Le Biancograt à l'aube

C' était l' hiver passé, dans un wagon des Chemins de fer rhétiques. La courte discussion entre un conducteur de train et un contrôleur, l' un âgé d' une soixantaine, l' autre d' une vingtaine d' années environ, m' a beaucoup impressionné. Ils avaient terminé leur journée de travail et étaient assis l' un en face de l' autre dans le compartiment. Durant le trajet entre Morteratsch et Pontresina, ils regardaient les mélèzes fraîchement recouverts de neige. C' était le soir. La lumière était douce, l' ombre des arbres s' était allongée et la simple contemplation de la nature procurait un bien-être intérieur. « Peter, dit le contrôleur au conducteur, ce matin, c' était saisissant, ces mélèzes recouverts de neige et, tout en haut, le Biancograt. On aurait dit un ruban d' or. C' était presque un peu kitsch, cette vue. » « Oui, moi aussi j' étais sous le charme en conduisant le premier train à travers le Puschlav. J' avais l' impression de rouler sur un fin tapis dans un paysage qui venait d' être peint. Et la Bernina à l' aube – quelle vue splendide. En fait, nous deux, on a les plus beaux métiers qui soient, pas vrai ?» Le jeune contrôleur acquiesça: « C' est vrai, mais ne le dis pas trop fort !» Ce qui m' a tant impressionné dans cette petite discussion, c' est le fait que ces deux personnes ayant une expérience de vie très différente puissent avoir une perception si semblable: une véritable fascination pour les montagnes qui saisit aussi bien les jeunes que les moins jeunes - exactement ce que permet le CAS. Le Biancograt dans la lumière de l' aube: un même symbole pour les différentes gé-nérations. a

Andreas von Deschwanden, Kriens ( trad. )

Feedback