La Gässispitz par l'arête nord

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Le Guide des Alpes Valaisannes ne décrit, ni ne mentionne cet itinéraire. Il s' agit de la plus belle varappe à portée de la cabane Topali, de la plus dangereuse aussi.

L' arête nord de la Gässispitz n' est pas une arête au sens rigoureux du terme. C' est plutôt une paroi nord, que l'on voit de profil des environs de la cabane.

De la brèche immédiatement au nord de la Gässispitz, un couloir descend à l' ouest, sur le glacier de Pipi. Tailler quelques pas dans la glace au haut du couloir pour atteindre des rochers gris clair. S' y élever, en obliquant légèrement sur la gauche, jusqu' à une petite épaule dominant la brèche de vingt mètres. D' ici monter d' abord tout droit. Obliquer ensuite sur la gauche, en escaladant un pan de rochers prêt à s' écrouler. ( Une fissure longue et profonde — elle n' existait pas en 1916 — ne laisse aucun doute sur l' éboulement prochain de cette masse importante ). Une varappe directe et verticale conduit à une zone moins raide. Laisser à gauche un névé long de 30 m, incliné de 55°. A droite se dresse ( en silhouette bien détachée pour qui l' examine des environs de la cabane ) un petit gendarme aigu. Quelques mètres plus haut, un cairn ( deux blocs blancs sur un socle noir ). De la brèche jusqu' ici 1 h. 15.

Ce point est dominé par la paroi terminale, à pic. Sa base est foncée; le haut, jaunâtre. Une longue cheminée, impraticable dans le bas, fend la paroi en direction du sommet. A gauche, s' aperçoit une cheminée parallèle. A droite s' ouvre une troisième cheminée. Elle n' est pas visible immédiatement. Elle oblique vers l' ouest et bientôt se perd dans la paroi.

S' engager avec prudence dans cette dernière cheminée, peu sûre, et la gravir. Une vire permet ensuite de traverser à gauche, en pleine paroi ( très peu de prises ) jusqu' à la grande cheminée centrale. L' entrée dans la cheminée, très encaissée, demande une manœuvre délicate, impressionnante plutôt que difficile. Le fond de la cheminée est couvert de glace. Mais un bloc coincé et les côtés de la cheminée en facilitent l' ascension. Après 10 mètres de ramonage, sortir de la cheminée sur la gauche. 15 mètres de grimpée raide et sans difficulté, une vire étroite à gauche, encore quelques mètres d' escalade directe et l'on atteint une crête qui vous ramène sur la droite. En quelques pas l'on parvient au sommet. ( Du steinmann au sommet 45 minutes. ) Dans les deux premiers tiers de l' ascension, il convient de vérifier la solidité de chaque point d' appui. La structure géologique cependant est favorable, et jamais l'on ne trouve de formation imbriquée. Souvent on s' élève aussi aisément que sur une échelle, mais une échelle dont chaque échelon est suspect. Dans la partie supérieure le roc est rugueux.

Venu directement de l' Inner Stellihorn, je ne puis juger de la viabilité des couloirs aboutissant à la brèche nord. Leur aspect est rébarbatif.

J' ignore les noms des alpinistes qui firent la première ascension de l' arête nord de la Gässispitz. Elle est antérieure à 1916. Le grimpeur arménien, feu M. Matzlan, et Joseph Knubel accomplirent la première descente de l' arête nord en 1916. Notre ascension est la 3e ou 4e. Elle n' est qu' une petite section — la plus intéressante — du parcours d' arêtes suivant, effectué par le soussigné et Caspar Mooser, le 20 septembre 1926:

Inner Stellihorn 8 h. 30. Brèche nord de la Gässispitz 10 h. Gässispitz 12 h. à 12 h. 30. Barrjoch 13 h. 25 ( d' ici, marché avec les crampons pendant 30 minutes ). Ausser Barrhorn 14 h. 15 à 14 h. 30. Inner Barrhorn 15 h. Schöllihorn 1 ) 15 h. 45. Bruneggjoch 16 h.

( Départ de la cabane Topali 5 h. 20, retour 17 h. 45. ) E. R. Blanchet.

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