Sport de performance et alpinisme au CAS

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Editoriale

Editorial

Sport de performance et alpinisme au CAS

L' alpinisme est plus qu' un sport. Pour beaucoup, il représente un véritable art de vivre. Cependant, mis à part cette façon de voir, d' inspiration plutôt traditionaliste, nos activités en montagne revêtent aussi un caractère très clairement sportif. On y accomplit et compare des performances, de sorte que, à bien des égards, ces activités équivalent à des sports de compétition.

A « l' âge d' or de l' alpinisme », il y a plus de cent ans, la haute montagne était déjà le théâtre de compétitions: il s' agissait alors de la première ascension des sommets alpins. Et d' hui encore, les noms des « vainqueurs » de ces joutes restent dans nos mémoires par le fait qu' ils sont cités en introduction aux descriptions d' itinéraires données par nos topo-guides.

Alpinisme et sport de performance au CAS Tous les alpinistes, grimpeurs et randonneurs accomplissent des performances. Qui n' est pas fier d' une ascension réalisée « dans un bon temps », ou du temps inférieur qu' il a mis par rapport à celui qu' indiquent les panneaux d' excursion ou les guides, et qui renseigne maint randonneur et alpiniste sur son niveau d' entraînement? La performance qu' il a accomplie en montagne le remplit de joie et de satisfaction.

Ainsi donc, l' intégration du sport de performance et de compétition dans le champ des activités du CAS est dans la ligne toute naturelle de vieilles habitudes de nombreux alpinistes. Par les décisions prises lors de l' AD de 1994 à Martigny, le CAS a accompli un pas important en direction de l' avenir: l' escalade de compétition a fait son entrée dans les statuts, ouvrant la porte du CAS à une nouvelle discipline sportive. Des nouvelles lignes directrices adoptées, il Les concours de ski-alpi-nisme jouissent d' une popularité croissante dans toute la Suisse. Ici, Patrouille des glaciers 1994.

ressort que le CAS vise à s' assurer une large base de membres et qu' il entend se montrer ouvert à l' évolu des sports de montagne. A l' étranger ont déjà lieu des compétitions d' escalade de glace. Dans notre pays et chez nos voisins se tiennent divers concours de ski, marathons alpins etc. Il s' agit là d' activités sportives qui intéressent aussi des membres du CAS et qui leur sont accessibles. La condition, pour y participer, est d' être convenablement entraîné. Le CAS, d' ailleurs, offre aujourd'hui à ses membres des occasions d' entraîne beaucoup plus nombreuses que par le passé: les programmes de courses de quelques sections comportent des séances hebdomadaires d' entraînement à l' escalade, le soir, en halle ou en plein air. Conséquence logique de cette augmentation de l' entraînement: un accroissement des performances sportives en montagne.

Le développement des concours de ski-alpinisme Des discussions ont lieu depuis quelque temps au sujet de l' intégra au CAS des concours de ski-alpi-nisme. Durant l' hiver et le printemps 1996, sept concours de ce type ont eu lieu, dans le cadre d' un « championnat suisse » organisé de façon privée et dont la plupart des épreuves, de fait, se sont déroulées en Suisse romande. Les premiers concours de ce genre ont eu lieu il y a une cinquantaine d' années.

A l' heure qu' il est, le CISAC ( Comité international du ski-alpi-nisme de compétition ) organise une Coupe d' Europe. Dans ce sport, il s' agit pour les concurrents ( dames, messieurs, juniors et vétérans ) de progresser à ski et peaux, comme dans les excursions à ski. Certains utilisent des fixations et chaussures de randonnée ordinaires; d' autres un matériel plus léger, d' autres encore des skis de télémark. Les parcours ont en général une longueur de 20 à 30 km, avec des dénivellations à la montée qui peuvent atteindre 2400 m. Ces concours incluent naturellement de solides descentes en neige profonde. Ils durent entre 2 h 30 et 5 h, suivant la condition physique des participants. Une grande attention est portée sur la sécurité: tous les concurrents doivent être équipés d' un DVA, d' une pelle.

Editorial d' une couverture de survie, d' un sac à dos et de l' habillement approprié. Mais on veille également à la protection de la montagne, aspect très important réglé par un document de I' UIAA.

ibanes et bivouacs

lifugi e bivacchi

fon Hütten und Biwaks

Ü L' intégration au CAS des ih compétitions de ski-alpinisme alpinisme de compétition cherchent-ils maintenant à faire entrer cette activité dans le CAS? Ces compétitions sont organisées par des comités locaux. Jusqu' ici, une seule personne assurait la coordination nécessaire au championnat suisse. Cependant, le développement réjouissant de ces concours exige un soutien plus large et c' est pourquoi il a été demandé au CAS d' introduire les compétitions de ski-alpinisme dans le cadre de ses activités. Les manifestations continue-raient d' être le fait des comités d' organisation locaux, tandis que la coordination serait du ressort d' un groupe de travail du CAS ( vraisemblablement dépendant de la commission d' alpinisme d' hiver ). Le secrétariat du CAS aurait comme nouvelle tâche de fournir des informations sur ces concours.

Les épreuves de la Coupe d' Europe représentent un autre argument pour l' intégration de ce sport dans le CAS. Les participants ont en effet besoin d' une licence qu' ils n' obtiennent que s' ils sont affiliés au CISAC. Celui-ci est proche de I' UIAA, dont le CAS est membre. Certains clubs alpins européens sont déjà membres du CISAC.

Les sections du CAS auront l' occa de débattre de l' intégration au CAS des compétitions de ski-alpinisme au cours de la conférence des présidents et de l' Assemblée des délégués de cette année. Ces concours ont lieu de toute manière. Leur intégration dans nos activités fournirait au CAS la possibilité d' y avoir son mot à dire. Comme il s' agit d' un sport qui s' offre à nos membres adeptes de la randonnée à ski et que certains d' entre eux le pratiquent déjà, je suis favorable à cette idée.

Peter Siegrist, chef Alpinisme du CC Bàie ( trad.. " " .M

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