Manifeste pour peindre le bleu du ciel Conversations avec Fabrice Gabriel

Albert Gos (1852-1942), dont le souvenir est inscrit sur une plaque commémorative à Blatten au-dessus de Zermatt, aurait pu écrire les lignes suivantes: «L’apprentissage du dessin et celui de la montagne, c’est pareil: s’il n’y a que de l’orgueil, on ne peut aller que vers des déceptions… Mais l’orgueil est nécessaire, il fait apprendre plus vite, grimper mieux. […] C’est un peu banal à constater, mais tout apprentissage est au fond celui de la liberté, et c’est vrai pour le dessin, ou la peinture, comme, d’une autre façon, pour la montagne.» C’est toutefois au maître de la bande dessinée et peintre Jean-Marc Rochette que l’on doit cette réflexion pleine de sagesse. Le parcours de cet alpiniste, victime d’un grave accident à 20 ans à peine, constitue une formidable leçon. Cette «gueule cassée», comme il se définit lui-même, nous offre dans ce recueil, richement illustré de ses magnifiques peintures, une réflexion sur la vie et la mort qui force le respect. Auteur d’Edmond le cochon, puis du Tranceperceneige et d’Ailefroide altitude 3954, l’auteur a suivi un chemin de résilience et de reconstruction qui montre une fois encore que la montagne est un grand maître de vie: «Il faut vraiment insister sur ce point: ce n’est pas l’homme, artiste ou non, qui fait vivre le monde. J’irais même jusqu’à penser que c’est le monde, et en particulier la montagne, qui me regarde, qui me fait autant que je la peins: sa présence est vivante, sa beauté existe en soi.» La trentaine d’illustrations de l’ouvrage est là pour en témoigner.

Auteur

Jean-Marc Rochette

Source

Editions Paulsen 2020, ISBN 978-2-35221-324-6, 20 francs

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