Une championne garde-frontière. Portrait d'un métier

Portrait d' un métier

Une championne garde-frontière

Gabrielle Magnenat fait partie du Swiss Team du CAS et possède un palmarès impressionnant. Elle détient entre autres le record féminin de la Patrouille des Glaciers. Elle a choisi de devenir garde-frontière, une activité qui lui permet de pratiquer le ski-alpinisme même durant ses heures de travail. Domiciliée à Vaulion, elle exerce sa profession à quelques kilomètres de chez elle, à Vallorbe. Elle nous livre ici ses impressions sur ce métier particulier.

Bernard Mayencourt: Pourquoi avoir choisi de devenir garde-frontière?

Gabrielle Magnenat: A la base, j' avais une forte envie de pratiquer un sport d' élite, le ski-alpinisme. Pour cette raison, je me suis dirigée vers la profession de garde-frontière.

En Suisse, pour vivre du ski-alpinisme, la seule possibilité est de devenir garde-frontière. Aujourd'hui, je suis pleinement satisfaite de mon choix, j' adore mon métier. Avant cela, je suivais des études dans une école d' ingénieurs. Il me restait une année avant de terminer ma formation lorsque j' ai décidé de changer de direction. Sans la possibilité de pratiquer le ski-alpi nisme, je n' aurais jamais quitté ma formation initiale.

Quelles sont vos principales sources de satisfaction dans votre profession?

J' aime beaucoup le travail d' équipe et nous formons une grande famille. J' ap énormément le contact avec les voyageurs et les pendulaires. De plus, j' ai la chance d' habiter à seulement 10 minutes de mon lieu de travail et je me déplace toujours à vélo. C' est vraiment un plaisir de travailler dans sa région. Comment se déroule une de vos journées types?

Durant l' hiver, je suis libérée par mon travail pour pratiquer le ski-alpinisme. Quasiment tous les week-ends, je participe à des courses nationales ou internationales. Le lundi et le mardi, je me repose, et je m' entraîne les autres jours. Au programme: technique, musculation, sorties avec efforts intensifs. Durant l' été, je participe une fois par mois à un camp d' une semaine mis sur pied pour le Swiss Team du CAS. Les semaines où je travaille à la douane, j' effectue régulièrement des entraînements de une à deux heures par jour. Je profite aussi de mes deux jours de congé par semaine pour prolonger mes entraînements. Quel regard vos collègues masculins por-tent-ils sur vous?

En fait, au niveau professionnel, il n' existe aucune différence entre une femme ou un homme. La confiance est réciproque. Il nous arrive souvent de travailler par groupe de deux et on est ensemble durant huit heures par jour. Il existe toujours un bon esprit d' équipe, l' entente est parfaite. J' aime beaucoup Gabrielle Magnenat fait partie du Swiss Team du CAS et pratique le ski-alpinisme avec passion.

Photo: Gér ar d Ber thoud, T roistorr ents l' ambiance qui règne sur mon lieu de travail.

Qu' est qui vous attire le plus dans votre profession?

C' est difficile de répondre parce que tout me plaît. Si je devais citer deux éléments, ce serait en premier lieu le contact avec les gens. Même s' il est bref, c' est toujours sympathique d' échanger quelques mots avec les passants. En second, je citerai la découverte de stupéfiants, d' armes, car on ressent toujours un sentiment de satisfaction. Quels conseils prodigueriez-vous à une femme qui souhaiterait se lancer dans cette voie?

C' est un très joli métier. On vit des situations complètement différentes d' un jour à l' autre et il faut savoir les gérer. Ce métier évolue continuellement. Des décisions politiques comme les Accords de Schengen modifient singulièrement les données. On apprend tous les jours quelque chose de nouveau, c' est une profession passionnante. Il ne faut pas hésiter à se lancer.

Quelle est la durée de la formation? Nous effectuons tout d' abord une formation d' une année. Ensuite, nous réalisons des stages avant d' obtenir un brevet. A partir de là, durant quatre ans, il y a une formation continue avec des cours de sport et de sauvetage. Puis, on peut se spécialiser dans certains secteurs. Il existe aussi des possibilités d' avance pour assumer les fonctions de sous-officier, de chef de poste ou d' offi.

Dans le cadre de votre profession, avez-vous déjà arrêté un criminel?

Il nous arrive d' arrêter des trafiquants de drogue ou d' armes, ou des gens qui circulent sans permis de conduire. Et si vous reconnaissiez un grand criminel, quelle attitude adopteriez-vousSi je voyais quelqu'un de dangereux, je ferais comme si je ne le connaissais pas. Je demanderais discrètement de l' aide à mes collègues. Comme je l' ai dit, nous travaillons en équipe, de manière soudée. Il faut toujours bien s' entourer si l'on se retrouve face à une personne reconnue dangereuse. a Inter view: Bernard Mayencour t, Saxon La Vaudoise Gabrielle Magnenat a choisi de devenir garde-fron-tière notamment car elle apprécie les contacts sociaux et aime travailler en équipe.

Photo: Gér ar d Ber thoud, T roistorr ents Garde-frontière: conditions d' engagement

Citoyenne/citoyen suisse ou double national/e

Au minimum un apprentissage professionnel de trois ans, une école de commerce, une maturité, un brevet fédéral dans la sécurité, etc.

Age: entrée au cours d' introduction après le 19 e et avant le 36 e anniversaire

Bonne réputation

Bonne aptitude physique

Taille minimale: 160 cm pour les candidates et 168 cm pour les candidats

Acuité visuelle, corrigée ou non, d' au moins 0,8 pour l' œil le meilleur et 0,5 pour le plus faible; non corrigée, d' au moins 0,1 pour les deux yeux. Perception normale des couleurs

Acuité auditive normale

Permis de conduire catégorie B

Pour les hommes: avoir effectué l' école de recrues ou avoir été exempté de l' armée Les gardes-frontière sont également affectés en tant que préposés à la sécurité du trafic aérien ainsi que pour des engagements à l' étranger en faveur d' organisations internationales. Depuis plusieurs années, des membres du Corps des gardes-frontière font leurs preuves dans les Balkans en tant qu' observateurs de police civile ( Civpol ).

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