Reproduction des cartes nationales

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

A. Rytz

Les découvertes archéologiques nous montrent que l' homme a toujours cherché comment retenir, sous une forme ou sous une autre, ce qu' il percevait dans son environnement. Les mobiles de cette recherche étaient probablement le besoin de s' orienter dans le monde ambiant et de transmettre ses connaissances à ses descendants. Les anciens Egyptiens et les Babyloniens reproduisaient déjà des cartes routières simplifiées sur du papyrus et des tablettes d' argile. Autrefois, les cartes étaient dessinées à la main et représentaient de véritables œuvres d' art. Celui qui en désirait une copie devait redessiner entièrement la carte. Ce n' est qu' avec l' invention de l' imprimerie qu' il fut possible de produire une copie de façon mécanique. A partir de caractères typographiques, puis de gravures sur bois et sur cuivre, il devint possible de produire plusieurs tirages de l' original, donc de reproduire. On désigne par « reproduction » l' imitation exacte ou le tirage d' un original. La division de la reproduction du Service topographique fédéral a pour tâche de produire l' original de chaque carte, de le reporter sur une plaque et de l' imprimer. Des représentants de divers corps de métier sont associés pour ces travaux; ils collaborent étroitement et dépendent les uns des autres. Cette division se compose de la cartographie générale, de la cartographie spéciale, de la photographie de reproduction et de l' imprimerie. Il appartient à la cartographie de produire un original pour chaque couleur figurant sur une carte. La photographie, plaque tournante de l' en, fournit toutes les prises de vues et tous les travaux de copie nécessaires. A l' imprimerie, enfin, sont réalisés l' impression et l' apprêt des cartes. Je vais essayer de décrire le processus compliqué de la fabrication d' une carte, de sa gravure originale jusqu' à son impression.

Les documents de base A la base d' une nouvelle carte topographique officielle, il y a un levé du territoire concerné. Celui-ci est réalisé normalement à la plus grande échelle employée, c'est-à-dire dans notre cas au 1:25000. Ce levé, une fois établi par le topographe selon des mesures techniques précises, doit être transposé par le cartographe sur une carte bien lisible, graphiquement et esthétiquement attrayante. On pourrait qualifier cette transposition d' anoblissement de la matière brute.

Les éléments topographiques de base sont constitués, selon la situation d' une feuille ( Jura, Plateau, Alpes ou Tessin ) de:

- plans d' ensemble au 1: i o 000 établis par des géomètres privés ( photo 12blevés à la planchette topographique au 25000 du Service topographique fédéralrestitutions de photographies aériennes du Service topographique fédéralcartes étrangères des régions limitrophes.

La première tâche est de rephotographier tous les documents de base d' une même feuille qui peuvent différer par l' échelle et le contenu, ce qui les ramène à une échelle commune (: 25 000 ). Nous copions ensuite sur une plaque de verre, qu' on a rendue sensible à la lumière, un réseau de coordonnées qui sert de base de repérage. On peut y repérer exactement les divers positifs de la documentation de base et les recopier. Deux copies pâles sur papier de ce nouveau positif servent de base pour la rédaction topographique et les noms établis par la section topographique.

La méthode du tracé sur couche Les premières feuilles de la Carte nationale étaient encore gravées sur cuivre ( carte 7, photo 18a ). Après la Deuxième Guerre mondiale s' est développé en Amérique le « trace sur couche » sur verre ou sur feuilles de plastique. Aujourd'hui les gravures cartographiques originales sont produites principalement selon ce procédé. Pour satisfaire aux exigences de qualité requises pour notre Carte nationale, il fallait un matériau de base dur et invariable dans ses dimensions. Cette condition est remplie par les plaques de verre de miroir, polies et sans bulles d' air, que nous utilisons. C' est en 1953 que nous nous sommes reconvertis à ce nouveau procédé du trace sur couche, procédé qualitativement et quantitativement bien supérieur au dessin et à la gravure sur cuivre.

Le principe du trace sur couche est le suivant: pour pouvoir faire une copie sur la plaque de verre mentionnée ci-dessus, il faut d' abord la recouvrir d' une couche d' adhérence blanche. Puis, dans une tournette ( photo 22 a ), on verse par-dessus une couche de trace colorée en rouge, de 0,003 millimètre d' épaisseur, mise au point par le Service topographique lui-même. Une laque appliquée par-dessus protège quelque peu cette couche des dommages éventuels. Dans cette couche transparente, mais qui reste opaque à la lumière acti-nique, on grave la carte avec des instruments fabriqués expressément pour cet usage ( photo 19 a ). La finesse de la couche permet d' y graver des lignes aux bords parfaitement précis jusqu' à une finesse de 0,05 millimètre. De cette façon naît un négatif dessiné à la main à partir duquel un positif peut être tire par contact direct ( photo 17 ).

La fabrication des originaux de la carte Comme on ne peut imprimer qu' une seule couleur à partir d' une plaque, on doit réaliser autant d' originaux qu' il y a de couleurs sur une carte. Dans le cas de la Carte nationale au: 25000, il y a quatre couleurs pour les traits et quatre pour les surfaces, soit huit originaux ( carte 13 ). En principe chaque original est réalisé chez nous à l' échelle où il est publié. Afin de réduire le temps de production d' une carte entre le lever sur le terrain et l' impression, nous gravons par demi-feuilles. A la section de la reproduction, le travail commence par la gravure de la plaque noire. A partir des positifs des bases de mensuration, on fait des négatifs que l'on reporte au moyen d' une copie sépia sur une glace recouverte de la couche d' adhérence ( photo 22 a ). Si on a divers éléments topographiques superposés, par exemple plan et restitution, on peut nuancer les teintes des copies par un procédé de copies successives avec temps d' éclairage variable, ce qui permet de mieux les distinguer les unes des autres.

Le travail du cartographe Sur une carte, il est impossible de représenter les formes naturelles avec toutes les nuances et les sinuosités qu' elles ont en réalité. Cela conduirait à une densité et une finesse excessives des éléments et à un trace des lignes trop complexe pour rester visible. Ce que l' œil nu ne peut plus reconnaître avec précision doit donc être simplifié graphiquement et rendu lisible. Pour cette raison, il est indispensable de généraliser nos Cartes nationales. Il s' agit de veiller à ce que les objets identiques soient traités partout de la même façon et que toutes les feuilles de la même échelle aient une présentation d' ensemble équilibrée. Pour garantir cette généralisation des Cartes nationales, il a fallu tout d' abord mettre au point un code des signes conventionnels. L' épaisseur des lignes et la gran- deur des signes ont été fixées à 0,01 millimètre près. Généraliser signifie donc réduire le contenu de la carte sélectivement, conformément à l' échelle, mettre en évidence ce qui est important et diminuer ce qui ne l' est pas. Par le grossissement de certains éléments de la carte par rapport à la réalité, des compressions et des déplacements se produisent. Tout élargissement d' un élément entraîne le déplacement des éléments adjacents. Lors d' une réduction linéaire de moitié, les surfaces diminuent au carré. Le cartographe doit donc prendre un grand nombre de décisions qu' il met en place les éléments de la carte. Il se sert d' une rédaction produite par la section topographie qui porte la classification des routes, un choix de chemins, des suppressions et d' autres données relevées sur le terrain. Les photos aériennes sont également un auxiliaire précieux pour résoudre des problèmes de représentation.

La première tâche, pour chaque plaque, est la gravure des croix de repérage. Celles-ci sont contraignantes pour toutes les étapes suivantes et doivent être reprises chaque fois. La plaque noire, nommée « planimetrie », contient les agglomérations, constructions, routes, chemins et voies ferrées, les frontières, le rocher, les éboulis ainsi que les noms et les cotes. Cette étape peut durer plusieurs mois suivant le contenu et la région. Avec les instruments mentionnés plus haut, le cartographe trace les éléments de la carte dans la couche à graver d' une plaque portant déjà les éléments topographiques, visibles par transparence ( photo 18b ). On a créé spécialement des burins d' acier pour tracer les lignes simples, doubles et triples à 0,01 millimètre près. La qualité et le parallélisme des lignes doubles, tant droites que courbes, est irréprochable. A cet avantage s' ajoute une importante économie de temps — donc d' argent. L' enchevêtrement des lignes minuscules d' une plaque de situation est quelque peu démêlé par une progression systématique du travail. D' abord on grave à l' aide de chablons les points trigonométriques et les autres cotes d' alti. Ensuite viennent les routes principales et les voies ferrées qui subdivisent et ordonnent déjà l' image de la carte. Il s' agit de prendre en considération la compression de tous les éléments, qui intervient en particulier dans des vallées étroites ou sur des rivages escarpés empruntés par plusieurs voies de communication. Les zones bâties et les villes mettent à l' épreuve le talent du graveur. Il est difficile de conserver sur la carte le contour exact des constructions vu leur importante réduction. Le noyau ancien d' une ville, les zones indus- trielles, les blocs locatifs et les maisons individuelles devraient être reconnaissables même sur une carte à petite échelle et leurs proportions respectées. Mais il n' est pas possible de fixer le degré de généralisation de façon purement mathématique. Des maisons isolées, des cabanes de montagne et des chemins situés dans des régions isolées doivent figurer même sur une carte à petite échelle, car ils jouent un rôle important d' orienta et d' information. Par la simplification, des lignes, des éléments situés dans les zigzags des chemins ou les virages des routes disparaissent. Les erreurs peuvent être recouvertes d' une pâte noire; au besoin il est possible de graver à nouveau. Tous les pointillés sont d' abord tracés comme lignes continues, puis interrompus avec une plume et de la pâte couvrante ( photo 17 ). Ce travail de filigrane oblige le cartographe à travailler tout le jour avec une loupe puissante. Nous reviendrons plus loin sur le rocher et les noms, signes qui manquent encore sur la plaque noire.

1.25000 L' original de l' hydrographie, étape suivante, doit contenir tout ce qui est imprimé en bleu sur la carte. Sur cette seconde plaque de gravure, on copie les éléments topographiques en gris clair et la « planimetrie » déjà gravée en noir. A partir de ces copies, les ruisseaux et rivières peuvent être adaptés à la situation, par exemple interrompus là où passent des routes. Il est important de bien élargir le trait d' un cours d' eau de sa source à son embouchure. Arrêtons-nous à un élément de nos Alpes qui n' est pas sans danger: les glaciers à la surface toujours changeante. Ils forment par endroits des pentes douces, puis ils sont truffés de crevasses ou interrompus par des chutes de séracs. L' image qu' ils offrent est différente suivant la quantité de neige et la saison où la photo aérienne a été prise. Nous savons tous que les glaciers sont en mouvement et que des crevasses s' ouvrent et se ferment dans leur masse. Tout cela devrait être rendu de façon aussi fidèle que possible par le cartographe, même s' il n' est pas alpiniste. Avec une 1.100 000 aiguille à trois arêtes qu' il a affilée lui-même, il grave ces séracs, ces crevasses longitudinales ou transversales, de façon simplifiée mais le plus clairement possible. Pour les lignes à haute tension, les courbes de niveau bleues et les rives des lacs, on utilise à nouveau l' instrument de gravure habituel.

Une grande partie de notre beau pays est constituée de montagnes qui attirent chaque année de nombreux visiteurs venus du monde entier. Les producteurs de cartes suisses sont donc obligés de s' intéresser à la représentation graphique de ce monde alpin. Un long chemin a été parcouru depuis la technique des hachures dans la perspective verticale jusqu' à la représentation actuelle du rocher, qui nous montre sa forme de façon claire, exacte et aisée à interpréter. Pour la carte au 1:25000, différents essais nous ont conduits à adopter la solution des hachures et des courbes de niveau de 100 mètres ( photo 15 ). Vous vous demanderez sans doute pourquoi les rochers, éléments de la plaque noire, ne sont pas graves directement dans celle-ci.Premièrement,on a besoin de l' hydrographie comme point d' appui et, secondement, la qualité de la gravure de la situation en souffrirait. Nous fabriquons donc une nouvelle plaque pour la gravure du rocher. On y copie comme base de repérage le plan d' ensemble réduit en gris clair, éventlyellement certaines courbes de niveau en gris foncé et les gravures déjà achevées: la planimetrie et l' hydrographie, en noir.

Pour transcrire sur une carte plane des formes rocheuses en trois dimensions, il faut être capable de se représenter les choses dans l' espace et savoir bien dessiner. Afin de parvenir à une unité, le Service topographique fédéral a forme des spécialistes du rocher ( photo 19b ); il a fallu procéder selon des lois bien établies pour le principe d' éclai, le style des traits et la généralisation. La jonction entre les deux moitiés d' une feuille ou entre deux feuilles adjacentes ne doit pas laisser paraître de divergence entre les exécutants. Avant de passer du procédé de la gravure sur cuivre à celui du trace sur verre, nous avons examiné si la nouvelle couche convenait à la gravure du rocher. Les tests ont montré que, dans le trace sur couche, la surface rugueuse ou lisse du rocher pouvait encore mieux ressortir par des hachures trem-blées.

Nous savons tous qu' on peut simuler le relief en dessinant des ombres. Sur la carte plane, l' effet de relief des formes rocheuses doit être produit par des moyens graphiques. Pour obtenir un effet d' ombre, il faut un éclairage. On a choisi pour la carte l' éclairage oblique du NW. Nous pouvons provoquer un effet de relief sur un dessin linéaire par des différences d' intensité et d' épaisseur du trait. De plus, on augmente les effets d' ombre et de lumière vers le haut, aussi bien du côté éclairé que du côté de l' ombre. Les contrastes de clair-obscur doivent augmenter vers le haut et diminuer vers le bas. Il faut distinguer deux sortes de traits: les lignes du contour et de la structure donnent la forme du rocher,et les traits de remplissage servent à représenter les surfaces. Le caractère des lignes dépend du genre de rocher, rugueux ou lisse. Comme chaque trait correspond à une forme particulière, crête, fissure, brèche, ou à des sortes de roches particulières, le dessinateur est soumis à des exigences élevées. Les courbes de niveau de 100 mètres, mesurées exactement, sont ombrées comme le rocher adjacent et doivent s' intégrer sans heurt à l' ensemble. Les courbes dans les pierriers et les versants d' éboulis sont soumises à ces mêmes lois de dégradé des ombres. Pour arriver à une unité de l' effet général, le nombre de hachures de remplissage est fixe à 7-8 traits par 2 millimètres du côté ombre et à 7-5 traits du côté lumière. Sur la seule base des courbes restituées, il ne serait guère possible de transcrire les rochers sur la carte d' une façon conforme à la réalité.

Les prises de vues provenant de l' époque de la photogrammétrie terrestre ( photo 12 a ) constituent un auxiliaire précieux. Vues au stéréoscope, ces photos donnent une idée claire de la richesse de formes d' une paroi rocheuse et de sa structure, qui restent difficiles à reconnaître sur une photo aérienne. On tient également compte des dessins de rochers faits par le topographe sur le terrain. La gravure des rochers doit ensuite être réunie à la situation par les techniques de copie habituelles.

Nous nous attaquons ensuite à la plaque brune, celle des courbes de niveau. Sur la nouvelle plaque, on retrouve les éléments topographiques en gris, plus la situation, l' hydrographie et les rochers en noir. Bien que les courbes de niveau ne soient qu' un auxiliaire graphique, elles constituent pourtant l' élément principal de la représentation du terrain. Leur force d' expression géométrique nous permet de lire sur une carte la configuration topographique, les formes du paysage et l' altitude. A partir du rapprochement et de l' éloi des courbes, il est possible d' évaluer ou de calculer une pente. Les matériaux de base de la Carte nationale sont ici principalement les plans d' ensemble et les restitutions. Il est impossible de rendre exactement sur une carte topographique tous les mouvements et tous les plis du terrain. Le cartographe, en gravant, élimine les petites formes isolées, adapte entre eux les mouvements de courbes voisines, afin de souligner les lignes d' érosion, et s' efforce de garder ou d' accentuer les crêtes, les dépressions et d' autres formes du paysage. Avant tout, il dessine des surfaces à l' aide de courbes. Toutes les jonctions avec les courbes dans les éboulis, les rochers, les passages sur les routes perpendiculairement à leur axe et l' adaptation aux éléments déjà graves doivent être absolument exacts.

Nous arrivons maintenant à la dernière plaque, les contours de la forêt, le vert. Comme fond provisoire, nous retrouvons les copies de la plaque précédente, plus celle des courbes de niveau. les forêts sont un moyen d' orientation et sont donc un élément très important de la carte. Comme leur structure est très différente selon le paysage, leur représentation fidèle sur la carte pose souvent de grands problèmes. Des territoires de forêt non continue ou clairsemée sans lisière fixe sont difficiles à représenter. Ici aussi, il y a simplification et sélection, et les prises de vues aériennes verticales rendent de précieux services au cartographe.

Une fois tous les travaux de gravure terminés, c' est l' atelier de copie positive qui prend la relève. Les dix plaques gravées sont copiées par contact sur des plaques sèches, sensibles à la lumière. Après exposition et développement, ces positifs inverses sont copiés chacun séparément, dans la couleur voulue, sur une feuille d' astralon blanche. Pour la première fois, l' image de la carte avec tous ses traits apparaît. Sur cette copie en couleurs, le correcteur contrôle la concordance des éléments de la carte; il cherche les erreurs éventuelles et introduit les dernières mutations. A l' aide de cette feuille, le cartographe grave les corrections sur ses plaques. De celles-ci, on tire les positifs définitifs dont les demi-feuilles correspondantes doivent être montées ensemble, couleur par couleur, sur des plaques de laque au format de publication.

Les aplats et les écritures Pour les aplats, les masques et le relief, nous avons besoin de copies de repérage de l' image linéaire. Le réseau de coordonnées, les deux positifs du rocher, de l' hydrographie et des courbes de niveau doivent être copiés l' un après l' autre sur une plaque recouverte de laque. On en fait une copie pâle sur papier pour le dessin du relief. Sur la plaque recouverte de laque, il convient de porter encore la situation et les contours des forêts. Des copies bleues de cette carte au trait servent de base pour les teintes des lacs, des forêts, les masques des routes et des rochers. Les spécialistes dessinent les aplats et les caches à l' encre sur les plaques recouvertes de laque, au format de publication. On élimine photographiquement sur les plaques d' impression la teinte-relief des lacs et des routes avec le masque des routes et l' aplat jaune dans le rocher et les éboulis avec le masque du rocher.

Les noms et les cotes représentent une source d' information très importante, mais aussi contestée. Les noms doivent être portés clairement vers l' endroit qu' ils désignent, être facilement lisibles et gêner le moins possible le contenu de la carte. L' orthographe, les caractères typographiques et l' emplacement des noms sont fixes dans la rédaction des écritures. Dans une photocompo-seuse, tous les noms sont composés à la dimension et dans l' écriture voulue, directement sur des films minces. Pour placer les noms, on se base sur un réseau de lignes horizontales, sur l' image au trait et sur la rédaction des écritures qui sont copiées en teintes claires différentes sur une plaque de verre. Des femmes spécialement formées à ce travail collent les noms l' un après l' autre avec le plus grand soin sur cette plaque qui, une fois corrigée, est combinée avec les plaques des couleurs correspondantes.

La fabrication des originaux de reproduction Ce travail, très important pour la qualité de la carte, commence toujours par la plaque noire. Les éléments linéaires, additionnés provisoirement, doivent être copiés sur une plaque recouverte de laque comme copie de repérage ( en bleu ). La seconde copie est celle des noms, de couleur noire. Les noms et les chiffres qui doivent être bruns ou bleus sont masques. Puis vient la copie d' une moitié des rochers. Après développement, les rochers qui recouvrent l' écriture peuvent être effacés avec une pâte couvrante. Ces endroits resteront blancs lors de l' opération suivante, l' en. Nous séparons de cette façon les noms et éléments de la carte de même couleur qui chevauchent. Ce processus se répète lors de la copie de la seconde moitié des rochers et des deux plaques de la planimetrie. Puis viennent les copies du cadre standard et la division des coordonnées géographiques. Les plaques portant l' hydrographie, les courbes de niveau et les contours de la forêt se font également par copie préalable des noms et des chiffres correspondants et par couverture des chevauchements lors de la copie des deux moitiés de la feuille. Avec ces nouvelles plaques recouvertes de laque et les aplats, nous sommes en mesure d' exécuter une copie d' ensemble en couleurs sur film. Celui-ci sert de feuille de correction et remplace l' épreuve d' imprimerie. Une fois les corrections apportées sur les plaques, six originaux de reproduction sur huit sont achevés.

La réalisation du relief Sur une plaque de courbes de niveau, il est difficile de reconnaître les formes du terrain. En ajoutant les ombres, on peut souligner les collines et les montagnes, c'est-à-dire les faire apparaître en relief. On rend ainsi plus aisée la représentation de la configuration du terrain à celui qui lit la carte. Les formes aiguës ou rondes, le terrain en pente ou plat et les formes de transition doivent correspondre exactement aux courbes. Le principe de l' éclairage est identique à celui des rochers, c'est-à-dire que nous adoptons aussi l' éclairage du NW. Cela produit dans la carte une ombre oblique qui souligne les formes et fait apparaître la structure du terrain. Par un déplacement local habile de la lumière, le cartographe peut accentuer l' effet plastique dans les régions ma! éclairées. L' image des courbes de niveau demeure toujours contraignante pour la représentation des formes. On travaille sur du papier au bromure d' argent armé d' aluminium. Une copie pâle des courbes, de l' hy et des rochers sert de fond provisoire. A l' aide d' un aérographe ( pistolet de précision ), d' un pinceau et d' encre de Chine, un dessin du relief original capable d' être reproduit est giclé et peint sur le papier ( photo 20 a ). La grande difficulté pour le cartographe est de produire l' exagé des valeurs colorées nécessaire à la reproduction photographique. Les valeurs claires et sombres doivent en effet être très exagérées, car lors de l' impression, il ne reste du noir que 15% d' intensité. Par un procédé de prise de vues compliqué, l' original du reliefest tramé ( photo 20 b ). Il est décompose en une infinité de petits points qui produiront à l' impression des tons en dégradé. Ce film positif sert ensuite de base pour la copie de la plaque offset. Le côté éclairé du relief s' obtient par un procédé purement photomécanique. Le négatif trame des ombres, inverse, est imprimé en jaune sur le côté éclairé et on a ainsi un effet hypsométrique plus fort.

Nous sommes arrivés maintenant au bout d' un long chemin qui va du matériau brut du topographe aux originaux de reproduction en passant par. la fabrication des originaux.

L' impression de la carte La presse représente le dernier maillon de la chaîne de reproduction. Les auteurs de cartes et les cartographes ont toujours dépendu étroitement de l' état de la technique d' impression dans le choix des moyens dont ils disposaient. L' inven de la lithographie à la fin du XVIIIe siècle ouvrit à l' impression des cartes de toutes nouvelles possibilités. Les cartes dessinées et gravées sur des pierres lithographiques polies et granulées pouvaient être transférées sur d' autres pierres et imprimées en nombre élevé. L' invention de la presse lithographique rapide avec sa capacité de 600 feuilles à l' heure provoqua une augmentation considérable du tirage. Le XXe siècle a vu l' inven de machines dont la capacité horaire va jusqu' à 10 000 feuilles. L' impression offset employée pour les cartes est un procédé chimique qui s' est révélé des plus adéquats pour reproduire les cartes avec leurs nombreuses lignes fines, leurs trames et leurs teintes, et cela tant qualitativement qu' éco. Ce procédé est basé sur la répulsion naturelle de la graisse et de l' eau, c'est-à-dire que la couleur ne prend ( sur la feuille humide ) que sur la partie où une image est copiée. Nos Cartes nationales sortent toutes de presses offset imprimant feuille par feuille ( photo 22b ).

Les copies inversées des originaux de reproduction doivent être copiées par contact sur des plaques offset faites d' un alliage de métaux de 0,3 millimètre d' épaisseur rendues sensibles à la lumière. Le procédé de copie est basé ici aussi sur le durcissement par la lumière de la couche de copie, le développement et l' encrage. Le conducteur enroule la plaque flexible exactement sur le cylindre porte-plaque de la machine offset. L' image que l'on veut imprimer est reportée de la plaque sur un cylindre tournant en sens inverse, recouvert d' un tissu de caoutchouc. De là, le papier, qui passe entre ce cylindre et un contre-cylindre, reçoit la couleur de la surface élastique de ce tissu. Le papier a été préalablement introduit dans la machine par un dispositif d' amenée des feuilles et saisi par des pinces. Un autre appareil prend les feuilles imprimées à la sortie de la presse et les empile pour le prochain passage ou pour la coupeuse. Certains formats très grands et le nombre variable de couleurs ( de 6 à 19 selon IJ: Fragment d' un plaque de gravure: image graphiquement élaborée de la planimetrie, feuille 128g Brig 18 a: Gravure sur cuivre: méthode de reproduction utilisée jusqu' en ig$3 18b: Cartographe en train de graver une route ig a: Instruments de gravure: anneau, chevalet, grattoir et aiguille ig b: Gravure du rocher: représentation à let à aide de hachures tracées au moyen d' une aiguille à 3 arêtes 20 a: Dessin du relief avec le pistolet à peinture, le pinceau et le crayon 20 b: Le relief est tramé lors de la prise de vue dans la caméra l' échelle ) posent à l' imprimeur des problèmes difficiles de repérage. Nos cartes sont imprimées sur trois machines à deux couleurs et une machine à quatre couleurs, c'est-à-dire que les machines sont équipées de deux ou de quatre appareils d' en et impriment autant de couleurs à chaque passage du papier.

Vu que le Service topographique offre près de 400 cartes différentes à toutes les échelles ( outre les cartes spéciales ), l' établissement du programme d' impression représente souvent un casse-tête. Il nous faut tenir compte dans notre planification des demandes de l' armée, de la vente civile, dont le volume diffère beaucoup selon les régions, des mises à jour partielles ou totales, des commandes de l' administration fédérale ou des particuliers. Nous comptons sur la compréhension de nos clients si, malgré nos efforts, la feuille qu' ils demandent était justement épuisée.

Les encres de couleur que nous employons doivent remplir plusieurs conditions. Leur intensité reste bonne même pour les éléments de la carte extrêmement fins. Leur résistance à la lumière s' est également beaucoup améliorée. Les couleurs standard mélangées par la fabrique répondent à ces exigences, même sur le papier rugueux de l' offset. Une échelle des couleurs, copiée en même temps que la carte, permet de mesurer et de régler les tons avec exactitude.

Les exigences que doit remplir une carte topographique rendent nécessaire l' emploi d' un papier spécial très résistant. Il doit être jusqu' à un certain point insensible aux intempéries et résister à de très nombreux pliages ( environ 2000sans se rompre, ni se déchirer. Comme le papier réagit aux variations d' humidité et de température, il est indispensable de climatiser la salle des machines et le dépôt de papier pour obtenir une bonne impression. Des massicots extrêmement précis et 17 Phmo m. Ries s + T Phmo M. Ri Photo m. Rie Phuto M. Rie Phom m. rì

Les droits d' auteur des Cartes nationales Une ordonnance du Conseil fédéral du 12 décembre 1977, s' appuyant sur l' art. 2, al. 2, de la loi fédérale du 21 juin 1935 concernant l' éta de nouvelles Cartes nationales, règle l' utilisation des cartes officielles suisses, de leurs éléments et de leurs bases. L' art. 3, al. 1, de cette loi dit que « l' utilisation directe ou indirecte de cartes et de plans à des fins commerciales ou pour des publications de tout genre est soumise à autorisation et à émolument ». C' est à la division de la reproduction qu' incombe la garantie de ce droit d' auteur de la Confédération.

Formation de cartographes Comme ailleurs, nous connaissons le problème de la formation d' une bonne relève. Dans notre propre section d' apprentis, nous formons des cartographes depuis plusieurs années selon un règlement adopté par l' OFIAMT. Cette profession peu connue convient à des personnes calmes ayant des talents de dessinateurs. L' apprentissage de quatre ans peut être sanctionné par le certificat fédéral de capacité.

En fin de compte, on peut dire que la fabrication de nos cartes est la synthèse de toute une série de travaux artistiques et techniques. Ceux-ci exigent un personnel spécialisé et de bons moyens de production, surtout si la cartographie suisse veut non seulement maintenir, mais encore développer sa renommée internationale.Trad. A. Rigo 19a wétjù1' 19b st* 21: Plaque mise à jour: couche de gravure verte, fond provisoire gris; éléments d' aspect laiteux où la morsure a agi, nouveaux éléments gravés en blanc, feuille 1313 Bellinzona, mise à jour de igj2 22a: Un photographe étend la couche sensible sur une plaque de verre dans la tournettePhoto m. Ries s + t 22b: Impression des cartes dans une presse offset imprimant le papier en feuillesPhoto m.rìcsS + t 23a: En montagne, boussole et altimètre s' utilisent conjointement avec lacartePhoto m.rìkS + t 2ßb: Le bâtiment du Service topographique fédéral à WabernPhoto m. Ries s + t 24: ...et qui ne voudrait pas être de la partiePhoto s. Wuiischieger s + T

La riproduzione delle Carte nazionali

A. Rytz Tutti i rilievi effetuati sul terreno nonché le restituzioni delle riprese aeree devono essere riela-borati in originali idonei per la pubblicazione. Nel servizio topografico federale ciò avviene a cura della fotografia e della cartografia.

La stampa di una carta presuppone l' allesti di un originale per ogni colore pubblicato. Ciò avviene mediante una minuziosa, a volte artistica rielaborazione del materiale di base in un quadro cartografico leggibile e graficamente corrispondente.

Poiché le forme naturali e il loro delicato acco-

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