Vertige (Pour guérir du -)

Cet ouvrage a été traduit en por-tuguais et une traduction anglaise est en cours.

Geneviève Gülacar, Carouge GEH

Comment lutter contre le vertige?

Je conseille la lecture du passionnant ouvrage de Danielle Quinodoz, psy-chanalyste à Genève, Le Vertige entre Angoisse et Plaisir, paru aux Presses Universitaires de France en 1994. L' auteur y étudie le vertige d' origine

Pour guérir du « vertige »

C' est en tant que comportementiste que je réponds à cette question.

Il est probable que le collègue de M. Oggenfuss ne souffre pas de vertige à proprement parler, mais d' anxiété consécutive à l' exposition brutale à un danger beaucoup plus grand que d' habitude. Il convient en outre de bien distinguer deux événements très différents: la perte totale d' équilibre et les dommages consécutifs à la chute. C' est du produit de la probabilité de ces deux événements que résulte le risque de dommages. Ainsi donc, avec une probabilité de chute de 1 % et une probabilité de 90% de dommages personnels sérieux, le risque objectif n' est que de 0,9 %, valeur souvent acceptée en montagne.

A cause de son anxiété, notre collègue sous-estime la sûreté de sa position sur le « terrain » et ne s' adapte que très mal à ce qu' il perçoit de sa situation. Il ne recouvrera sa capacité d' évaluation qu' après une désensibilisation très progressive aux situations exposées.

Je lui propose de commencer dans un immeuble de 10 étages. Il regardera horizontalement, puis obliquement, enfin vers le bas, par une fenêtre fermée du 1er étage. S' il n' éprouve aucune anxiété, il recommence ( suivant les trois directions ) devant la fenêtre ouverte. Si l' anxiété surgit, il ferme la fenêtre et reprend patiemment. Il ne rentrera chez lui qu' après Le sentiment de vertige peut conduire à un blocage complet de la personne, même sur un chemin de montagne qui n' est pas aussi exposé que celui de la Gemmi, qu' on voit ici réussite totale devant la fenêtre ouverte du premier. Une à deux semaines plus tard, après avoir procédé étage par étage, il plongera son regard droit en bas du 10e étage, sans hésitation ni sueurs froides.

Il terminera cette désensibilisation sur le terrain, de façon accélérée mais toujours progressive, prenant le temps et le plaisir d' évaluer en toute détente la sûreté de sa position et de son geste1.

André Gonthier-Werren, Neuchâtel

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