Tableau schématique des tentatives au Cervin de 1857 à 1865

Remarque : Cet article est disponible dans une langue uniquement. Auparavant, les bulletins annuels n'étaient pas traduits.

Par Charles Cos.

Avec 2 illustrations.

Et alors, dit l' abbé Gorret, commença la t Ceroinomanie ».

1855: Première ascension du Mont-Rose. Le Cervin considéré comme inaccessible, commence à intéresser. La première idée est qu' on pourrait surtout en atteindre la cime en... ballon ( Dollfus-Ausset )... ou porté sur les ailes d' un archange... ( Chanoine Gérard ).

Selon la légende, des tentatives antérieures à 1857 auraient été faites par des chasseurs de chamois de Valtournanche. A Zermatt, aucune tentative quelconque n' est signalée.

1857 lre tentative.

Versant italien, arête du Lion:

jusqu' à la Tête du Lion ( 3723 m ).

Jean-Antoine Carrel, Jean-Jacques Carrel et Aimé Gorret.

( Première tentative de Carrel et première par le versant italien. ) 2e tentative.

Versant italien, arête du Lion: jusqu' à la cheminée de la Tête du Lion ( 3450 m ).

1858 ( ou 1859 ) Victor Carrel et Gabriel Maquignaz.

( Deuxième tentative par le versant italien. ) En 1858, T. S. Kennedy ( vainqueur de la Dent Blanche en 1862 ) fait le tour du Cervin, l' examine de tous côtés et déclare qu' il est praticable par le versant italien.

3e tentative.

Versant italien, arête du Lion: jusqu' à la Grande Tour, environ 3800 m.

Jean-Antoine Carrel et Jean-Jacques Carrel. ( Deuxième tentative de Carrel et troisième par le versant italien. ) 1859 Vaughan Hawkins et le guide Johann-Joseph Bennen font le tour du Cervin, l' exa de tous côtés et, comme Kennedy, arrivent à la conclusion qu' on pourrait le gravir par le versant italien, mais ce serait long et duri 1860 4e tentative ( juillet ).

Versant suisse, arête du Hörnli:

jusqu' à environ 3470 m.

Alfred, Charles et Sandbach Parker.

( Apparition des premiers touristes en même temps que des premiers « sans guide » au Cervin et premitre tentative par le versant suisse. ) John Tyndall et Vaughan Hawkins avec les guides Jean-Jacques Garrel et Johann-Joseph Bennen.

( Quatrième tentative par le versant italien. ) Edward Whymper entre en scène. Il voit le Cervin pour la première fois ( août ), de Zermatt d' abord, puis du Breuil.

5e tentative ( août ). Versant italien, arête du Grande Tour ( 3960 m. ).

Lion:

1861 6e tentative ( juillet ).

Versant suisse, arête du Hörnli:

jusqu' à environ 3560 m.

Alfred, Charles et Sandbach Parker.

( Deuxième tentative de « sans guide » et deuxième par le versant suisse. ) 7e tentative ( août ).

Versant italien, arête du Lion:

Crête du Coq ( jusqu' à 4032 m. ).

Jean-Antoine Carrel et Jean-Jacques Carrel. ( Troisième tentative de Carrel et cinquième par le versant italien. ) 8e tentative ( août ).

Versant italien, arête du Lion:

Cheminée ( 3855 m. ).

Edward Whymper avec un guide de l' Ober bernois ( 7??)1 ).

( Première tentative de Whymper et sixième par le versant italien. ) 1862 Le chanoine G. Carrel, d' Aoste, s' adresse au fameux alpiniste britannique F. F. Tuckett, pour lui demander si l' Alpine Club, ne répétant pas ici le geste de Saussure à Chamonix, offrirait une récompense à qui trouverait le chemin du Cervin? Tuckett répond « qu' il ne croyait pas convenable de tenter, par une promesse pécuniaire, de pauvres gens qui auraient peut-être risqué leur vie dans une entreprise sans but scientifique ».

9e tentative ( janvier ).

Versant suisse, arête du Hörnli:

jusqu' à environ 3400 m.

T. S. Kennedy avec les guides Peter Perren et Peter Taugwalder père.

Kennedy qui avait déclaré le Cervin accessible par le Breuil... y renonce pour le versant suisse ( itinéraire Parker ).

( Première tentative hivernale et troisième tentative par le versant suisse. ) 10 " tentative ( juillet ). Versant italien, arête du Lion: jusqu' au pied de la cheminée ( 3657 m. ).

Edward Whymper et Reginald J. S. Macdonald avec les guides Johann zum Taugwald et Johann Kronig et comme porteur Luc Meynet dit le Bossu.

( Deuxième tentative de Whymper et septième par le versant italien .) lie tentative ( juillet ). Versant italien, arête du Lion: à peu près jusqu' au pied de la Grande Tour ( 3960 m. ).

Edward " Whymper et Reginald J. S. Macdonald avec les guides Jean-Antoine Carrel etPession1 ).

( Troisième tentative de Whymper, quatrième de Carrel et huitième par le versant italien. ) 12« tentative ( juillet ).

Versant italien, arête du Lion: jusqu' à la Cravate ( 4084 m. ).

Edward Whymper — seul.

Cette solitude s' explique par le fait que personne, à Zermatt où il s' était rendu, ni au Breuil, ne voulait l' accompagner. Malgré cela, Whymper parvint à une altitude encore jamais atteinte au Cervin. A Zermatt, il l' avait déclaré inaccessible par le versant suisse.

( Sa quatrième tentative et la neuvième par le versant italien. ) 13e tentative ( juillet ).

Versant italien, arête du Lion:

Crête du Coq ( jusqu' à 4008 m. ).

Edward Whymper avec les guides Jean-Antoine Carrel et César Carrel et le porteur Luc Meynet dit le Bossu.

( Cinquième tentative de Whymper, cinquième de Carrel et dixième par le versant italien. ) 14e tentative ( juillet ).

Versant Italien, arête du Lion:

jusque près de la Cravate ( 4102 m. ).

Edward Whymper et le porteur Luc Meynet dit le Bossu.

( Sixième tentative de Whymper et onzième par le versant italien. ) 15e tentative ( juillet ). Versant italien, arête du Lion: jusqu' à l' Epaule, baptisée ce jour-là « Pic Tyndall » ( 4258 m. ).

John Tyndall avec les guides Johann-Joseph Bennen, Anton Walter, Jean-Antoine Carrel et César Carrel, ces deux derniers comme porteurs.

( Sixième tentative de Carrel et douzième par le versant italien. ) 1863 16e tentative ( août ).

Versant italien, arête du Lion:

Crête du Coq ( jusqu' à 4047 m. ).

Edward Whymper et Jean-Antoine Carrel font ensemble le tour du Cervin et l' exa sur toutes ses faces. Leur conclusion est probablement la même que celles de T. S. Kennedy et de Vaughan Hawkins ( voir ci-dessus ). « Le Cervin invaincu et apparemment invincible », écrit à cette époque un alpiniste anglais fameux, H. B. George.

Edward Whymper avec les guides Jean-Antoine Carrel et César Carrel et trois porteurs, dont Luc Meynet dit le Bossu.

( Septième tentative de Whymper, septième de Carrel et treizième par le versant italien. ) 1864 Relâche...

1865 Las de ses échecs par l' arête du Lion, Whymper par diversion tente l' ascension par le couloir sud-est, presque parallèle à l' arête de Furggen. Il y essuie un nouvel échec. Son désir aurait été alors de faire immédiatement une nouvelle tentative mais, cette fois-ci, par le versant suisse qu' il avait déclaré impraticable en 1862 en reprenant l' itinéraire Parker. Les guides s' y refusent énergiquement et seraient disposés à escalader n' importe quoi pourvu que ce ne soit pas le Cervin...

17e tentative ( juin ). Versant Italien, par le couloir sud-est de Furggen: jusqu' à 3414 m. environ.

Edward Whymper avec les guides Michel Croz, Christian Aimer et Franz Biener et le porteur Luc Meynet dit le Bossu.

( Huitième tentative de Whymper et quatorzième par le versant italien. ) Cette tentative risque de tourner au désastre. Dénouement: Chœur des trois guides: « Le Cervin est une montagne impossible à gravir! » 18« tentative ( juillet ). Versant italien, arête du Lion: jusqu' à la « Brèche»1 ) ( environ 4280 m. ).

Jean-Antoine Carrel, César Carrel, Charles Gorret et Jean-Joseph Maquignaz.

Cette tentative, la plus audacieuse et la plus longue de toutes, dura quatre jours et quatre nuits ( du 10 au 14 juillet ). J. J. Maquignaz avait été engagé à cause de son métier de mineur et de tailleur de pierre, « afin d' aider à planter les pointes d' acier dans les roches ». On prévoyait trente mètres de paroi à « pitonner », ce qui devait durer dix jours, et la fixation d' une échelle. Carrel considérait aussi impossible l' escalade par le versant suisse.

( Huitième tentative de Carrel et quinzième per le versant italien. ) 14 juillet:

Première ascension du Cervin. Versant suisse par l' arête du Hörnli: Edward Whymper, Charles Hudson, Lord Francis Douglas et Robert Douglas Hadow avec les guides Michel Croz, Peter Taugwalder père et Peter Taugwalder fils.

17 juillet:

Deuxième ascension du Cervin et première PAR LE VERSANT ITALIEN: Jean- Antoine Carrel, Jean-Baptiste Bich, Aimé Gorret et Augustin Meynet ( de Jean-Baptiste ). ( Seuls les deux premiers parvinrent à la cime. ) Résumé.

La conquête du Cervin avait exigé dix-huit tentatives s' étendant sur neuf années et se répartissant comme suit:

18572 18581 18602 18613 18627 1863 .1 18652

soit quinze par le versant italien et trois par le versant suisse. Edward Whymper en totalise huit, Jean-Antoine Carrel huit lui aussi, dont trois ensemble. Ces tentatives, en outre, avaient groupé les efforts de trente hommes, dont vingt-deux montagnards et huit alpinistes, tous Anglais. Sur ces montagnards, huit étaient des guides italiens, neuf des suisses et un français, les autres des porteurs. Sur les alpinistes, il y eut trois « sans guide ».

En 1866, Edward Whymper revient à Zermatt pour revoir le Cervin et se livrer à une série d' observations scientifiques. En compagnie de Franz Biener, un de ses guides de la 17e tentative, il fait, cette année-là, la première ascension de la Tête de Valpelline ( 3813 m. ). En 1874, Whymper remontera au Cervin pour la dernière fois ( par l' arête du Hörnli ), avec Jean-Antoine Carrel, Jean-Baptiste Bich et Joseph-Marie Lochmatter. Après en avoir fait la première ascension, il en faisait ainsi la soixante-dixième! Cependant, il éprouve en 1895 le désir d' explorer une fois encore l' arête du Lion, théâtre de ses exploits de jadis, et de joindre la cime. Il part avec les guides César Carrel, Charles Gorret et Franz Biener et un porteur. La caravane passe la nuit au refuge de la Grande Tour, mais le temps l' empêche de pousser au-delà et elle redescend. C' est la dernière fois que Whymper touchera le Cervin dont, amusante contradiction, il avait réussi la conquête par le versant suisse après l' avoir déclaré impraticable, et jamais réussi l' ascension complète par le versant italien ( il n' a pas dépassé la Cravate, 4102 m .), où pourtant, il s' était élancé huit fois à l' assaut. Le sort a de ces ironies...

( D' après Whymper, le chanoine Carrel et Guido Rey. ):

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