtouren- Stützpunkt.

Schnee und Eis herrschen auf allen Touren vor. Es fehlt deshalb auch nicht an Spalten. Erfahrung im Umgang mit den hochalpinen Gegebenheiten sind unbedingt notwendig, andernfalls ist die Begleitung durch einen Führer unerlässlich. Die Länge der Touren setzt auch Ausdauer voraus, wenn der Genuss des Tages vollwertig sein soll. Da alle Gipfel 4000-4600 Meter Höhe aufweisen, ist schliesslich auch der Faktor Wetter keine Nebensächlichkeit. Niederschlag bedeutet also immer Schnee und Kälte.

Hausberg Nr. i der Hütte ist, wie schon ihr Name verrät, der Monte Rosa, und zwar in erster Linie sein höchster Punkt, die Dufourspitze, 4634 Meter. Ihre Besteigung bietet, mit einem erfahrenen Seilersten und bei normalen Verhältnissen, keine besonderen Schwierigkeiten. Unter diesen Voraussetzungen erreicht man den Gipfel in fünf bis sechs Stunden. Die Normalroute führt bis zu den Gipfelfelsen über Schnee. Der östliche Nachbar der Dufourspitze ist das Nordend, 4609 Meter. Seine Besteigung ist weniger lohnend, da ihr die Gipfelfelsen der Dufourspitze, der hübsche Abschluss, fehlen.

Die übrigen Gipfel des Monte-Rosa-Stockes sind kaum als eigene Ziele von Besteigungen zu betrachten. Hingegen verdienen sie im Rahmen einer grosszügigen Hochgebirgsüberschreitung Beachtung. Die Viertausender fallen dem ausdauernden Berggänger « nur so in den Schoss ». Was kein Grund für ihre Besteigung ist, sondern andeuten soll, in welcher Höhe sich die Tour abwickelt. Nach dem Erreichen der Dufourspitze nimmt man nacheinander den Grenzgipfel, die Zumsteinspitze und die Signalkuppe in Angriff. Dort besteht im Rifugio Regina Margherita Gelegenheit, die Nacht auf 4554 Meter Höhe zu verbringen. Anderntags geht es über die Parrotspitze, die Ludwigshöhe, den Corno Nero und das Balmenhorn weiter zur Vincent-Pyramide -sofern man nach der Ludwigshöhe nicht über den Grenzgletscher nach der Monte-Rosa-Hütte zurückkehren will. Von der Vincent-Pyramide erreicht man in einer Stunde das neue, prächtige Rifugio Gnifetti und von dort in gleicher Zeit die Bergstation der Seilbahn Indren, die einen nach Alagna hinunterbringt.

Noch vollkommener, aber auch entsprechend anstrengender ist die Überschreitung, wenn man von der Monte-Rosa-Hütte zum Silbersattel aufsteigt, einen Abstecher auf das Nordend macht und, zum Silbersattel zurückgekehrt, über den Grenzgipfel die Dufourspitze auf den selten begangenen nördlichen Felsen angeht.

Der Lis kämm ( 4527 und 4480 m ), der walfischähnliche, mächtige weisse Berg, der die Umgebung der Monte-Rosa-Hütte beherrscht - wegen zwei schweren Wächtenunglücksfällen einst als « Menschenfresser » verru-fen-, ist eine grosse Tagestour. Er wird von Osten nach Westen, vom Lisjoch zum Felikjoch, überschritten ( 13-15 Std. ). Weniger lang und weniger anstrengend ist dieBesteigung seiner beiden Gipfel in Verbindung mit dem Monte Rosa, entweder von der Margheritahütte oder vom Rifugio Gnifetti aus, indem man die Tour nicht auf 2800 Meter, sondern auf 4554 bzw. 3647 Meter beginnt und distanzmässig nur etwa die Hälfte des Liskamm-Nordflanke, vom Grenzgletscher aus Monte-Rosa-Hütte Photos Walter Schmid. Bern Weges über den Grenzgletscher zurücklegen muss. Je nach Beschaffenheit des schmalen Schneefirstes verlangt die Überschreitung beträchtliches Können, Trittsicherheit, vor allem auch die richtige Einschätzung der Wächtengefahr. Auch der Abstieg vom Felikjoch über den stückweise zerklüfteten Zwillingsgletscher zur Monte-Rosa-Hütte erheischt Vorsicht und kluge Wahl der Route.

Für die Elite der Bergsteiger bieten die verschiedenen Nordrippen des Berges zum Teil aussergewöhnliche Aufstiegsmöglichkeiten, wobei mit Zeiten von acht bis fünfzehn Stunden, z.T. auch mit Biwaks zu rechnen ist.

Die westlichen Nachbarn des Liskamms, die Zwillinge, sind Gipfel, die mehr Ausdauer als technisches Können, vor allem aber auch Spürsinn im Umgang mit Gletschern erheischen. Über den Zwillingsgletscher erreicht man zuerst — in fünf bis sechs Stunden - den Castor, 4228 Meter, dann via Zwillingsjoch den Pollux, 4092 Meter. Vom Westfuss des Berges, dem Schwarztor, sucht man sich den Rückweg über den Schwärzegletscher, entweder zur Monte-Rosa-Hütte oder direkt hinaus zum Weg, der vom Gornergletscher zum Roten Boden hinaufführt. Eine lange, bei schlechtem Schnee mühsame Rundreise in einer imposanten Gletscherlandschaft mit all ihren Schönheiten und Tücken!

Im Frühling und Vorsommer ist die Monte-Rosa-Hütte einerseits Etappe der Haute Route, anderseits Stützpunkt für grosse Skihochtouren. Wer die Durchquerung der Penninischen Alpen in Saas Fee beginnt, in der Britanniahütte oder auf Langfluh erste Station macht, wird sie als nächstes Etappenziel über den Adlerpass ansteuern. Dient sie als Stützpunkt für hochalpine Skitouren, so stehen dafür alle ihre Hausberge zur Verfügung. Beste Zeit, je nach Schneeverhältnissen, anfangs Mai bis Juni. Man geht gut, wenn man die Dufourspitze, das Nordend und die Signalkuppe in sechs Stunden erreicht. Die Signalkuppe ist bis in unmittelbare Gipfelnähe mit den Ski zu erreichen, an der Dufourspitze lässt man sie am Sattel ( 4359 m ), am Nordend auf dem Silbersattel, eventuell schon unterhalb der oberen Gletscherbrüche. Über den Zwillingsgletscher zieht man seine Spur, wenn man den Westgipfel des Liskamms oder den Castor besteigt. Bei beiden lässt man die Ski auf den Vorgipfeln. Bei günstigen Schneeverhältnissen erübrigt sich die Verwendung von Steigeisen auf den Schlusspartien. Sie sollten aber « für alle Fälle » mitgenommen werden, es sei denn, man folge einem Führer, der den Zustand des Schnees an den Gipfeln schon zu Beginn der Tour zu beurteilen weiss.

Für die Abfahrten ist sicheres und beherrschtes Fahren unerlässlich. In den spaltenreichen, vor allem unteren Zonen ist die Benützung des Seils ein Gebot der Vernunft, was bekanntlich eine gewisse Erfahrung, zusammen mit ski technischem Können voraussetzt - sofern der Tag ein genussvoller sein soll.

Es gibt nur wenige hochalpine Hütten, die so leicht erreichbar sind und doch sowohl für den Bergsteiger als auch für den alpinen Skifahrer so hochgesteckte, lockende Ziele aufweisen wie die Monte-Rosa-Hütte. Was ihr aber gänzlich abgeht, in ihrer grossangelegten weissen Umgebung abgehen muss, sind die i m Volksmund als Hüttenberge bezeichneten leichten und mit geringer Anstrengung erreichbaren « Berge für jedermann ».

W.S.

Karten- und Führermaterial: Landkarte 1: 25 000, Blatt 1348, Carta delle zone turistiche d' Italia, « Il Cervino e il Monte Rosa », l: 50000, TCI ( für die italienische Seite des Massivs ); Clubführer SAC « Walliser Alpen », Band III.

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