Les premières ascensions au groupe central des sommets de l'Olympe

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Avec 3 illustrations et 2 croquis.Par Jacques Santorinéos.

Presque toutes les montagnes de la Grèce ont des parois abruptes et tranchantes où l'on pourrait faire des ascensions plus ou moins difficiles. Le Mont Olympe en particulier se distingue des autres pour autant qu' il présente un vaste champ pour les escalades. Il est vrai que les sommets de l' Olympe, comme d' ailleurs de toutes les montagnes de Grèce, ne demandent aucunement des aptitudes exceptionnelles; en d' autres mots, ils sont aussi accessibles par des routes relativement faciles. Cependant, abstraction faite de ces routes, le groupe central des sommets de l' Olympe offre un véritable champ dolomitique pour l' escalade.

Par groupe central nous entendons les sommets Myticas, Stefani et Skolio. En les examinant au point de vue géographique, nous voyons qu' ils constituent un tout avec les sommets Toumba et St-Elie. Ces deux derniers sont cependant d' un accès facile et, en particulier le St-Elie dont le sommet est orné d' une petite église, bâtie en pierre sèche; c' est dire que l' histoire de leurs premières ascensions se perd dans la nuit des temps: il est impossible de préciser l' époque à laquelle ces ascensions commencèrent et d' ailleurs cela n' aurait aucune importance, car elles ne présentent pas de difficultés d' escalade. Nous n' aurons donc pas à nous en occuper.

Nous aurions placé dans la même catégorie que le St-Elie le sommet Skolio facilement accessible à cheval, si ce n' était que le versant N—NE offre un champ merveilleux d' escalade. Nous ne savons pas à quel moment la première ascension a été faite par le chemin facile. Aussi examinerons-nous seulement le versant N—NE.

En ce qui concerne les sommets Myticas et Stefani, bien qu' ils soient aussi facilement accessibles, ils présentent néanmoins un intérêt d' escalade exceptionnel, puisque l' ascension en est plus ou moins difficile par toute autre voie que celle d' accès habituelle. Etant donné la structure de ces sommets et, partant, la difficulté de trouver l' unique route facile par laquelle on peut y accéder, nous pouvons conclure avec beaucoup de certitude qu' ils restèrent inviolés jusqu' à ces derniers temps. Cela pour les premières ascensions de chaque sommet par les routes les plus faciles, qui constituent aussi les premières, proprement dites, ascensions des sommets, car, en ce qui concerne les routes difficiles, on peut dire avec une certitude absolue à quel moment chacun des itinéraires a été tracé.

Conformément à ce que nous avons déjà dit, le champ d' escalade de la région des sommets centraux que nous avons appelé groupe central se définit comme suit: le Col Porta entre la Toumba et le Stefani, l' arc de la base NE du Stefani, l' arc des grandes vires de la base SE—E du Myticas jusqu' à la base de la Skala, 1a crête qui commence à la Skala, passe par le sommet du Skolio LES PREMIÈRES ASCENSIONS DES SOMMETS DE L' OLYMPE.

Le groupe central des sommets de l' Olympe.

Section de la carte de l' Olympe de M. Marcel Kurz, annexée à sa monographie:

Le Mont Olympe ( Thessalie ). Trajets des premières ascensions.

et aboutit au fond de la Grande Kazania, l' arc intérieur de Kazania, l' arc de la base N—NE du Skolio et de la Skala et l' arc de la base NW du Myticas et de la base W du Stefani jusqu' à Porta.

Ce champ contenant les deux sommets les plus élevés du Mont Olympe: le Myticas et le Stefani, était encore inexploré il y a 30 ans. Jusqu' en 1930, il n' y avait que quatre itinéraires faciles, et c' est seulement depuis 1934 que les premières routes difficiles ont été tracées sur ses parois.

Notre but est de présenter une vue d' ensemble des premières ascensions du groupe central par ordre chronologique.

Le 2 août 1913, la première ascension du groupe central a été accomplie par les Suisses Fred Boissonnas et Daniel Baud-Bovy et Christos Cacalos. Ils montèrent par la dernière vire de la base orientale du Myticas au Col Skala-Myticas et, de là, au sommet.

Le 21 juillet 1919, les mêmes alpinistes suisses, accompagnés de M. Henri Boissonnas, ont accompli la deuxième ascension du sommet en aboutissant au Col Skala-Myticas du sommet de la Skala et poursuivant de ce dernier point la route qu' ils avaient prise en 1913.

Nous pouvons considérer le trajet de ces deux premières ascensions comme une route unique avec deux variantes au départ, c'est-à-dire l' une du sommet de la Skala et l' autre des vires, de même que de certaines ramifications vers les « SKol.

Diagramme des premières ascensions au groupe central des sommets de l' Olympe jusqu' en janvier 1939.

Les trajets ont été marqués par des lignes droites qui correspondent schématiquement aux trajets figurant sur la carte reproduite à la page précédente.

sommets: Roche tarpéienne, Crête du Coq et Vierge, noms attribués à ces sommets anonymes par les premiers alpinistes qui y accédèrent. L' itinéraire est facile.

Le même jour, les trois mêmes alpinistes ont trace le deuxième itinéraire du Myticas, c'est-à-dire le grand couloir qui réunit la base orientale du Myticas à son sommet dont ils firent la première descente. Le même itinéraire a été suivi pour la première fois en ascension le 12 août 1921 par Marcel Kurz et Christos Cacalos. Cet itinéraire ne présente aucune variante et son ascension est facile.

MM. Marcel Kurz et Christos Cacalos ont effectué la première ascension du Stefani le 12 août 1921. Ils ont suivi le couloir qui réunit la base orientale au Col Strivada, qui se trouve entre le Myticas et le Stefani et, de là, par la paroi au premier sommet du Stefani pour en atteindre le sommet le plus élevé en suivant la crête. Cet itinéraire facile présente des variantes, tant au départ que plus haut sur la paroi qui est praticable sur une largeur comparativement grande. On ne saurait donc y préciser toutes les variantes effectuées.

Le 8 septembre 1927 MM. Daniel Baud-Bovy, Ar. Ellison et Dr Et. May firent la première descente par l' arête orientale du Stefani jusqu' à un certain point où ils la quittèrent pour procéder par le flanc méridional de cette arête jusqu' à la base orientale du Stefani.

En septembre 1930, un autre itinéraire a été trace par la Strivada au sommet du Myticas par l' alpiniste grec Costas Natsis tout seul. Il convient de noter que quatre alpinistes anglais avaient tenté de suivre le même itinéraire en 1926, mais avaient dû y renoncer faute de corde. La difficulté de cet itinéraire est moyenne.

En août 1933, quatre alpinistes grecs, feu Soutsos ainsi que MM. Nicopoulos, Marinos et Haniotis ont atteint la Strivada en partant de la Porta et en traversant la base intérieure du Stefani, c'est-à-dire celle vers Kazania. Ce trajet est facile.

Le lendemain, trois de ces alpinistes ont passé de la Strivada au grand couloir du Myticas en traversant un passage court et de difficulté moyenne.

Nous en arrivons à présent aux ascensions effectuées en juin 1934 par l' éminent alpiniste italien Emilio Comici et par Mme Anna Escher, ascensions qui constituent des escalades de grande classe.

Le 25 juin, ces alpinistes ont effectué l' ascension du Stefani par l' arête et la paroi NW dont la difficulté est très grande et par la crête de difficulté moyenne. Le 26 juin, ils ont atteint le Stefani par la paroi NEgrande difficulté ) et, le 28 juin, le Myticas par la paroi NW ( très grande difficulté ).

Le 22 juillet de la même année, deux alpinistes Slovènes: MM. Lipovsek et Pipan ont effectué la première ascension du Skolio par la paroi N. La difficulté de cette ascension n' a pas été évaluée par eux-mêmes et nous n' osons le faire. Les mêmes alpinistes ont refait l' itinéraire Comici-Escher dans la paroi NW de Stefani ainsi que l' itinéraire Natsis par la Strivada au Myticas.

Le 27 juillet 1935 deux alpinistes Slovènes, MM. Avcin et Modec, ont trace un itinéraire dans la paroi W de Stefani, sans pouvoir l' achever, le premier étant blessé au pied. Les mêmes, le 30 juillet 1935, ont trace un autre itinéraire dans la même paroi mais ils ont battu en retraite aussi, cette fois-ci à cause du mauvais temps.

Le 21 juillet 1936 deux alpinistes allemands, les frères Hans et Sepp Demleitner, ont répété l' itinéraire précédent et continue plus haut et, après avoir passé la nuit sur le rocher, ont pu le 22 juillet, arriver à la crête du Stefani. Il s' agit d' une entreprise d' escalade de grande valeur et de difficulté extrême.

Le 28 août 1936 deux alpinistes autrichiens, Knappe et Schwackhœfer, ont trace une variante de l' itinéraire Comici-Escher dans la paroi NW du Myticas, attaquant à une nouvelle place et rencontrant cet itinéraire environ à mi-chemin. Cette escalade est de difficulté moyenne.

Le 29 août 1936 les mêmes ont trace un nouvel itinéraire dans la paroi NE du Stefani. Cet itinéraire, parallèle à celui de Comici-Escher, mène à la crête, près de la cime du Stefani. L' escalade est difficile.

Des comptes rendus détaillés des ascensions relatées ci-dessus ont été présentés dans des publications et revues alpines. Une bibliographie y relative accompagne cet article.

LES PREMIÈRES ASCENSIONS DES SOMMETS DE L' OLYMPE.

Enfin en août 1938 ont été effectuées les premières ascensions suivantes, sans qu' il en ait été présenté un exposé jusqu' à ce jour.

Le 7 août l' alpiniste italien Mauro Botteri et l' alpiniste grec Costas Natsis ont effectué une première ascension de grande difficulté à la Skala par la paroi NW. Les mêmes alpinistes ont répété les trois itinéraires de Comici-Escher ci-dessus mentionnés.

Le 11 août les alpinistes italiens C. Avanzo, G. Mussafia et G. Trevisini ont trace un nouvel itinéraire d' une grande difficulté dans la paroi NW du Myticas un peu au N de celui de Comici-Escher. Les mêmes ont effectué l' itinéraire Knappe- Schwackhœfer dans la paroi NE du Stefani mais avec plusieurs variantes. Les deux premiers ont répété l' itinéraire Comici-Escher dans la paroi NW du Stefani.

Enfin les alpinistes italiens G. Trevisini et S. Pirnetti ont effectué la première ascension de l' arête orientale du Stefani le 6 août. La seconde moitié de ce trajet doit coïncider à la première de celui de Baud=Bovy-Ellison-May.

Telles sont les premières ascensions dans le groupe central des sommets de l' Olympe. La possibilité d' en faire d' autres n' est pas épuisée, mais elle est restreinte dorénavant à des entreprises d' une grande difficulté accessibles seulement aux alpinistes très expérimentés.

Trajet Date Effectué par Voir tableau bibliographique n° ( A- ) A'-Myt. ( Sk- ) A'-Myt.

Myt.B. ( desc. ) B. Myt. S. St. St.C ( desc. ) S. Myt. D.S.

S.E.

P.F.

F. St.

G. St.

H. Myt.

I. Skol.

J.K.

L.M.N.

M.O.

( L.M. ) N.Q.

H' T St.

U. Sk.

V. Myt.

W.W-St.

2 VIII13 21 VII 19 21 VII 19 12 Vili 21 12 Vili 21 8 1X27.. IX 30 1 Vili 33 F. Boissonnas, D. Baud-Bovy, Ch. Cacalos F. Boissonnas, H. Boissonnas, D. Baud-Bovy

F. Boissonnas, H. Boissonnas, U. Baud-Bovy

M. Kurz, Ch. Cacalos

M. Kurz, Ch. Cacalos

D. Baud-Bovy, Ar. Ellison, Et. May.. C. Natsis

G. Soutsos, II. Nicopoulos, D. Haniotis, A. Marinos

G. Soutsos, II. Nicopoulos, D. Haniotis E. Comici, A. Escher

E. Comici, A. Escher

E. Comici, A. Escher

E. Comici, A. Escher

M. Lipovsek, L. Pipan

E. Avcin, V. Modec

E. Avcin, V. Modec

E. Avcin, V. Modec

H. Demleitner, S. Demleitner

R. Knappe, W. Schwackhœf er

R. Knappe, W. Schwackhœf er

M. Botteri, C. Natsis

C. Avanzo, G. Mussafia, G. Trevisini.. G. Trevisini, S. Pirnetti

1, 2, 3, 12 2, 3, 21 21 4 5 23, 24 6, 8 7, 8 8 9, 10, 20 9, 10, 20 9,10,16,20 9, 10, 20 11, 18 13, 19, 22 13, 19, 22 13, 19, 22 14 15, 16 15, 16 17 17 17 2 25 25 26 28 22 27 30 30 21-22 28 29 7 11 6 Vili 33 VI 34 VI 34 VI 34 VI 34 VII 34 VII 35 VII 35 VII 35 VII 36 Vili 36 Vili 36 Vili 38 Vili 38 Vili 38 LES PREMIÈRES ASCENSIONS DES SOMMETS DE L' OLYMPE.

Le Stefani

Roche Tarpéïenn Vierge Créte du Cojq Le Mytica

Le Stefani et le Mytica, vus du Skolio ( itinéraires D' après une photographie de Fred Boissonnas Bibliographie et sources concernant les premières ascensions dans le groupe central des sommets de l' Olympe.

1. La Grèce Immortelle. Editions d' art Boissonnas, Genève 1919: D. Baud-Bovy: Le plus haut sommet de l' Olympe.

2. Geographical Journal, vol. LVII, n° 3, mars 1921: D. Baud-Bovy: The Mountain-Group of Olympus. An Essay in Nomenclature.

3. Marcel Kurz. Le Mont Olympe ( Thessalie ). Editions Victor Attinger, Paris-Neuchâtel 1923, p. 99-105. 4. p. 145. 5. p. 145—147.

6. Alpine Journal, vol. XXX IX, n° 234, May 1927: W. T. Elmslie: Mont Olympus, p. 91/92.

7. Ekdromika. Athènes, n° 54, novembre 1933: Ant. Marinos: A Kazania de l' Olympe.

8. To Vouno. Revue mensuelle du Club Alpin Hellénique, vol. I, n° 3, mars 1934: Ilias Nicopoulos: Nouvelles routes pour les sommets de l' Olympe, p. 71/72.

9.vol. II, n° 14, février 1935: Emilio Comici: Escalades sur l' Olympe ( Traduction du n° 19 ). 10. vol. II, n° 17, mai 1935. Jacques Santorinéos: L' Olympe champ d' escalades. Une lettre d' Emilio Comici. 11. vol. II, n° 17, mai 1935. Jacques Santorinéos: L' Olympe champ d' escalades. La première ascension du Skolio par la paroi N. 12. vol. III, n° 26, février, et n° 27, mars 1936: Fred Boissonnas: La première ascension de l' Olympe. 13. vol. IV, n° 38, février 1937: France Avcin: La première tentative à la paroi W. du Stefani ( Traduction d' une partie du n° 18 ). 14. vol. IV, n° 38, février 1937: Hans Demleitner: La première ascension de la paroi W. du Stefani. 15. vol. IV, n° 48, décembre 1937: Robert Knappe: Deux nouveaux itinéraires à l' Olympe. 16. vol, IV, n° 48, décembre 1937, p. 296: S.: Escalades. 17. vol. V, n° 57, septembre 1938, p. 224: S.: Escalades à l' Olympe. 18. Planinski Vestnik. G asilo Slovenskega Planinskega Drustva, vol. XXXV, 1935: Marijan Lipovsek: Na Olymp, p. 167-170. 19. vol. XXXVI, 1936: France Avcin: Na Olympu, prestolu bogov.

20. Rivista Mensile del Club Alpino Italiano, vol. LV, 1936: Emilio Comici: Arrampicate sul Olimpo ( Traduction du n° 9 ).

Communications personnelles:

21. Fred Boissonnas. Annexe à sa lettre du 18 décembre 1935. 22. Vassilios Itha-kissios. Sa lettre du 8 août 1935. 23. Fred Boissonnas. Annexe à sa lettre du 21 mai 1938. 24. Dr Etienne May. Sa lettre du 24 juin 1938 à M. Fred Boissonnas.

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