Randonnée dans le patrimoine naturel mondial de l'UNESCO. Quatre vallées en cinq jours

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Tourentipp

Quatre vallées en cinq jours

Randonnée dans le patrimoine naturel mondial de l' UNESCO

Il suffit de cinq jours pour explorer les vallées de Joli, Bietsch, Baltschieder et Gredetsch qui entaillent le versant sud du Bietschhorn et offrent au promeneur une nature sauvage et variée. Les points de départ sont facilement accessibles en train ou en car postal. S' il le souhaite, le randonneur peut se rendre sur le versant opposé de la vallée du Rhône et bénéficier d' une vue panoramique sur ces quatre paisibles vallées.

Depuis le 13 décembre 2001, la région Jungfrau–Aletsch–Bietschhorn fait partie du patrimoine naturel mondial de l' UNESCO, une distinction rarement attribuée. La Jungfrau, seule ou avec l' Ei et le Mönch, ainsi que le glacier d' Aletsch, jouissent d' une grande notoriété. Par contre, le Bietschhorn n' est connu que des alpinistes. Il s' agit pourtant de l' un des massifs les plus imposants de tout l' arc alpin et les régions alentour méritent elles aussi le déplacement.

Vol sauvage des chocards

Au nord, les flancs du Bietschhorn et des sommets avoisinants forment une pente extrêmement escarpée, descendant d' une traite vers le Lötschental. Son versant méridional, lui, fait face à la vallée du Rhône et présente un aspect nettement moins monotone. Les quatre vallées qui l' entaillent offrent un plaisir inégalé au promeneur, pour peu qu' il sache apprécier la compagnie des chocards. Le Baltschiedertal est la plus fréquentée de ces vallées. Toutefois, pour arriver à la Baltschiederklause depuis la station d' Ausserberg, sur la rampe sud du chemin de fer du Lötschberg, il faut compter six bonnes heures de marche. On ne risque donc pas de se sentir à l' étroit. Cela s' applique d' autant plus dans les trois autres vallées, moins fréquentées.

De Hohtenn au Jolital

Nous descendons du train à la gare de Hohtenn. Après dix minutes de marche sur le chemin longeant la rampe sud, nous bifurquons à gauche, tout de suite après le passage sous voie, pour prendre un étroit sentier en montée. En allant vers le Jolital, la pente est agréable jusqu' à l' alpage de Tatz. L' alpage de Joli s' atteint par un chemin en terre battue qui s' élève doucement; par contre, la pente se redresse vivement sur les 300 m de dénivellation suivants, jusqu' à l' arrivée inattendue sur un replat au Chiemattbode. Plus loin, là où la montée reprend, on admirera les anciennes moraines latérales que le glacier de Joli a déposées à une époque où le climat était plus favorable à l' exten des glaces.

Sur le chemin du retour, nous suivons le même sentier jusqu' à la bifurcation de « Ladu-Süe », à 200 m environ au sud-ouest du P. 1939. Le parcours par Chal-berwald et l' alpage de Spilbiel jusqu' au hameau de Ladu est indiqué sur la carte comme un chemin de randonnée, mais en été 2004, le marquage y était très lacunaire, voire inexistant. C' est donc un trajet qu' on ne conseillera qu' aux lecteurs de cartes chevronnés. Et c' est dommage, car du point de vue des paysages, cette descente directe sur la station de Hohtenn est impressionnante.

Détour par le Bietschtal

A la lecture de la carte déjà, le Bietschtal semble plein de promesses. Il se termine par le « Reemi » 1, vaste amphithéâtre de plus d' un kilomètre de diamètre et 1000 m de hauteur, dominé par les 1000 m 1 Cf. Les Alpes, 10/2002, « L' arène montagneuse du Reemi » Aconit jaune dans le Gredetschtal avec, au fond, le Nesthorn Photo: Ernst Zbär en supplémentaires de l' imposante pyramide du Bietschhorn. Entre son point culminant et l' embouchure du Bietschbach dans le Rhône à Rarogne, on ne compte que dix kilomètres à vol d' oiseau, mais 3300 m de dénivellation, ce qui illustre bien le caractère très sauvage du Bietschtal. Dans sa partie la plus basse, l' étroit ravin est franchi par un d' œuvre du génie civil, le viaduc de 107 m de long supportant la double voie du chemin de fer du Lötschberg. Le sentier bien connu de la rampe sud longe le pont. Les randonneurs à qui les quatre heures nécessaires pour relier Hohtenn à Ausserberg ne suffisent pas trouveront de quoi se défouler dans le Bietschtal. Le sentier qui suit le fond de cette vallée est accessible à tous les bons marcheurs.

Deux jours dans le Baltschiedertal

Le temps de marche indiqué pour se rendre d' Ausserberg à la cabane CAS de la Baltschiederklause est de six heures. Seule la première heure de montée emprunte le ruban asphalté de la route d' accès. On parcourt ensuite des chemins variés dans un paysage toujours grandiose. Le long du bisse 2 supérieur d' Ausserberg, le « Niwärch », il faut éviter tout faux pas. Puis le sentier, plus ou moins raide selon les passages, s' élève sur les deux versants du Baltschiederbach. La neige accumulée par les avalanches couvre quelquefois le cours d' eau sur plusieurs mètres d' épaisseur, même en plein été. Au-delà de Chiemattu, on grimpe encore, par un chemin en lacets, de quelque 600 m jusqu' à Hohbitzu, via Martinschipfa. Aux abords des glaciers d' Üssra et d' Innra Baltschieder, la verdure cède sa place aux rochers qui bordent le sentier. Encore 500 m de montée et notre objectif du jour devient visible, au pied du Jägihorn.

2 Un bisse est un système d' irrigation typiquement valaisan par lequel l' eau des torrents glaciaires est acheminée jusque dans les cultures.

Photos: Ernst Zbär en Le Strahlhorn et le Hohgleifa forment la toile de fond du Jolital. Les pentes au premier plan sont couvertes d' arolles et de mélèzes En haut à gauche, les arbres sont à plus de 1000 m au-dessus du sentier du Bietschtal Informations Accès: chemin de fer du Lötschberg qu' à Hohtenn ou Ausserberg; car postal de Brigue à Mund et de Birgisch à Brigue. Cartes/Marquage: CN 1: 25 000, feuilles 1268 Lötschental, 1269 Aletschgletscher, 1288 Raron, 1289 Brig; CN 1: 50 000, feuilles 264 T Jungfrau, 274 T Visp; marquage pouvant être excellent ou tout à fait insuffisant selon les endroits. Saison/Equipement: dès la fonte des neiges et jusqu' en automne; équipement normal de randonnée; attention aux variations de climat. Durée/Difficulté: 5–8 h selon la longueur du parcours pour les vallées de Joli, Bietsch et Baltschieder; 6 h pour monter à la Baltschiederklause, 4 h pour la descente. Diffi-culté: T2–T4 sur l' échelle du CAS.

Attention: les itinéraires longeant les bisses ne sont conseillés qu' aux personnes ayant le pas sûr et non sujettes au vertige!

Le lever du soleil est souvent le meilleur souvenir qu' on emporte d' un séjour à la Baltschiederklause. La vue sur le Bietschhorn dans les premiers rayons du soleil se classerait certainement parmi les plus beaux panoramas offerts par les cabanes du CAS. La descente fournit l' occasion d' admirer une deuxième fois à satiété la beauté sauvage du Baltschiedertal. Nous recommandons un détour jus- Nature intacte au fond du Baltschiedertal; le Gredetschhorli ( au centre ) et le Nesthorn Ambiance automnale dans la partie inférieure du Bietschtal. Vue en direction de la vallée du Rhône qu' à l' ancienne mine de molybdène à Galkichumma. Si l'on revient à Ausserberg par le « Undra Suon », le passage sur l' asphalte est plus court et moins pentu qu' en suivant le Niwärch.

La ligne droite du Gredetschtal

Son nom l' indique clairement: le Gredetschtal ne présente aucune courbe. En effet, en dialecte haut-valaisan, « gre-detsch » signifie « tout droit ». Mais ce vallon n' a rien d' ennuyeux. Ses deux versants se dressent sur 1000 m de hauteur, traversés d' entailles de largeurs diverses. La partie la plus reculée de la vallée, d' où partent les pentes qui débouchent sur le Nesthorn, forme un cirque glaciaire comme on n' en voit que rarement. Exposé en plein soleil sur le versant sud du Nesthorn, l' actuel glacier de Gredetsch n' est qu' un misérable vestige des masses de glace qui ont autrefois sculpté la vallée. Pourtant, il forme encore avec le Nesthorn un ensemble harmonieux. Comme point de départ pour une balade dans le Gredetschtal, nous vous conseillons la localité de Mund, célèbre pour ses cultures de safran, uniques dans les Alpes suisses. On atteint la « Wyssa » après une heure de montée sur terrain dégagé, puis on longe ce bisse qui s' enfonce dans la vallée. La suite de l' itinéraire est à peine plus raide et si l'on remonte assez loin dans la vallée, on pourra admirer sans obstacle le bel arrondi de son cirque terminal. Pour le retour, on suivra le bisse « Obersta » sur la rive gauche de la vallée. C' est à Birgisch que se termine notre exploration de la région Jungfrau–Aletsch– Bietschhorn, patrimoine naturel mondial de l' UNESCO.

Vue d' ensemble

Aussi impressionnantes soient-elles, ces randonnées dans les vallées du versant sud du Bietschhorn n' offrent pas de vue d' ensemble de la région. Pour l' obtenir, on intercalera entre chacune d' elles un jour au sud de la vallée du Rhône. Par exemple, on peut marcher sur le parcours Moosalp–Grat–Augstbordhorn en partant de l' alpage de Moos, au-dessus de Bürchen, ou prendre le télésiège de Visper- Versant est du Bietschhorn. Bien qu' il soit l' un des plus imposants de l' arc alpin, ce massif, inscrit au patrimoine naturel mondial de l' UNESCO, est inconnu du grand public Le bisse « Wyssa » conduit l' eau du glacier de Gredetsch vers les prairies de Mund Des cirques glaciaires entaillent le versant droit du Baltschiedertal. A l' arrière, le Bietschhorn et le Stockhorn ( tout à d. ) terminen jusqu' à Giw pour marcher vers le lac de Gibidum et jusqu' au P. 2317, la « forêt d' antennes » couronnant le sommet du Gibidum. On peut encore partir du col du Simplon pour aller vers Weng et le Spitzhorli ( 2707 m ). Les points de départ de ces courses sont tous atteignables en car postal depuis Brigue ou Viège. Plutôt que « quatre vallées en cinq jours », on aura donc eu droit à « quatre vallées et vue d' ensemble en huit jours ». Cela en vaut la peinea Ernst Zbären, Sankt Stephan ( trad. ) Photos: Ernst Zbär en Vache d' Hérens en estivage dans le Gredetschtal Façonné par les glaciers du quaternaire, le Gredetschtal descend en ligne droite vers la vallée du Rhône

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