Pour être montagnard

« Pour être montagnard, il faut aimer la montagne sous tous ses aspects et par tous les temps. Pour cela, il faut la connaître; pour la connaître, il faut la découvrir, il faut l' aborder progressivement et sans violence. D' un échec peut résulter le découragement et l' abandon; il peut aussi en résulter une conversion; il faut être tenace et persévérer.

Celui qui se décourage, celui qui n' éprouve aucune émotion à la vue d' une cascade, d' un lac, d' un glacier, d' un beau pâturage, d' une paroi vertigineuse, d' une cime aérienne ne fait pas la découverte de la montagne; il ne la découvrira jamais.

Celui qui ne garde pas un bon souvenir d' un violent orage, d' une brutale chute de grêle, d' une pluie battante, du vent irrésistible, des éclairs foudroyants et de la voix énorme de la foudre répercutée par les gorges profondes, n' a pas l' âme d' un montagnard.

Celui qui, après avoir fréquenté les abords enchanteurs et paisibles des basses vallées, n' éprouve pas le désir de découvrir les solitudes pierreuses, élevées et grandioses ne connaîtra jamais la montagne; pas plus que celui qui passe indifférent et aveugle auprès de toutes ces beautés pour aller s' accrocher, à grands renforts de pitons, aux flancs d' un précipice. » Léon Despaux, Notre vieux Marcadau ( Privat, Toulouse )

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