A ski

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Je vais vous faire suivre l' autre itinéraire, plus classique: Partons assez tôt et remontons au col d' Aratille, notre première course. Du col, descendons franchement au SE dans le vallon du Rio Ara pour éviter une marche à flanc délicate et exposée sur les pentes sud du Pic Meillon. Remontons le vallon en direction NE. La pente est assez raide vers la fin pour atteindre le col des Mulets. En descendant un peu vers le SE, nous avons une vue très belle sur la face nord du Vignemale et le couloir de Gaube, avant de nous lancer sur les magnifiques pentes où le soleil levant a fait fondre en surface la neige de printemps. En peu de temps et beaucoup de virages, nous sommes sur le grand plateau des Grandes Oulettes où va s' élever le refuge-hôtel du CAF.

Retournons-nous encore: la face nord nous écrase. Si nous avions le temps, en deux heures nous pourrions atteindre le refuge de Baysselance par le col des Oulettes - et gravir le Vignemale le lendemain.

Mais nous quittons à regret ce magnifique cirque et, les skis bien fartés - car il y aura du plat - nous descendons par des ressauts et des plats successifs jusqu' au lac de Gaube en partie dégelé et qu' il faut contourner par la rive gauche - avant de repasser sur la rive droite du torrent on nous trouvons le chemin qui nous conduit au Pont d' Espagne.

J' espère que cette semaine au Marcadau vous donnera envie d' y venir souvent, car il vous reste bien des itinéraires à parcourir, bien des sommets à gravir dans ce coin des Pyrénées que vous aurez aimé, j' en suis sûr.

A ski

PAR M. HENCHOZ, D' OEX Je suis allé seul à ski dans la montagne, hors des chemins battus. C' est ma méthode pour faire le point. Loin des hommes, dans la sérénité, les problèmes prennent du recul, se décantent, s' en, les solutions apparaissent, tout s' éclaircit.

Donc j' ai quitté Zazie qui reste immobile de saisissement sur ses quatre pneus, à l' abri des murs de glace de la petite route. J' ai chaussé mes skis légers vêtus de fourrures; dès les premiers pas, ils semblent s' éveiller et prendre plaisir à faire crisser les cristaux charges d' ombre encore. Chacune de mes expirations rejette son petit panache de vapeur, mouillant l' air sec dans le froid, tandis que les cheminées des chalets épars fument. Cette présence humaine disparaît derrrière le repli de terrain. J' avance par foulées légères dans un monde apaisé et, sans m' en apercevoir, j' entre dans un état second où rien ne commence ni ne finit. Le soleil me caresse, radieux de me montrer le chemin sur cette terre à laquelle la saison morte a donne une pureté nouvelle. Devant une grappe de sapins, il fait tiède, la neige a fondu, libérant un sol recouvert d' aiguilles déteintes. Je m' assieds pour jouir de l' invitation des oiseaux qui expriment de tout leur être la joie d' accueillir les douces journées revenues. Muni de leur réconfort, je les quitte pour grimper vers l' azur mystérieusement installé au-delà de la dernière crête. L' horizon apparaît de toutes parts, embrassant les plus lointains sommets. Une trombe de souvenirs m' emporte quand je vois les rochers d' en face, tous rajeunis, qui me disent: « Qu' attends? » « Viens! » La griserie de folles escalades revit en moi et me traverse en ondes de bonheur, puis survient la plénitude de l' apaisement. Mes pensées s' échappent maintenant vers les grands monts, je revois d' autres tranches d' existence irréelles et lointaines ou joyeusement présentes - parfois tragiques.

Mes lattes agissent en complicité avec l' herbe découverte par les vents, elles ne glissent plus pour me faire signe que nous arrivons. La dernière côte m' abrite du courant taquin et je m' installe sur ce pas de porte du ciel. Il faut bien que je te ravitaille, carcasse, instrument qui m' a offert cette journée de rêve en plein vingtième siècle.

Détendu comme un chat, je prolonge l' instant, je suis libre comme l' air. Mais les rayons se fatiguent insensiblement et me jettent d' obliques regards.

Le besoin d' action me reprend, je me dresse d' un bond pour apprêter mes fidèles outils. Tournant le dos à la fraîcheur naissante, j' amorce l' arabesque dans la pente offerte et je déploie la ligne capricieuse au gré des bosses, des creux, des haies, des couloirs, des sapins et de toutes les merveilles de l' hiver figées dans l' attente du renouveau.

Dans le ruisseau, l' eau qui lambine sous son voile de glace me murmure que c' est fini.

Je me retourne une fois vers le sillon de vie qui anime la pente - vers le passé déjà.

Zazie ronronne en m' emportant à la rencontre de tout ce que j' avais oublié.

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