IV. Piz Cambrena

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( 3607 mètres. ) Le 2 septembre seulement, à cause du mauvais temps qui persistait à déjouer tous nos projets, nous pûmes nous remettre en route; notre intention était d' escalader le Piz Cambrena, cette belle tour de neige que l'on aperçoit à gauche du Piz Palù, dans le merveilleux panorama du glacier de Morteratsch. La route est la même que celle du Piz Palù, jusqu' au col qui s' ouvre entre les deux montagnes et que l'on appelle Cambrena-Sattel; de là, on prend, soit à droite l' arête du Palù, soit à gauche l' arête du Cambrena. Partis à 2 heures du matin de Pontresina, nous étions à 7 heures au Col de la Diavolezza; j' admirai encore le spectacle incomparable que l'on découvre de ce col, je ne crois pas qu' il y ait nulle part un point de vue plus grandiose; l' élévation étant moyenne, les montagnes apparaissent dans toute leur grandeur et dans toute la plénitude de leurs formes.

A partir de là nous contournâmes le Piz d' Arias, et à 8 heures nous atteignions le col du même nom; nous eûmes quelques instants alors l' idée d' escalader le Cambrena, par la face qui se présentait à nous; malheureusement plusieurs chutes de glace la couvraient et en rendaient l' accès trop dangereux, et il fallut nous ré- soudre à suivre le chemin ordinaire. Nous prîmes donc la direction du Cambrena-Sattel, par les hauts escarpements du glacier de Pers. L' année dernière, ce glacier étant coupé dans toute sa largeur, par um bergschrund colossal, il fallait passer à gauche, sur des rochers fort difficiles, et sur des pentes de glace noire. Mais cette année, grâce à l' énorme quantité de neige tombée pendant le mois d' août, le bergschrund était à peu près comblée, et aussi à 11 heures nous arrivions sans aucune difficulté sur le Cambrena-Sattel ou Col du Cambrena. A 11 heures et demie nous nous remettions en route; il ne faut pas prendre précisément l' arête du Cambrena, mais incliner un peu vers la gauche, et monter par une pente de rochers peu difficiles quoique assez escarpés. En montant nous n' inclinâmes pas assez, je crois, dans cette direction, cependant l' ascension se fit facilement et sans danger et à 1 heure de l' après midi nous nous étendions voluptueusement sur le sommet.

La vue est magnifique, le glacier de Palù semble un immense lac de neige, que font admirablement ressortir les hautes et noires parois rocheuses, qui l' entourent ou qui en émergent. La Cresta Agiuzza se présente très bien, avec ses formes qui rappellent un peu le Matterhorn, de ce côté du moins, car du côté du glacier de Morteratsch, elle offre au contraire la forme d' une arête dentelée. Le Piz Bernina se dressait fièrement, dominant d' épouvantables abîmes, et jetant au ciel son arête si gracieusement courbée.

A 2 heures nous nous remettions en route, la descente s' effectua sans aucun incident remarquable, et à « 7 heures et demie nous étions de retour à Pontresina. Cette course faite assez rarement est très belle; elle est pour le moins aussi intéressante que la course classique du Piz Morteratsch, et la vue y est peut-être plus magnifique encore. J' engagerai les futurs touristes à coucher dans les chalets de Bernina ( qui par parenthèse ne sont pas des chalets, mais bel et bien une excellente auberge ). De là, en marchant bien, et en n' hésitant pas sur sa route, on peut arriver au sommet en 6 ou 7 heures; il en faut 5 ou 6 pour revenir jusqu' à Pontresina; on voit que la course n' a rien d' excessif. Cette expédition fut la dernière que je fis cette année dans l' Engadine, et d' ailleurs dans toutes les Alpes. Je quittai Pontresina le lendemain, non pas sans espoir de retour, on peut m' en croire, et j' allai me reposer sur les bords enchanteurs du lac de Côme, d' une campagne de deux mois et demi dans les Alpes françaises et suisses.

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