Le Catogne, une montagne singulière. L'Auvergne et la Corse en Valais

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L' Auvergne et la Corse en Valais

Le Catogne, une montagne singulière

Le Catogne, 2597,. " " .9 m, est une belle montagne aux allures de volcan qui réserve aux alpinistes d' agréables surprises. On y croise de nombreux bouquetins et on jouit, depuis son sommet, d' une magnifique vue sur la vallée du Rhône. Si cette montagne pittoresque offre plusieurs chemins d' accès de difficultés différentes, les plus téméraires préféreront l' itiné Champex – Bonhomme – pointe des chevrettes – Catogne.

Tout automobiliste remontant la vallée du Rhône en direction de Martigny aura aperçu la silhouette caractéristique du Catogne. Difficile d' éviter la comparaison avec un volcan, qui plus est qu' un cumulus en développement s' y accroche! Le Valais est pourtant séparé de l' Auvergne par plusieurs centaines de kilomètres! Que la perspective change et la supercherie apparaît alors évidente: en lieu et place d' un cône, on observe un chaînon de plus d' un kilomètre qui s' étend du nord au sud.

Approchez des pentes de la cime et, là encore, vous croirez sillonner une lointaine contrée. Le caractère méridional de la végétation rappelle en effet étrangement la Corse. Reste l' accent des habitants de Champex et d' Orsières … A montagne singulière, accès original. Plusieurs itinéraires conduisent au point culminant et le plus inclassable d' entre eux est décrit ici, oscillant entre la randonnée et l' alpinisme. Bien plus que de qualités techniques, c' est d' un bon sens de l' itinéraire et d' un pied sûr dont il faut faire preuve pour parvenir au but. Odeur de pin et d' arolles Résidant à Champex depuis quelques années, j' ai entrepris de nombreuses escapades à la rencontre des bouquetins peuplant la chaîne du Catogne. d' hui, un ami décide de m' accompagner et nous quittons la petite station au terme de la route passant devant son célèbre jardin botanique. Un sentier forestier abrupt met rudement nos mollets à contribution. Au P. 1794, nous obliquons à gauche et atteignons alors rapidement la crête du Belvédère, d' où la vue sur le lac de Champex, entouré d' habitations, s' avère idéale. Dès lors, l' ambiance rappelle les Alpes du sud. Odeurs de pin, terrain sec, arolles accrochés entre rocs et ciel faisant éclater la pierre de leurs vigoureuses racines. Nous cheminons en balcon jusqu' au P. 2228. A l' est, la Li Blanche, très acérée, attire inévitablement nos regards. L' itinéraire, quoique très peu balisé – quelques anciennes marques de peinture rouge délavées par endroits –, ne prête guère à confusion puisqu' il suffit de suivre plus ou moins le

Peu avant de quitter l' arête du Belvédère, les rochers font place aux gazons. Belle vue sur la Li Blanche à droite et sur le Bonhomme à gauche Pho to :S téph ane Ma ire LES ALPES 7/2004 Derniers pas d' escalade, faciles, sur l' arête du Belvédère. Quelques marques de peinture délavées indiquent le chemin Une vire permet d' éviter les premières difficultés de l' arête L' aiguille du Bonhomme, au col des Guides. Au fond, le val d' Arpette Vue depuis le parcours forestier qui, de Champex, conduit à l' arête du Belvédère. Quelques trouées offrent une belle vue sur le lac de Champex Pho to s:

St éph ane Ma ire LES ALPES 7/2004 Une primevère hérissée prend le soleil entre des blocs de granit Un cabri teste l' adhérence de ses sabots sous le regard attentif de sa mère, au voisinage de la Pointe des Chevrettes De l' arête, vue sur la Pointe des Chevrettes, vers le nord LES ALPES 7/2004

faîte, mais il n' est pas mentionné sur la carte. Parfois, un ressaut rocheux se franchit en escalade, mais la difficulté demeure plus qu' acceptable. Des traces signalent le passage et les siestes des bouquetins sur les replats du terrain. Malheureusement, les bêtes se font discrètes aujourd'hui, la période de mise bas les ayant repoussées en forêt.

Repos au Bonhomme Lorsque nous parvenons au Replat du 700 e 1, une sente refait apparition et prend en écharpe le flanc sud du Bonhomme. Nous laissons sur notre gauche le chemin qui descend vers Champex et c' est par un itinéraire parfois astucieux – passages inattendus derrière des lames de rochers – que nous gagnons le Replat du Fratsay 1 et son poteau indicateur, visible de loin. Celui-ci montre plusieurs directions, dont celle du Catogne, mais il s' agit là du chemin que nous emprunterons pour la descente. Afin d' atteindre l' arête sud de notre chemin, il faut monter directement jusqu' au col des Guides, gardé par la petite aiguille ocre ayant donné son nom au Bonhomme ( direction Sembrancher ). La sente se montre moins douce et, une fois le faîte atteint, un peu de repos nous semble bien mérité.

Un kilomètre en balcon Quittant le col, nous abandonnons les traces de balisage et parcourons alors un secteur davantage visité par le gibier à quatre pattes que par les hommes. Des rochers ocres forment momentanément la crête, puis un premier obstacle évident se dresse sur notre route peu avant le P. 2527. Une sente, s' élevant vers la droite jusqu' à une épaule et permettant de l' éviter, apparaît rapidement. Nous poursuivons par ce chemin, quelques dizaines de mètres sous le faîte. A l' ap de la Pointe des Chevrettes, un ou deux pas de désescalade toujours en contrebas du fil donnent accès à un couloir que nous remontons. Le chant des sirènes Une vire gazonnée dans la paroi sud de la Pointe des Chevrettes nous attire comme le chant des sirènes. Mais sur l' autre versant de la crête à laquelle elle conduit, une alternative se dessine: un couloir herbeux ramène à l' arête par une brève et facile escalade dans le haut. Nous nous offrons ensuite une jolie partie de grimpe sur le fil exigu bien qu' un cheminement demeure possible par des gazons plus bas. Une fine pluie, invitée inopportune, rend momentanément l' exercice moins amusant.

Lorsque le faîte semble impraticable, nous le quittons et revenons dans le flanc est. La Pointe des Chevrettes ne nous retient pas et nous entamons sa descente sans tarder. Peu engageante, car n' offrant pas au regard de ligne évidente, elle se dévoile petit à petit. Ici une vire gazonnée, là un couloir, puis un peu de désescalade pour finalement rejoindre la crête.. " " .Visible de loin déjà, le balisage de l' itiné venant du Replat du Fratsay nous

1 non mentionné sur la carte Du sommet du Catogne, vue vers le sud et sur le Grand Combin, épaulé à droite par le Mont Vélan

Informations pratiques

Difficulté: T4 pour la partie entre le Belvédère et le Replat du 700 e, T2 ensuite jusqu' au col des Guides, puis T5 qu' au Catogne. Une fois engagé sur l' arête finale, il est malaisé de s' en échapper. Matériel: Le matériel standard de randonnée, auquel on peut ajouter un brin de corde de 10 à 15 m ( utile surtout à la descente de la Pointe des Chevrettes ). Durée: Champex–Bonhomme: 3 h, Bonhomme – Catogne: 2 h. Compter entre 2 h et 2 h 30 pour le retour. Carte: CN 1: 25 000, feuilles 1325 Sembrancher, 1345 Orsières Accès: Train jusqu' à Orsières via Martigny puis bus jusqu' à Champex. Période: La présence de névés peut rendre très délicat le parcours de la crête entre le Bonhomme et le Catogne ou le passage de certains couloirs raides. En général, l' itiné est praticable dès la mi-juin. Variantes: On peut gagner le sommet du Catogne par d' autres itinéraires, par exemple au départ de Bovernier ( durée: 5 h ) ou de La Garde ( durée: 4 h 15 ). La plupart des variantes figurent sur la carte et permettent aux randonneurs ne souhaitant pas quitter les sentiers balisés d' accéder à ce belvédère remarquable. Bibliographie: Maurice Brandt, Guide des Alpes valaisannes 1, Du Trient au Gd-St-Ber-nard, Editions du CAS, 2001

ramène dans le monde de la randonnée. L' abondance des marques de peinture contraste fortement avec le terrain précédemment parcouru. Une petite encolure conduit au sommet du Catogne, atteint quelques instants plus tard. La vue très étendue qui s' offre alors à nos regards est superbe: au sud-est, le Grand Combin et le Mont Vélan trônent isolés, au nord-ouest la Tour Sallière côtoie les Dents du Midi tandis qu' au nord-est, les Hautes Alpes calcaires nous ravissent un sifflement d' admiration. Quant au coup d' œil plongeant sur le coude du Rhône, il mérite à lui seul le déplacement. Pour le retour, nous empruntons le sentier balisé qui reconduit au Replat du Fratsay, par un beau parcours parmi des arolles clairsemés, évitant les éperons rocheux qui s' enfoncent dans le flanc ouest de la chaîne. Du Replat du 700 e, le chemin s' engouffre dans la forêt, mais les vues ouvertes ne manquent pas et nous regagnons Champex, l' esprit encore accroché à cette longue arête. a

Stéphane Maire, Commeire Du sommet du Catogne, vue vers le nord en direction de la vallée du Rhône et du coude de Martigny Chevaucher le fil de l' arête permet d' en apprécier les deux versants Pho to s:

St éph ane Ma ire

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