Les glaciers des Alpes suisses en 1992/93

Retrait continu des langues glaciaires et bilans de masse équilibrés: telles sont les caractéristiques de l' année du centenaire de la Commission des glaciers Extrait du 114e rapport de la Commission des glaciers de l' Académie suisse des sciences naturelles ( CG/ASSN ) Markus Aellen ( CG/ASSN ) et Laboratoires de recherches hydrauliques, hydrologiques et glaciologiques de l' Ecole polytechnique fédérale de Zurich ( VAW/EPFZ ) 207 Introduction La Commission suisse des glaciers fête en 1993 un événement tout particulier: le centenaire de sa fondation, qu' elle célèbre simultanément au 125e anniversaire au Comité des glaciers qui l' avait précédée. En guise d' ouverture des festivités, un lexique des termes de nivologie et de glaciologie a été présenté, en juin, lors d' une manifestation au Jardin des glaciers de Lucerne; puis l'on a rappelé, au cours du premier séminaire des observateurs de glaciers, organisé à Gletsch, le centenaire de la collaboration avec les services forestiers des cantons montagnards dans le domaine des observations glaciologiques. La commémoration proprement dite s' est déroulée à Verbier, en septembre, lors d' un congrès scientifique tenu dans le cadre de la 173e assemblée annuelle de l' Académie suisse des sciences naturelles ( ASSN ). Ce fut l' occasion d' une évocation de l' histoire de la Commission des glaciers et d' un rappel de leurs variations, observées chaque année dans les Alpes suisses depuis 1874 ( cf. bibliographie ).

Glacier de Rosenlaui Cette gravure, tirée d' un album d' époque ( dessin original de A. Winterlin, n° RL49 21/22 du catalogue Zumbühl & Holzhauser 1990 ), montre le glacier de Rosenlaui peu avant ou après son stade d' extension maximum, atteint vers 1846. Son extrémité se trouvait alors près de l' entrée de la gorge, à une distance de près d' un kilomètre de la langue actuelle.

1 à 5 Glacier de Rosenlaui. Sur les vues prises le 5.9.1986(2, 3 ), à la fin de sa crue récente, son front terminal bombé, situé dans le fond de la vallée, est presque libre de débris morainiques, et des lobes de glace forment des chutes de séracs sur les dalles rocheuses lisses du pied du Wellhorn. Quel contraste avec son aspect actuel, dû à la fonte excessive de ces dernières années, et mis en évidence par les clichés ( 4 et 5 ) du 6.9.1994!

Le 4 septembre 1893, la Commission des glaciers de la Société helvétique des sciences naturelles ( SHSN, à l' époque; ASSN, aujourd'hui ) reprenait les tâches de l' ancien Comité des glaciers, patronné à parts égales depuis 1869 par la SHSN et le Club alpin suisse ( CAS ). Parmi celles-ci figurait la mensuration annuelle du glacier du Rhône, effectuée depuis 1874 avec la collaboration des experts du Service topographique fédéral ( l' actuel Office fédéral de topographie, S+T ), et principalement financée par le CAS. Ce fut l' une des activités princi- pales de la Commission jusqu' en 1922; cette année-là, en raison de mesures de restriction dues à la crise économique, elle se vit dans l' obligation de renoncer à ces mesures onéreuses pour satisfaire à ses autres devoirs, constitués en premier lieu par les observations des variations des glaciers des Alpes suisses ( modifications de longueur, en particulier ) et leur publication annuelle. En relation avec son activité d' expert auprès du Tribunal fédéral lors du « Procès du Léman », le célèbre limnologue F.A. Forel avait commencé dès 1880, à titre privé, la rédaction de ces rapports annuels. Reprise depuis sa fondation en 1893, cette œuvre d' intérêt national constitue l' une des tâches principales de la Commission des glaciers et ne pourrait être accomplie sans la précieuse collaboration des services forestiers cantonaux, de divers instituts et offices de recherche fédéraux ( Direction des mensurations cadastrales, en particulier ), des sociétés de forces motrices et de personnes privées.

En 1993, pour la 114e fois consécutive, on a relevé, comme chaque automne, l' état et les variations des glaciers des Alpes suisses au moyen de mesures sur le terrain ou de prises de vue aériennes. Ces observations fournissent le matériel de base du programme de recherche sur les variations glaciologiques, divisé en deux volets: primo, les « variations de longueur », domaine de la Commission des glaciers, disposant d' un réseau de mesures comportant actuellement 121 langues glaciaires; secundo, les « bilans de masse et mouvements des glaciers », relevant du VAW et portant sur une douzaine de glaciers seulement. Ces deux réseaux d' observation sont décrits dans l' Atlas hydrologique de la Suisse ( feuille 3.1 ).

Cet article est un résumé des résultats des observations de l' année 1992/93. Il conti- nue la série des rapports abrégés sur les glaciers publiés annuellement dans Les Alpes. La version complète de ces rapports, constituant l' Annuaire glaciologique édité par la Commission des glaciers et par le VAW, contient des tableaux et des graphiques supplémentaires, ainsi que des données particulières concernant certains glaciers. Le dernier volume double de cet annuaire, enfin paru, contient les 111e et 112e rapports, concernant les exercices 1989/90 et 1990/91.

Après une nette phase de crue de deux décennies, les glaciers des Alpes suisses ont subi un retrait croissant d' année en année depuis 1985. Toutefois, cette tendance s' est sensiblement ralentie depuis 1991. Durant ce dernier exercice, les prodigieuses quantités de précipitations n' ont pas conduit à l' accroissement de la masse glaciaire à laquelle on aurait pu s' attendre, ceci en raison d' une ablation prononcée, due aux températures estivales très supérieures à la norme. Les bilans annuels de masse des glaciers se révèlent donc presque équilibrés, mais la diminution de longueur et d' épaisseur des langues terminales s' est poursuivie sans faiblir.

Conditions météorologiques et climatiques Météorologie Les conditions météorologiques de cette année hydrologique 1992/93 se distinguent, en tout premier lieu, par des lames d' eau considérables, contrastant nettement avec la pluviosité annuelle normale de l' exercice précédent et celles, très déficitaires, des années antérieures. Les surplus pluviométriques se révèlent très importants dans la majorité des stations, voire extraordinaires en maints endroits. Quant aux températures, elles se situent beaucoup plus souvent au-dessus des normales saisonnières qu' au, comme c' est d' ailleurs le cas depuis une bonne décennie. Toutefois, les excédents thermiques sont sensiblement plus modestes que ceux de l' exercice 1991/92, chaud à l' extrême, en raison de chaleurs estivales moins fortes et plus brèves. Après un début froid et très humide, l' hiver s' est distingué par des périodes très douces et sèches. Les séquences de temps frais et pluvieux ou chaud et sec ont souvent alterné au printemps et en été, et l' automne, presque partout frais et très humide, s' est terminé prématurément par de précoces chutes de neige.

Le déroulement des conditions météorologiques de septembre 1992 à octobre 1993 est représenté à la figure 1 ( p.« " ) par les valeurs journalières moyennes de la température de l' air au Jungfraujoch ( 3580 m ), par les sommes quotidiennes des précipitations mesurées au Säntis ( 2490 m ), ainsi que par l' altitude de l' isotherme de zéro degré enregistrée dans l' atmosphère libre au-dessus de Payerne ( radiosondage de 13 h ). On a également reporté, à titre de comparaison, les moyennes pluriannuelles sur les graphiques de température.

Les conditions météorologiques de l' année hydrologique 1992/93, au temps changeant, mais chaud et très humide en général, sont brièvement, mais clairement, caractérisées par les titres des bulletins météorologiques mensuels de l' Institut suisse de météorologie ( ISM ), que voici:

1992 Octobre:

défilé de dépressions sur l' Europe centrale.

Novembre:

temps pluvieux.

Décembre:

un anticyclone succède à la dépres- sion.

1993 Janvier:

la froidure hivernale recule devant un printemps précoce.

Février:

offensive hivernale juste avant le début du printemps.

Mars:

ballet entre l' hiver et le printemps.

Avril:

capricieux, mais chaud.

Mai:

très chaud et sec en général, malgré de nombreux orages.

Juin:

c' est l' été, mais pendant la première décade seulement- Juillet:

records de pluie et brusques varia- tions de température.

Août:

à la fin du mois, la fraîcheur de l' automne succède au soleil et à la canicule de l' été.

Septembre:

temps maussade et très pluvieux dans l' ouest et le sud.

Ces brefs résumés reflètent correctement les contrastes météorologiques que le pays a temporairement subis sur ses différentes régions. C' est ainsi que le sud et l' ouest ont souvent connu un temps beaucoup trop humide, en avril et en septembre surtout, alors que la sécheresse affectait le nord et l' est. En revanche, de violents orages, en juillet, ont apporté aux contrées orientales de la Suisse les lames d' eau les plus importantes de ce mois depuis cent ans, tandis que l' ouest et le sud étaient assez peu arrosés.

Pour l' exercice 1992/93, le bilan de masse des glaciers de la région d' Aletsch se caractérise par les particularités suivantes, déduites du calcul des bilans hydrologiques journaliers du bassin de réception de la Massa. La période d' accroissement, débutant le 26 septembre 1992 et se terminant le 20 mai 1993, avec chaque fois dix jours d' avance sur la norme, présente une durée de 293 jours, correspondant à la moyenne pluriannuelle. Jusqu' au milieu de décembre, de précoces chutes de neige ont apporté un excédent inaccoutumé, que la sécheresse du gros de l' hiver a ramené à des valeurs normales à la fin de mars. Dès le début d' avril, le manteau neigeux hivernal s' est étoffé à nouveau et a gardé jusqu' en plein été une épaisseur nettement supérieure à la norme.

Du 21 mai au 12 septembre 1993, la période de fusion a duré 114 jours, soit presque deux semaines de moins qu' à l' accoutu, et s' est terminée trois semaines avant la date habituelle. Après un début précoce et avec quelques interruptions temporaires en juin et juillet, la fonte de la neige s' est déroulée assez normalement jusqu' à la canicule d' août. Pendant la première moitié de ce mois, les importants vestiges du manteau neigeux de l' hiver précédent se sont réduits à des proportions normales que la chaleur de la seconde quinzaine a tôt fait disparaître plus ou moins complètement. Pluviosité et ruissellement se sont plus ou moins équilibrés au début de septembre, tandis que les fortes précipitations des quinze derniers jours de ce mois sont tombées partiellement sous forme solide, contribuant à l' édification des premières réserves nivales de l' exercice 1993/94.

Le cycle hydrologique annuel considéré ( du 26 septembre 1992 au 12 septembre 1993 ) a donc duré deux semaines de moins que la moyenne pluriannuelle; en outre, son début et son terme sont nettement décalés par rapport aux dates habituelles.

Climat La figure 2 ( p.montre la distribution spatiale des écarts, par rapport aux normes, des précipitations de l' année 1992/93 et des températures moyennes de l' été, paramètres climatologiques déterminant de manière prépondérante le bilan de masse des glaciers. Les données de base sont fournies par 110 stations du réseau pluviométrique et 56 stations du réseau automatique d' observation de l' ISM. Ces écarts, calculés sous forme d' indices statistiques, désignent des zones de variation identique ( faible, forte ou très élevée ), vers le haut ( écart positif ) ou vers le bas ( écart négatif ). Du dessin très simplifié de ces zones, il ressort que la pluviosité de l' année 1992/93 ne présente presque que des écarts positifs; ceux-ci sont même si extraordinairement marqués ( indices dépassant souvent 3 et quelquefois supérieurs à 5 ) que les zones +3, +4 et +5 ont été mises en évidence, parfois par des signes conventionnels ( vu leur superficie réduite; toutes les zones +5, par exemple ). A ce propos, la statistique nous apprend que, dans un échantillon composé de 1000 valeurs indépendantes et distribuées normalement, 18 d' entre elles tombent dans les classes +3 et -3 ( indices compris entre 3 et 4 ), et 4 seulement dans les classes +4 et -4 ( indices compris entre 4 et 5 ). Pour une série continue de données annuelles, cela signifie qu' une valeur attribuée à la classe +4 ne survient en moyenne qu' une fois tous les 250 ans et qu' une valeur de la classe +5 peut être considérée comme l' exception millénaire. Selon la terminologie d' Uttinger ( 1966 ), les valeurs de la classe +3 sont qualifiées d'«inhabituellement » élevées, et celles de la classe +4 d'«extraordi-nairement » élevées.

Le cumul des lames d' eau d' octobre 1992 à septembre 1993 donne des sommes très variables d' une station à l' autre, oscillant entre des valeurs faibles à extrêmement fortes ( fig.2a ). Au contraire de l' exercice précédent, assez normal, elles présentent une distribution très complexe. Le Tessin méridional mis à part, seule la région d' Arosa est trop sèche, tandis que la pluviosité est normale sur une zone alpine s' étendant du nord des Grisons à l' Engadine et au Tessin, ainsi que sur les vallées à foehn de la Reuss et du Hasli. Quant aux précipitations extraordinaires à extrêmes, elles ont affecté de vastes étendues, réparties de la Suisse occidentale aux sources du Rhin, et des régions beaucoup plus réduites, telles que les massifs de la Silvretta et du Säntis, ou des contrées en bordure ou hors des Alpes.

La distribution des écarts des températures moyennes de l' air de mai à septembre 1993, étalée entre des valeurs normales à très élevées, donne une image nettement plus simple que celle de la pluviosité annuelle ( fig.2 b ). Les températures estivales sont restées dans la norme sur le Valais méridional et sur une étroite bande s' étendant de la Suisse romande au nord du Tessin, à travers la plage de forte pluviosité. Partout ailleurs dans les Alpes, l' excédent thermique est notable, de même que dans les régions marginales de l' ouest et du nord, au contact des zones très chaudes du bassin lémanique et du nord de la Suisse.

Variations des glaciers Bilan de masse Contrastant avec le retrait continu de leurs langues, la diminution de masse des glaciers s' est nettement ralentie depuis 1991. Les observations et les calculs nécessaires à l' estimation des variations de masse de certains glaciers confirment cette tendance pour l' exercice 1992/93, faisant apparaître des bilans presque équilibrés. D' abondantes chutes de neige au début de l' hiver et au printemps, suivies de plusieurs retours du froid pendant la première moitié de l' été, ont temporairement apporté un accroissement considérable du manteau neigeux, mais l' intense ablation due à la canicule estivale l' a réduit à tel point que les glaciers étaient, fin août, presque entièrement libres de neige. La nouvelle couche nivale a commencé à se former en haute montagne avec les précipitations de septembre et elle s' est étendue, courant octobre, jusqu' au de la limite supérieure des arbres, voire jusqu' en plaine par moments, dans l' est de la Suisse.

Conformément aux conditions météorologiques, l' évolution annuelle du bilan hydrologique du bassin de la Massa présente, en règle générale, durant toute la période d' accroissement et la moitié de celle de fusion, une amplitude normale, mais nettement centrée au-dessus de la moyenne. A l' instar de l' année précédente, les plus fortes oscillations se sont produites au début et à la fin de l' exercice, mais dans un sens opposé. En effet, alors que le déficit de l' automne 1991 était plus que rattrapé par les violentes précipitations des 21 et 22 décembre, le surplus de l' automne suivant était ramené au voisinage de la norme par le déficit pluviométrique creusé entre mi-décembre 1992 et fin mars 1993. Si la compensation des écarts automnaux s' est réalisée dans les deux cas au cours de l' hiver ultérieur, elle s' est matérialisée, pour le premier exercice, en une seule fois en décembre 1991, tandis qu' elle s' est étendue sur trois mois et demi pour le second. Le bassin de la Massa a reçu, en effet, lors de l' épisode pluvieux de décembre 1991 ( 300 m ), une lame d' eau supérieure à celle cumulée entre le 12 décembre 1992 et le 31 mars 1993 ( 245 m ). Quant aux variations de bilan de la fin de l' été, elles expliquent de manière déterminante les résultats finals opposés des deux exercices. Bien qu' elle ait été interrompue par des chutes de neige en septembre et qu' elle se soit ensuite terminée précocement, l' ablation extrêmement active du gros de l' été 1992, s' attaquant même aux névés les plus élevés, a provoqué un appréciable déficit de masse. En 1993, en revanche, la fusion a cessé encore plus tôt, avec trois semaines d' avance sur le délai habituel, de sorte que cet exercice présente un bilan annuel presque équilibré, dû à l' épuisement quasi total des réserves hivernales à la fin d' août et à la balance réalisée entre pluviosité et écoulement durant les trois premières semaines de septembre. Le modeste accroissement de masse du bilan de l' année hydrologique ne se justifie que par les violentes pluies de la dernière semaine de ce même mois, responsables de plusieurs inondations catastrophiques.

On mesure directement, au moyen d' un réseau de jalons, l' accroissement des névés ou la fusion de la glace de certains appareils glaciaires, afin de calculer, pour chaque étage hypsométrique, les variations de masse exprimées par leurs valeurs en eau ( poids spécifique moyen: 0,9 g/cm3 pour la glace, et résultant, pour la neige de névé, de mesures de densité effectuées dans la zone d' alimentation ). De même que le bilan hydrologique du bassin de la Massa, les résultats de ces bilans glaciologiques montrent un net ralentissement de la décrue pendant ces trois dernières années. La masse du glacier de Gries, dans la vallée d' Ägina, par exemple, a diminué d' une valeur en eau de 149 cm pendant l' exercice de 1990/91, et de 93 et 23 cm pendant les deux suivants. Quant à celle du glacier de la Silvretta, ses pertes sont de 113, 78 et 5 cm. La décrue s' est donc plus fortement ralentie sur la portion méridionale des Alpes, mais elle est toutefois restée, en valeur absolue, supérieure à celle des Alpes centrales et septentrionales.

Les données sur les fluctuations de volume et d' épaisseur des langues terminales des glaciers de l' Aar ne sont pas mentionnées dans cet article, comme à l' accoutu, car le rapport sur les résultats des mensurations effectuées en 1993 par le bureau d' ingénieurs Flotron, à la demande de la Société des forces motrices de l' Ober, n' est pas encore disponible. Le relevé photogrammétrique des profils transversaux de la langue du grand glacier d' Aletsch fait apparaître, juste en aval de la Konkordiaplatz, un abaissement de sa surface de 3,7 m durant cet exercice, et de 10 m depuis 1991. Le long du profil de la forêt d' Aletsch ( au lieu-dit Silbersand ), la diminution d' épaisseur atteint presque le double de ces valeurs, soit 7 m pendant cet exercice et 19 m depuis 1991. A cet endroit, éloigné naguère de 3 kilomètres de l' extrémité du glacier, et de 300 mètres seulement aujourd'hui, la couche de glace s' est amoindrie de 300 mètres depuis 1880 et ne compte plus que 50 à 100 mètres d' épais.

Malgré une pluviosité fort généreuse, la masse des glaciers des Alpes suisses n' a pas connu d' accroissement durant ce dernier exercice. Les considérables réserves accumulées au cours de l' hiver ont juste suffi au fort prélèvement de l' été, les précipitations de cette saison ayant ruisselé en majeure partie, en raison des températures Vedreit da Camp ( Paradisino ) Pendant ces deux dernières années, ce glacier s' est allongé à la suite des accumulations de neige sur l' extrémité de élevées. Ces importants transferts de masse débouchent donc sur un équilibre et le bilan de masse des glaciers n' a en rien profité de cette abondance de précipitations. Quant au bilan hydrologique des régions englacées, il s' est révélé très favorable aux centrales hydroélectriques grâce à une fusion fort active et à un ruissellement remarquable; certaines ont même dû utiliser au maximum leurs capacités de retenue pour stocker les abondantes pluies de septembre. En revanche, la pratique du ski d' été sur les glaciers situés à altitude assez basse a de nouveau été restreinte, en raison de la disparition rapide et totale du manteau neigeux hivernal.

Mouvement des glaciers En raison du mauvais temps et du fort enneigement de l' automne 1993, il n' a pas été possible de procéder aux mesures habituelles sur les réseaux de jalons des glaciers de la région de Mattmark et de celui de Giétro. Quant à l' observation des pierres témoins posées sur le glacier de Corbas- sa langue, ce que la photo en couleurs du 12.9.1993 met mieux en évidence que celle du 12.9.1992 ( présentée dans le dernier rapport ).

7à9 Glacier de Birch Le 18.12.1993, les débris d' une chute de glace provenant du glacier suspendu de la paroi nord du Bietschhorn, ont atteint le fond du Lötschental, près du village de Blatten. La vue générale prise en février 1990 ( 7 ) montre les dépôts d' une avalanche ayant emprunté la même trajectoire. Le 22.7.1994, la partie supérieure du glacier, pilier de glace posé dans un couloir très raide ( 8 ), est presque entièrement délimitée par des failles d' arrachement ( rimayes, crevasses latérales et frontales ) et des fissures cisaillant sa base. Cette masse instable étant susceptible de s' effondrer, on observe régulière- ment le mouvement du glacier ( 9 ) au moyen d' un appareil électronique installé sur un point fixe à Weissenried ( le hameau visible au-des-sous du centre de la photo ). A cet effet, on a inséré dans la glace, en amont du front de rupture, cinq repères munis chacun d' un réflecteur ( on aperçoit l' un d' entre eux au premier plan ).

sière et à l' enregistrement du mouvement du front glaciaire de Giétro, de juillet à novembre, elle a fourni des vitesses d' écou très faibles, analogues à celles de ces dernières années.

Depuis 1967, on mesure le mouvement du glacier de Corbassière au moyen de deux profils marqués par des pierres témoins à Panossière et à Tsessette. Jusqu' en 1978, la vitesse moyenne du glacier s' est graduellement ralentie à ces deux endroits de 45 à 35 mètres et de 35 à 30 mètres par an. Elle a brusquement augmenté à 70 et 45 mètres par an les deux années suivantes, pour revenir ensuite peu à peu aux valeurs minimales précédentes. L' épaisseur de la glace s' étant peu modifiée, on peut s' attendre à de faibles vitesses d' écoulement pour ces prochaines années, vu sa grande influence sur le mouvement du glacier. L' affaiblissement de l' alimenta en glace se traduira dans quelque temps par un arrêt de l' allongement de sa langue.

On a installé un dispositif de mesure et d' enregistrement des mouvements du glacier de Giétro ( cryocinégraphe ) en 1968 ( cf. illustrations du 113e rapport sur les glaciers ). Les vitesses saisonnières ainsi observées se sont modifiées d' année en année, avec la même ampleur que celles mesurées annuellement aux jalons. Pendant cette dernière décennie, elles se sont réduites des valeurs les plus élevées aux plus basses de la série d' observations ( cf. 113e rapport également ).

Variations de longueur En cette année du centenaire de la Commission des glaciers, les observateurs ont éprouvé des difficultés à réunir les données de ce 114e rapport, car leurs travaux de mesures ont été fortement perturbés, voire rendus impossibles dans certains cas, par les conditions météorologiques défavorables et le fort enneigement de la fin de l' été et de l' automne 1993. Durant cette campagne, ils ont inspecté 84 glaciers seulement sur les 121 que compte le réseau d' observation, mais les valeurs obtenues n' ont pu être interprétées que dans 79 cas. Les langues glaciaires ont progressé dans 6 cas et reculé dans les 73 autres, tandis que, sur les 106 glaciers observés l' année précédente, 94 avaient décru, 7 avaient avancé et 5 étaient restés stationnaires. La proportion des glaciers en crue a donc varié de manière insignifiante de 7 à 8%, et celle des glaciers en décrue a augmenté quelque peu, de 89 à 94%. Le retrait moyen des fronts glaciaires, calculé sur 55 mesures, s' élève donc à 11,7 m pour cet exercice, valeur identique à celle de l' année précédente, issue de 84 valeurs.

Parmi les glaciers en crue de cet exercice, trois avaient déjà progressé en 1991/92, un grand ( Mont Durand ), un moyen ( Rossboden ) et un petit ( Paradisino ). Quant aux Tableau 1 Variations de longueur des glaciers de 1990/91 à 1992/93 - Récapitulation Classes Nombre de glaciers et pourcentai 1990/91 Nombre Pour cent ge des classes 1991/92 Nombre Pour cent 1992/93 Nombre Pour cent Réseau d' observations 121 121 121 non observés 12 12 371 observés 109 109 84 non classés 3 52 Echantillon 109 100,0 106 100,0 79 100,0 en crue 8 7,3 7 6,6 63 7,6 stationnaires 1 0,9 5 4,7 en décrue 100 91,8 94 88,7 73 "

92,4 Variation moyenne de longueur Moyenne -12,4 m -11,7 m -12,2 m Nombre de valeurs 89 84 56s Classification 1992/93:

Les classes comprennent les glaciers suivants cités par leur numéro du tableau 2:

6 8 9 12 13 16 29 30 31 32 41 44 45 46 55 66 67 72 73 74 77 78 79 80 81 83 84 85 88 91 107 108 112 113 114 115 116.

Résultat incertain: 68 69 70 71 104.

15 35 38 40 101 105.

1 2 3 4 5 7 10 11 14 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 33 34 36 37 39 42 43 47 48 49 50 51 52 53 54 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 75 76 82 86 87 89 90 92 93 94 95 96 97 98 99 100 102 103 106 109 110 111 117 118 119 120 Cr.

Pour le calcul de la variation moyenne de longueur, les résultats de 24 glaciers sont omis pour les raisons suivantes:

- valeur valable pour plusieurs années: 33 82influence d' un lac artificiel: 3 50valeur approximative ou non chiffrée: 2 7 10 17 37 43 47 48 49 56 58 65 75 89 99 106 110 119 120.

trois autres, deux de vastes dimensions ( Zmutt et Corbassière ), et un moyennement étendu ( Tseudet ), ils ont réamorcé leur avance antérieure après une pause d' une ou de plusieurs années. Des quatre autres glaciers qui s' étaient allongés pendant l' exercice antérieur, deux ont reculé à nouveau ( Fiesch et Tourtemagne ), tandis que les deux autres ( Kessjen et Pizol ) n' ont pas été observés.

On a déterminé les retraits les plus marqués aux glaciers de Lavaz ( 386 m en 4 ans ), de Moming ( 80 m ), supérieur de Grindelwald ( 60 m ) et de Roseg ( 47 m ). Celui de Suretta s' est aussi considérablement raccourci ( de 38 m environ ), mais, à l' instar de celle du glacier de Lavaz, sa langue terminale se prolonge par d' importants restes d' avalanches ( 48 m environ en 1990/91, par exemple ).

Les résultats de ce 114e exercice sont récapitulés et comparés à ceux des deux années précédentes dans le tableau 1. Ils sont détaillés avec les valeurs de la 113e campagne de mesures pour chaque glacier Tableau 2 Variation de longueur des glaciers des Alpes suisses en 1992/93 Glacier Bassin 1 du Rhône ( II ) Rhône VS - 10 12 216992 0.08.

22.08.

4.09.

2 Mutt VS - 7 X 2242 10.08.

23.08.

1.09.

3e Gries VS - 18,2 - X 2384,8 10.09.

18.09.

1.09.

4e Fiescher VS + 7,4 - 16,4 1675,4 8.09.

11.09.

31.07.

5e Grosser Aletsch VS - 18 25,8 1550,9 20.08.

18.09.

21.09.

106e Mittelaletsch VS - 8 X 2283,5 5.09.

18.09.

21.09.

6 Oberaletsch VS n n 2143,5 n n n 7e Kaltwasser VS + 0,6 - X 2660 11.09.

17.09.

1.09.

8 Tälliboden VS - 2,3 n 2631,0 1.10.

1.10.

n 9 Ofental VS - 42,2 2 n 2692,6 1.10.

1.10.

n 10 Schwarzberg VS - 5,0 - X 2651,7 92 11.09.

18.09.

20.10.

11e Allalin VS - 63,0 - 20 2311,8 11.09.

18.09.

20.10.

12 Kessjen VS + 11,6 n 2871,6 3.10.

30.09.

n 13 Fee ( Nord ) VS - 5 ca.

n 1920,3 10.09.

28.09.

n 14e Gorner VS - 64,03 - 12 2106,992 20.10.

24.09.

10.10.

15 Zmutt VS - 2 + 2 2242 12.08.

24.08.

3.09.

16 Findelen VS - 22,3 n 2483,9 4.09.

18.09.

n 107 Bis VS - X n 28.08.

18.09.

n 17e Ried VS - 12,3 - X 2058,692 30.09.

24.09.

20.10.

18 Lang VS - 2,5 - 7 2034 16.10.

16.10.

9.11.

19e Turtmann VS + 2,5 - 11,7 2262 18.09.

24.09.

18.09.

20 Brunegg ( Turtmann Ost ) VS - 2,7 - 3,6 2451 18.09.

2.10.

18.09.

21e Bella Tola VS - 0,5 - 5,4 11.09.

9.10.

22.09.

22 Zinal VS - 30 ca. 7 2030 27.09.

8.10.

19.10.

23 Moming VS - 29,5 - 80,5 2395 27.09.

8.10.

19.10.

24 Moiry VS - 4,2 - 2 2390 83 9.10.

9.10.

25.09.

25 Ferpècle VS - 7,8 - 6,9 2095 83 4.10.

17.10.

17.10.

26 Mont Miné VS - 4,7 - 6,6 196383 4.10.

17.10.

17.10.

27 Arolla ( Mont Collon ) VS - 10,4 - 14,6 213583 5.10.

17.10.

8.10.

28 Tsidjiore Nouve VS - 7,6 - 6,4 220583 5.10.

17.10.

8.10.

29 Cheillon VS - 60 n 2630 83 23.10.

13.10.

n 30 En Darrey VS - 82 n 2490 83 23.10.

13.10.

n 31 Grand Désert VS - 7,4 n 2760 25.09.

20.09.

n 32 Mont Fort ( Tortin ) VS - 8,4 n 2780 3.10.

15.10.

n 33 Tsanfleuron VS n 62 241769 25.09.

n 2.09.

34 e Otemma VS - 13,3 - 40,3 2460 18.09.

30.09.

20.09.

35e Mont Durand VS + 6 + 20 2340 19.09.

1.10.

20.09.

36 e Breney VS - 23,5 - 27,2 2575 18.09.

30.09.

19.09.

37 e Giétro VS - X X 2480 ca.

28.08.

9.09.

20.10.

38 e Corbassière VS - 14 + 9 2169 12.09.

5.11.

2.09.

39 e Valsorey VS - 19,0 - 9,0 2395,4 11.10.

9.10.

12.08.

40 Tseudet VS - 22,3 + 15,5 2436,7 11.10.

9.10.

12.08.

41 Boveyre VS - 37,1 n 2611,7 11.10.

8.10.

n 42 Saleina VS - 9,8 - 5,5 1701,5 16.10.

6.11.

30.09.

108 Orny VS n n n n n 43 e Trient VS - 15 X 175492 8.10.

7.11.

20.10.

variation de longueur en mètres Altitude m s. m.

Date de I observation jour, mois 1991/92 1992/93 1993 1991 1992 b ) c ) c ) dl 1993 Glacier 44 Paneyrosse VD + 0,4 n 19.09.

14.10.

n 45 Grand Plan Névé VS - 0,3 n 20.09.

13.10.

n 46 Martinets VD - X n n 25.09.

n 47 e Sex Rouge VD - X X 24.09.

16.08.

19.09.

48 e Prapio VD - 10 5 ca.

26.10.

25.10.

24.10.

49 e Pierredar VD - x - X 6.09.

25.09.

18.08.

Bassin 50 e de l' Aar ( la ):

Oberaar BE - 18,1 - 3,2 2300,0 22.08.

16.09.

17.08.

51e Unteraar BE - 29,6 - 37,2 1930,5 22.08.

16.09.

17.08.

52 Gauli BE - 21 9 2150 19.09.

30.09.

19.10.

53 Stein BE - 7 6 1934 21.09.

25.09.

15.10.

54 e Steinlimmi BE - 11 10 2094 21.09.

25.09.

15.10.

55 Trift ( Gadmen ) BE - X n 167080 22.08.

16.09.

n 56 e Rosenlaui BE - x - X 1860 ca.

6.09.

18.09.

18.08.

57 Oberer Grindelwald BE - 50 60 19.10.

14.10.

16.10.

58 e Unterer Grindelwald BE - x - X 21.09.

14.10.

16.10.

59 e Eiger BE - 15,9 - 17,3 211583 24.09.

17.09.

24.09.

60 e Tschingel BE - 3,8 - 2,0 2265 84 25.09.

18.09.

23.09.

61 Gamchi BE - 6,4 - 12,0 1990 5.09.

15.09.

11.10.

109e Alpetli BE - 9,2 - 6,4 2250 12.09.

16.09.

20.09.

110e Lötschberg BE - x3 - X n 21.08.

12.08.

62 e Schwarz VS - 2,5 - 10,5 223091 5.10.

18.09.

17.09.

63 e Lämmern VS - 7,8 - 6,0 2522 1.10.

19.09.

18.09.

64e Blümlisalp BE - 5,8 - 17,4 2240 2409.

17.09.

17.09.

111e Ammerten BE - 3,7 - 1,2 2350 ca.

22.10.

27.10.

6.10.

65e Rätzli BE - x - X 2460 9.10.

18.09.

19.10.

112 Dungel BE n n n n n 113 Gelten BE n n n n n Bassin 66 de la Reuss ( Ib ):

Tiefen UR - 6,8 n 2500 88 17.09.

18.09.

n 67 Sankt Anna UR - 4,9 n 2580 91 17.09.

18.09.

n 68 e Kehlen UR - 12,2X 207889 11.09.

9.10.

29.07.

69 e Rotfirn ( Nord ) UR - 12,0X 2031 89 11.09.

9.10.

29.07.

70e Damma UR - 8,9X 2 04464 11.09.

9.10.

2.09.

71e Wallenbur UR nX 223891 9.10.

n 21.09.

72 Brunni UR n n n n n 73 Hüfi UR - 26,42 n 1640 n 9.10.

n 74 Griess UR - 2,4 n 2219 4.10.

9.10.

n 75e Firnalpeli ( Ost ) OW - 14,52 - X 216592 n 17.09.

18.08.

76 Griessen OW - 8,62 - 2,3 2460 ca.

n 20.08.

20.08.

Bassin 77 de la Linth/Limmat ( Ic ):

Biferten GL n n 1901,291 14.08.

n n 78 Limmern GL - 2,0 n 2260 92 25.09.

17.09.

n 114 Plattalva GL + 0,6 n 256592 25.09.

16.09.

n 79 Sulz GL - 4,6 n 178592 26.10.

30.09.

n 80 Glärnisch GL n n 2291.691 27.08.

n n 81 Pizol SG + 5,2 n 2699 92 26.09.

26.09.

n Ct.

Variation de longueur en mètres Altitude m s. m.

Date de l' observation jour, mois 1991/92 1992/93 1993 1991 1992 b ) c ) c ) d ) 1993 Glacier Bassin 82 e du Rhin/Bodan ( Id ):

Lavaz GR n 386 "

2340 n n 21.09.

83 Punteglias GR - X n 236591 4.10.

n 84 Lenta GR - 92,22 n 231092 n 21.09.

n 85 Vorab GR - 19,0 n 4.09.

30.09.

n 86 e Paradies GR - 704,5 - 1,4 2672,5 18.09.

7.09.

20.09.

87« Suretta GR - 43,3 - 38 2219,5 11.09.

12.09.

16.09.

115 Scaletta GR n n 20.08.

n n 88 Porchabella GR - 10,2 n 2640,4 26.09.

24.09.

n 89 e Verstankla GR - 9,5 - X 2390 92 28.08.

27.08.

2.09.

90« Suvretta GR - 13,2 - 14,3 2441,6 30.08.

16.09.

2.09.

91 Sardona SG - 7,6 n 250092 18.09.

25.09.

n Bassin 92 e de Nnn ( V ):

Roseg GR - 11,5 - 46,6 2159 13.08.

25.09.

13.10.

93e Tschierva GR - 19,4 - 21,1 2144 13.08.

25.09.

13.10.

94« Morteratsch GR - 6,4 - 24,1 2031 10.10.

30.09.

4.10.

95 e Calderas GR - 8,5 - 7,8 2732 1.10.

6.10.

26.08.

96« Tiatscha GR - 13 2 2500 5.10.

15.10.

13.10.

97« Sesvenna GR - 5,0 - 5,5 2760 31.08.

24.08.

13.08.

98« Lischana GR - 7,3 - 1,6 2750 17.08.

27.09.

14.08.

Bassin 99 e de l' Adda ( IV ):

Cambrena GR - 11,9 - X 252092 4.10.

16.09.

5.10.

100e Palü GR - 7,2 - 7,0 2330 29.10.

27.10.

29.09.

101« Paradisino ( Campo ) GR + 2,8 + 3,5 282592 14.09.

12.09.

12.09.

102« Forno GR - 21,6 - 16,2 2225 10.10.

30.09.

10.11.

116 Albigna GR n n 216391 16.08.

n n Bassin 120« du Tessin ( III ):

Corno TI 13,1 - X 2570 92 30.08.

18.09.

1.09.

117e Valleggia TI 10 6,0 2425 25.09.

16.09.

21.09.

118« Val Torta TI sn 1,5 2540 6.09.

15.10.

31.08.

103« Bresciana TI sn 16,9 2735 24.09.

26.10.

20.09.

119e Cavagnoli TI 21,3 - X 259092 11.09.

17.09.

1.09.

104e Basòdino TI 3,3X 2522,4 10.09.

15.10.

11.08.

Cr« Croslina TI sn 7,7 2680 18.09.

26.10.

2.09.

105e Rossboden VS + 9,6 + 2,4 1950 11.09.

17.09.

18.11.

Abréviations + en crue st stationnaire en décrue Remarques générales:

al Dans le tableau 1, ainsi que dans la figure 3, les glaciers sont cités par leurs numéros de ce tableau.

b)Si un glacier s' étend sur le territoire de plusieurs cantons, on a mentionné le canton dans lequel se trouve la langue terminale observée.

c ) Si la valeur indiquée est valable pour un intervalle de plusieurs années, on a noté le nombre d' années comme suit: -13,42 = recul de 13,4 m en deux ans.

d)Si l' altitude de la langue terminale ou du partiel glaciaire n' a pas été mesurée dans l' année du rapport, on a indiqué l' année de mesure comme suit: 225386 = cote 2253 m s. m ., déterminée en 1986.

e> On trouvera dans l' édition complète des 113e et 114e rapports de la Commission des glaciers une note explicative avec le numéro de ce glacier.

Variation de longueur Altitude Date de I observation en mètres m s. m.

jour, mois 1991/92 1992/93 1993 1991 1992 b ) c ) c ) d ) 1993 sn sous la neige n non observé env. valeur approximative valeur non déterminée résultat incertain 11 Photo: M. Lüthi 10 à 12 Glacier suspendu du Petit Eiger En hiver, il arrive que des séracs de détachant du glacier suspendu situé entre le sommet du Petit Eiger et le flanc ouest de l' Eiger ( 10 ) déclenchent des avalanches, atteignant parfois les pistes de ski et les chemins de promenade aux alentours de la station ferroviaire d' Eigergletscher. Afin de mieux cerner le danger et de délimiter la zone menacée, on a effectué, entre autres choses, des mesures de vitesse analogues à celles concernant le glacier de Birch, au cours du printemps et de l' été 1990. L' accéléra du mouvement observée sur le front du glacier a permis de prévoir, au début du mois de juillet, qu' une chute de glace se produirait vers la mi-août; en effet, cet événement a eu lieu le 20.8.1990. Afin d' éva la stabilité du glacier, on a déterminé son épaisseur et la pente de son lit par des sondages ( 11 ) réalisés au printemps 1993, au moyen d' une foreuse thermique à jet d' eau bouillante. Quelques puits de forage ont été équipés de senseurs thermiques permettant d' enregistrer la température de la glace et ses variations temporelles. Un réchauffement pourrait réduire la stabilité de cette masse glaciaire froide et partiellement soudée à la roche par le gel. Les coulées de neige dévalant la pente jusqu' à la niche d' arrachement donnent une idée de la raideur du site et les crevasses cachées sous les ponts de neige ( 12 ) témoignent des difficultés et dangers que l' expert en sécurité doit affronter lors de ses travaux sur le terrain.

du réseau dans le tableau 2, complété par l' esquisse géographique de la figure 3. Quant à la figure 4, elle donne le suivi des observations ( tableau 1 ) s' étendant sur la série statistique tout entière qui a débuté en 1880 ( 114 ans ). La figure 4a est construite à partir des données suivantes: nombre des langues glaciaires observées ou statistiquement interprétées ( N ) et nombre de valeurs utilisées pour le calcul de la variation moyenne de longueur ( M ); celles-ci sont à la base des statistiques représentées graphiquement aux figures 4b à 4d, et leur variabilité annuelle donne des fractions dont le dénominateur n' est pas commun. Lors de l' introduction des classes définies au tableau 1, effectuée à partir des 35e et 36e rapports sur les glaciers ( 1914/1915 ), il a fallu les ramener à un dénominateur commun par l' intermédiaire d' un calcul de pourcentage. Le décompte des langues gla- ciaires de l' échantillon N et leur attribution aux trois catégories de glaciers en crue, en décrue et stationnaires, ainsi que le calcul de leurs pourcentages respectifs dont la somme atteint 100%, permettent d' établir une comparaison et une vue d' ensemble des résultats annuels ( fig. 4b ). Quant à la variation annuelle moyenne de longueur, elle est calculée à partir du nombre de mesures M, inférieur à N pour diverses raisons mentionnées dans la note 5, en marge du tableau 1. La figure 4c représente sa valeur pour chaque année, tandis que la courbe centrale de la figure 4d résulte de l' addition algébrique de ses fluctuations. Ce dernier graphique contient aussi, à titre de comparaison, les modifications additionnées de la longueur des glaciers du Trient et du Rhône, la ligne continue représentant leurs moyennes glissantes calculées sur des périodes de 11 ans.

Les chiffres comparatifs du tableau 1 et les graphiques statistiques des figures 4b à 4d traduisent, de manière catégorique, la persistance du retrait général des glaciers des Alpes suisses. En particulier, la courbe de sommation des variations moyennes de longueur, très parlante à cet égard, met en évidence les phases de crue survenues vers 1890, 1920 et 1980 - qu' il faut plutôt considérer comme des périodes d' arrêt de la longue décrue amorcée au milieu du siècle dernier et qui se poursuit encore. Même pour des glaciers tels que celui du Trient, il ne faut pas sous-estimer ce retrait à long terme, en dépit de la progression très nette de leur langue terminale lors de chaque période de crue.

L' exemple du glacier du Rhône ( actuellement 17 km2 de surface et 10 km de longueur ) montre les différences de comportement d' un appareil glaciaire au cours du temps, à la suite du changement de sa forme. Tant que son extrémité se trouvait encore, en amont de Gletsch, dans un fond de vallée peu incliné, ses variations de longueur reflétaient plus ou moins fidèlement celles du glacier du Trient, nettement plus petit ( actuellement 6,6 km2 et 5 km ) et qui, à partir d' un vaste névé, s' écoule vers le nord et se termine par une langue étroite et pentue, débouchant dans une vallée peu inclinée. Quant au glacier du Rhône, se distinguant de celui du Trient par un bassin d' ali proportionnellement plus réduit et une langue un peu plus étroite s' écoulant vers le sud, ses fluctuations ressemblent de Figure 1 Conditions météorologiques 1992/93 observées à quelques stations de l' I S M a ) Jungfraujoch ( ISM-ASTA ) 3580 m s. m. Température de l' air, moyenne journalière ( en

I

IL

.

\

P

m \

ï

*

F

I

I

I

I

.1

\

/

\

T

F

1

\

V al< 3U

[

!

0 1 N

:

)

j F M A M J J A S 0 9 9 2

1 9

9 3 plus en plus à celles de la courbe moyenne depuis le début des années quarante, qu' il a commencé à se retirer le long du verrou rocheux, autrefois entièrement recouvert de glace. Cet exemple comparatif met en évidence l' une des réserves qu' il convient d' avoir constamment présente à l' esprit lors des comparaisons que l'on pourrait déduire des chiffres statistiques tirés des rapports sur les glaciers.

On peut formuler une autre objection, valable chaque année et découlant de l' ampleur et de la composition, constamment changeantes, des échantillons annuels. Elle est particulièrement appropriée à ces deux derniers exercices, par exemple, puisque seuls 6 glaciers, sur les 28 que compte le réseau d' observation dans les Alpes d' Uri, de Glaris et du nord des Grisons, ont été observés cette année, alors que la situation était exactement le contraire l' année dernière, avec 6 glaciers non observés pour la même région.

C ) 10 ±V102030 Les caractéristiques de la 112e période de mesure que nous avons mises en évidence dans le dernier rapport sur les glaciers, soit une différenciation de l' accélération du retrait des langues glaciaires et un amoindrissement des pertes dans les bilans glaciologiques, ont continué de se manifester durant le présent exercice.

Résumé Dans le cadre des observations annuelles nécessaires à l' étude des variations des glaciers des Alpes suisses, on a mesuré, en automne 1993, pour la 114e fois consécutive depuis 1880, 79 langues glaciaires, parmi lesquelles 6 ont avancé et 73 ont reculé. Ce résultat montre que l' exercice 1992/93, assez semblable au précédent, se range parmi les années de retrait prononcé à très important. Depuis 1880, le pourcentage des glaciers en crue a été, à 18 reprises, encore plus faible, et celui des glaciers en décrue, à 6 reprises plus fort que durant ce dernier exercice. Les variations de masse, estimées b ) Säntis ( ISM-ASTA ) 2490 m s. m.

Précipitations, somme journalière ( en mm ) 100 50

lLUI

M 19 9 2 c ) Payerne ( radiosondage ) 490 m s. m.

Altitude de l' isotherme de zéro degré à 13 heures ( en m s. m.

5000 3000 M _A | MJ 1 9 93 - 4000 dans 3 cas pour des glaciers tout entiers, et dans 6 autres de manière partielle ou en des points isolés, se sont encore réduites, par rapport à l' année antérieure, à des pertes modérées à faibles, voire à des gains minimes. Les différences régionales se sont aussi atténuées; toutefois, les diminutions continuent à rester plus sensibles sur le versant sud des Alpes qu' au nord. Les précipitations, extraordinairement généreuses en maints endroits, ne se sont que très partiellement accumulées sous forme de neige sur les glaciers, le reste s' étant en majeure partie écoulé sans délai, en raison des températures élevées. Les centrales hydroélectriques alpines ont ainsi bénéficié d' une hydraulicité très favorable et leurs bassins de retenue étaient tellement remplis, en septembre, qu' ils ne sont parvenus que de justesse à absorber l' excédent apporté par les pluies exceptionnelles de ce mois.

II

M 19 9 3 Conclusions Comme le précédent, l' exercice 1992/93 se distingue, au point de vue climatique, par un net excédent thermique, tant mensuel que saisonnier et, en opposition aux années antérieures, par une pluviosité inhabituelle dont la répartition, contrastée parfois et inégale dans l' espace et le temps, a affecté la plupart des régions du pays.

Cette évolution des conditions météorologiques, tantôt favorable, tantôt défavorable à un accroissement des glaciers, n' a que peu affecté la masse glaciaire des Alpes suisses. Ce sont surtout les langues terminales des grands glaciers et les appareils glaciaires sis à altitude peu élevée qui ont supporté une ablation supérieure à la norme et aussi active que celle de ces dernières années.

Figure 2 Ecarts des précipitations annuelles 1992/93 et de la température estivale 1993 par rapport aux médianes de la période de référence 1901-1960 a ) Précipitations annuelles 1992/93 Somme des précipitations, cumulées du ler octobre 1992 au 30 septembre 1993 Interprétation des classes:

Classe Précipitations annuelles +5 ▲ extrêmement fortes +4 extraordinairement fortes +3 inhabituellement fortes +2 très fortes + 1 fortes 0 normales -1 faibles Figure 3 Les glaciers des Alpes suisses Variations des fronts glaciaires en 1993 I 8°

id e - L

S Ib

- 76

7

f ' ) la f

^_

075 4 W 72 82 I i

y v ( O

i 6, 0^50^ « 87 ©95, Ì

-SOi -

x\ m 6210 8 "

y ' " s

P I .04

©\f loo;

v III

116

IV

32 i ^N I

N

0 10Kn 7 8' 9 "

10 Légende: 0 en crueen décrue © incertain b ) Températures estivales 1993 Moyenne des valeurs journalières de la température de l' air du 1er mai au 30 septembre 1993 Ts5-9 i 19931 + 2 _47°N S* "

r +1 .46° N O

-y+i

h Interprétation des classes: Classe Température estivale +2très chaude +1chaude 0normale © non observé Figure 4 Variations de la longueur des glaciers dans les Alpes suisses, de 1879/80 à 1992/93 a ) Nombre des glaciers observés ( N ) et nombre de valeurs comprises dans la moyenne ( M ) 150 100 0 1880 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 b ) Pourcentages des glaciers en crue, stationnaires ou en décrue 25 -I 0 1880 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 c ) Variation moyenne de longeur ( en m ) -10 -20 -30 1880 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 d ) Variation moyenne de longueur comparée aux variations des glaciers du Rhône et du Trient ( valeurs annuelles cumulées, en km

! i I 1

- —o— Variation moyenneGlacier du RhôneGlacier du Trient 1,,, ,1,,,, j i,,, i 1880 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 Retrait continu des langues glaciaires et bilans de masse équilibrés, telles sont donc les caractéristiques contradictoires des variations des glaciers des Alpes suisses, mentionnées à juste titre au début de ce rapport sur le 114e exercice, année du centenaire de la Commission des glaciers.

Remerciements Pour l' exécution de ses relevés annuels, la Commission des glaciers a bénéficié, en cette année de son centenaire et malgré des conditions automnales défavorables, d' un soutien actif qui lui est apporté régulièrement de divers côtés depuis des années, voire des décennies, sur une base contractuelle ou bénévole. Elle en est extrêmement reconnaissante et ses remerciements s' adressent en particulier:

- aux services forestiers des cantons de Berne, de Glaris, des Grisons, d' Obwald, de Saint-Gall, d' Uri, du Tessin, de Vaud et du Valais; au personnel des forces motrices de l' Ägina, de Mattmark, de Mauvoisin et d' Oberhasli; aux glaciologues du VAW et aux collaborateurs privés suivants: Y. Biner, J. Chabloz, H. Boss, A. Godenzi, E. Hodel, G. Kappenberger, P. Mercier, U. Steinegger et R.Zimmer-mann, pour les relevés sur le terrainà l' Office de topographie et à la Direction fédérale des mensurations cadastrales, pour l' exécution de nombreux vols photo-grammétriquesaux directions des sociétés de forces motrices déjà citées, au bureau de géomè- kn ..._ 00.51 -1.5 tre A. Flotron, ainsi qu' aux collaborateurs du VAW, pour les résultats de leurs mandats de rechercheà l' Institut suisse de météorologie et à son collaborateur, G. Kappenberger, à l' Institut fédéral pour l' étude de la neige et des avalanches, à la section d' hydrolo de l' Institut de géographie et au Laboratoire de physique de l' atmosphère de l' EPFZ, ainsi qu' au Service hydrologique et géologique national, pour les données climatologiques, nivologiques et fluvio-métriquesà la direction et aux nombreux collaborateurs du VAW/EPFZ, pour la collecte, l' étude et la publication des observations sur les glaciers.

Il nous tient à cœur d' évoquer, avec une reconnaissance toute particulière, le souvenir de la collaboration appréciée de notre collègue récemment décédé, Willy Schmid, chargé de la mensuration des glaciers de la 13 région de Mattmark depuis 1979. Ses talents d' ingénieur et de guide de montagne lui ont permis de résoudre nombre de problèmes techniques posés par maints projets et mandats de recherche. Sa personnalité d' envergure et sa pondération nous ont permis de l' apprécier en tant que collaborateur et ami, particulièrement lorsque se posaient des questions délicates sur le plan humain. Nous sommes redevables à la gaieté de son tempérament d' avoir passé en sa compagnie un nombre incalculable d' heures joyeuses et sympathiques, parfois même lors de circonstances extérieures difficiles ou désagréables.

Sources Annales ( en préparation ), cahiers trimestriels et bulletins mensuels de l' ISM 1991-1993.

13 et 14 Glacier de Vallegia ( Bedretto ) Les vues prises du même endroit le 8.9.1986 ( 13 ) et le 21.9.1993 ( 14 ) mettent en évidence la diminution de longueur et d' épaisseur de ce glacier depuis la fin de la période de crue des années 80.

Rapports 1993 du VAW aux sociétés de forces motrices de l' Ägina et de Mauvoisin ( non publiés ).

Annuaire hydrologique de la Suisse 1991-1993, publié par le Service hydrologique et géologique national ( en préparation ).

Rapport annuel du VAW.

Uttinger H. ( 1966 ): Die Veränderlichkeit der Niederschlagsmengen 1901-1960. Gletscher, Schnee und Eis. Editions Schweizer Lexikon Mengis+Ziehr, 1993.

Kasser, R ( 1994 ): Hundert Jahre Gletscherkommission, ihre Entstehung und Geschichte ( sous presse ).

Aellen, M. ( 1994 ): Jährlich erfasste Gletscherveränderungen in den Schweizer Alpen ( sous presse ).

Traduit de l' allemand par Cyril Aubert

Feedback