Les accidents de montagne en Suisse en 2004. Diminution du nombre de cas

Les accidents de montagne en Suisse en 2004

En raison des conditions climatiques, le nombre des courses effectuées en 2004, tout comme celui des accidents de montagne, a été sensiblement plus faible qu' en 2003. Un recul très sensible a été enregistré pour les accidents lors de courses de haute montagne alors qu' il y a augmentation pour la randonnée et les autres activités en montagne. Une évaluation plus précise des accidents est devenue possible grâce à diverses nouveautés dans le recensement des données.

Après la canicule exceptionnelle de 2003, les amateurs de montagne ont dû faire face, en 2004, à des conditions climatiques changeantes. Après un hiver plutôt pauvre en neige et un printemps humide, les périodes estivales de beau temps ont été de courte durée. Les beaux jours que l'on a connus dans l' arrière et au cours de l' automne ne sont pas parvenus à compenser les manques de l' été. En conséquence, les activités alpines sont restées plus modestes qu' au cours de l' année précédente. Il fallait donc s' attendre à un recul du nombre des accidents, ce qui a d' ailleurs été confirmé par les chiffres présentés ci-dessous.

La statistique des accidents au cours du temps

Les statistiques relatives aux accidents de montagne survenus dans les Alpes suisses ont une longue tradition au sein du CAS. Les premiers chiffres et rapports étaient déjà publiés dans le bulletin annuel de 1869/70. Ce n' est toutefois qu' en 1964 qu' une statistique clairement définie a été établie. Elle ne retenait alors que les cas avec issue mortelle. Après une réorganisation du système de déclaration des accidents au sein du sauvetage du CAS, au début des années 90, il a également été possible de prendre en compte les accidents qui ne faisaient que des blessés. Dans le rapport de 1994, les accidents de montagne ont été divisés en deux catégories sous la rubrique générale « Accidents de montagne en Suisse ». Tous les événements qui avaient placé des amateurs de montagne dans une situation critique ont été recensés sous cette rubrique. Les cas relevant de la maladie et les évacuations de personnes non accidentées ont également été comptés. En parallèle, les accidents mortels ont fait l' ob d' une statistique séparée. C' est surtout dans une perspective de prévention et de formation qu' il est utile de disposer de statistiques aussi détaillées que possible. Un nouveau programme informatique de saisie des données utilisé par les services de secours alpins permet maintenant d' aller plus loin dans cette direction. Bien que la saisie détaillée soit actuellement limitée aux interventions des secours en montagne du CAS, la base de données élargie 1 permet de regrouper des statistiques qui étaient auparavant séparées 2.

Vue d' ensemble

Accidents de montagne

S' agissant des accidents de montagne survenus au cours de l' année 2004 ( année civile ) dans les Alpes suisses et le Jura, on a compté 1471 personnes évacuées, secourues ou dégagées après enfouissement, soit un nombre en recul de 17 % par rapport à l' année précédente. Ce recul a été particulièrement marqué pour les courses de haute montagne, avec une diminution de 42 %, soit 280 personnes 1 Ce compte rendu statistique se fonde sur les données et la collaboration des personnes et institutions suivantes: Hans Jaggi et Frank Roth, Secours alpins CAS; Robert Kaspar, Hans Jacomet, Werner Schnider et Paul Ries, REGA; Thierry Rätzer, OCVS ( VSMarco Salis, Bergrettung Graubünden CAS; Bruno Durrer, Bergrettung Air Glaciers Lauterbrunnen, Société suisse de médecine de montagne; Andrea Romang, Air Glaciers Gstaad–Saanenland; Stephan Harvey et Benjamin Zweifel, ENA. Malheureusement, les informations concernant le Bas-Valais ( Maison du Sauvetage ) ne sont pas entièrement à notre disposition. 2 Pour des raisons de place, il n' est pas possible de développer ici toutes les analyses que permettent les nouvelles données. Les lecteurs intéressés retrouveront ce texte complété avec diverses statistiques et des graphiques sur le site Internet du CAS à l' adresse www.sac-cas.ch/rettung/statistiken ( uniquement en allemand ).

Interventions 2002–2004 en fonction des activités pratiquées Interventions 2002–2004 en fonction des causes secourues. Sous les rubriques randonnée et autres activités sportives en montagne, le nombre des interventions est toutefois plus élevé qu' en 2003. La saisie des données par cause montre que les interventions dues à un « égarement » sont en augmentation. S' agissant du troisième critère d' évaluation, à savoir la gravité des dommages selon l' index médical, on remarque une baisse de toutes les valeurs. Une fois de plus, les accidents qui ont été suivis d' une hospitalisation ont été les plus nombreux. Le nombre des randonneurs en montagne sains et saufs qui ont été secourus ou évacués est également élevé ( 452 personnes ). Parmi les 147 cas avec issue mortelle, 29 personnes sont décédées d' une affection physique au cours d' une activité sportive en altitude.

Accidents mortels

Concernant les accidents qui se sont produits en 2004 lors de la pratique de sports de montagne au sens étroit du terme 3, 108 personnes impliquées dans 94 cas sont décédées, soit un recul de près de 15 % par rapport à l' année précédente. Rapporté aux groupes d' activi, le nombre de victimes lors de courses de haute montagne et « autres activités » est plus élevé que l' année précédente alors que les autres rubriques affichent un nombre de victimes en recul. Avec 13 personnes ou 12 % de l' ensemble, la part des femmes est sensiblement plus basse qu' en 2003. On note également que le nombre des ressortissants étrangers victimes d' un accident mortel est moins élevé que l' année précédente. Le total de 57 ressortissants étrangers correspond à une part de 53 % de tous les accidents mortels en montagne ( 61 % en 2003 ).

Activités

Courses de haute montagne

Nombreuses situations de blocage Au cours de l' été 2004, les périodes de beau temps stable ont été rares et se sont le plus souvent réduites à des journées ou à quelques jours consécutifs. Ces conditions ont eu des effets divers sur les activités alpines. Si la fonte des glaciers et des névés n' a pas atteint l' ampleur problématique de l' été caniculaire de 2003, des fronts froids avec des chutes de neige jusque vers 3000 mètres ont provoqué à plusieurs reprises des conditions difficiles. Compte tenu de ces faits, il n' est pas étonnant qu' il y ait eu de nombreux cas d' urgence où des alpinistes se sont retrouvés bloqués et ont dû être évacués. Il est toutefois étonnant que 123 alpinistes aient été concernés, soit plus de 403 Les accidents de montagne au sens restreint de cette statistique sont d' abord ceux de l' alpinisme classique. Les nouveaux sports de montagne ne sont inclus que si leur exercice n' exige pas de moyen de transport. On ne compte donc pas les accidents mortels de deltaplane, de parapente, de base jumping ou de V.T.T. Les chiffres présentés ici sont donc comparables avec ceux des années précédentes.

Interventions 2002–2004 selon l' index médical Par rapport à l' année précédente, l' année 2004 a vu le nombre d' interventions en montagne reculer, et ce, notamment dans le domaine de la haute montagne42% ). Les conditions climatiques peu propices aux courses de haute montagne ont certainement contribué à la baisse du nombre d' accidents. Dans l' ascension vers Weismies pendant une des rares journées de beau temps de l' été 2004 En 2004, le nombre d' interven concernant des personnes pratiquant la randonnée a augmenté par rapport à l' année précédente. Un terrain alpin exigeant demande un pied sûr et des chaussures stables. Lors de la descente dans le Bietschtal Photos: Ueli Mosimann de toutes les personnes impliquées dans une situation critique lors d' une course de haute montagne. Cette situation n' est pas toujours le fait de l' imprévoyance ou de l' ignorance. Et il est certainement moins pénible pour les secouristes de libérer des alpinistes sains et saufs d' un mauvais pas que de devoir récupérer des cadavres.

Légèreté irresponsable Il arrive cependant que certains cas de stupidité fassent sérieusement pester les secouristes chevronnés. Voici un exemple tiré d' un procès-verbal d' interven: « Quatre alpinistes entendaient gravir le Piz Bernina par la Biancograt. En raison de leur manière de procéder – une cordée de quatre personnes sur une demi-corde – et de leur condition physique insuffisante, ces alpinistes n' avaient pas du tout les compétences pour entreprendre cette course. Ce n' est que vers 15 h 30 qu' il atteignirent le Piz Bianco, alors même qu' à cet endroit commence véritablement la partie difficile de la course. C' est là qu' ils furent interpellés par un guide, arrivé sur les lieux à cause d' une opération de sauvetage, et qui leur conseilla de rebrousser chemin. La cordée n' en continua pas moins sa course, sans écouter le guide. Au cours des 4 h 30 qui suivirent, les quatre alpinistes ne parvinrent à gagner que 25 mètres d' alti et 120 mètres en distance. A la tombée de la nuit, ils se rendirent compte du sérieux de leur situation et demandèrent du secours par téléphone portable. L' opération d' évacuation héliportée qui suivit, de nuit et par un fort vent du nord, fut très délicate et possible seulement avec des treuillages. » Accidents mortels Lors des courses de haute montagne, les accidents mortels sont dus dans la plupart des cas à des chutes. Il faut compter parmi ces chutes celle d' une cordée de quatre personnes au Pollux, probablement provoquée par une forte rafale de vent. Malgré des conditions plutôt bonnes sur les zones englacées, ce sont tout de même 14 alpinistes qui ont perdu la vie lors de 6 chutes collectives. L' accident le plus grave de ce type s' est produit sur la voie normale du versant nord-ouest du Täschhorn: 4 alpinistes y ont trouvé la mort. Les problèmes posés par de pareils accidents ont déjà été abordés aussi bien dans ce compte rendu que dans d' autres publications. Il n' y a pas de recette miracle pour les éviter. Il s' agit seulement de déterminer, lors d' une course, à quels endroits il est possible de cheminer à la corde courte et où il est nécessaire d' uti des points d' assurage intermédiaires ( relais ). Cette question est centrale; il faut se la poser lors de toutes les courses.

Courses d' escalade

Accidents dus à une chute Ce sont 72 personnes au total qui ont été impliquées dans des situations d' urgenceCauses d' interventions en haute montagne Causes d' interventions en escalade Causes d' interventions en courses à ski et à snowboard Tableau 1: identité des victimes lors d' accidents mortels 2003 2004 2004 Nombre de victimes 125 108 100 Hommes 98 95 88 Femmes 27 13 12 Suisses 49 51 47 Etrangers 76 57 53 Membres du CAS 12 12 11 Age Jusqu' à 10 ans 2 0 0 Jusqu' à 20 ans 9 6 6 Jusqu' à 30 ans 20 15 14 Jusqu' à 40 ans 22 23 21 Jusqu' à 50 ans 22 20 19 Jusqu' à 60 ans 24 16 15 Jusqu' à 70 ans 12 10 9 Plus de 70 ans 8 14 13 Inconnu 6 4 4 Tableau 3: terrain lors des accidents mortels 2003 2004 2004 Sentier de montagne 22 23 21 Gazon/éboulis 14 15 14 Rochers 32 12 11 Neige/névé/glace 43 52 48 Glacier 11 5 5 Autre terrain 3 11 Alpes 54 54 50 Préalpes 69 54 50 Jura 2 0 0 Gorge = 1 Tableau 2: activité pratiquée lorsqu' un accident mortel s' est produit 2003 2004 2004 Randonnée 43 34 31 Haute montagne 36 37 34 Escalade 5 4 4 Ski de randonnée 17 14 13 Hors-piste 18 7 6 Autre cause 6 1211 Course organisée 11 16 15 Course privée 89 70 65 Personne seule 27 22 20 champignonneur = 5, chasseur = 2, escalade de glace = 1, chercheur de cristaux = 1, pêcheur = 1, randonneur à raquettes = 1, canyonig = 1 lors d' escalade en rocher. La cause la plus fréquente des interventions – 32 cas – a été une chute. Ces chutes ont souvent provoqué des blessures nécessitant une hospitalisation sans qu' il y ait eu toutefois danger de mort ( NACA 3 et 4 ). Deux grimpeurs ont été grièvement blessés et 4 autres ont été tués.

Nous pouvons, pour la première fois dans ce compte rendu, analyser les chutes en fonction de la cotation et de l' assurage de la voie concernée. On a compté 6 chutes en terrain alpin de difficulté faible à moyenne, 8 en école d' esca, 9 en terrain de 5 e degré ou plus et 9 cas de chutes dans des voies de plusieurs longueurs bien assurées du type « escalade-plaisir ».

Le nombre relativement élevé d' acci avec blessures sérieuses dans des voies pourtant bien assurées est, à première vue, étonnant. Une des raisons essentielles est certainement la forte fréquentation de ce type de voies. Il est pour le moment trop tôt pour avancer des hypothèses plus élaborées puisque nous ne disposons pas encore de données sur plusieurs années. Blocages Les situations où des alpinistes se sont retrouvés bloqués ont été presque aussi nombreuses que les chutes – mais les alpinistes ont néanmoins pu être ramenés sains et saufs dans la vallée. Il est arrivé à de multiples reprises que des alpinistes soient coincés dans une paroi par une corde de rappel bloquée, un choix inopportun, une erreur d' itinéraire ou encore une mauvaise estimation du temps nécessaire à une course. Examiner l' origine des grimpeurs n' est pas sans intérêt. La plupart des situations d' urgence sont en effet « indigènes » puisque 80 % des grimpeurs, soit 56 personnes, étaient des ressortissants suisses.

Accidents mortels Deux grimpeurs ont été victimes d' une chute mortelle en grimpant en tête. Par ailleurs, une cordée de 2 alpinistes très bien équipés a trouvé la mort en voulant accéder à la paroi nord-est du Badile par l' arête nord. C' est en traversant unCauses d' interventions en hors-piste Causes d' interventions en randonnée Causes d' interventions lors d' autres activités Lors de courses d' escalade, les accidents dus à des chutes ont été les plus nombreux en 2004. Les courses dans des terrains alpins ne demandent pas seulement la maîtrise du degré de difficulté technique. Les conditions climatiques, l' itinéraire de retour ainsi que les conditions générales doivent être pris en considération. Dans la région d' Orny Photo: Ueli Mosimann Tableau 4: causes des accidents mortels 2003 2004 2004 Chute 84 84 78 Chute dans une 6 2 2 crevasse Rupture de corniche 3 2 2 Chute de pierres 4 2 2 Chute de glace 0 3 3 Foudre 4 0 0 Avalanche 21 13 12 Blocage/équisement/ 0 1 1 égarement Autre cause 3 11 Inconnue ( disparition ) champ de neige très raide sans relais qu' un des alpinistes d' une cordée a dévissé entraînant son compagnon dans la mort. Le quatrième accident mortel s' est produit lorsque' un alpiniste a perdu pied en redescendant d' un sommet sans être encordé.

Courses à ski et à snowboard

Plus de chutes que d' accidents d' avalanche Les chiffres absolus, soit 175 personnes s' étant trouvées dans une situation critique, sont sensiblement moins élevés que l' année précédente. L' analyse montre quelques aspects qui n' avaient pas été mis en relief jusqu' ici. A ce chapitre, les accidents d' avalanche arrivent derrière les chutes survenues, le plus souvent, au cours de la descente. Une part des cas est également due à des blocages, à l' épuise ou à l' égarement.

Accidents mortels Dans le groupe d' activités courses à ski et à snowboard, le nombre de décès, avec 16 victimes, est nettement supérieur à celui des accidents d' avalanche, lesquels ont fait 7 victimes. Quatre personnes ont trouvé la mort alors que le danger d' ava était « limité » et 3 autres alors qu' il était « marqué ». Des courses sont donc encore organisées alors que le danger atteint le niveau 3 ( marqué ) et n' appartient clairement plus à la « zone verte ». Pour les courses à ski tout comme pour le hors-piste, diverses institutions font depuis longtemps de gros efforts dans le domaine de la formation et de la prévention. Il est dès lors incompréhensible qu' il y ait encore autant de skieurs qui ignorent les prévisions d' ava ou qui ne savent pas appliquer les connaissances actuelles qui permettent d' évaluer le danger. Il est très risqué de chercher à estimer la limite en cas de danger d' avalanche, car la probabilité de perdre la vie dans ce type d' accident est nettement plus forte que dans d' autres. C' est ainsi qu' en 2004 un tiers des skieurs ensevelis, et pour lesquels des secours ont été lancés, ont été retrouvés sans vie. Pour toutes les autres causes d' accidents, les valeurs comparables sont trois fois moins élevées.

Hors-piste

Différentes causes d' accident Ce sont 105 personnes qui se sont mises dans des situations critiques lors de descentes à ski ou à snowboard hors des pistes balisées. Soixante-quatre personnes étaient des skieurs ( 60 % ), sensiblement plus nombreux que les snowboarders. Plus de la moitié des accidents dans cette catégorie était la conséquence de chutes. L' égarement et les avalanches n' ont pas été rares non plus.

Accidents mortels Quatre skieurs ont été tués par des avalanches; 2 snowboarders ont perdu la vie lors de chutes. Pour l' opinion publique, les skieurs et snowboarders pratiquant le hors-piste sont des casse-cou qui n' ont pas le sens des responsabilités. Mais il y a également d' autres raisons qui font que le ski hors des balisages peut mener à des accidents graves. L' exemple suivant le montre: « A l' occasion d' une journée de ski dans le Toggenburg, il est permis à des élèves d' une quinzaine d' années de skier comme ils l' entendent sur le domaine balisé durant l' après. Ils doivent arriver au plus tard à 16 heures à Unterwasser pour prendre le car qui les ramènera chez eux. Un groupe de 7 jeunes gens, dont 6 snowboarders et 1 skieur, décide de prendre un raccourci pour gagner du temps au cours de la dernière descente. Ne connaissant pas les lieux, ils quittent la piste. Si, au début, le terrain est relativement facile, il débouche sur des parties en pentes raides avec des rochers et devient impraticable. C' est alors que le groupe essaie de continuer à pied pour trouver un autre cheminement. Un jeune glisse, mais par chance il est retenu un peu plus bas par un sapin. Un instant plus tard, un deuxième jeune glisse, mais sa glissade n' est pas arrêtée et il fait une chute de près de 70 mètres par-dessus des rochers et décède des suites de ses Situation au Piz Badile: vue sur le lieu où s' est produit l' accident lors de l' ascension de la voie classique de la paroi NE du Badile, Bergell ( GR ) Photo: Mar co Salis

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chute lieu de l' accident pente de 55° traversée Piz Badile paroi NE arête nord lieu de l' accident blessures. Les autres élèves avertissent alors le maître par téléphone portable. C' est lui qui alarmera les services de secours. »

Randonnée en montagne

Chutes et maladies En 2004, 658 personnes au total ont été victimes d' un accident ou se sont retrouvées dans une situation d' urgence lors d' une randonnée ou d' une randonnée alpine 4. Cela correspond à une augmentation de 4 % environ par rapport à 2003. Les 290 personnes impliquées ont été victimes d' une chute, cause la plus fréquente d' accident. Les affections et maladies ont également été significative-ment plus nombreuses chez les randonneurs que chez ceux pratiquant d' autres activités. On compte 115 personnes en 2004, dont 26 ont trouvé la mort suite à des complications cardiovasculaires. Cent onze personnes, soit 17 % de l' en, ont dû être récupérées après s' être égarées et 76 personnes ont été secourues parce qu' elles ne pouvaient plus sortir de l' endroit où elles se trouvaient. Trente-quatre personnes ont été victimes d' accidents mortels lors de randonnées en montagne ( contre 43 pour 2003 ). A une exception près qui entre sous la rubrique « Blocage/Epuisement », tous les cas mortels ont été provoqués par des chutes. Sur les 33 victimes, 20 randonneurs sont morts d' une chute sur un chemin de montagne et 13 se trouvaient sur un terrain sans sentier. Sur les chemins de montagne, la plupart des chutes sont dues à des faux pas ou à des pertes d' équilibre. Sur les autres terrains, ce sont les glissades sur la neige, l' herbe humide ou le terrain gelé qui sont la cause des chutes. Malheureusement, les données disponibles ne permettent pas d' évaluer la difficulté du terrain où ont eu lieu les accidents selon la nouvelle échelle de difficulté. Compte tenu des itinéraires et des lieux d' accident, on peut affirmer que 9 accidents faisant au total 10 victimes se sont déroulés lors de randonnées alpines, donc sur des sentiers de difficulté, T4 marqués blanc-bleu-blanc.

Autres activités

Définition La diversité des loisirs pratiqués semble ne connaître aucune limite. Cela se reflète aussi dans la panoplie toujours plus large des activités qui se déroulent en montagne et dans les situations d' ur qui peuvent en découler. Lors de la dernière révision des critères de saisie des données, en 1991, le sport de montagne se définissait comme l' ensemble des activités sportives par lesquelles on se meut par ses propres forces et sous sa propre responsabilité. Dans la statistique des accidents, celles-ci sont réunies sous la rubrique « Autres activités ». Les données de base permettent maintenant de procéder à une évaluation différenciée.. " " .VT.T ., raquettes, via ferrata En 2004, 24 personnes ont été victimes d' un accident de V.T.T. Tous les accidents ont consisté en des chutes provoquant des blessures sérieuses à graves. Un vététiste a été tué par sa chute. Même la randonnée à raquettes et l' escalade de via ferrata ont fait des victimes, ce qui est dû sans doute à la popularité croissante de ces activités. Pour les amateurs de raquettes, les incidents ou accidents proviennent le plus souvent d' un blocage, une perte d' itinéraire ou à des chutes. Une randonneuse à raquettes a perdu la vie en tombant dans une crevasse alors même qu' elle faisait partie d' un groupe encordé. Dans les via ferrata, la plupart des incidents ont tenu au fait que les grimpeurs étaient bloqués.

Base jumping Le « base jumping », qui consiste à sauter en parachute d' une falaise, est interdit dans de nombreux pays en raison des 4 Les notions de « randonnée en montagne » et de « randonnée alpine » ne sont pas clairement définies. L' usage veut, en Suisse, que l'on entende par la première une randonnée qui se déroule sur les chemins et sentiers marqués en blanc-rouge-blanc ( degré de difficulté T1 à T3 de la nouvelle échelle ). La randonnée alpine, elle, inclut les courses plus difficiles à partir du degré T4, en particulier les sentiers et cheminements marqués blanc-bleu-blanc.

Photo: Mar co Salis Estimer correctement le terrain est un élément de la sécurité essentiel lorsqu' on pratique le freeride. Domaine skiable de Grimentz En 2004, la cause principale d' accidents lors des courses à ski et à snowboard était la chute. Pour les accidents ayant eu des suites mortelles, la cause la plus fréquente était l' enfouis sous une avalanche. Lors d' un danger élevé d' avalanche, choisir un itinéraire « prudent » par une crête large peut contribuer à augmenter la sécurité. Rothorn, Obersimmental Photo: P atrice Schr ey er Photo: Ueli Mosimann arête nord

Guides

Guide

Bergführer

fréquents accidents avec issue mortelle qui se produisent, mais il ne l' est pas en Suisse. Manifestement, la topographie des vallées de la Lütschine dans l' Ober bernois est particulièrement adaptée à cette activité plutôt risquée. En 2004, 6 des 7 personnes qui ont été accidentées ont survécu à leur saut 5, probablement par d' heureux hasard. Il est possible que la situation climatique très particulière de la face nord de l' Eiger ait empêché un groupe de 5 « base jumpers » de prendre des risques inconsidérés: le brouillard, en effet, les a bloqués au sommet du « Pilz », cette tour séparée de la paroi nord vers son bord ouest. Comme ils ne disposaient pas d' un équipement adéquat, les sauteurs n' ont pas été en mesure de redescendre par la face ouest par leurs propres moyens et il a donc fallu les sortir de leur position critique.

Planifier une course, c' est prévenir les accidents

Avec les données détaillées dont nous disposons, nous pouvons observer que les actions de sauvetage n' ont pas été marquées principalement par des accidents mortels, mais par des interventions consistant à évacuer des personnes non blessées. Il est aussi possible d' affir que les personnes ayant été blessées ont pu recouvrer la santé grâce au sauvetage et aux soins médicaux reçus. Si ces conclusions sont plutôt réjouissantes, elles ne devraient pas occulter le danger que courent les sauveteurs lorsqu' ils doivent évacuer, de nuit et par temps de brouillard, des alpinistes qui – trop souvent malheureusement – n' ont pas respecté les règles élémentaires de sécurité. La prévention ne commence pas avec une intervention des secours alpins avant qu' un accident ne se produise, mais avec une planification raisonnable des courses. a Ueli Mosimann, Secours alpins du CAS ( trad. ) 5 Les chutes mortelles ne sont pas rares en « base jumping ». Comme les lieux des accidents, généralement dans les fonds de vallée, sont souvent faciles à atteindre par les secouristes, ces événements ne sont pas retenus dans la présente statistique.

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Le « Pilz », une tour rocheuse dans la paroi nord de l' Eiger, est une aire de départ prisée pour le Base Jump. Sur la photo, on aperçoit l' endroit duquel les adeptes de ce « sport » se lancent dans le vide, munis d' un parachute Photo: Thomas Ulrich Un brouillard tenace a empêché cinq base jumpers de sauter depuis le « Pilz », paroi nord de l' Eiger. Dénués de tout équipement de haute montagne, ils n' auraient pu revenir au point de départ ( flanc ouest ) par leurs propres forces Photos: F ritz Jaun

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