Ski-alpinisme de compétition: objectif jeunesse

«Le fun? Les jeunes le trouvent dans le ski-alpinisme. Maîtriser une pente ou un couloir en neige vierge est fun!» Voici les propos de l'un des responsables techniques de la FFME ( Fédération française de la Montagne et de l' Escalade ), André Dugit. Propos tenus lors de la première compétition internationale réservée aux 16-23 ans: la Coupe d' Europe des Jeunes.

Le coup d' envoi a été donné au Trophée de Valerette ( VS ), le 6 février dernier. Deux autres épreuves se sont déroulées depuis, à la Pierra Menta, dans le Beaufortain, et à Bormio, en Italie. Le constat est clair: à de rares exceptions près, les jeunes Suisses sont encore en retrait par rapport à leurs adversaires, italiens et français notamment. Rien de surprenant, puisque l' encadrement des jeunes skieurs helvétiques attirés par la compétition ne date que de cet hiver. Le CAS et sa commission du ski-alpinisme mettent en effet en place une structure par régions. Ce travail est en cours.

De fait la France, l' Italie, l' Espagne ou la Slovaquie ont pris de l' avance. Madrid, par exemple, fournit un appui financier par le biais de son Ministère des Sports, qui soutient les sports de compétition. En Italie, nation reine du ski-alpinisme, ce sont les régions ou leurs ski-clubs qui encadrent leurs jeunes compétiteurs. En France, la FFME et le CAF ( Fédération des Clubs Alpins Français ) s' occupent des espoirs. « Cet encadrement est important, souligne André Dugit. Il est technique. Mais il est aussi axé sur l' éthique, la sécurité, etc. Nos jeunes n' apprennent pas seulement à se battre contre le chrono, ils apprennent également à connaître la montagne. » Le CAS se propose de suivre la même trajectoire. Ainsi, dans diverses régions du pays ( Valais, Fribourg, Oberland bernois, Chablais... ), des responsables locaux se mettent à disposition pour l' encadrement. Ce sont tous des montagnards confirmés et des compétiteurs reconnus. Des camps d' entraînement sont également organisés. Ils sont ouverts à tous les jeunes, membres du CAS ou non, attirés par le ski-alpinisme de compétition1. Responsable de ce secteur au sein de la commission, Romain Ducret admet « qu' il y a beaucoup de travail à faire. Mais ce travail est passionnant. C' est l' avenir de notre sport ».

Le ski-alpinisme de compétition convient-il aux jeunes? « Oui, répond le chef technique du CAS, Raphy Frossard. Tant au niveau suisse qu' en international, nous avons réduit les dénivellations pour ménager les organismes. Jusqu' à vingt ans, la limite est inférieure à 1300 mètres. Jusqu' à 23 ans, on ne devrait pas dépasser les 2000 mètres. Nous veillons aussi à proposer des parcours rythmés, alternant montées et descentes. » Cette tendance s' accompagne d' une surveillance aussi étroite que possible des jeunes. « Cet hiver, poursuit Raphy Frossard, nous avons dû calmer quelques ardeurs en interdisant certaines courses à des jeunes qui avaient tendance à trop en faire. » Des jeunes qui sont aussi invités à diversifier leurs pratiques sportives.

Sur le plan technique pur, les jeunes sont soumis cet hiver à un règlement qui leur interdit le recours aux skis de télémark et à la descente en sorcière. « Nous voulons qu' ils apprennent à skier, précise Raphy Frossard. De plus, les tracés actuels sont plus alpins et il en va de leur sécurité. » La sécurité est très poussée et prime avant tout. Aucun compétiteur, jeune ou non, ne part sans son DVA, sa couverture de survie et sa pelle. « Au plan international, on parle aujourd'hui de rendre obligatoire le port du casque ( type VTT ) et la sonde », précise Antoine Cina, délégué du CAS à la commission technique de l' ISMC ( International Council for Ski Mountaineering Competitions ).

Selon les spécialistes, le ski-alpi-nisme de compétition convient aux jeunes. « Attention cependant à ne pas commencer trop vite, avertit Raphy Frossard. Même si notre matériel est toujours plus léger, avant 14-15 ans, on est encore fragile physiologiquement. » Cet avertissement est là pour rappeler qu' un bon encadrement est indispensable. Un apprentissage bien dirigé est une assurance qui n' enlèvera rien au fun de ce sport.

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