Orographie de la partie des Hautes-Alpes calcaires comprise entre le Rhône et le Rawyl

Orographie de la partie des Hautes-Alpes calcaires comprise entre le Rhône et le Rawyl ( Groupes des Diablerets et du Wildhorn ).

Par E. Renevier, professeur à la Faculté des Sciences de Lausanne ( section des Diablerets ).

INTRODUCTION.

Le champ d' excursion du S.A.C. pour 1880/81 comprend cinq sections de la carte fédérale au 1; 50000, les Nos 477 Diablerets, 485 Saxon, 472 Lenk, 481 St-Léonard, 486 Sion.

En négligeant le petit triangle au sud du Rhône, vis-à-vis de Sion, ce champ forme une région orographique très naturelle, circonscrite par la vallée du Rhône au sud et à l' ouest; celle de la Grande-Eau et les cols du Pillon, du Krinnen, du Truttlispass au nord et nord-ouest; enfin le passage du Rawyl, à l' est. La plus grande partie de cette région constitue ce que la section des Diablerets s' est plu à nommer les Hautes- Alpes vaiidoises* ), contrée dont j' étudie la structure géologique depuis plus de vingt-cinq ans, et dont je viens de publier la carte géologique, basée sur la carte topographique du Club alpin Sud-Wallis, I, 1. C' est ce qui m' a décidé à accepter la rédaction de cet itinéraire, dont le comité central m' a prié de me charger. Je ne l' ai fait toutefois qu' à la condition expresse de faire ce travail à un point de vue essentiellement orographique et géologique.

Je tâcherai donc de rendre compte d' une manière aussi claire et aussi succincte que possible de l' oro géologique de cette contrée, en m' aidant, pour la partie orientale, que je connais moins, des renseignements qu' a bien voulu me fournir M. le pasteur Ischer, de Mache près Bienne.

J' y ajoute des renseignements statistiques sur les gîtes, les guides, les distances et les ascensions, pour lesquels j' ai eu recours aux clubistes des trois sections intéressées: Diablerets, Monte-Rosa, et Wildhorn.

Ayant maintenant entre les mains la carte du champ d' excursion, j' ai pu, dans cette seconde édition, corriger beaucoup de chiffres d' altitudes, et de dénominations locales. Sauf quelques rares exceptions motivées, je me suis absolument conformé à la carte.

Lausanne, décembre 1880.

E. Reneviek, prof.

* ) Echo des Alpes, 1875, pag. 104.

Orographie.

BIBLIOGRAPHIE

DU CHAMP D' EXCUKSION.

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SUBDIVISION DES ALPES EN REGIONS NATURELLES.

Les anciennes divisions géographiques des Alpes ( Alpes cottiennes, grecques, pennines, bernoises, lépon-tines, rhétiennes, etc. ) sont devenues insuffisantes. Basées sur des circonstances historiques plus ou moins accidentelles, elles sont même souvent fautives au point de vue orographique. Si l'on veut suivre les indications naturelles, c'est-à-dire la constitution géologique de la montagne, il ne faut pas tronçonner la chaîne dans le sens de sa longueur, mais la subdiviser au contraire dans le sens de sa largeur en zones ou bandes plus ou moins parallèles. Ces zones présentent dans toute leur étendue des caractères remarquablement constants, soit au point de vue de leur composition stratigraphique, soit à celui de leur disposition orographique, et, comme conséquence nécessaire, au point de vue même de leur effet pittoresque.

C' est ce que M. le professeur B. Studer avait parfaitement compris quand il distinguait dans les Alpes trois régions essentiellement différentes:

a. les Alpes latérales sud; b. les Alpes centrales ou cristallines; c. les Alpes latérales nord.

La dernière de ces trois régions, à laquelle appartient notre champ d' excursion bisannuel, doit être subdivisée à son tour en bandes parallèles, peut-être un peu moins constantes, mais également d' une grande importance pour une bonne conception de la chaîne des Alpes. Pour ne parler que de la Suisse occidentale, et en me tenant aux grandes subdivisions orographiques, je puis distinguer dans les Alpes latérales nord trois zones essentiellement différentes:

1° Les Hautes-Alpes calcaires bordent les Alpes cristallines, avec lesquelles elles rivalisent presque d' altitude, en sorte qu' elles offrent aussi des glaciers.

2° La Zone du flysch, comprenant les montagnes du Simmenthal, des Ormonts, et la partie centrale du Chablais, est composée essentiellement de roches aré-nacées et schisteuses, et présente un relief beaucoup moins saillant.

3° Enfin les Pré-Alpes romandes, qui sont de nouveau principalement calcaires, s' étendent de la vallée de l' Arve à celle de l' Aar, et comprennent les. massifs, si semblables entre eux, d' Oche, de Naye, du Moléson, de la Gruyère, et du Stockhorn.

C' est à la première de ces trois régions alpines qu' appartient le champ actuel d' excursion. Celui-ci comprend nos Hautes-Alpes calcaires dans toute leur largeur, depuis la vallée transversale du Rhône ( Martigny—Lac Léman ) jusqu' au passage du Rawyl ( Lenk—St-Léonard ). Dans ce tronçon de chaîne, les. Alpes calcaires ne s' appuient directement aux massifs, cristallins qu' à l' angle sud-ouest de la région. La limite-naturelle de la zone au sud-est est formée ici par la profonde dépression de la vallée longitudinale dit Rhône, de Martigny à Sierre. Sa limite septentrionale,, ou mieux nord-ouest, est formée par une autre dépression longitudinale, moins profonde, qui comprend la vallée de la Gryonne, le col de la Croix - d' Arpille, et les. cols du Pillon, du Krinnen et du Truttlispass.

Les Hautes-Alpes calcaires se prolongent au sud-ouest au travers du Bas-Valais et du Faueigny, formant les massifs des Dents-du-Midi, des Tours-Sallières, du Buet, des Fiz, etc. La zone y atteint une moins grande largeur, rétrécie qu' elle est par les noyaux cristallins du Mont-Blanc et des Aiguilles-Rouges.

Le prolongement nord-est de notre région traverse en diagonale toute la Suisse, et se continue bien au delà avec des caractères semblables. Un peu plus loin que le Rawyl, la zone des Hautes-Alpes calcaires est de nouveau rétrécie et refoulée au nord-ouest par le puissant noyau cristallin du Finsteraarhorn. C' est là qu' elle Orographie.à atteint ses plus grandes altitudes, dans l' Altels 3634 mr le Balmhorn 3688™, et la Blumlisalp 3670m.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU CHAMP D' EXCURSION.

Au point de vue spécial de l' ascensionniste, le tronçon des Hautes-Alpes calcaires qui fait l' objet de-cet itinéraire ne présente rien de bien remarquable. Il offre sans doute de belles parois de rochers, plus ou moins inaccessibles, mais on n' y cite guère de cimes vierges, au moins parmi celles d' une altitude suffisante pour tenter l' alpiniste à la recherche de quelque haut fait.

Les altitudes maximum de notre région n' atteignent pas 3300m. Les sommets les plus élevés sont, du sud-ouest au nord-est:

Dents-de-Morcles ( Grande-Dent ). 2980 m Grand-Mœveran3061™ Diablerets ( Cime)3246 m Oldenhorn.. 3124 m Wildhorn3264 »'Les glaciers y sont relativement peu nombreux et, à l' exception de ceux de Zanfleuron et du Wildhorn,, de peu d' étendue. En voici rénumération, toujours du sud-ouest au nord-est:

MASSIF DE MORCLES.

1. Glacier des Martinets ( Vaud ), au fond de la vallée de Nant, sous les Dents-de-Morcles.

MASSIF DU MŒVERAN.

2. Glacier des Outans ( Vaud ), entre le Grand-Mœveran et le Sex-Percia.

3. Glacier de Herberuet ( Vaud ), entre le Sex-Percia et l' arête de Tête-à-Pierre-Grept.

Ces deux derniers sont généralement confondus sous le nom de Glacier de Plan-Névé. Autrefois en effet ils étaient réunis à leur partie supérieure et formaient un seul glacier en fer-à-cheval, à double écoulement. C' est ainsi qu' ils sont représentés sur la carte fédérale au Viooooo. Mais depuis plus de 20 ans ils sont entièrement séparés par une arrête de rochers, mise à nu par la fonte, et forment ainsi deux glaciers complètement distincts, comme je les ai déjà représentés dans ma Carte géologique des Alpes vaudoises* ).

4. Glacier de la Forclaz ( Valais ), sur le revers sud-est de la même chaîne, tout au fond de la vallée de Derbon. Dit aussi glacier de Derbon supérieur.

5. Glacier de Tita-Neire ( Valais ), sur le revers sud de Tête-à-Pierre-Grept, un peu au nord-est du précédent. Dit aussi glacier de Derbon inférieur.

6. Glacier de Paneyrossaz ( Vaud ), sur le revers nord de Tête-à-Pierre-Grept, au fond de la vallée de i' Avare.

MASSIF DES DIABLERETS.

7. Glacier de Culant ( Vaud ), sur le revers nord des Diablerets, entre le Signal-de-Culant et la Pointe-de-la-Houille.

8. Glacier de Pierredar ( Vaud ), sur le revers nord des Diablerets, dans le milieu du haut cirque qui domine Creux-de-Champ.

9. Mauvais glacier ( Vaud ), au-dessus de Pierredar, sous la cime des Diablerets, au nord.

10. Glacier de Prapioz ( Vaud ), à l' est de Pierredar, sous le Sex-rouge.

Ces quatre derniers descendent sur le Creux-de-Champ.

11. Glacier du Diableret ( Valais ), sur le versant nord-est de la cime, descendant à l' est contre les éboulements, et au nord-est contre le glacier de Zanfleuron, qui n' en est en réalité que le prolongement.

12. Glacier de Ziffaz ( Valais ), petit glacier au versant sud des Diablerets, sous la Tour-de-Saint-Martin, à un niveau inférieur.

13. Glacier du Sex-rouge ( Vaud ), entre le Sex-rouge et l' Oldenhorn, descendant au nord contre le Pillon.

14. Glacier du Dard ( Vaud ), au nord du précédent, sous le Sex-rouge.

15. Glacier d' Audon ou Olden ( Berne ), sous l' Oldenhorn à l' est, dans le fond de la vallée d' Audon.

16. Glacier de Zanfleuron ( Valais ), sur le versant est des Diablerets, descendant contre le Sanetsch.

MASSIF DU WILDHORN.

17. Glacier de Roththal ( Berne ), sur le versant nord-est de l' Arpelistock, descendant contre Lauenen.

18. Glacier de Gelten ( Berne ), entre l' Arpelistock et le Wildhorn, descendant au nord contre Lauenen.

19. Glacier du Brozet ( Valais ), sur le revers. sud-ouest du Wildhorn, descendant au sud contre lea Grandes-Gouilles.

20. Glacier des Audannes ( Valais ), sur le rêvera sud-est du Wildhorn, descendant au sud contre les. Audannes.

21. Glacier de Ténéhet ( Valais ), sur le revers est du Wildhorn, s' étendant de ce sommet jusqu' au Schneidehorn, et descendant en plusieurs branches à l' est, contre le Rawyl.

22. Glacier de Dungel ( Berne ), sur le revers nord-est du Wildhorn, descendant au nord-ouest contre Lauenen.

23. Glacier d' Iffigen ( Berne ), à l' est du précédent, au pied nord du Schneidehorn, descendant au nord-est au fond de la vallée d' Iffigen, vers la Club-Hütte.

24. Glaciers du Schneidehorn ( Berne et Valais ), sur le revers sud-est du Schneidehorn, descendant à l' est contre le Rawyl, avec un petit embranchement au nord-est, contre la vallée d' Iffigen.

25. Glacier des Eaux-froides ( Valais ), sur le versant nord du Rawylhorn, descendant au nord contre le Rawyl.

Mais si notre champ d' excursion est relativement pauvre, dans ce qui fait en général la „ great attraction1' des clubistes, il constitue, au point de vue géologique, une régions alpines les plus intéressantes. Nous trouvons en effet dans cette contrée, plus que dans d' autres parties des Alpes:

a. une série assez importante des terrains géologiques; b. une certaine richesse relative en fossiles variés, surtout dans la portion occidentale; c. des plissements très remarquables par leur fréquence, leur netteté, et parfois aussi leur intensité.

Au point de vue industriel, nous pouvons y joindre les mines de sel et d' anthracite, ainsi que les nombreuses exploitations de gypse, d' ardoises, etc. Notre montrée pourrait être surpassée par d' autres, à l' un ou l' autre de ces points de vue, mais aucune région alpine ne présente peut-être à un si haut degré tous ces avantages réunis.

Ajoutons encore la facilité des séjours, la vie agréable et peu coûteuse, dans une quantité d' hôtels et de pen- sions de montagne, surtout sur les territoires de Vaud et Berne. N' y a-t-il pas là de quoi compenser l' ab de sommets vertigineux et de cimes inexplorées? de quoi attirer les visiteurs en grand nombre sur notre champ d' excursion de 1880/81?

SÉRIE STRATIGRAPHIQUE.

Voici du reste, avant de passer à la description orographique, rémunération sommaire des terrains géologiques qui composent le sol de cette région, dans leur ordre de formation, c'est-à-dire des plus anciens aux plus modernes.

1. Terrains métamorphiques, formés de roches cristallines ou semi-cristallines; gneiss, micaschistes, schistes semi-cristallins, quartzites, petrosilex, etc. Ce sont à mes yeux des matières sédimentaires, modi-tiées par les actions métamorphiques, c'est-à-dire en définitive par la pression énorme résultant des plissements du sol.

Ces terrains ne se trouvent qu' à l' angle sud-ouest de notre champ d' excursion, où ils forment deux affleurements distincts:

a. Celui de Mordes et Arbignon, au pied sud-ouest des Dents-de-Morcles, borde la vallée du Rhône de Làvey-les-Bains à Dorénaz, en s' élevant jusqu' à l' Haut. C' est l' extrémité nord-est du noyau cristallin des Aiguilles-Rouges en Savoie.

b. L' affleurement de Fully, qui borde le Khône,. dès le Plan-des-Crottes, vis-à-vis de Vernayaz, jusque près de Saillon, et s' élève assez haut dans les escarpements, sous Sex-Carro et le Grand-Chavallard. Cette étendue forme avec le massif d' Arpille et les gorges du Trient un petit noyau cristallin allongé, compris entre celui des Aiguilles-Eouges et celui du Mont-Blanc; ce dernier aboutissant, au contraire, au sud de Martigny.

L' absence de fossiles ne permet pas de tixer l' âge précis de ces terrains.

2. Terrain carbonifère, formé de poudingues et de grès quartzeux, semi-métamorphiques, alternant avec des schistes ardoisiers, qui contiennent des plantes terrestres ( fougères, etc. ) d' âge houiller* ). Il repose sur le terrain métamorphique, et remplit tout l' espace compris entre ses deux affleurements, c'est-à-dire les montagnes d' Outre, de Dzéman, et des Lacs de Fully. Il y forme un grand pli synclinal en V, qui supporte le massif des Dents-de-Morcles. C' est là qu' on exploite les ardoises à Dorénaz, Alesse, etc., et Y anthracite sous Plex et à la Mérenaz.

3. Terrain triasique, formé de gypse, de calcaires dolomitiques compactes ou vacuolaires ( cornieule ), parfois bréchiformes; aussi, mais plus rarement, de marnes ou schistes plus ou moins verdâtres. Avec la plupart des géologues modernes, je considère toutes ces roches-comme formées par sédimentation mécanique et précipitation hydro-chimique dans des eaux d' une salure concentrée, comme la mer Morte et les marais salants. C' est pour cela que ces terrains contiennent du sel gemme, exploité dans les mines de Bex. On n' y a jamais trouvé de fossiles, mais leur âge est déterminé par leur superposition au terrain carbonifère, et leur infraposition au terrain liasique le plus ancien.

Ce terrain joue un rôle assez important dans notre champ d' excursion, surtout dans les parties basses.

a. Il forme d' abord une étroite bande qui limite les deux terrains précédents, et les sépare du reste de la région. Cette bande, partant des bains de Laveyr s' élève jusqu' à l' Haut, passe sous les Dents-de-Morcles et le Grand-Chavallard, et redescend par Lousine du côté de Saillon.

b. Il constitue toute la région salifere de Bex, Ollon, Gryon, etc., et se prolonge de là, par les cols de la Croix, Pillon, Krinnen, Truttlispass, jusqu' à la Lenk, formant la limite nord-ouest des Hautes-Alpes calcaires.

1E. Renevier.

c. Il affleure au pied des Diablerets et du Mont-Oond, dans le fond du val de Triqueu ou de la Lizerne.

d. Enfin on le retrouve dans la vallée du Rhône, aux environs de Charrat, Sion, Ayent, Saint-Léonard, etc.

4. Terrain liasique, composé de calcaires et de schistes foncés, en général plus ou moins fossilifères. 11 ne se rencontre guère dans la haute chaîne, mais seulement à son pourtour. Il forme un petit lambeau sous la Dent-de-Morcles, à Arbignon, dans le repli synclinal de la cornieule triasique; puis d' autres plus nombreux et plus étendus, disséminés au milieu du trias dans la région salifere. Il se continue jusqu' à la Lenk, où s' est retrouvé du rhétien fossilifère, c' est les plus anciennes couches liasiques, reposant sur la cornieule.

5. Terrain jurassique, formé de deux parties assez différentes, qui jouent l' une et l' autre un rôle important dans l' orographie de nos Alpes.

a. Le jurassique inférieur, plutôt schisteux ou calcaréo-schisteux et de couleur foncée, parfois aussi formé de calcaires grisâtres. Il est très étendu dans le massif de Chamossaire et la vallée de la Haute-Giyonne, ainsi que dans les alpages de Chamoson et de Leytron en Valais. Il apparaît également dans les voûtes rompues des chaînes du Mœveran, des Diablerets et du Mont-Gond, comme aussi au sud de la Lenk. Par places il est assez fossilifère.

b. Le jurassique supérieur, formé d' un calcaire compact grisâtre, prédomine presque partout sur le revers valaisan, du Grand-Chavallard jusque près de Louèche. Il se voit aussi aux environs de Morcles, dans le vallon de l' Avare, au pied sud des Diablerets, et aux environs de la Lenk. Malheureusement il est excessivement pauvre en fossiles.

6. Terrain néocomien. Celui-ci forme la masse constitutive essentielle des parties centrales et élevées, dans la grande chaîne calcaire, des Dents-de-Morcles jusqu' au Rawyl, et au delà. Les massifs des Diablerets et du Wildhorn en sont essentiellement formés. Il atteint une épaisseur considérable, accrue encore par les nombreux plissements qu' il a subis. Mais grâce à la nature variée de la roche, et à la présence déjà moins rare des fossiles, on peut reconnaître plus facilement les différents bancs qui le composent, et qui jouent chacun leur rôle orographique particulier.

a. Le NÉoooMiEN in commence par de grandes épaisseurs de schistes foncés, plus ou moins calcaires, ordinairement peu fossilifères, qui motivent des pentes moins abruptes, souvent gazonnées, généralement faciles à parcourir. Dans les Alpes vaudoises, je distingue au-dessus un fort banc calcaire compacte, gris-clair à la surface, mais foncé à la cassure, qui forme souvent des parois infranchissables, sauf par certains passages connus des guides, comme par exemple, celui nommé la Passiere, en dessous de Miet, au bas du glacier de Zanfleuron. Par-dessus vient une nouvelle assise schistoïde, brunâtre à l' extérieur, mais plus foncée à la cassure, dite néocomien brun, ou néocomien à Toxaster, d' après l' oursin bien connu Toxaster complanatus, qui y est parfois assez commun. Dans le massif des Diablerets, on voit aussi des calcaires glauconieux verdâtres, avec Belemnites, qui doivent appartenir à ce niveau.

9 b. Le néocomien supérieur comprend les étages urgonien, rhodanien et aptien, que j' ai pu reconnaître par leurs fossiles dans les Alpes vaudoises. Ils forment ensemble une masse importante de calcaires très compactes, qui joue au point de vue orographique un rôle essentiel. Le plus épais et le plus constant de ces trois étages est l' urgonien [Schrattenkalk/, dit aussi Calcaire à Rudistes, à cause de son fossile classique Requienia ammonia. Il est remarquable par sa blancheur, parfois éclatante, et forme entre autres l' arête d' Argentine ( Vaud ), qui lui doit son nom. Partout,, dans nos régions néocomiennes, il constitue des parois abruptes, des crêtes aiguës et autres saillies, qui arrêtent le clubiste, et le forcent à un grand détour, ou à une escalade dangereuse. C' est en effet une roche traître, très glissante, présentant peu d' aspérités, et sur laquelle il ne faut s' engager qu' avec grande précaution. Il forme souvent aussi de grandes surfaces de roc dénudé, creusées de profonds sillons par l' action erosive de l' eau, comme les lapiés de Miet et de Zanfleuron, découverts par la retraite du glacier, et le Lapié-aux-Bœufs, sous le Schlauchhorn, qui est évidemment un ancien fond de glacier.

Les deux autres étages manquent dans le massif des Diablerets, et probablement aussi dans celui du Wildhorn. Je les ai constatés en revanche dès les Dents-de-Morcles, au travers d' Argentine, jusqu' à Derborence. Le rhodanien se distingue par la teinte plus jaunâtre du calcaire, et souvent aussi par ses Orbitolines, qui font parfois saillie sur la roche comme de petites lentilles. U aptien est formé d' un calcaire plus foncé, grisâtre ou noirâtre, qui contient souvent de gros bivalves, comme au d' Argentine et à l' Ecuellaz.

7. Terrain crétacé moyen, comprenant le gault inférieur schistoïde, le gault supérieur calcaire, bran ou noirâtre, souvent bréchiforme, et l' étage rotomagien ou cénomanien inférieur, formé de calcaire compacte gris-blanc. Ce sont les terrains les plus fossilifères de nos Alpes; dans le seul gisement de Cheville, ils m' ont fourni près de 250 espèces, et peuvent rivaliser ainsi avec les gisements analogues du Jura et d' ailleurs. En revanche ces terrains n' ont qu' une très faible épaisseur, et un rôle orographique peu accusé. Ils sont fort importants toutefois comme horizon géologique, et ont contribué grandement à me faire reconnaître les plissements de ces montagnes. Le gault forme une mince bande, plus ou moins continue, des Dents-de-Morcles jusqu' à Cheville, tantôt normalement inclinée, tantôt verticale, tantôt renversée d' une manière plus ou moins absolue. M. le pasteur Ischer en a aussi retrouvé quelques lambaux dans les Alpes valaisannes, aux Audannes sous le Wildhorn, et à l' est du Rawyl. Le rotomagien n' a été constaté encore qu' à Cheville et dans le voisinage.

Après cela, retrait complet de la mer et grande laeune stratigraphique.

8. Terrain nummulitique, formé essentiellement de calcaires, extérieurement grisâtres, mais foncés à la cassure, et devenant schistoïdes à la partie supérieure. On les confondrait facilement avec les autres calcaires gris, jurassiques et néocomiens, mais la présence fré- quente, et souvent abondante, des Nummulites, l' en distingue facilement. A la base se trouvent parfois des couches marneuses noires, qui contiennent passablement de fossiles et spécialement le CerïthiumDiaboli. Ce terrain occupe à peu près la même étendue que l' urgonien, qu' il recouvre habituellement, avec ou sans intercalation des autres étages crétacés, plus récents. Il forme le centre de tous les replis synclinaux le long de la chaîne culminante, des Dents-de-Morcles jusqu' au delà du Rawyl, et n' est le plus ordinairement recouvert par aucun autre terrain ( cas de renversement exceptés ), sauf sur le bord septentrional de la chaîne.

9. Terrain du flysch, de nature généralement schisteuse ou arenacee, et très pauvre en fossiles. Ceux-ci se réduisent à quelques fucoïdes et dents de poissons encore plus rares. Il recouvre le nummulitique sur le bord nord-ouest de la chaîne, depuis la Grand-Vire jusqu' aux Plans-de-Frenière, et sur le revers nord des Diablerets, où il est représenté par le grès vert moucheté dit grès de Taveyannaz. Il joue un rôle beaucoup plus important en dehors des Hautes-Alpes calcaires, dans la zone des Ormonts et du Simmenthal.

Sur le bord septentrional de notre champ d' excur, il forme une partie des monts de Perche, la chaîne de Chaussy, celle de la Palette et du Studel-horn ( nord-ouest du Pillon ), le nord des Windspillen sur Lauenen, et enfin le massif du Güferhorn au nord du Truttlispass; il est ordinairement séparé des Hautes-Alpes calcaires par la bande triasique, précédemment indiquée.

10. Terrain erratique, composé de graviers et autres accumulations superficielles, qui se rencontrent, par lambaux plus ou moins importants, dispersés dans le fond de presque toutes les vallées des deux versants de la chaîne.

Cette indication sommaire de la constitution stratigraphique de notre région suffira, je pense, à la majorité des alpinistes. Ceux qui désireraient approfondir cette étude pourront recourir aux publications spéciales sur la matière, spécialement à mes divers travaux géologiques sur les Alpes vaudoises et bas-valaisannes, et à la notice publiée dans l' Annuaire de 1877/78 du S.A.C., par M. le pasteur Ischer: Blick in den Bau der westlichen Berner Alpen.

DESCRIPTION OKOGKAPHIQUE.

Passons maintenant en revue les divers chaînons compris dans le champ d' excursion, pour en indiquer les principaux caractères. Mais d' abord, rendons-nous bien compte de ce qui motive la forme et la direction des chaînons d' une région alpine.

La disposition de ces chaînons est déterminée par deux facteurs:

1° Le plissement des couches, qui a produit des rides parallèles, quelquefois un peu arquées, mais toujours passablement régulières.

2° Les érosions considérables, dues aux agents atmosphériques, et spécialement à l' action de l' eau courante, qui ont creusé de profondes vallées, tantôt dans le sens même du ridement, tantôt transversalement à celui-ci.

La direction des vallées et des chaînons qui les séparent, ainsi que les caractères orographiques de ceux-ci, dépendent de la combinaison de ces deux facteurs. Si les effets du plissement prédominent, les vallées et chaînons sont généralement longitudinaux et parallèles, comme dans le Jura, par exemple. Au contraire, la disposition transverse, plus ou moins oblique ou rayonnante des chaînons et des vallées, indique une action beaucoup plus intense ou prolongée des agents érosifs.

A ce point de vue, nous pouvons distinguer dans notre champ d' excursions deux régions différentes, correspondant à peu près aux domaines respectifs de nos deux sections du Club alpin suisse, Section des Diablerets et Section du Wildhorn, le versant valaisan se trouvant distribué entre les deux. Cette distinction n' a évidemment rien d' absolu, mais elle sera commode pour l' étude orographique que nous allons faire. La ligne de séparation, entre ces deux moitiés du champ d' excursion, couperait transversalement la chaîne des Hautes-Alpes calcaires, suivant le cours de la Lizerne, passant par l' Oldenhorn, et redescendant au nord sur le Pillon, le long de la frontière des cantons de Vaud et Berne, à peu près.

A. Section des Diablerets.

Moitié occidentale du champ d' excursion.

Cette section, désignée par son point culminant 3246 m, comprend essentiellement le temtoire vaudois, avec la partie adjacente du Bas-Valais.

Les chaînons et les vallées y sont disposés d' une manière assez irrégulière. Ils forment une sorte de rayonnement autour de quatre points principaux, qui offrent les quatre cimes les plus saillantes de la contrée: Diableret, Haut-de-Cry, Grand-Mœveran etDents-de-Morcles. Considérés dans leur ensemble, on pourrait aussi y reconnaître une sorte de divergence en patte d' oie, partant du massif des Diablerets, et s' étalant dans l' angle formé par le grand coude de la vallée

Cette disposition remarquable peut s' expliquer, en partie, par le voisinage des noyaux cristallins, qui rendent le ridement moins régulier, en le déviant un peu au sud. Mais elle me paraît due surtout aux circonstances de l' érosion. Les eaux, sollicitées également par les deux branches du Rhône, dans la direction du sud-est et dans celle du sud-ouest, ont divergé dans ces deux directions et creusé des vallées rayonnantes autour des quatre massifs susmentionnés. Ces vallées, dirigées dans tous les sens, coupent les plis ou rides orographiques dans diverses directions et motivent la grande variété d' aspect et le pittoresque de cette contrée.

Cette région est découpée du nord au sud de la manière suivante:

1. Chaînon de Chaussy — Palette, Vallée des Ormonts.

2. Massif de Chamossaire — Perche, Vallée de la Gryonne et col de la Croix.

3. Chaînon des Diablerets — Vents — Monts de Gryon, Vallée de l' Avançon d' Anzeindaz.

l. Chaînon d' Argentine — Savoleires, Vallées de Nant et de l' Avare.

5. Chaînon de Tête-Pegnat — Moeveran — Dents- de-Morcles, Vallée de Derbon et cols divers.

6. Massif du Grand-Chavallard et de Haut-de-Cryf Vallées du Rhône et de la Lizerne.

1. Chaînon de Chaussy.

Ce premier chaînon, qui limite au nord la vallée des Ormonts, étant en dehors des cartes au Vso ooo publiées cette fois, ne fait pas proprement partie du champ d' excursion de 1880/81. En conséquence, je ne le mentionne qu' en passant, et à titre de limite septentrionale.

Il est presque entièrement formé de roches aréna-cées ( grès et conglomérats ) et schisteuses, qui appartiennent au terrain du flysch, considéré généralement comme d' âge eocène récent. Quelques Fucoïdes, et autres algues marines, ont été trouvés dans les schistes près d' Aigremont et du Sépey. Au pied de la chaîne, au centre de la vallée des Ormonts, se voient des rochers calcaires, très probablement jurassiques, qui supportent la niasse du flysch.

Son peu d' élévation et la nature des roches qui le composent rendent ce chaînon partout facilement accessible. Ses sommets principaux sont de l' ouest à l' est ):

* ) Voir Echo des Alpes, 1870, pag. 179; 1878, pag. 182 et 257.

Dent-de-Chaussy2377 m La Paraz. 2552 m Là Tornette2543 m Tête-de-Moine2351 m Arnenhorn2216 m La Palette-du-Mont.... 2174 m L' arête qui les relie est très découpée et forme une multitude de cols et de saillies moins élevées. Toutes ces pointes ont une vue splendide sur le massif des Diablerets et ses glaciers, mais la Dent-de-Chaussy, qui se trouve à l' extrémité ouest du chaînon, est surtout recherchée pour sa vue étendue du côté de la plaine.

2. Massif de Chamossaire.

Eégion montagneuse plus élargie qu' un simple chaînon, faisant partie encore de la zone du flysch, comme la précédente, dont elle est séparée par la belle et large vallée des Ormonts, due essentiellement à l' éro. Ce massif est proprement formé de deux chaînons, qui se rejoignent au sud-ouest à Chamossaire, point culminant de 2118 m d' altitude, et au nord-est au Meilleret, 1941 m. L' espace intermédiaire, de forme ovalaire, est très irrégulièrement découpé de nombreux vallons, dans lesquels se trouvent plusieurs petits lacs, à bords très pittoresques, savoir: Lac de Bretaye, Lac noir, Lac des Chavonnes.

La moitié orientale de ce massif est encore essentiellement formée de flysch, sous forme de schistes noirs, de grès, et de brèche à gros blocs anguleux de granite et autres roches cristallines. Au Meilleret et à Encex* ) on y a trouvé des Nummulites. La moitié occidentale au contraire ne présente plus le flysch qu' à son pourtour est, nord et ouest. Tout le centre, c'est-à-dire la région des lacs, avec les sommets environnants de Chamossaire, de la Chaux-ronde de Conche 2027 m, etc., est formé de calcaire jurassique inférieur, disposé en voûte irrégulière. Dans le fond des vallons intérieurs de Conche, de Bretaye, etc., on voit affleurer enfin les schistes noirs du lias supérieur, par suite de rupture et d' érosion de la voûte calcaire.

Sur le revers sud de la Chaux-ronde et le revers ouest de Chamossaire; la voûte est encore plus profondément rompue et laisse voir, depuis les chalets d' Encex jusqu' au pied même de Chamossaire, une étroite bande semi-circulaire de cornieule triasique, qui perce les schistes noirs liasiques.

A part quelques parois calcaires abruptes, tout ce massif est d' un accès très facile. Chamossaire surtout est recherché pour sa vue étendue.

La vallée de la Haute-Gryonne est formée de nouveau en grande partie de jurassique inférieur, parfois fossilifère, mais disparaissant le plus souvent sous les amas de graviers erratiques. Le cours inférieur de la Gryonne, au contraire, a creusé son lit au milieu des gypses triasiques, présentant par-ci par-là des lambeaux de lias fossilifère. C' est là que se trouvent les mines de sel de Bex, dont les trois principales galeries débouchent dans la vallée inférieure de la Gryonne, au Fondement supérieur, au Coulât, et au Bouillet. Elles mérifent bien une visite, quoique l' al aime mieux s' élever sur les hauteurs que pénétrer dans les entrailles de la terre.

Ces gypses, recouverts dans la Haute-Gryonne par le jurassique et l' erratique, réapparaissent aux environs de Coufin, pour former avec les cornieules, qui les accompagnent toujours, la longue bande triasique des cols de la Croix, du Pillon, etc., limitant au nord-ouest la chaîne des Hautes-Alpes calcaires. Le clubiste visitera avec intérêt les remarquables aiguilles de gypse du col de la Croix, ou celles du Pillon, qui se voient de très loin en blanches pyramides, et sont dues à l' érosion si facile des gypses par les eaux de pluie. S' il tente l' ascension de quelques-unes de ces pyramides, il y rencontrera, en petit, des difficultés analogues à celles des plus hauts sommets. Il fera bien de ne pas s' y engager imprudemment, de peur de rouler au fond des entonnoirs, souvent assez profonds, qui séparent ces aiguilles, et d' où il ne serait pas aisé de sortir.

3. Chaînon des Diablerets.

Le massif des Diablerets, beaucoup plus large à l' est, se rétrécit de plus en plus à l' ouest, et aboutit à l' arête aiguë des Rochers-du-Vent, entre Taveyannaz et Solalex. De là, le chaînon s' abaisse graduellement en croupes arrondies, par les monts de Gryon, jusqu' au Montet 692 m, au-dessus de Bex, qui en forme l' ex ouest. Compris ainsi entre la Gryonne et l' Avançon, ce chaînon est bien plus allongé que les précédents, et dévie déjà un peu plus au sud. Il est obliquement transversal aux ridements orographiques,, ce qui permet de voir, dans la paroi sud des Diablerets, une série de plis synclinaux et anticlinaux d' une remarquable netteté, et si " fortement déjetés au nord-ouest, que les couches y sont souvent entièrement renversées. Il en résulte une structure géologique excessivement compliquée, qui n' est point encore entièrement débrouillée, mais qui montre avec la dernière évidence le rôle considérable et prédominant qu' ont joué les plissements du sol dans la formation de nos-Alpes.

Toute la partie basse de ce chaînon est formée de gypse et de cornieule, avec quelques lambeaux de lias calcaire ou schisteux, contenus dans les plis synclinaux du trias. Elle fait ainsi partie de notre région salifere de Bex. Elle offre peu d' attraits au clubiste, qui la traverse en général rapidement, pour allei-chercher un gîte à Gryon ou à Anzeindaz, en vue d' ascensions plus dignes de lui. J' y signalerai toutefois comme curiosités naturelles:

a. Les beaux blocs erratiques des Devens, derrière le Montet, et entre autres les deux plus remarquables, signalés et décrits par de Charpentier sous les noms de Pierrabessa et Bloc monstre ( cube 4300 m environ ). L' un et l' autre sont des blocs calcaires provenant des Alpes vaudoises, par l' ancien glacier de l' Avançon. De nombreux autres blocs, de roches cristallines, mais de dimensions moindres, sont provenus du Valais par l' ancien glacier du Khône.

b. Le soufre natif, qu' on trouve disséminé dans le gypse de la paroi de Sublin, près du Bévieux.

e. Les nombreux entonnoirs, qui se trouvent presque partout sur les monts de Gryon, et qui résultent des érosions du gypse. Quelques-uns atteignent des dimensions considérables, en Lederrey, en Plan-Sepey, etc. La surface du sol étant souvent formée de graviers, ils font connaître l' existence d' un sous-sol gypseux. .'Au delà du col de la Barboleusaz, le chaînon s' élève assez rapidement. Sous un revêtement général de graviers erratiques, qui donne lieu aux ravines de la Gryonne et de l' Avançon, on voit apparaître les calcaires du jurassique inférieur, reposant sur les schistes noirs du lias supérieur et sur la cornieule. Le gypse n' y est plus qu' exceptionnel. Enfin, on atteiat ies Kochers-du-Vent, qui sont formés principalement

Après Le Coin à l' est, le chaînon présente une profonde entaille, dite le Nant-Noir, droit à côté de laquelle existe un passage qui permet de traverser du fond de Coufin à Solalex. C' est là que commencent à proprement parler les rochers des Diablerets, qui sont formés essentiellement des terrains néocomiens, présentant des replis très compliqués, visibles surtout %la paroi sud.

Leurs premières sommités à l' ouest sont les Pointes-de-Chdtillon 2377 m, qui n' ont pas été gravies, que je sache, et n' en valent guère la peine. Puis, après une longue arête déchiquetée, vient le Signal-de-Cu-lant 2798 m, sur lequel se trouve un Steinmœnnli ( Château à Muller ). Un peu à l' est et en avant se trouve la d' Enfer 2769 m, dominant Anzeindaz, et séparée du sommet précédent par le d' Enfer.

Après une arête de quelque longueur, presque horizontale, qui borde le glacier de Culant, vient une troisième sommité de 3043 m, nommée du côté d' An Pointe-de-la-Houille, et aux Ormonts Tête-ronde. Sous celle-ci, au versant sud, se voit le magnifique repli synclinal déjeté, dont le centre est formé de terrain nummulitique, et qui est devenu classique depuis les travaux d' Alex. Brongniart en 1821. C' est là que se trouve le gisement de fossiles si souvent cité, au-dessus d' un petit banc ^anthracite eocène, qu' on avait une fois tenté d' exploiter, de là le nom de Pointe-de-la-Houille. Le sommet de 3043™ est formé de néocomien moyen, renversé par-dessus l' urgonien et le nummulitique; les couches s' abaissent à l' est jusqu' au petit col, au delà duquel s' élève la grande tête carrée ou la Mitre 3217™—3201 m, surmontée par le point culminant neigeux 3246 m, dit le Diableret. Cette tête carrée est formée de calcaire urgonien, en position normale, avec un petit lambeau de nummulitique au sommet. C' est là que commence le grand glacier qui aboutit au Zanfleuron. Plus au nord-est se détache au milieu du glacier une nouvelle sommité de 303 6 m, à partir de laquelle l' arête urgonienne s' abaisse graduellement vers l' est et ne présente plus d' autres saillies que la petite dent nummulitique dite Tour-de-Saint-Martin ou Quille-des-Diablerets 2913™, qui domine le creux de Vozé et les fameux éboulements.

On peut faire l' ascension des Diablerets de différents côtés, mais, à moins de les connaître déjà bien, il faut toujours prendre un guide de la contrée.

a. D' Anzeindaz, on attaque la paroi sud, en s' éle d' abord jusqu' à la pointe du cône gazonné dit Loëx-Tortay. tDe là, on grimpe la paroi de rochers, en traversant l' extrémité est du repli urgonien; puis on arrive à l' est du petit col 2941 m, entre les deux cimes 3043 m et 3217 m, qu' on peut ascender l' une ou l' autre à choix. On arrive très aisément à la Pointe-de-la-Houille en suivant l' arête à l' ouest, au bord du glacier, et s' élevant graduellement sur le dos des couches. Pour atteindre la cime principale, le Diableret, il faut monter à l' est dans les éboulis, jusque sous la paroi verticale de calcaire urgonien, dont on suivra quelque temps le pied. On ne peut traverser celle-ci que par le passage dit le Pas-du-lustre* ), qui est à peu près droit sous la cime, et dont la traversée a été facilitée par les chevilles de fer que la section des Diablerets y a fait assujettir en 1864. Une fois la paroi traversée, on retourne à l' est reprendre l' arête, pour la suivre jusqu' au sommet. C' est notre plus belle ascension des Alpes vaudoises; elle n' est pas très difficile, beaucoup de dames l' ont faite; toutefois il faut déjà avoir bonne tête et le pied montagnard.

b. D' Anzeindaz encore, on peut s' élever par le Vélard et la Loëx-à-Jaques-Grept, jusqu' à la paroi de rochers, et au travers de celle-ci jusqu' aux deux tiers environ de sa hauteur. Si l'on tire à droite ( est ) et qu' on traverse un certain couloir sous la Pointe-de-la-Houille, dont de Charpentier avait une sainte frayeur, on arrive au gisement d' anthracite et de fossiles, dans le repli synclinal nummulitique. De là, en déviant encore un peu à l' est, on peut traversei-la paroi urgonienne renversée, et revenir à l' ouest jusqu' au sommet de 3043 m. Si au contraire on tire à gauche, on suit à peu près la tranche des couches, et aboutit à l' arête près de l' endroit où finit le banc urgonien. De là on peut monter facilement au Signal-de-Culant, à l' ouest, ou se diriger à l' est sur les glaciers du revers nord, ou enfin descendre au nord, visiter la Barme, grotte où couchent parfois les chasseurs de chamois, et rejoindre de là le passage de Borne, dont il sera question plus loin.

On assure que quelques chasseurs sont montés au Signal-de-Culant par le d' Enfer, mais cela me paraît bien difficile.

c. De Coufin ou de Taveyannaz, j' ai fait l' ascen du Signal-de-Culant par la montagne de Châtillon, en venant prendre l' arête un peu à l' est des Pointes-de-Châtillon, et suivant presque constamment celle-ci jusqu' au sommet.

d. De la d' Arpille et des Ormonts, on peut faire l' ascension par le cirque de Culant, en attaquant la paroi de rochers au-dessus de la Daille.Vers le haut de cette paroi on aboutit à un banc de calcaire urgonien, qu' il faut traverser par une cheminée dite la Borne* ). Au-dessus se trouve un petit lambeau nummulitique 2470 m. De là on suit l' arête transversale, qui s' élève au sud et aboutit au Signal-de-Culant. On peut de là, avec quelques détours et difficultés, rejoindre les autres cimes.

e. Des Ormonts ont fait l' ascension du sommet principal des Diablerets par trois voies différentes. D' abord par le Creux-de-Champ et Pierredar, d' où l'on s' élève par les rochers très escarpés des Barmes-rousses et traverse le Mauvais-glacier, jusqu' à l' abri taillé dans le roc au pied de la paroi urgonienne, un peu au-dessus du col 2941 m. De là, en suivant le pied de cette paroi, on arrive au Pas-du-lustre, etBerg- u. Gletscher fahr ten, 1863, pag. 176.

3 enfin au sommet comme dans l' ascension a. M. E. Busset m' indique une variante: Arrivé au commencement de la Vire-Bernus, au lieu de la suivre et de contourner par le Pas-du-lustre, on peut monter directement dans les rochers, et on arrive sur l' arête à quelques minutes du sommet. Le seul point difficile serait vers les deux tiers de la grimpée, où il faut faire la courte-échelle et se servir de la corde, pour escalader 2 à 3 mètres de rocher presque complètement uni.

f. Du Creux-de-Champ on peut aussi monter au Prapioz, et de là par le glacier de Prapioz sur le glacier de Zanfleuron, pour continuer par la voie g.

g. La troisième voie depuis les Ormonts est bien plus longue, mais moins difficile. Elle contourne le Sex-rouge, par Pillon. On s' engage dans les rochers-un peu au-dessus des Chalets, s' élève jusqu' au Dard-dessus et Entrelareille 2533 m pour atteindre de là le glacier du Sex-rouge, comme cela est marqué sur la nouvelle carte du champ d' excursion. Dès lors on ne quitte plus les glaciers ou les névés jusqu' à la cime de 3246 m, traversant le haut du glacier de Zanfleuron jusque vers le sommet 3036™, et de là le glacier du Diableret dans toute sa longueur.

h. Du Châtelet /Gsteig/, il y a également deux voies d' accès au Diableret. La première, plus courte, par La Ruche [Reusch] et la vallée d' Audon ( Olden-alp/ 1874 m, d' où l'on grimpe au glacier d' Audon, et rejoint la voie précédente au travers du glacier de Zanfleuron.

i. La seconde voie d' accès dès Gsteig est la plus longue, mais la plus facile de toutes. On suit le chemin du Sanetsch jusqu' à la Grand'-Croix 2221 m, d' où l'on atteint facilement la pointe inférieure du glacier de Zanfleuron, qu' on traverse alors dans toute sa longueur.

k. De Sion on peut remonter la vallée de la Morge, et rejoindre la voie précédente par le col du Sanetsch 2234 m, ou mieux encore, on peut rejoindre la voie l par le chemin neuf d' Aven.

l. Enfin, de Derborence et des Eboulements, on remonte la Lizerne presque jusqu' à son origine, en passant par La Luys. On s' élève aux chalets de Met par la Passiere, passage dit aussi le Porteur-du-bois, et de là par les lapiés jusqu' au glacier de Zan fleuron, dont on suit le bord sud, en passant près de la Tour-de-Saint-Martin 2913 m, pour traverser ensuite le glacier du Diableret, jusqu' à la cime 3246 m. On peut aussi aboutir au glacier de Zanfleuron par un couloir qui monte directement du haut des pâturages de Fenage 1814 m, jusqu' au glacier, un peu à l' est de la Tour-de-Saint-Martin.

Le plus intéressant est de faire la montée par Anzeindaz ou Pierredar, et de redescendre par l' une ou l' autre des voies qui traversent le glacier de Zanfleuron.

Ce chaînon des Diablerets est séparé des suivants par la grande vallée de l' Avançon, la plus importante de cette section, qui s' élève de Bex 430 m, à Anzeindaz et au Pas-de-Cheville 2035 m. Cette grande dépression se prolonge encore plus à l' est dans la région des éboulements et de la Haute-Lizerne, et joue ainsi un rôle orographique considérable. A en juger par la majestueuse paroi des Diablerets, qui la borde dans toute sa partie haute, elle est due en bonne partie aux plissements du sol, ce qui explique sa direction plus ou moins parallèle aux plis. Toutefois, les érosions ont dû contribuer aussi pour une bonne part à sa formation. Elles ont rongé profondément les terrains néocomiens et mis à nu le jurassique et le trias sous-jacents, d' une part à l' ouest aux environs de Gryon 1107 m, d' autre part à l' est, à Vozé 1836 m, au pied de la paroi des Diablerets.

4. Chaînon d' Argentine.

Au point de vue géologique, cette quatrième arête saillante n' est qu' une portion détachée de la grande chaîne de Mœveran; mais topographiquement, elle en est séparée par les deux vallées contiguës de Nant et de l' Avare ), dues l' une et l' autre essentiellement à l' érosion. Virtuellement il y a une continuité parfaite des couches, à droite et à gauche de ces vallées, et la continuité devient réelle aux deux extrémités de cette dépression, au col des Essets au nord-est et aux Martinets au sud-ouest.

Ce chaînon, le plus intéressant de tous par ses dispositions orographiques et la netteté de sa série stratigraphique, court du sud-ouest au nord-est, exactement dans l' alignement des plis anticlinaux et dans la direction générale de la chaîne. Il est coupé en deux tronçons presque égaux par la branche gauche de l' Avançon, dite YAvançon des Plans, qui rassemble les eaux des deux vallées continguës susmentionnées, et les conduit au travers d' une véritable cluse, de Pont-de-Nant aux Plans et à Frenière.

Le côté nord-ouest du chaînon est formé d' une large bande néocomienne à fades alpin, contre laquelle sont adossés, ou même renversés les terrains crétacés et nummulitiques qui constituent l' arête principale de ces deux tronçons. Cette bande néocomienne, qui forme le contrefort, soit la base nord-ouest, de la montagne, est séparée de l' arête par une longue faille continue et ondulée, qui traverse les vallons de Javernaz, d' Eusannaz * ), des Plans, du Cheval-blanc, suit le versant nord-ouest d' Argentine, et se continue par les Filasses jusqu' à Cheville. La zone néocomienne, calcaréo-schisteuse et parfois fossilifère, comprend une série de sommets modestes, visités souvent par les touristes: la Quille 1496 m, 1' Oulivaz 1485 m, Croix-de-Javernaz 2106 m, Grand-Châtillon 1847 m, Sex-à-VAigle 1582 m, Mont-de-Bovonnaz 1950 m, le Châtelet 1833 m,Tête-de-Méruet 1937 d' Anzeindaz 2177 m, les Hauts-Cropts 2107 m. Cette zone disparaît un peu au delà de Cheville sous les éboulements des Diablerets.

Le tronçon occidental de l' arête, dont les points culminants sont la Pointe-des-Martinets 2650 m et la Pointe-des-Savoleires 2307 m, est formé de couches assez uniformément et faiblement inclinées ( environ 15° ) dans la direction du chaînon, mais absolument renversées, de sorte que les plus récentes sont dessous. A l' origine du glacier des Martinets, là où ce chaînon se sépare des Dents-de-Morcles, il est entièrement formé de terrain nummulitique assez fossilifère, qui repose sur le flysch. Aux Perriblancs-des-Martinets 2590 m, ce nummulitique est recouvert par un lambeau de calcaire urgonien, qui motive le nom de Perriblanc ( pierrier blanc ). Mais ce n' est qu' à la Dent-rouge 2234 m que commence la série continue des terrains crétacés renversés. Cette petite dent, effectivement rouge, tire son nom des couches du gault et de l' aptien, qui reposent sur le nummulitique et sont recouvertes elles-mêmes par le rhodanien à Orbitolines. Par-dessus vient le calcaire blanc urgonien, qui forme une paroi abrupte à la base des rocs de Savoleires et descend en éeharpe jusqu' à Pont-de-Nant. Enfin, le haut de la Pointe-des-Savoleires est composé de néocomien inférieur, qui descend par la montagne de Senglioz jusqu' à la cluse de l' Avançon.

Ici l' intérêt scientifique prédomine, car on a rarement l' occasion de rencontrer un renversement de terrains aussi complet et se poursuivant régulièrement sur une pareille étendue. Les ascensions, en revanche, sont relativement faciles et peu rémunératrices, vu la faible altitude des sommets. On franchit cette arête par deux passages principaux, ceux des Martinets et du col de Dent-rouge.

On aboutit à l' est des Martinets, depuis l' Haut 1750m, ou la Rosseline 1680™, en escaladant directement les rochers escarpés de flysch et de nummulitique; on y arrive plus facilement encore depuis Javernaz, par le passage dit la Vire-au-Bœuf, qui traverse les mêmes terrains. La descente se fait très facilement sur le fond de la vallée de Nant, en suivant la moraine latérale gauche du glacier des Martinets.

Le passage de la Dent-rouge est moins élevé et beaucoup plus facile. On monte aisément d' Eusannaz au petit col 2136 m par des pentes en partie gazonnées, pour redescendre sans difficultés par des éboulis sur La Chaux 1782 m, et de là sur Nant.

On suit aussi facilement l' arête de l' un à l' autre de ces passages, en évitant le lambeau urgonien.

Quant à l' ascension des Savoleires, 2307 m, elle se fait aisément par la montagne de Senglioz, en suivant le dos des couches néocomiennes, mais on peut aussi escalader la paroi urgonienne depuis le col de Dent-rouge 2136 m.

Le tronçon oriental comprend le Berthex 1730 m, les Nombrieux 1870m, Surchamp 1970m et l' Argentine proprement dite, avec ses trois pointes: le d' Ar 2222 m, la Cime 2382 m et la Haute-Cordaz 2333 m. La disposition des couches y est beaucoup moins régulière, beaucoup plus tourmentée, mais pas moins intéressante. Ce sont toujours les mêmes terrains nummulitique et crétacés, parfois assez fossilifères, mais tantôt renversés, tantôt verticaux, tantôt dans l' ordre stratigraphique normal. Le ploiement des couches est surtout net au pâturage de Surchamp, qui forme le centre d' un pli synclinal fortement déjeté. Là le terrain nummulitique, généralement gazonné, forme comme un coin entre deux parois urgoniennes, reliées en charnière dans le bas de Surchamp, l' une normale qui domine le Richard, l' autre renversée qui domine Surchamp et forme le d' Argentine. En longeant la d' Argentine, qui fait saillie sous le Lion, on suit constamment le contact des terrains tertiaires et crétacés, renversés.

L' arête d' Argentine, elle-même formée essentiellement de calcaire urgonien, présente un exemple remarquable de torsion hélicoïde des couches. Renversés à l' extrémité sud-ouest au d' Argentine, les bancs sont verticaux dans le milieu du chaînon, et disposés normalement à l' extrémité nord-est, à la Cordaz 2152 m, où leur inclinaison est relativement peu forte. C' est un peu plus loin, au col des Essets 2039 m, que le chaînon vient se confondre de nouveau avec la chaîne principale.

L' ascension des sommets d' Argentine présentera déjà plus d' intérêt aux clubistes, soit à cause des difficultés à vaincre, soit à cause de la vue. Celle du Lion est relativement facile depuis le vallon de l' Avare, mais gare les glissades sur les pentes lisses du roc urgonien. L' ascension paraît impossible du côté opposé, mais on a réussi cependant à escalader cette paroi presque verticale qui domine le Perriblanc-de-Bovonnaz; une seule place est réellement difficile, m' écrit M. Held, l' ingénieur.

L' ascension de la cime médiane doit être assez difficile. Elle a lieu également par le revers sud-est.

Quant à la Haute-Cordaz, elle est facilement accessible en suivant l' arête depuis la Cordaz, mais elle n' a d' intérêt que comme exploration géologique. Suivre l' arête dans toute sa longueur est impossible.

5. Chaînon dn Mœyeran.

Ce Chaînon constitue l' arête principale des Hautes-Alpes calcaires, depuis la vallée transversale du Rhône jusqu' à l' approche des Diablerets. Sa ligne de faîte forme d' un bout à l' autre la frontière entre les cantons de Vaud et Valais. C' est une chaîne très accidentée, franchement alignée du sud-ouest au nord-est, dans la direction générale du plissement.

Les sommets principaux sont du sud-ouest au nord-est:

Dent-de-Morcles ( Grande dent ). 2980 m Dent-au-Favre2927 m Grand-Mœveran3061 m Tête-à-Pierre-Grept2910 m Tête-Pegnat2593 m A l' inverse des deux chaînons précédents, celui-ci ne présente les terrains eocène et crétacés qu' à ses deux extrémités, et toute la partie centrale de l' arête est formée principalement de calcaires jurassiques.

L' extrémité sud-ouest de la chaîne présente la série des terrains dans l' ordre renversé, formant un pli synclinal fortement déjeté au nord-ouest, dont la branche supérieure constitue les Dents-de-Morcles. J' en ai représenté la coupe géologique dans le numéro de mai 1877 des Archives des sciences de Genève.

Au-dessus des terrains métamorphiques qui bordent le Rhône, on trouve à Arbignon le terrain houiller, avec des empreintes de fougères, puis une bande de cornieule triasique, surmontée d' un petit lambeau liasique et de la belle paroi jurassique de Ballacrêtaz, infranchissable sauf à ses deux extrémités. A la partie supérieure de cette paroi j' ai constaté le calcaire mimmulitique, recouvert par tes grès et schistes du flysch, plus ou moins gazonnés, mais contournant ceux-ci par le Sex-Trembloz, de façon à se renverser sur eux pour former la base des rocs de Mordes, parcourue par le passage de la Grand-vire. Au-dessus se trouve la série crétacée renversée: gault, aptien, rhodanien, urgonien et néocomien inférieur. Le roc urgonien forme le sommet de la Petite-Dent 2939 m, dans la paroi de laquelle on remarque un petit repli adventif en zigzag. La Grande-Dent, plus haute et plus en arrière, est formée de néocomien moyen, tandis que la Tête-noire 2885 m, encore plus en arrière, tire son nom de la couleur foncée des schistes néocomiens inférieurs qui la constituent.

Tous ces terrains renversés ont une faible inclinaison au nord-est, et se continuent ainsi jusqu' au pied du Grand-Mœveran, de sorte que le banc urgonien de la petite Dent-de-Morcles écharpe toute la paroi qui domine la vallée de Nant, et vient s' en sous les alluvions, à Pont-de-Nant. Le fond de la vallée est ainsi presque entièrement nummulitique.

A la Dent-au-Favre 2927 m, commence le calcaire jurassique supérieur, grisâtre, qui recouvre les schistes néocomiens. Il est recouvert à son tour par les schistes oxfordiens à petites Ammonites pyriteuses, et à Bé-lemnites tronçonnées qui constituent les cols de Bougnonnaz 2631 m, Aufallaz 2515 m et Saules 2599 m, tandis que les sommets qui les séparent, Pointe d' Aufallaz 2735 m et Petit-Mœveran 2820 m, sont de nouveau formés de calcaire jurassique supérieur, mais cette fois en stratification normale, recouvrant l' ox. C' est le commencement de la branche supérieure du pli anticlinal.

La masse colossale du Grand-Mœveran 3061 m, est formée d' une succession de semblables plis déjetés, qui se terminent au sommet par le calcaire jurassique. Celui-ci forme dès lors toute l' arête, le Pacheu 2803 m, Tête-à-Pierre-Grept 2910 m, etc., ainsi que le Sex-Percia 2570 m et la Dent-de-Chamosenze 2727 m, comprenant dans ses dépressions les cinq petits glaciers précédemment cités.

Au nord de ceux-ci, la stratification redevient normale et moins tourmentée. Le petit massif qui torde au nord-ouest le glacier de Paneyrossaz nous offre de nouveau les terrains crétacés normalement superposés au jurassique supérieur. Le Col-des-€hamois 2666 m, en haut de Paneyrossaz, est formé de schistes néocomiens inférieurs; le rocher pointu voisin, dit Pierre-Cabotz 2741 m, de calcaire gris néocomien moyen; le creux des Branlettes et le bas de Paneyrossaz 2291 m, de néocomien brun à Toxaster, surmonté par la paroi de calcaire urgonien qui supporte l' Ecuellaz 2363 m. Ici nous retrouvons la zone crétacée et nummulitique d' Argentine, qui rejoint la chaîne principale par le col des Essets, en forme toute l' extrémité nord-est, Tête-de-Bellaluex 2610 m, Tête-à-Gros-Jean 2612 m, Tête-Pegnat 2593ra, et s' abaisse par les lapiés de Cheville jusqu' au lac de Derborence 1432 m, toujours en stratification normale.

Le gisement de Cheville, si riche en fossiles du gault, est situé vers le bas du lapié, un peu au-dessus des chalets supérieurs. On peut passer de là à l' Ecuellaz en suivant la tranche des couches, plus ou moins verticales; c' est le passage de la Vire-aux-chèvres. A l' Ecuellaz l' affleurement du gault forme un grand lacet; les couches sont renversées sur les-flancs de la chaîne ( Bellaluex, etc. ), mais normales, un peu plus bas du côté des Essets. C' est à peu près la même disposition qu' à Surchamp, avec le nummulitique aussi dans la synclinale.

Je n' ai point voulu interrompre cette description orographique de la grande chaîne pour indiquer les principales ascensions à faire. J' y reviens maintenant.

La Dent-de-Morcles -2980 m peut être atteinte par trois voies principales, qui aboutissent toutes à une dernière grimpée par le côté sud-est. Il s' agit ici de la Grande-Dent, qui est facilement accessible; la petite est beaucoup plus ardue et a été bien rarement escaladée.

a. De Nant, on va rejoindre la moraine latérale nord du glacier des Martinets, qu' on suit jusqu' au col 2626 m, à l' entrée de la Grand-vire. Celle-ci est un passage presque de niveau sur les flancs ouest et sud-ouest du massif, lequel suit à peu près l' affleure nummulitique, et débouche du côté de Fully, en arrière du Sex-Trembloz. On traverse la paroi urgonienne presque à la sortie du passage, puis on prend à dos les couches néocomiennes du versant sud-est, sur lesquelles on s' élève jusqu' au sommet. On peut abréger par le Nant-rouge, sorte de cheminée ou couloir, qui prend vers le milieu de la Grand-vire, et s' élève directement au travers de la paroi urgo-menne, pour rejoindre la voie ordinaire à une certaine distance du sommet. Ce passage ne présente pas de difficultés sérieuses; il a été souvent pratiqué par des dames.

b. De Mordes, on s' élève par l' Haut 1750m et la Riondaz 2169 m, pour rejoindre la Grand-vire un peu avant le Nant-rouge; et l'on continue par l' une ou l' autre des deux voies ci-dessus.

c. De Fully, on gravit par une rude montée qu' aux alpages de Fully 2056 m, puis, longeant tout ce beau vallon carbonifère, qui contient plusieurs petits lacs, on traverse le nummulitique et l' urgonien renversés, pour arriver à un cirque supérieur neocomien, Grand-Coor 2649 m, où se trouvent aussi quelques lagots, et terminer son ascension par le côté sud-est, comme dans les cas précédents.

La Dent-au-Favre 2927 m est d' un accès facile du côté valaisan; on y arrive de Saillon ou Leytron par Ovronnaz 1361 m et Bougnonnaz 1816 m, d' où l'on monte facilement au Creux-de-Bougnonnaz. De là on s' élève aisément jusqu' au sommet par la face est de la pyramide calcaire, qui présente le dos des « ouches jurassiques; on choisit de préférence l' une ou l' autre des deux arêtes nord-est ou sud-est. Du côté vaudois, l' ascension est moins facile et surtout moins directe. Il faut toujours revenir prendre la Dent par derrière, comme dans le cas précédent, soit qu' on vienne de Frête-de-Sailles 2599 m ( voir ci-après ), en suivant les schistes oxfordiens de l' arête, ce qui n' est ItiE. Benevier.

pas difficile; soit qu' on s' élève directement depuis Nant 1512 m, par le passage assez croustilleux de Vire-Lonzette, corniche oblique de schistes néocomiens inférieurs, passant sous les parois calcaires de la Dent, et aboutissant vers le Col-de-la-Loëx 2613™.

Le Grand-Mœveran 3061 m offre une ascension plus difficile, que les dames font rarement. Les quatre voies d' accès ordinaires aboutissent toutes aussi à une dernière escalade de la paroi sud, qu' on gravit en écharpe de l' est à l' ouest.

a. De Pont-de-Nant 1253 m, on s' élève par les. pâturages de la Larze jusqu' à la base des rocs, qu' on traverse du nord au sud par une série de vires, qu' au col de Frête-de-Sailles 2599 m, entre le grand et le petit Mœveran. On se trouve là dans les schistes oxfordiens à Ammonites pyriteuses. On redescend du côté opposé dans le fond du Plan-Salenze, pour remonter à l' est la Crettaz-Morez, et escalader en écharpe la paroi sud du Grand-Mœveran.

b. De Nant 1512 m, on peut s' élever directement par le passage de la Tour, qui n' est pas difficile, mais rapide, et rejoindre la voie précédente un peu en dessous de Frête-de-Sailles, au point 2292 m.

c. De Leytron en Valais, on monte par Ovronnaz 1361 m au chalet de Saules 1800 m, et de là par Plan-Coppel au Plan-Salenze, où l'on rejoint les deux itinéraires précédents.

d. Enfin, de Chamoson 649 m, on s' élève doucement par Louze 1731 m et Chamosenze 1920 m, pour remonter laLosenze jusque vers sa source, où l'on rejoint la voie a. On peut aussi suivre le même chemin depuis Leytron.

e. A partir de Pont-de-Nant il existe une cinquième voie beaucoup plus difficile, et qui n' est suivie que par quelques chasseurs. On s' élève par le glacier des Outans jusqu' à la base des rocs de la face nord-est 2542™, puis on gravit en écharpe jusqu' au sommet, par la Vire-au-Régent. Ce passage doit être très difficile et il ne faut pas l' entreprendre sans un bon guide, et sans être soi-même un alpiniste consommé.

La Tête-à-Pierre-Grept 2910 m est aussi une ascension difficile, qui ne se fait que par un seul passage, qu' il faut connaître pour le trouver. De Pont-de-Nant ou de l' Avare, on s' élève par Herberuet jusqu' au Col-des-chamois 2666 m, au haut du glacier de Paneyrossaz. Là commencent les difficultés; on gravit d' abord directement les rochers calcaires, puis on dévie à droite par-dessous la Tête, pour atteindre l' arête sud-ouest, et la suivre en sens inverse qu' au sommet.

J' indiquerai encore quelques passages qui permettent de traverser la chaîne. Deux d' entre eux ont été déjà mentionnés à propos des ascensions, celui de Vire-Lonzette ou du Col-de-la-Loëx, assez difficile, et celui de Frête-de-Sailles, beaucoup plus aisé et fréquenté.

Le passage du Pacheu est peu connu. On monte de Pont-de-Nant par le glacier des Outans ( Plan-Névé ouest ), ou de l' Avare par celui de Herberuet ( Plan-Névé est ). Vers le haut de celui-ci, on s' en dans un couloir sous la Tête-du-Pacheu 2803 m, qui permet d' atteindre l' arête et de redescendre sur le glacier de Tita-neire. De là on suit la vallée sur Derbon et Derborence, ou l'on remonte depuis le Plan-des-Fosses jusqu' au Pont-de-Derbon en Forclaz, pour redescendre sur Chamosenze.

Le passage de Bellaluex est pratiqué aussi quelquefois par les chasseurs. On y arrive de l' Avare ou d' Anzeindaz par le bas du glacier de Paneyrossaz, d' où on s' élève dans les schistes néocomiens, entre la Tête-de-Bellaluex et l' arête jurassique, vers la cote 2771 m, pour redescendre par Luex-Zarnoz sur Derbon et Derborence.

Au nord-est de ce passage l' arête est constamment formée de schistes néocomiens, qui permettent de circuler partout sans passage spécial. On peut la traverser facilement depuis Anzeindaz et l' Ecuellaz, par le Creux-de-Tête-à-Gros-Jean ou par le Creux-de-Tête-Pegnat, et à plus forte raison en contournant Tête-Pegnat au nord-est, par la Vire-aux-chèvres et le lapié de Cheville.

La vallée de Derbon, qui borde la chaîne dans sa partie septentrionale et la sépare du massif de Haut-de-Cry, est une vallée synclinale assez régulière. En remontant le cours de la Derbonère depuis le lac de Derborence 1432 m, le thalweg est formé de nummulitique jusque près de Derbon 1756 m, d' urgonien qu' à quelque distance des chalets, de néocomien moyen jusque plus haut que Silong 1894 m, puis de schistes néocomiens inférieurs jusqu' en dessous du Plan-des-Fosses 2490 m, où l'on atteint le calcaire jurassique. Au Pont-de-Derbon 2500 m, se trouve enfin l' oxfordien schisteux, qui forme le lit du glacier de la Forclaz, mais ce n' est plus sur la ligne synclinale, qui reste néocomienne, et se dirige plus à l' est contre le Zeriet 2752 m.

Le long de sa partie moyenne la chaîne de Mœveran n' est point limitée au sud-est par une vallée longitudinale semblable à la précédente, ce qui résulte peut-être de profondes érosions; mais le sol, entièrement jurassique, s' abaisse graduellement jusqu' à la vallée du Rhône, parcouru par les torrents de la Losenze et la Salenze, qui se sont creusés des vallées transversales.

Enfin la partie sud-ouest de la chaîne, de nouveau crétacée jusqu' aux Dents-de-Morcles, est séparée du massif du Grand-Chavalard par le vallon néocomien de Grand-pré 2100 m, le col de Fenestral 2506 m, néocomien et nummulitique, et enfin par le cirque des lacs de Fully 2129 m, essentiellement carbonifère, ainsi que ses pendants, le Creux-de-Dzéman 2063 m et le cirque de l' Haut 1999 m.

6. Massif du Orand-Chavalard. t Peut-être cette montagne a-t-elle été autrefois reliée avec l' Haut en une chaîne continue? Le mont de l' Ardevaz 1481 m, qui domine Leytron, serait un reste de ce chaînon coupé en deux par l' érosion. Quoi qu' il en soit, dans l' état actuel nous avons affaire à un massif vaguement triangulaire dont les sommets principaux sont:

Grand-Chavalard ( ou Dent-de-Fully ). 2903 m Fenestra12729 m Grand-Tzateau ( Château)2502 m La Seya2183 m Grande-Garde2144 m Diabley.. 2472 m Sex-Carro. 2094 m 4 La base de ce massif est formée du côté sud-est par les terrains métamorphiques de Fully, qui bordent la vallée du Khône jusque près de Saillon, et s' élèvent assez haut dans les escarpements au-dessus de Plagnai et Randonne. Par-dessus vient le terrain carbonifère, qui forme le cirque des lacs de Fully, et se prolonge à l' est vers Lousine, en-dessous du chemin de l' Alpe. Puis la bande de cornieule triasique, qui entoure la pyramide du Grand-Chavalard à l' ouest et au sud. Enfin la masse calcaire, essentiellement jurassique, qui forme cette pyramide elle-même, ainsi que toutes les parties saillantes du massif, et s' abaisse vers l' est jusqu' à Saillon, où elle vient s' enfoncer dans la plaine. La pyramide de Fenestral 2729 m est seule formée de néocomien, qui s' avance au sud vers le Grand-Chavalard, dont il paraît couvrir encore la cime, mais sur une faible épaisseur. Entre ce dernier et la Grande-Garde, le carbonifère s' avance jusqu' à Lousine 1620 m, et forme une véritable encoche au milieu des calcaires.

Les beaux marbres blancs et veinés, exploités près de Saillon, sous le nom de Cipolin, forment la base de la paroi calcaire, non seulement en Botzatey près de Saillon, mais tout le long jusqu' à l' Alpe; ils se trouvent un peu au-dessus de la bande de cornieule, et me paraissent appartenir encore au trias.

Enfin la crête calcaire du Portail-de-Fully, au-dessus de l' Haut, forme évidemment un petit lambeau détaché du Grand-Chavalard, et se compose de cornieule à la base, surmontée de calcaire dolomitique plus compact, et peut-être de calcaire juras- sique au sommet. Le massif se prolonge encore plus loin au sud-ouest par le Sex-Carro 2094™, dont le sommet est carbonifère, et se termine à l' angle du Rhône par le roc métamorphique de Follaterre 1593 m.

En fait d' ascension, il n' y a que celle du Grand-Chavalard qui nécessite quelques précautions et mérite une mention spéciale. De l' Alpe, on monte par le chemin de Lousine jusqu' au point culminant de celui-ci, puis on attaque les rochers calcaires par un couloir qui aboutit à l' arête sud-ouest; on suit celle-ci jusqu' à une première pointe, qui d' en bas paraît être la cime, puis on atteint le sommet principal en continuant à gravir par l' arête.

Le comité de la section de Monte-Rosa m' écrit que cette montagne est également accessible depuis Lousine, par le flanc est, ainsi que par le côté nord. Je n' ai pas de peine à le croire, et je pense même que la voie la plus facile doit partir du col de Fenestral 2506 m, et suivre les schistes néocomiens.

6bis. Massif de Haut-de-Cry.

Petit massif triangulaire, calcaréo-schisteux, compris entre les trois rivières suivantes: au sud-ouest la Losenze, au nord-ouest la Derbonère et à l' est la Lizerne.

Du sommet de Haut-de-Cry 2970m partent trois arêtes rocheuses. Celle du Zeriet 2752™, à l' ouest, qui rejoint le Grand-Mœveran par la Dent-de-Cha-mosenze 2727 m. Celle de Montapeyrond 2640 m au nord-est, qui aboutit au Montacavoère 2615 m, et s' abaisse contre les Eboulements par la montagne de Vérouet 1871 m. Enfin eelle de la Tête-de-Versan et du Graz, qui s' abaisse rapidement jusqu' au Signal-du-Gruz 679 m près d' Ardon.

Le flanc sud-ouest du massif est seul composé de terrains jurassiques. Le long de la Losenze et du Torrent-de-Cry, ce sont des schistes oxfordiens, qui deviennent fossilifères à la mine de fer de Chamosenze 1906™, maintenant abandonnée. Ils sont surmontés par les calcaires jurassiques supérieurs, qui forment toute la paroi du Gruz, depuis le Signal 679 m, par la Tête-de-Versan, jusqu' à la Dent-de-Chamosenze. La montagne de Versan est encore jurassique, mais tout le reste du massif est formé de néocomien en couches plus ou moins fortement inclinées vers l' est, et s' abaissant en pente rapide contre la Lizerne.

Le chemin neuf d' Ardon traverse le bas de ces pentes néocomiennes, qui forment en outre les montagnes de Nevedet, de En-Zon, les sommets de Tzevau, du Haut-de-Cry et du Zeriet, ainsi que l' arête de Montapeyrond. Le Montacavoère seul présente un revêtement de calcaire urgonien, qui s' étend jusqu' à l' extrémité de la montagne de Vérouet. Il est interrompu dans son milieu par une anticlinale néocomienne, et offre plus haut, sur le flanc nord-est du Montacavoère, une synclinale, au centre de laquelle j' ai pu constater le rhodanien. C' est la zone stratigraphique d' Argentine et de Cheville qui se continue jusqu' ici, pour aller finir à Montbas de l' autre côté de la Lizerne.

L' ascension de Haut-de-Cry 2970 m se fait facilement, soit du nord, soit du sud.

a. De Derborence, on remonte d' abord la vallée de Derbon jusqu' à sa partie supérieure, où l'on s' en dans des rochers de schistes néocomiens, faciles à escalader jusqu' au sommet.

b. D' Ardon, on suit d' abord un sentier qui prend en arrière des forges, et qui rejoint le chemin neuf un peu au-dessus de Izigière; on poursuit celui-ci jusqu' en l' Airettaz, où l'on prend le sentier de En-Zon. Depuis le chalet supérieur de En-Zon, on suit le fond du vallon jusqu' au pied des rochers de l' arête nord-est, qu' on gravit sans difficulté pour revenir au sud contre la cime. Celle-ci se reconnaît de loin à la crevasse verticale qui la traverse.

B. Section du Wildhorn.

Moitié orientale du champ d' excursion.

Je désigne cette seconde section également par le nom de son principal sommet, de 3264™. Son versant nord-ouest étant bernois est du ressort de la Section Wildhorn du S.A.C.; tandis que le versant sud-est, valaisan, appartient à la Section Monte-Rosa.

Les chaînons et vallées y sont disposés d' une manière beaucoup plus régulière que dans la section des Diablerets, mais sous deux formes différentes, qui à la simple inspection de la carte topographique, font distinguer immédiatement le corps central de la chaîne, des deux flancs de celle-ci.

Le corps central est formé de nombreux chaînons parallèles, qui courent uniformément du sud-ouest au nord-est, direction générale de la chaîne. Ces chaînons longitudinaux sont évidemment déterminés par les plissements du sol, qui sont tous alignés dans le même sens. L' érosion a été parallèle au ridement, et a concouru au même résultat.

Sur les deux flancs de la chaîne, on voit au contraire des chaînons transverses, plus ou moins perpendiculaires à la direction précédente, et généralement parallèles entre eux. Ils sont évidemment déterminés par les actions érosives longtemps prolongées, les eaux ayant été sollicitées précisément dans les deux directions qu' affectent ces chaînons.

N' ayant pas les matériaux nécessaires pour traiter cette seconde section aussi en détail que la précédente, je me contenterai de ces trois subdivisions: I. Flanc septentrional. II. Corps central de la chaîne. III. Flanc méridional.

I. FLANC SEPTENTRIONAL.

Le flanc nord, ou plus exactement nord-ouest de cette seconde partie du champ d' excursion, compris tout entier sur territoire bernois, ne fait déjà plus partie des Hautes-Alpes calcaires, mais appartient à la zone du flysch, qui s' étend au nord bien au delà des limites de la feuille de la Lenk N° 472.

Le terrain du flysch qui y joue le rôle principal est semblable à celui qui forme le chaînon de Chaussy. Parfois aussi, comme aux Ormonts, il laisse percer les calcaires jurassiques, qui sont assez développés dans le Simmenthal.

Les chaînons de cette contrée sont généralement dirigés du sud au nord, ou à peu près, obliquant un peu à droite ou à gauche suivant les cas, et comprenant « entre eux les vallées sensiblement parallèles de la Saane ( Haute-Sarine ), de Lauenen ( Rohrbach, Lauibach ), de Turbach ( partie haute ) et enfin de la Lenk ( Haut-Simmenthal ). Ces vallées dirigées dans le sens de l' écoulement des eaux, sont dues évidemment à l' érosion, ainsi que les chaînons qui les séparent. Ceux-ci présentent du sud au nord les sommets suivants, en général peu élevés et facilement accessibles:

1. Palette du Mont 2174 m. Arnenhorn 2216 m. Wytenberghorn 2351 m. Gummfluh 2467 m.

2. Windspillen 1861 m. Geissrück 1940 m.

3. Lauenenhorn 2479 m. Güferhorn 2543 m.

4. Tauben 2108 m. Wistsetthorn 2360 m.

Les altitudes ci-dessus montrent que chacun de ces chaînons s' abaisse au sud du côté des Hautes-Alpes calcaires, dont ils sont séparés par une série de cols alignés: Pillon 1550 m, Krinnen 1660 m, Truttlispass 2040 m. Cette dépression longitudinale, du sud-ouest au nord-est, est déterminée par la bande triasique dont j' ai déjà parlé, qui limite au nord-ouest les Hautes-Alpes calcaires. Composée de roches peu consis-tantes, gypses, cornieules, etc., elle a naturellement offert moins de résistance aux actions érosives.

Cette bande triasique va en s' élargissant du sud-ouest au nord-est. Aux environs de Gsteig elle n' a guère plus d' un kilomètre de largeur; mais au delà elle s' étale et se subdivise, de sorte que dans la vallée de la Lenk ses deux bords sont distants d' en viron six kilomètres, de la Langermatt au sud, jusqu' au pied de Durrenwald au nord.

La zone de dépression n' est plus alors composée exclusivement, ni même essentiellement, de gypse et de cornieule, mais elle présente une série de replis, dont les synclinales sont formées de terrains liasique, jurassique, ou même nummulitique. Cette disposition est très marquée dans le Profil I de M. Ischer* ), et ressortira d' une manière encore plus évidente de l' ins de sa carte géologique, encore manuscrite.

II. CORPS CENTRAL, DE LA CHAINE.

La continuation des Hautes-Alpes calcaires, de l' Oldenhorn jusqu' au Kawyl, est formée d' un certain nombre de petits chaînons, dirigés comme l' ensemble de la chaîne du sud-ouest au nord-est. La frontière entre les cantons de Berne et Valais, suit l' arête culminante, qui présente les sommets suivants: Oldenhorn ou d' Audon 3124 m Sanetschhore ou Montbrun 2946 m Arpelistock ( Arbelhorn)3039 m Wildhorn3264 m Schneidehorn2938 m Mittaghorn2687 m Laufbodenhorn2704 m A droite et à gauche de cette arête culminante se trouvent d' autres chaînons parallèles moins élevés. Le principal des chaînons septentrionaux présente les sommets que voici:

Schlauchhorn2587 m Spitzhorn 2807 m Hahnenschritthorn2836ra Niesenhorn ou Seltenschön.... 2777 m Iffigenhorn2380 m Oberlaubhorn:. 2003 m D' autre part sur le versant méridional se trouve la série suivante de sommets secondaires:

Sublage2735 m Le Cérac2836 m Sex-rouge2907 m Kawylhorn ou Sex-des-Eaux-froides.. 2903 m Wetzsteinhorn ou Sex-de-Moulire.. 2780™ Rohrbachstein2953 m, Weisshorn3010 m Comme on le voit, ce chaînon méridional tend à prendre la prééminence, pour aboutir au nord-est, hors du champ d' excursion à l' une des plus hautes cimes de la contrée, le Wildstrubel 3266 m.

Ces trois chaînons parallèles sont surtout bien nets à l' est du Wildhorn, où ils sont séparés par deux vallées longitudinales, celle d' Iffigen d' une part, et celle du Plan des Roses ( partie haute du passage du Rawyl ) de l' autre. Il est évident ici que les chaînons et les vallées, courant tous du sud-ouest au nord-est, sont déterminés par les plissements du sol qui suivent presque exactement la même direction. Le premier facteur, celui du ridement, prédomine donc sur le second. Les actions érosives ont concouru néanmoins à la formation du relief, mais ce sont surtout les érosions atmosphériques qui ont agi, plutôt que les érosions torrentielles, de sorte que la disposition des chaînons n' en a pas été modifiée. L' arête médiane présente dans certains endroits la superposition de deux ou plusieurs plis déjetés au nord-ouest, comme cela se voit aussi dans le massif des Diablerets. Les deux chaînons latéraux sont plus simples, et formés en général d' un seul pli chacun.

A l' ouest du Wildhorn, la disposition en chaînons longitudinaux est un peu moins nette, mais elle se reconnaît encore facilement sur la carte Dufour. Seulement, entre les trois arêtes principales surgissent d' autres petites arêtes longitudinales; et toutes ensemble sont entrecroisées par quelques chaînons transverses, qui forment avec les premiers un réseau à mailles rhomboïdales. Cette disposition, surtout bien marquée dans le voisinage du Sanetsch, indique une action déjà plus profonde des érosions torrentielles qui balance à peu près l' influence du ridement. On voit alors les chaînons longitudinaux coupés transversalement par des cluses plus ou moins profondes, et c' est à une succession de semblables cluses qu' est dû en grande partie le passage du Sanetsch. Celui du Rawyl, d' en 200 mètres plus élevé, change de direction dans sa partie supérieure et emprunte le parcours d' un vallon longitudinal, le Plan des Roses.

Les terrains géologiques qui constituent le corps central de la chaîne du Wildhorn, sont à peu près les mêmes que dans la section des Diablerets, mais toutefois moins variés, et jusqu' ici moins fossilifères. Ce sont les terrains néocomien, urgonien et nummulitique qui jouent ici le rôle principal, et qui, mainte fois ployés et contournés, se retrouvent presque dans chaque chaînon.

L' urgonien détermine les arêtes aiguës, les parois abruptes, etc. Le nummulitique remplit les synclinales, et forme certaines voûtes, comme celle de Hohberg sur Iffigen. Le néocomien au contraire apparaît dans les anticlinales plus ou moins profondément rompues, qui ne montrent guère les terrains jurassiques que sur les bords extérieurs des deux grands chaînons latéraux. Le gault n' a été constaté que par petits lambeaux, aux Audannes et à l' est du Rawyl, où il a, été retrouvé par MM. Ischer et Bratschi. Pour les détails, je dois renvoyer au travail précité de M. Ischer* ), et à ma Notice sur le massif de VOldenhorn** ), accompagnée de quelques profils et d' une carte géologique, qui s' étend jusqu' au Sanetsch.

Au dire des sections Wildhorn et Monte-Rosa du S.A.C., il n' existe dans toute cette région aucune cime vierge ou inaccessible, mais les seules ascensions qui se fassent habituellement sont celles des deux sommets les plus élevés, l' Oldenhorn et le Wildhorn. On mentionne aussi le Schneidehorn et le Rawylhorn, comme étant parfois ascendés, depuis le passage du Bawyl, mais je n' ai aucun détail à leur sujet.

L' Oldenhorn ( d' Audon ) 3124 m, dont la pyramide triangulaire forme la limite des trois cantons, peut être facilement gravi de chacun de ces trois côtés.

a. Des Ormonts on se rend aux chalets de Pillon I486™, d' où l'on s' élève, par les pâturages, jusqu' au pied de la paroi urgonienne. On gravit les rochers sur la gauche du Dard jusqu' au petit vallon nummulitique de Entrelareille 2533 m, d' où l'on atteint facilement les névés et le bord du glacier du Sex-rouge„ On s' élève sur le glacier, longeant d' abord le pied! ouest de la pyramide terminale neocomienne, puis son pied sud, pour venir attaquer l' arête sud-est depuis le glacier de Zanfleuron 2788 m. On peut aussi l' ascension par le glacier de Prapioz. ( Voir pag. 34. ) b. Du Châtelet ( Gsteig ) on se rend à la Ruche ( Reusch ) 1329 m, d' où l' on dans la vallée d' Audon en traversant les rochers urgoniens par un chemin de montagne. Aux chalets d' Audon ( Oldenalp),. où l'on peut coucher, on se trouve au milieu d' une grande combe neocomienne. On suit celle-ci jusqu' au fond et l'on gravit la pyramide en suivant les rochers jusqu' au sommet, ou en s' élevant sur les bords du glacier d' Audon jusqu' au point 2788 m, au pied de l' arête sud-est de la pyramide.

c. Du Valais enfin, ou aussi de Gsteig, on suit le chemin du Sanetsch jusqu' au col 2234 m, d' où l'on atteint facilement le bord du glacier Zanfleuron; celui-ci fournit une voie aisée jusqu' au point 2788™, au pied de la pyramide, qu' on gravit, comme dans les deux cas précédents, par l' arête sud-est. C' est la voie la plus facile, mais de beaucoup la plus longue.

Il est probable qu' on pourrait aussi gravir la pyramide par un autre côté, par exemple par l' arête nord, mais cela n' aurait guère d' avantages.

Le Wildhorn 3264 » est accessible de tous les côtés, mais le trajet est déjà plus long et plus pénible.

a. Du Sanetsch 2234 m, on suit l' arête qui s' élève contre l' Arpelistok 3039 m. Au delà de ce point l' arête devient un peu plus scabreuse, mais on peut néanmoins la poursuivre, m' assure M. le Dr. Ed. Bugnion, jusqu' au pied de la paroi ouest du Wildhorn. On gravit cette paroi sans trop de difficultés par un couloir situé sur le versant bernois à peu de distance de la frontière, et qui monte directement contre la cime. Il serait probablement beaucoup plus facile de la contourner -au sud, par les glaciers du Brozet et des Audannes.

b. De Lauenen* ) on se rend aux chalets de Kiih-Dungel 1793 m, d' où l'on peut suivre deux voies différentes, par le glacier de Gelten ou par celui de Dungel. La première est la plus usuelle et, paraît-il, la plus facile. On traverse le Geltentritt pour suivre Jusqu' au fond du cirque, près de Geltenschuss 2158 m, puis on s' élève à l' est pour venir traverser le Hahnenschritt, d' où l'on atteint le glacier de Gelten. On suit celui-ci, au pied de la paroi ouest du Wildhorn, pour venir gravir le sommet par le même couloir que ci-dessus.

c. La seconde voie, dès Lauenen, conduit depuis Kiih-Dungel directement dans le fond du cirque*'au pied du Niesenhorn. La traversée des rochers inférieurs jusque vers le lac de Durren est, paraît-il, assez scabreuse; de là on attaque le glacier de Dungel, qui n' est pas réputé facile dans sa partie inférieure, puis on atteint la cime en s' élevant doucement le long de l' arête culminante qui sépare les cantons.

d. C' est de la Lenk * ), que l' ascension du Wildhorn est réputée la plus facile, mais elle est aussi plus, longue. On se rend d' abord par Pœschenried, dans la vallée d' Iffigen, qu' on remonte dans toute sa longueur, passant près du lac d' Iffigen 2080 m, pour arriver à la Club-Hütte, au pied du glacier. De là on gravit aux rochers du Kirchli, par le bord ouest du glacier, et l'on atteint les hauts-névés, dont on suit l' arête culminante, frontière du Valais, qui vous amène en pente douce jusqu' au sommet. Il faut avoir soin d' effectuer ce long trajet sur la neige pendant les heures matinales. On peut aussi depuis la Club-Hütte prendre plus à l' ouest par le bas du glacier de Dungel, mais c' est plus pénible et plus dangereux^ assure-t-on.

e. Du Kawyl on peut aussi atteindre le Wildhorn, en s' engageant depuis le Plan des Roses 2361 m sur les grands lapiés à la base du Schneidehorn, puis on rejoint l' arête culminante des névés par le glacier de Ténéhet; mais cette voie, plus longue encore, n' est pas conseillée à cause de la traversée des lapiés, réputée très pénible.

f. De Sion enfinon monte au Wildhorn directement par Arbaz et la vallée de la Sionne, jusqu' aux cases de Donin 2199 m. De là on grimpe par le flanc ouest du Sex-rouge, jusqu' au pied du Mont-Pucel ( cote 3186 m ), et l'on s' élève par des couloirs de neige jusque sur le glacier des Audannes, d' où l'on atteintJahrb. S.A.C., 1876/77, pag. 443.Echo des Alpes, 1870, pag. 165.

facilement la cime par son côté est. M. H. Pittier m' assure que cette voie est la plus courte, et en définitive la plus aisée.« Ces diverses voies d' ascension du Wildhorn font connaître en même temps les passages par lesquels on pourrait traverser la chaîne, dans sa partie culminante revêtue de glaciers. J' ajouterai seulement une variante possible: Parti de Lauenen et arrivé sur le glacier de Gelten par le Hahnenschritt, on pourrait en redescendre, par le col et le glacier du Brozet, sur les Grandes-Gouilles, et de là à Sion, par les vallées de l' Allée et de la Morge.

Ces passages, dès Lauenen en Valais, qui ne sont plus maintenant qu' une fantaisie d' alpiniste, paraissent avoir été autrefois beaucoup plus fréquentés, comme plusieurs autres passages alpins analogues * ).

A côté de ces traversées par les glaciers il n' y en a pas d' autres que les deux grands passages bien connus du Sanetsch et du Rawyl** ), au sujet desquels il serait superflu de répéter les indications qu' on trouve dans tous les Guides. Je me contenterai de mentionner une variante du premier qui intéressera les clubistes; il s' agit du passage de Gaggen, sous le Spitzhorn, qui rejoint le Sanetsch depuis Lauenen, en passant par Vuspille /"Walliser -Windspille ). On ne le conseille qu' aux vrais clubistes affranchis du vertige.

III. FLANC MÉRIDIONAL.

Le flanc sud, ou plus exactement sud-est de cette seconde section du champ d' excursion, formant la partie inférieure du versant valaisan de la chaîne, a de nouveau une disposition orographique analogue à celle du flanc septentrional.

Les chaînons y sont transverses, s' abaissant graduellement jusque dans la vallée du Ehône, et ayant tout à fait l' aspect de contreforts destinés à arcbouter le corps central de la chaîne. Ils ne sont pas perpendiculaires à la chaîne, mais descendent plus directement au sud, et même un peu au sud-ouest, déviant ainsi dans le sens de l' écoulement des eaux, et montrant par là, ce me semble, qu' ils sont dus essentiellement à l' érosion torrentielle.

Ces chaînons sont séparés les uns des autres par de profondes vallées, dirigées à peu près dans le même sens, et dont le fond est souvent creusé dans le roc, de manière à former des gorges plus ou moins inaccessibles. Tous ces caractères concordent encore pour désigner l' érosion torrentielle comme le principal agent de leur formation.

Cette région commence à la vallée de la Lizerne, dont la direction, encore un peu sud-est, participe déjà à la disposition rayonnante de la section A. De là nous trouvons l' alternance suivante:

1. Chaînon du Mond-Gond.

Vallée de la Morge.

2. Chaînon de Creta-bessa.

Vallée de la Sionne.

3. Chaînon de la Motte.

Vallée de la Liène.

1. Chaînon da Mont-tJond.

Arête assez aiguë dans presque toute sa longueur, et dirigée presque exactement du nord au sud. Elle commence près du Sanetsch par la Fava 2614 m, puis vient le passage dit la Croix-de-trente-pas 2350 m, par où le bétail se rend à la montagne de Miet. Plus au sud se trouve le Mond-Gond ( ou Pointe-de-Flore ) 2701™, à partir duquel l' arête s' abaisse jusqu' à Ardon par le Sex-riond 2034 m et la chapelle Saint-Bernard 1076 m.

La principale partie de ce chaînon est encore comprise dans ma Carte géologique des Alpes vaudoises. Il se compose essentiellement de néocomien inférieur plus ou moins schisteux, de calcaire jurassique supérieur, et de terrains schisteux appartenant à la série jurassique moyenne et inférieure.

Ce chaînon est surtout remarquable par son double plissement en S, fortement déjeté au nord-ouest. Une première anticlinale se trouve au Mont-Gond, dont le sommet est formé de calcaire jurassique supérieur. La synclinale néocomienne forme les hauts pâturages de la montagne de Lodze 2100 m. La paroi qui les supporte est de nouveau formée de calcaire jurassique. En dessous se trouve la voûte rompue jusqu' au jurassique inférieur schistoïde, avec les montagnes de Zamperron 1442 m, Asnière, Orfelin. Celle-ci est supportée par une nouvelle paroi jurassique calcaire qui descend jusqu' à la-Lizerne, avec néocomien, à la base, sur quelques points. En dessous de la chapelle Saint-Bernard, la voûte calcaire n' est plus rompue, et forme à elle seule l' extrémité inférieure du chaînon.

5 2. Chaînon de Creta-bessa.

Arête tranchante qui descend du Wildhorn et se dirige au sud-sud-ouest, sur Chandolin. Point culminant au nord le Sex-neir* ) 2727 m, puis Creta-bessa 2711 m, Prabé 2057 m. Ce chaînon présente au plus haut degré le cachet de l' érosion. Selon M. Ischer, il est formé en grande partie de terrain jurassique, qui serait surmonté à son extrémité culminante d' une cape d' urgonien et de nummulitique.

3. Chaînon de la Motte.

Arête moins allongée que les précédentes, qui descend du Sex-rouge* ), droit au sud sur Arbaz. Son point culminant au nord est la Motte 2882 m, puis le Chamosséré 2627 m, qui domine les chalets de Donin. Plus bas, la Brune 1936 m, et enfin son sommet terminal le Golliet 1786 m. Elle paraît composée uniquement de terrains jurassiques.

Ce sont donc les couches jurassiques qui prédominent dans ces trois chaînons, et plus loin encore, jusqu' à la Liène et au delà.

Il n' en est pas de même dans le bas, au bord de la vallée du Rhône, où se trouvent, depuis Conthey jusqu' à Montana près Sierre, des séries de hautes collines, alignées comme la chaîne principale du sud-ouest au nord-est. Ces collines ont une composition géologique tout autre; elles sont formées de schistes lustrés et feuilletés, exploités précédemment sous le nom de brisés du Valais, qu' on attribue généralement au terrain triasique, et qui présentent de nombreux affleurements de gypse, près de Conthey, Drône, Sion, Saint-Léonard, Chermignon, etc.

PRINCIPAUX GISEMENTS FOSSILIFÈRES compris dans le champ d' excursion.

Terrain carbonifère.

1. d' arbignon, sous les Dents-de-Morcles au sud-ouest. Plantes terrestres d' âge houiller, dans les schistes ardoisiers.

2. Fontaines-du-midi, près Plex sur Collonges. Dito.

3. Croix-du-Boet, sous la mine d' anthracite de Col- longes. Dito.

Terrain rhétien.

1. Vuargny, sur la route d' Aigle au Sépey. Faune marine à Avicula contorta, dans calcaire noir.

2. Oberlaubhore, au sud de la Lenk. Dito.

Terrain sinémurien.

1. Coulât, vers l' entrée de la mine de sel de Bex. Faune marine à Gryphœa arcuata, dans calcaires et schistes noirs.

2. d' Arbignon. Dito dans calcaire noir super- posé à la cornieule.

Terrain toarcien.

1. l' Aigle, près Fenalet sur Bex. Ammo- nites applaties, etc., dans schistes foncés.

2. Truchenoire, près des mines du Fondement sur Bex. Dito.

Terrain bajocien.

1. Arveyes, dans la vallée de la Gryonne. Faune à Ammonites Humphriesianus, dans calcaire schistoïde micacé.

Terrain oxfordien.

1. Frête-de-Sailles, col entre le Grand et le Petit - Mœveran et toute l' arête jusqu' à la Dent-au-Favre. Schistes à Belemnites tronçonnées et petites Ammonites pyriteuses.

2. Pont-de-Derbon, sous le glacier de la Forclaz. Dito.

3. Chamosenze, mine de fer abandonnée, sous Haut- de-Cry. Dito.

4. Le Vélard, au pied des Diablerets près d' An zeindaz. Dito.

5. Grandes-Gouilles, au sud-ouest du Wildhorn. Ammonites dans calcaire.

Terrain néocomien.

1. Javernaz, sur Freni ère. Céphalopodes du néo- comien alpin, dans calcaire schistoïde grisâtre.

2. Mattélon, en amont de Gryon, dans la vallée de l' Avançon. Dito.

3. Mértjet, sous Argentine au nord-ouest. Dito.

4. Solalex, sous Anzeindaz. Dito.

5. Culant, au pied du Signal, vers le glacier. Ammonites dans calcaire glauconieux.

6. Paneyrossaz, au bas du glacier. Néocomien brun à Toxaster complanatus.

7. Tête-Pegnat, au nord-est du sommet, en haut du lapié. Dito.

Terrain urgonien.

1. Argentine. Rudistes, etc., dans calcaire blanc.

2. Cheville, dans les lapiés. Dito.

3. Sur-le-Dard, près du Col de Pillon. Dito.

Terrain rhodanien.

1. Perriblano d' Argentine. Calcaire à Orbitolines et oursins.

2. Pierre-carrée de Solalex. Dito.

3. Cordaz, au sud d' Anzeindaz. Dito.

Terrain aptien.

1. Peeriblanc d' Argentine. Calcaire foncé à gros bivalves.

2. Ecuellaz, au sud d' Anzeindaz. Dito.

Terrain albien. ( Gault inf. ) 1. Surchamp, au sud d' Argentine. Faune à Ammo- nites mamillatus dans grès schistoïde.

2. Cheville, au bas des lapiés. Dito.

Terrain vraconnien. ( Gault sup. ) 1. Pieree-oabrée de Solalex. Riche faune dans calcaire noirâtre ou brunâtre.

2. Cordaz. Dito.

3. Essets, près du col. Dito.

4. Ecuellaz. Dito.

5. Cheville, au bas des lapiés. Dito.

6. Audannes, sous le Wildhorn au sud-est. Dito.

7. Itton, sous le Rohrbachstein à l' est du Rawyl..

Dito.

Terrain rotomagien.

1. Cheville, au bas des lapiés. Calcaire blanc à Ammonites cenomanensis.

Terrain nummulitique.

1. Grand-vire, entrée ouest près du glacier des Martinets. Faune d' eau douce dans marne noire schistoïde.

2. Martinets, autour de la Pointe. Faune marine à Cerithium plicatum.

3. d' Argentine, sur le Perriblanc. Faune saumâtre à Cyrena dans schiste noir. Cale, à Nummulites.

4. Cordaz. Couche brunâtre à grosses Natices. Dito.

5. Essets. Faune nombreuse dans cale, à Num- mulites.

6. Anzeindaz.B.eaucoup de petites coquilles dans blocs marno - calcaires foncés, éboulés des Diablerets.

Orographie.IX 7. Diablerets, gisement à anthracite, sous la Pointe- de-la-Houille. Marne à Chara et Lymnea. Couche saumâtre à petites coquilles. Marne foncée à Cerithium Diaboli.

8. Pierredar, sur Creux-de-Champ. Dito.

9. Barmes, sur Aigue-noire. Calcaire à Orbitoides.

10. Praz-Durant, sur Pillon. Marne saumâtre à petites coquilles.

11. Entrelareille, sous l' Oldenhorn. Cale, à Num- mulites et Orbitoides.

12. Sanetsch, sous le Spitzhorn. Dito.

13. Zanfleuron, dans les lapiés au bas du glacier. Marne saumâtre à Cyrènes.

14. Derborence, angle des rochers, à l' est du lac. Schistes supérieurs à bryozoaires.

15. Seltenschœn, au-dessus du lac d' Ifflgen ( Berne ). Calcaire à Nummulites, etc.

Terrain du flysch.

1. Sépey, Ormont-dessus. Schistes à Fucoïdes.

2. AlGREMONT, id. Dito.

3. Plan-sata, sur Chesières. Dito.

4. Encex, sous les monts de Perche. Brèche à Nummulites.

5. Meilleret, sur Ormont-dessus. Dito.

Terrains modernes.

1. Ollon. Tufs à feuilles et coquilles.

2. Chesières, sous le village. Dito.

3. Viaux, Ormont-dessus. Dito, à feuilles.

CURIOSITÉS NATURELLES observées dans le champ d' excursion.

J' énumérerai brièvement ici divers phénomènes naturels qui pourront intéresser les elubistes, et qui méritent bien une visite à l' occasion. La plupart sont dus à l' érosion; je mentionne ceux-ci en premier.

PYRAMIDES DE GRAVIER.

Résultat de l' action du ravinement sur les terrains meubles et spécialement graveleux, elles se rencontrent dans les diverses ravines des vallées remplies d' erra. Souvent un bloc erratique forme comme un chapiteau au sommet de la pyramide. J' en ai vu de fort belles dans les ravines de la Gryonne, vis-à-vis, de Pallueyres et en dessous de Villars.

PYRAMIDES DE GYPSE.

Dues à l' érosion du gypse par dissolution, elles forment des collines aiguës hérissées de pointes blanches, qui sont visibles de fort loin. Les principales sont celles du col de la d' Arpille 1843 m, du col de Pillon 1550 m et du Stublenen 2108 m près du Truttlispass. On en voit aussi à la Tor, sous Vozé, au pied sud des Diablerets. ( Voir pag. 27. ) ENTONNOIRS.

Enfoncements de terrain, dus également aux érosions du gypse, au moins pour la plupart. Ils se trouvent souvent en grand nombre entremêlés aux pyramides Orographie.Tò précitées. Dans les contrées où le gypse est recouvert d' un fort dépôt d' erratique, leurs pourtours sont généralement gazonnés, et ils forment des enfoncements infundibuliformes, souvent de grandes dimensions. Je les ai observés en grand nombre sur les Monts-de-Gryon, aux Ecovets sur Chesières, et au Fond-de-Plambuit, sous Chamossaire. ( Voir pag. 29. ) Le d' Enfer, près de Panex sur Ollon, est un semblable entonnoir de très grande dimension, dont un des côtés est formé d' une paroi rocheuse de calcaire dolomitique et de cornieule, l' enfoncement s' étant produit sur le bord de la bande gypseuse* ).

PUITS-PERDUS.

Souvent on voit un ruisseau plus ou moins important disparaître soudain dans le sol, tantôt par une crevasse de rocher, tantôt par un petit entonnoir du genre des précédents. C' est le phénomène d' érosion pris sur le fait et démontrant lui-même sa cause. La plupart de ces puits-perdus sont dus encore à l' érosion du gypse; tels sont en particulier ceux en amont d' Ollon, où se perd le ruisseau qui descend de Panex, ainsi que le puits-perdu de l' Abbaye de Salaz, près Bex, où disparaissent les eaux d' un canal temporaire, dans une crevasse de gypse érodé, au milieu des graviers.

Le puits-perdu de l' Avare, où disparaissent les eaux du glacier de Paneyrossaz, se trouve au contraire au bord d' une petite plaine d' alluvion, au milieu des schistes néocomiens inférieurs; il est dû vraisemblablement à la disposition des couches fortement inclinées. Les eaux reparaissent, je pense, dans le cours de l' Avançon, en dessous du Richard.

LAPIÉS.

Ces grandes surfaces de roche nue, sillonnées de rainures parallèles plus ou moins profondes, jouent un rôle considérable dans nos Hautes-Alpes calcaires, et affectent particulièrement les calcaires urgonien et nummulitique. Le nom est écrit tantôt Lapiés, tantôt Lapiaz, en allemand Karrenfelder.

Il ne faut pas les confondre avec les Liappeys du Valais, qui sont, au dire de la section Monte-Rosa, des étendues couvertes de gros blocs éboulés, comme par exemple les Eboulements de Cheville. C' est pourquoi le Verlorenerberg au-dessus de Gsteig, qui est un immense lapié, ne doit pas être nommé Liappey-des-Bœufs, comme il l' est sur la carte; de même le Lapié-de-Miet. Il faudra donc distinguer le Liappey-de-Cheville, au nord de la Chevillenze, des Lapiés-de-Cheville au sud, sur le versant de Tête-Pegnat.

Mon collègue le prof. Alb. Heim* ) attribue les lapiés exclusivement au rongement des eaux pluviales, et nie la coopération des glaciers. Je ne puis pas être de son avis. D' après mon expérience, les lapiés se trouvent essentiellement en avant des glaciers, comme ceux de Miet, de Zanfleuron, etc.; ou dansHeim, Verwitterung im Gebirge. 1879, pag. 14.

Id. lieber Karrenfelder. Jahrb. XIII, 1878, pag. 428.

des emplacements que l'on a tout lieu de considérer comme d' anciens fonds de glaciers, comme le Verlorenerberg, les lapiés de Cheville, les Audannes, sous le Wildhorn, etc. De Charpentier* ) avait d' ailleurs constaté, sous les voûtes surbaissées de glaciers, des lapiés en voie de formation, dont les sillons correspondaient à des crevasses du glacier, qui laissaient tomber l' eau goutte à goutte dans ces sillons. Je crois l' explication de de Charpentier plus juste, au moins dans la majorité des cas** ).

EOCS EUINIFOEMES.

L' érosion atmosphérique a donné aussi à beaucoup de rocs isolés l' aspect de ruines diverses. Tels sont les nombreux et bizarres piliers qu' on voit dans les grès du flysch au-dessus de la paroi de Ballacrétaz, sous les Dents-de-Morcles, dont l' un des plus remarquables a reçu le nom de Gros-becca. Tel est aussi le fameux Portail- de-Fully, sorte d' arceau creusé dans la cornieule, au sud-est des chalets de ce nom. En parcourant nos montagnes, les clubistes pourront rencontrer beaucoup d' autres exemples aussi remarquables.

GROTTES.

Les grottes ne sont pas rares dans la région, mais « Iles se présentent surtout sous la forme de Barmes ., c'est-à-dire d' enfoncements peu considérables dans le roc, qui résultent ordinairement de l' érosion d' un terrain plus tendre, recouvert d' un banc plus dur formant le toit de la grotte. Ces barmes servent souvent d' abri aux chasseurs de chamois, soit pour y passer la nuit, soit pour s' y tenir à l' affût; comme par exemple la Barme-de-Culant, dont j' ai parlé pag. 33.

En fait de caverne pénétrant profondément dans le sol, en long boyau, je ne puis guère citer que la Grotte-des-fées près Saint-Maurice ( Valais ) qui est sur les confins du champ d' excursion.

Une grotte qui mérite une mention spéciale, c' est la Glacière naturelle de Dzéman, à peu de distance du Chalet neuf, 1816 m, au pied du Mont-de-Betzatay.

GORGES.

Ces produits de l' érosion torrentielle sont en revanche nombreux et importants dans la contrée, spécialement sur les bords de la vallée du Rhône. Leurs formes sont différentes suivant la nature du terrain et la disposition des couches.

Dans les terrains gypseux et schisteux, peu consistants, les gorges sont plus évasées, et d' un accès plus ou moins facile, comme celles de la Gryonne et de l' Avançon.

Les gorges de la Grande-Eau et de la Lizerne, déjà plus étroites, et moins accessibles, sont creusées dans des couches calcaréo-schisteuses assez fortement inclinées. Celles si remarquables de la Salenze, dites Gorges-de-Saillon, creusées dans le calcaire compact, étaient inaccessibles, il y a peu de temps encore. On peut les visiter maintenant, grâce à une galerie suspendue, construite récemment.

Enfin les plus remarquables de toutes sont les Gorges-du-Trient, bien connues des touristes, qui sont « reusées dans les terrains métamorphiques, d' une dureté encore plus grande.

CASCADES.

Dans une contrée montagneuse traversée par de nombreux cours d' eau, les cascades sont nécessairement fréquentes. Celles que nous possédons, en grand nombre, dans le champ d' excursion, appartiennent à quatre types différents:

1° Les chutes abondantes, comme Pissevache ou cascade de la Salanche* ), près de Vernayaz, et le Ifûgenfall au fond du vallon de Pœschenried, près -de la Lenk, l' une et l' autre d' une grande beauté.

2° Les chutes successives, ou rapides, comme celles si remarquables de la Simme, au fond de la vallée d' Oberried près la Lenk.

3° Les filets d' eau tombant d' une grande hauteur, à la manière du Staubbach. A ce type appartiennent les nombreuses cascades du Creux-de-Champ, qui donnent à ce beau cirque du pied nord des Diablerets une grande analogie avec le fameux Cirque-de-Gavarnie, dans les' Pyrénées.

4° Enfin les jets proéminents, dont la Cascade-du-Dard 16O(5 m, vis-à-vis de Pillon, à Ormont-dessus, nous offre un exemple si remarquable.

Le cirque de Lauenen est aussi un des plus intéressants par ses nombreuses cascades: Dungelschuss, Geltenschuss, etc. Je dois mentionner aussi les Sept-fontaines ( Siebenbrunnen ) dans le beau cirque de Ratzliberg au pied du Wildstrubel, un peu en dehors des limites de nos cartes d' excursion, mais à peu de distance de la Lenk.

POLIS GLACIAIRES.

Il ne s' agit plus ici d' éi par les eaux, mais d' usure mécanique par les anciens glaciers. Les surfaces de roc, moutonnées, polies et striées, se rencontrent à peu près partout dans la contrée, surtout sur les flancs des vallées, puisque chacune a eu dana le temps son glacier. Mais elles ne sont bien nettes que lorsqu' elles sont fraîchement dénudées, par l' en de la terre ou du sable; autrement les agents atmosphériques ont détruit ordinairement le poli et les. stries, surtout sur les calcaires. Les surfaces polies les plus remarquables que j' aie rencontrées sont à l' angle du Rhône, du Roc de Follaterre jusqu' à Brançon, où le grand glacier du Rhône a dû exercer un frottement considérable, en changeant subitement de direction.

BLOCS ERRATIQUES.

Vu leur grand nombre, c' est à peine si j' ose les mentionner comme curiosités, et pourtant c' est un des phénomènes les plus remarquables des régions alpines. La nôtre présente cet intérêt, qu' on peut facilement distinguer les matériaux transportés par le grand Glacier du Rhône d' avec ceux qu' il faut attribuer à nos glaciers latéraux des Hautes-Alpes calcaires. Les premiers, formés essentiellement de roches cristallines, se trouvent disséminés sur les deux bords de la vallée du Khône, remontant plus ou moins haut sur ses flancs. Les seconds sont surtout des blocs calcaire 3, qu' on trouve nombreux dans les diverses vallées latérales, ou à leur débouché dans celle du Rhône. Parfois ces deux sortes de blocs se trouvent entremêlés, comme aux Devens, par exemple ( voir pag. 28 ), indiquant la confluence de deux glaciers.

PLISSEMENTS DE TERRAIN.

Dans certaines parois de rochers on peut prendre ceux-ci sur le fait d' une manière très évidente et remarquable. Sans pouvoir entrer dans des détails qui, sans dessins, ne signifieraient rien, je signale aux amateurs les points suivants:

a. Paroi de la Petite-Dent-de-Morcles.

b. Rochers des Outans et de la Larze à la base du Grand-Mœveran, sur Pont-de-Nant.

c. Paroi de Bellaluex, vue du glacier de Paneyrossaz.

d. Paroi des Diablerets sur Anzeindaz, et. sa continuation jusqu' aux Rochers-du-Vent.

e. Rochers de Châtillon, vus de Coufin ou de Taveyannaz.

f. Paroi du Sex-rouge sur Creux-de-Champ.

MINÉRAUX.

Un mot des minéraux, pour finir. Ils jouent un petit rôle dans la contrée, bien plus pauvre sous ce rapport que les Alpes centrales. Toutefois on trouve presque partout dans les schistes et les grès de petits cristaux de Quartz, parfois bipyramidaux et tout à fait hyalins. Le gisement le plus remarquable est dans des poches du grès de Taveyannaz, un peu au-dessus des chalets de ce nom. Les ardoisières de Vernayaz ont livré de beaux cristaux de quartz de plus grande dimension.

Les cristaux de Calcite ne sont pas rares dans les veines des calcaires et des schistes, et j' ai rencontré de jolis rhomboèdres de Dolomie dans les calcaires dolomitiques du Faug, sous Gryon.

Mais ce sont surtout les Mines-de-Bex qui ont fourni les plus grandes richesses minéralogiques. Leurs beaux cristaux de Gypse, si limpides et si remarquables par leurs facettes, ont une grande réputation. On connaît moins les cristaux à' Anhydrite, de Calcite, de Celestine, les cubes de Sel gemme qui cristallisent journellement dans les flaques d' eau des galeries peu visitées, et enfin le Soufre natif de la paroi de Sublin* ). ( Voir pag. 28. )

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

Je réunis enfin dans ce dernier chapitre tous les renseignements que j' ai pu me procurer sur les ressources d' approvisionnement et de couchée, sur les guides, et sur les distances des diverses excursions à faire.

Les indications de distances, provenant de beaucoup de personnes différentes, n' ayant naturellement pas le même pas, ne doivent pas être considérées comme parfaitement équivalentes et méritent vérification.

Pour faciliter les explorateurs, je groupe ces renseignements, par ordre géographique, autour d' un certain nombre de localités où l'on peut facilement séjourner, et qu' on peut considérer comme les principaux points d' attaque pour les excursions ou ascensions à effectuer.

A. Territoire bernois.

Langue allemande. Carte 472, avec angles adjacents des 477 et 481. Les renseignements suivants proviennent en majeure partie de la Section Wildhorn du S.A.C.

3 points d' attaque, Lenk, Lauenen, Gsteig.

I. LENK 1070 m.

Hôtels. Hôtel du Cerf. ( Zum Hirschen.Hôtel des Bains ( Bad Lenkles autres ont brûlé en 1878. Restaurant à l' entrée de Pœschenried, à 2 kilomètres.

Gîtes Alpestres. Iffigen ( 2 h. ), 2 lits et provisions courantes. Club-Hütte du Wildhorn ( 37ä h. ) place pour 20 personnes.

6 Guides. Christian Jäggi, à Pœschenried ( patenté ). Peter Jäggi, à Pœschenried ( patenté ). Johann Jäggi, à la Lenk.

Et pour les amateurs de géologie, M. Bratschi, Oberlehrer à Pœschenried, qui connaît très bien toute la contrée.

Distances à partir du village:

Heures, Gifferhorn 2543 m, à l' ouest ( pag. 55)6 Wistätthore 2360™, à l' ouest4 Miilkerplatte 1937 m, au sud-ouest2 Albristhorn 2767 m, au nord-est6 Adelboden par le col Hahnenmoos 2037 m 4 Metschstand, au sud-est37 » Kandersteg par le glacier de Amerten10 Louèche-les-Bains par le glacier de Lämmern ...11 Cascades de la Simme ( Oberried ), au sud-est ...2 Les Sept-fontaines ( Siebenbrunnen ), au sud-est. .21/* Lac de Fluh 2055 m, au-dessus31/* Oberlaubhore 2003 m, au sud3 Va-Cascade d' Ifflgen, au sudl1/* Chalet d' Ifflgen 1601 m2 Col du Rawyl, Grand-Croix 2415™ ( Refuge ). ...4 Wildstrubel 3258 », par le Rawyl9 Rohrbachstein 2953 m, par le Rawyl1/ » Sierre, par le Rawyl et Iton10 Sion, par le Rawy1101/* Sion, en passant par l' aqueduc9Lac d' Ifflgen 2080 m ( voir pag. 62)4 Club-Hütte 2350 m, au pied du glacier d' Iffigen. .51/* Wildhorn 3264°, par le roc de Kirchli9 Wildhorn, par le glacier de Dunge110 Sion, par le Wildhorn13 II. LAUENEN 1259 m.

Hôtels. Hôtel de l' Ours. ( Zum Bœren. ) Gîtes alpestres. Küli-Dungel, au sud-est.

Club-Hütte du Wildhorn. Guides. Jacob Schwitzgebel, régent ( patenté ).

Gottlieb Schwitzgebel, son frère ( patenté ).

Christian Reichenbach, à Tuffi.

Christian Brand, à Unter-Schupfen.

Distances:

Heures. De Saanen ( Gessenay ) à Lauenen2s/* A partir de Lauenen:

La Lenk par le Trüttlispass 2040 m4 Kiih-Dungel 1793 mV/t Dürrensee, au pied du glacier de Dungel 3'/2 Seltenschön 2777 m ( pag. 57)5 Club-Hüite du Wildhorn 2350 m5 Lacs de Lauenen 3/* Geltenschuss, au sud2 Wildhorn 3264 m ( pag. 61)8 Glacier du Roththal, par Geltenschuss4 Spitzhorn 2807 m, par Langen-Lauenen41/« Spitzhorn, par Feissenberg5 Plateau du Sanetsch 2018 m, par le Gaggen ( pag. 63 ) 3 Gsteig, par le Krinnen 1660 m ( pag. 55)3 Je recommande le cirque de Lauenen comme une des parties les moins visitées du champ d' excursion et pourtant une des plus belles.

III. GSTEIG ( Châtelet ) 1192™.

Hôtels. Hôtel du Cerf. ( Zum Hirschen. ) Gîtes ALPESTBES, sur le foin. Chalets du Sanetsch.

Chalets d' Audon ( Oldenalp ). Guides. Emmanuel Romang, Wildhüter.

Adrien Uelliger, Landwirth.

David Pernet, Qemeindschreiber.

Johannes Schopfer, Zimmermann.

Philippe Schmied ( âgé ).

Distances:

Heures. De Saanen ( Gessenay ) à Gsteig 3 A partir de Gsteig: Lauenen, par le Krinnen 1660 m3 Spitzhorn 28071116 Col du Sanetsch ( Sénin ) 2234 m3 Sion, par le Sanetsch10 Heures.

Sanetschhorn ou Mont-Brun 2946 m4 Gstellihorn ou Dent-Blanche 2807 m4 Schlauchhorn 2587 m ( non gravi ?) 3 La Euche ( Beusch ) 1329 m- l1/* Chalets d' Audon ( Oldenalp ) 1874 m2V' a Oldenhorn 3124 m ( pag. 60)6'/s Diablerets 3246 m ( pag. 34)10 Col du Pillon 1550 m2 Plan-des-Iles ( Ormont-dessus ), par le Pillon 3 Blattihorn 2037 m, à l' ouest21 Wallegghorn 2054 m, à l' ouest2lh Lac d' Arnon ( Arnensee ), par Wallegg3 Lac d' Arnon, par le Tschertschistha121/* Wyttenberg 2351 m, au nord-ouest31/* Staldenegg, au nord-ouest3'/a B. Territoire vaudois.

Langue française. Cartes 477 et 485. Les renseignements suivants m' ont été fournis par divers membres de la Section des Diablerets et par quelques autres personnes.

6 points d' attaque: Ormont-Dessus, Chesières, Gryon, Anzeindaz, Plans-de-Frenière, Morcles.

IV. ORMONT-DESSUS 1161 m ( Au Plan ).

Hôtels. Hôtel des Diablerets. Hôtel du Chamois. Pension Bellevue. Pension du Moulin. Pension des Hirondelles. Pension Busset, à 1' Eglise. Pension Mon-Séjour, vis-à-vis de 1' Eglise.

Gîtes alpestres, sur le foin. Chalets de Pillon. Chalets d' Audon ( Oldenalp ). Chalets de Culant.

Guides. Molliens, chasseur de cha.mois. François Pichard,id.

Moïse Pichard,id.

Henri Pichard,id. ( âgé ).

Vincent Gottraux. François Beruet.

Distances:

Heures.

D' Aigle ( gare ) au Sépey21/* Du Sépey à 1' EgliseI1 Du Sépey au Plan-des-Iles2 A partir du Plan-des-Iles:

1' Eglise V2 Sépey2 Leysin, par le Sépey3 Tour d' Aï 2313 m, par le Sépey5 d' Oex, par les Mosses 1500 m5 Lac Lioson, par les Mosses4 Dent-de-Chaussy 2377 m ( pag. 25 ) 372 La Paraz 2552 m372 Palette-du-Mont 2174 m272 Lac d' Arnon 1546™, par Isenau3 Lac d' Arnon, par Chalet-vieux4 Gsteig, par Pillon 1550 m3 Cascade du Dard 1606 ml1/ » Oldenhorn 3124™, par Audon7 Oldenhorn, par le Dard6 Sex-rouge, par le Dard ou Prapioz572 Creux-de-Champ17* Pierredar, par Creux-de-Champ3 Au Diableret 3246 m, par le Dard ou Prapioz ( pag. 347 Signal de Culant 2798 m, par la Borne5 Anzeindaz, par Taveyannaz5 Gryon, par le Col-de-la-Croix 1750 m372 Chesières, par le Col-de-la-Croix 1750 m37« Meilleret 1941 m ( pag. 25)2 Chalets de Perche 1788 m .272 La Forclaz 1263 mls/4 Lac des Chavonnes 1695 m3 Bretaye 1800 m, par la Forclaz372 Chamossaire 2118 m, par Bretaye472 V. CHESIÈRES 1210 m.

Hôtels. Hôtel du Chamossaire, à Chesières. Pension du Chalet-Roud, sur Villars. Hôtel du Mœveran, sur Villars. Hôtel Bellevue, sur Villars.

Gîtes alpestres, sur le foin. Chalets de Bretaye.

Chalets de Coufln. Guides. Jules Borloz-Nicolier, à Villars.

Louis Bertarionne, à Villars.

François Durand-Turel, à Chesières.

Jean Frantschy, à Chesières. Pour les grandes courses, on les prend à Gryon et aux Plans.

Distances:

Heures. D' Aigle ( gare ) à Chesières3 A partir de Chesières: Plateau de Villars ( hôtels ) 1270- Va Huémoz » Panex, par Confrênel'/i Aux Ecovets 1334 m .V* Plambuit, par les Ecovetsl1/* Plan-Saya 1888 mi' Chalets de Bretaye 1800ml'/a Chamossaire 2118 m ( pag. 25)272 Lac des Chavonnes 1695 m2 Sépey, par Bretaye3 Ormont-dessus, par Bretaye31/ » Ormont-dessus, par la Croix 1734 m ( pag. 27 ).. .31/* Theysa-Joux 1800™ ( vue du Mont-Blanc)3/4 de Coufln 1478">2 Taveyannaz 1649 m2>/s Anzeindaz 1900 m4 Gryonl1/« VI. GRYON 1120 m.

Hôtels. Pension Saussaz. Pension Mörel.

Gîtes alpestres. Chalets de Taveyannaz, sur le foin.

Guides. Pierre-Louis Amiguet, forgeron ( 52 ans ).

Pierre-François Broyon, chasseur ( 46 ans ).

Pierre-François Aulet, chasseur ( 42 ans ).

Henri Aulet, forgeron ( 38 ans ).

Félix Cherix, à la Posse-dessus ( pour les gisements fossilifères ).

Distances:

Heures.

De Bex ( gare ) à Gryon { jj« broute6™ 3 A partir de Gryon:

Mines de Bex ( pag. 26)1 Villars1 Chamossaire 2118 m37a Chalets de Bretaye 1800m21/* Lac des Chavonnes 1695 m27a Ormont-dessus, par la Croix 1734™1 37a " Taveyannaz 1649 m2 Chaux-ronde 2022 m21/-.!

Anzeindaz 1900 m3 Diableret 3246 m, par Anzeindaz ( pag. 31 ) 7 Col-de-Cheville ( Eboulements ) 2049 m4 Sion, par le col de Cheville10 Bovonnaz 1678 m17a Surchamp 1970 m, par Bovonnaz272 d' Argentine 2282 m, par Surchamp ( pag. 40 ). .5 Plan-de-Frenière, par le 1' Aigle17a Chalets de Javernaz 1681™, par Frenière 372 VII. ANZEINDAZ 1900 m.

Gîtes alpestres. Au chalet Guyon, 5 lits et provisions courantes. Dans les autres chalets couchée sur le foin.

Guides. Philippe Guyon, chasseur.

Presque tous les vachers peuvent servir de guides.

Distances:

Heures.

De Bex ( gare ) à Anzeindaz5 A partir d' Anzeindaz:

La d' Anzeindaz 2177 m ( pag. 37)1 Haute-Cordaz 2333 m ( pag. 40)2 Signal-de-Culant 2798 m ( pag. 30)3 Pointe-de-la-Houille 3043 m ( pag. 30)37a Le Diableret 3246 m ( pag. 31)4 Plan-des-Iles, par le Diableret8 Sanetsch, par le Diableret7 Heures-Col de Cheville ( Eboulements ) 2049 m1 Chalets de Cheville 1740 ml1/* Lac de Derborence 1432 m2 La Luys, par Cheville272:

Miet 2100 m, par la Luys et la Passiere ( pag. 35 ). .5 Montbas 1596 m, par la Luys37 » Tête-Pegnat 2593 m3 Derbon 1756 m, par le lapié de Cheville ( pag. 48 ). .272 Id. par le Creux-de-Tête-PegnatS1/* Haut-de-Cry 2970 m, par Derbon6 Haut de l' Ecüellaz 2363-2 Col des Essets 2039 m1 Bas du glacier de Paneyrossaz 2294™2 Col-des-Chamois 2666™3 Tête-à-Pierre-Grept 2910 m ( pag. 47)5 L' Avare 1766™, par les Essets2 Vili. PLANS-DE-FBENIERE 1080™.

Hôtels. Pension J.L. Marlétaz. Pension Bernard. Pension Broyon. Gîtes alpestres, sur le foin. Chalets de Nant. Chalets de l' Avare. Restaurant de Pont-de-Nant. Guides. Philippe Marlétaz ( 50 ans ).

Henri Martin ( 50 ans ).

François Marlétaz ( 37 ans ).

Jules Veillon ( 25 ans ).

Distances:

Heures » De Bex ( gare ) aux Plans27* A partir des Plans:

Fremere 858 m y* Gryon, par Frenière2 Gryon, par le 1' Aiglel Anzeindaz, par les Pars37* Pont-de-Nant 1253™ y » Le Richard 1559 m17* d' Argentine 2222 m, par le Richard ( pag. 40 ). .3 Chalets de l' Avare 1766 m2 Col des Essets 2039 m272 Anzeindaz, par le col des Essets3 Glacier de Paneyrossaz 2294™ ( pag. 43)4 Tête-à-Pierre-Grept 2910™ ( pag. 47)6 Glacier des Ontans 2350™3y » Frête-de-Sailles 2599 »*)4 Grand Mœveran 3061™, par Prête-de-Sailles. ...6 Chalets de Nant 1512 ml1/« Glacier des Martinets 2250 m4 Pointe-des-Martinets 2650 m ( entrée de la Grand-vire5 Dent-de-Morcles 2980 m, par Nant-rouge ( pag. 44 ). .7 Pointe des Savoleires 2307 m ( pag. 39)4 Chalets d' Eusannaz 1654 ml1/* Chalets de Javernaz 16812 Croix-de-Javernaz 2106 m3'/2 Grand-Châtillon 1847 m3 IX. MORCLES 1165™.

Hôtels. Pension Cheseaux. Pension Perrochon, à Dailly ( 10 min. ). Hôtel des bains de Lavey ( 1 heure plus bas ). Gîtes alpestres. Haut-de-Morcles, sur le foin.

d' Arbignon. Guides. Charles Guillat, chasseur de chamois.

Jules Cheseaux.

Distances:

Heures.

De Saint-Maurice ( gare ) à Mordes21/* De Lavey-les-Bains à Mordesls/< A partir de Morcles:

La Quille 1496-1 Planhaut 1533 m8/* Rosseline 1680™1 Croix-de-Javernaz 2106™272 Plans-de-Frenière, par les Ravines4 Plans-de-Frenière, par Javernaz5 Haut-de-Morcles 1750 m1 Pointe-des-Martinets 2650™3 Grande Dent-de-Morcles 2980™, par la cheminée. .572 Grande Dent-de-Morcles, par la Grand-vire ( pag. 446 y* d' Arbignon 1621™, par Plan-Essert2 Chalet-neuf de Dzéman 1816™, par Arbignon ...3 Lacs de Fully, par Dzéman5 Le Mont ( Arbignon ) 961™11/* Chalets de Plex 1265™272 C. Tei' ritoire valaisan.

Langue française. Cartes 481, 485, 486, et angle de 477. Les renseignements qui suivent ont été fournis en bonne partie par la Section Monte-Rosa du S.A.C.

4 points d' attaque: Martigny, Saxon, Ardon, Sion.

X. MARTIGNY 475 m.

Hôtels. Hôtel Grand' Maison et Poste. Hôtel de la Tour. Hôtel du Mont-Blanc. Hôtel Clerc. Restaurant de la Gare ( lits ).

Gîtes alpestres. Restaurant Granges ( lits ?), à Fully. Chalets de Fully. ( Sorniot. ) Guides. S' informer à Fully.

Distances:

Heures.

De Martigny ( gare ) à Fullyl1/* A partir de Fully:

Sex-Carro 2094™, par le sentier4 Id. par le chemin à mulets5 Chalets de Fully ( Lacs ) 2000 m, par le sentier.. .2Va Ici.par le chemin à mulets. .3l/ü Dent-de-Morcles 2980 m ( pag. 45)7 Grand-Chavalard 2903 m ( pag. 51)51/ » Randonne 1313 m2 Lousine 1G20"12XL SAXON ( gare ) 468 m.

Hôtels. Hôtel des Bains. Hôtel Vaney. Hôtel de la Pierre-à-voir. Hôtel Suisse. Gîtes alpestres. Auberge de Saillon. Bains-de - Saillon. Chalets de Saules, de Lonze et de Cha- mosenze. Guides. S' informer à Saillon.

Distances:

Heures. De Saxon ( gare ) à Saillon 3/i A partir de Saillon:

Carrières de marbre cipolin ( pag. 50)l1/* Grande-garde 2144 m3'/a Bains-de-Saillon V4 Ovronnaz 1350 m2 Dent-au-Favre 2927™ ( pag. 45)7 Chalet de Saules 1800 m31/* Frête-de-Sailles 2599 m0 Chalets de Louze 1731 m3 Chalets de Chamosenze 1920 m31/* Grand-Mœveran 3061 m ( pag. 46)8 Ardoisières de Leytronl1/* XII. ARDON 500 m.

Hôtels. Restaurant Ignace Delaloye ( lits ). Restaurant J. Pont ( lits ), à St-Pierre. Restaurants A. Favre et L. Massard, à Chamoson. Gîtes alpestres. Chalets de Chamosenze.

Chalets de En-Zon.

Chalets de Derborenee. Guides. Jean Nansoz, père, à Ardon.

Nansoz, fils, à Ardon.

Jules Rebord, chasseur, à Ardon.

Pierre-Louis Gay, à Magnot.

Emmanuel Dosch, à Chamoson.

Jacques Crittin, meunier, à Grugnay.

Distances:

Heures. De la gare à Ardon Yi A partir d' Ardon:

St-Pierre de Clages Va Chamoson 649 m 3/4 Grugnay sur Chamoson 750m1 Chalets de Chamosenze 1920 m31Grand-Mœveran 3061™ ( pag. 46)7 Heures.

L' Airettaz ( Val-Triqueu ) 1170 m2 Chalets inférieurs de En-Zon 1620 m3 Chalets supérieurs de En-Zon 1996 m4 Haut-de-Cry 2970 m, par En-Zon ( pag. 53 ) 61/ ' .!

Derboj-ence 1500 m ( pag. 48)4 Montacavoère 2615 m, par Derborenceä XIII. SION 520 m.

Hôtels. Hôtel de la Poste. Hôtel du Midi. Pension Lilas. Restaurant Tavernier. Restaurant Bill.

Gîtes alpestres. Chalets de Montbas ( Lizerne ). Chalets de Zanfleuron ( Sanetsch ). Combaz d' Arbaz ou Case de Donin ( Sionne ).

Guides. S' informer dans les villages avoisinants.

Distances à partir de Sion:

Heures-Aven ( Conthey ) 946ra11/« Derborence, par le Chemin-neuf d' Aven5 Bex, par le Col-de-Cheville 2049 m11 Montbas 1596 m4 Chalets de Miet 2100 m, par Mont-bas6V2 Diableret 3246 m, par le glacier de Zanfleuron ( pag. 3512 Oldenhorn 3124 m, par le glacier de Zanfleuron ( pag. 6010 Chalets de Zanfleuron 2064 m5 Va Col du Sanetsch 2234™ ( pag. 63 ) 6 Gsteig, par le Sanetsch8 Prabé 205714 Créta-bessa 2711 m ( pag. 64)6 Combaz d' Arbaz 1596 m2x/a Alpe Donin ( case ) 2199 m4 Wildhorn 3264 m, par Donin ( pag. 62)8 Ayent 1036 m2 La Lenk, par le Rawyl 2415 m12

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