Miroir, joli miroir…

«Plus que de la montagne!» On peut souscrire sans hésiter au slogan anniversaire du CAS. Une excursion commence à la maison, c’est bien connu. La constatation est banale, mais la fréquentation des montagnes augmente continuellement, et les déplacements se font en voiture individuelle. Dans les bonnes années, les cabanes du CAS comptent 350 000 nuitées. Il s’y ajoute autant de visiteurs en journée. La plupart des dessertes d’alpages et de forêts ont été rendues carrossables jusqu’à l’altitude de 1500 mètres au moins et sont utilisées même lorsqu’il en coûte. C’est ce que nous appelons «alpinisme de masse» dans notre époque de mobilité. J’y participe aussi, utilisant ma voiture aussi loin que je peux. Et je suis aussi de ceux qui apprécient le confort des cabanes.

L’aventure sportive en montagne commence réellement après la nuit passée dans la cabane-palais du CAS: elle doit alors être bonne pour la santé et respectueuse de la nature. On se nourrit de barres de céréales, mais c’est aussi la débauche de matériel technique que nous connaissons tous. La nouveauté, c’est l’assistance électronique. Il faut caler l’altimètre, régler le cardiofréquencemètre, consulter la météo, enclencher le GPS, etc. C’est alors seulement que l’on peut jouir de la nature. Vie sauvage, nature, beauté, lenteur, solitude. Des Alpes rêvées?

Ne tirez pas sur le messager, il n’est presque pour rien dans ces réalités! D’accord, j’ai fait un tri dans celles-ci parce que les contradictions entre le bel emballage et le contenu heurtent ma perception de la nature. Mon regard sur le du CAS est devenu un regard sur le clubiste que je suis. Le CAS est un enfant du siècle. Il ne doit pas l’oublier dans la liesse de son anniversaire.

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