Le ski et les avalanches aux Etats-Unis d'Amérique

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Avec 4 illustrations ( 9 — 12Par André Roch

Plusieurs accidents d' avalanche, survenus dans les montagnes des Etats-Unis d' Amérique, émurent les milieux intéressés au développement des sports d' hiver, qui décidèrent d' entreprendre quelque chose pour lutter contre ce fléau.

Au cours de l' hiver 1947/48, j' avais fait visiter l' Institut fédéral pour l' étude de la neige et des avalanches au Weissfluhjoch à un skieur américain, Mr. Hackney, et à son professeur de ski Max Bertsch. Je leur avais expliqué le travail d' investigation de la couverture de neige effectué par les soins de l' institut, l' organisation et le fonctionnement du service des avalanches et les mesures prises dans notre pays pour réduire le nombre des accidents. Ce même hiver, Mr. Hackney perdit un de ses amis dans une avalanche à Aspen ( Colorado ). A la suite de cette catastrophe, il me demanda de venir aux Etats-Unis pour examiner la situation et donner mon avis sur les mesures à prendre. C' est pourquoi, à fin janvier 1949, l' avion m' emportait à midi de Paris, pour me déposer le lendemain à 18 heures à Denver ( Colorado ), la dernière grande ville avant les Montagnes Rocheuses.

Aux Etats-Unis, le sauvetage des victimes du ski est effectué par les soins du « National Ski Patrol System », organisation instituée par un avocat de New-York, Minot Dole, après qu' il fut abandonné de longues heures, la jambe brisée, sur une piste. Il en resta boiteux. Partout où l'on pratique le ski aux Etats-Unis, ou trouve des patrouilleurs pour vous transporter et vous soigner en cas d' accident, et cela gratuitement. Les patrouilleurs sont volontaires, ils doivent passer un test de skieur et suivre un cours de samaritain. Ils s' engagent à assumer le service de sauvetage et s' organisent entre eux pour que le nombre adéquat de sauveteurs soit toujours sur place, et ils ont libre parcours sur les remonte-pente mécaniques. Dans les grandes stations, les patrouilleurs sont engagés et payés pour la saison. En plus du transport des blessés, ils travaillent à entretenir les pistes.

L' association des patrouilleurs patronnait mon voyage; je devais me rendre dans tous les endroits où ma présence était réclamée.

Les conditions des sports d' hiver aux Etats-Unis sont bien différentes des nôtres. Dans l' Est, les montagnes atteignent deux mille mètres d' altitude et sont si boisées que le ski ne peut y être pratiqué que sur des pistes spécialement aménagées. Je n' y ai jamais fait de ski, mais d' après les descriptions entendues, ce doit être unique! Les « trains de ski », dans lesquels les touristes dorment et mangent, déversent par milliers les skieurs aux lieux choisis. Les pistes, fort étroites, deviennent alors de véritables fleuves humains. Malheur à celui qui s' arrête en chemin, il est immédiatement culbuté, roulé, écrasé!

L' Ouest offre de meilleurs possibilités. Les montagnes, atteignant presque partout trois et quatre mille mètres d' altitude, couvrent une surface appro- ximativement cent fois plus grande que celle des Alpes suisses, mais jusqu' à présent, les stations de ski n' y sont guère plus nombreuses que dans notre pays, et ceci pour plusieurs raisons:

Tout d' abord, le ski alpin, relativement récent, ne commence que maintenant à se développer aux Etats-Unis. Ensuite, les régions montagneuses sont extrêmement sauvages et difficiles d' accès; on peut y rôder des semaines, même des mois entiers sans rencontrer un seul être humain; les daims, chevreuils, cerfs, ours, loups et coyotes sont vos seuls compagnons.

Tandis que dans les Alpes certains villages, existant depuis longtemps et situés aux endroits les plus propices, se sont développés en stations de sports d' hiver; aux Etats-Unis, la plupart des stations sont nées aux endroits accessibles, comme d' anciens centres miniers, par exemple, ou le long des grandes lignes de communication. En effet, pour évacuer les minerais, des routes et chemins de fer avaient été construits qui permettent maintenant aux skieurs d' accéder aux montagnes sur lesquelles ils évoluent. C'est le cas d'Alta ( Utah ), d'Aspen ( Colorado ), de Mineral King ( Californie ). Un danger de ces stations est constitué par le fait que les mineurs ont déboisé complètement certains versants des montagnes pour étayer les boyaux des mines. Il en est résulté des catastrophes comme l' avalanche qui recouvrit Alta en 1874 et fit 60 victimes.

D' autres stations sont organisées à proximité des grandes routes et des chemins de fer, comme par exemple: Sun Valley ( Idaho ), Arapaho Basin ( Colorado ), Sugar Bowl ( Californie ), Snoqualmie Pass ( Washington ) ou encore Stevens Pass dans le même Etat, où un citadin peut venir en train de la ville de Seattle et assister aux plus importants concours de ski, sauts, slaloms, descentes et courses de fond, sans mettre le pied dans la neige, ni le nez dehors.

Une troisième catégorie de stations prend naissance aux endroits propices, situés au voisinage des villes, comme par exemple au Mont Rose près de Reno ( Nevada ), à Government Camp ou Timberline Lodge près de Portland ( Oregon ), au Mount Baker ( Washington ) entre Seattle et Vancouver, à Snow Basin près de Ogden ( Utah ), au Berthoud Pass près de Denver ( Colorado ), etc.

Les stations américaines n' offrent, généralement, pas de terrains aussi favorables ni des dénivellations aussi importantes que dans les Alpes; par contre, certaines d' entre elles ont des enneigements et des qualités de neige meilleures que chez nous.

Les skieurs américains sont aussi d' une autre race. Chez les anciens pionniers et les émigrants, on trouve naturellement les mêmes genres de touristes suisses, autrichiens et bavarois, et à ceux-ci se rattachent certains skieurs américains connaissant les Alpes, puis on trouve les sauteurs nordiques: Suédois et Norvégiens; mais le skieur américain, type actuel, pratique le ski comme un continuel entraînement sur une pente d' exercice. Il est généralement athlétique et skie comme s' il s' entraînait au basket-ball par exemple. La plupart des monte-pente mécaniques, simples cordes, barre en T ou télésièges, sont courts et le skieur, expert ou débutant, remonte cinquante à cent fois par jour pour descendre selon sa force en exerçant les virages. Pour lui la remontée non mécanique n' existe pas. En revanche, il aime descendre en neige fraîche et en cela il est plus fantaisiste que la masse des skieurs de chez nous. L' Américain a peu d' endurance pour la montée à ski. Dans sa vie ordinaire, il se déplace toujours en automobile et ne sait plus marcher, aussi se fatigue-t-il rapidement. Précisons que la plupart des stations de l' Ouest sont à grande altitude, 2000 à 2800 mètres, et que les montagnes s' élèvent jusqu' à 4500 mètres où le manque d' oxygène se fait sentir. La masse des skieurs ne connaît pas, comme chez nous, les longues descentes ou les grandes traversées; mais le développement de ce sport se fait probablement plus logiquement que dans les Alpes où les premiers skis furent employés comme moyen de locomotion pour parcourir les montagnes avant que l'on sache les utiliser d' une manière experte. Ces pionniers ont contribué au développement de la technique alpine qui fut introduite dans les Alpes par les Anglais et s' est développée grâce aux compétitions.

Si l'on assiste actuellement à un premier stade du développement du ski en Amérique, le second stade qui d' ailleurs a toujours existé mais qui se répand actuellement parmi la masse, est forcément l' application logique de ce qui a été appris sur la pente d' exercice, les longues descentes et les excursions.

Quant aux avalanches, il est normal que l'on s' affole d' un phénomène naturel dont on ignore le mécanisme. Moi-même, bien qu' ayant déjà passé deux hivers dans les montagnes des Etats-Unis, je pensais que pour le métier que j' étais appelé à faire, il convenait de me mettre au bénéfice d' une assurance sérieuse pour ma vie. Malheureusement, ce métier fut classé parmi les plus dangereux et il m' aurait fallu payer une prime de 80 dollars pour deux mois. J' estimai ne pas valoir autant et renonçai à m' assurer. Heureuse décision, car c' est à peine si je vis une avalanche de tout l' hiver; et pourtant elles se déclenchent!

Après ce dernier voyage, il me semble possible de pouvoir analyser d' une manière générale les conditions d' enneigement des montagnes de l' Ouest et d' en tirer des conclusions quant aux dangers d' avalanches.

Les chaînes de montagnes se répartissent comme suit:

Au Nordouest, la principale est celle des Cascades, le « Cascade Range » qui court du nord au sud parallèlement à la côte du Pacifique, à 300 km. à l' intérieur des terres, dans les Etats de Washington et d' Orégon. Elle se continue au sud par la Sierra Nevada en Californie.Vers l' est s' étend une zone de collines, boisées au nord et désertiques au sud, jusqu' aux Wasatch Mountains qui recouvrent une partie des Etats d' Idaho et d' Utah. Plus à l' est encore se trouvent les Montagnes Rocheuses qui, venant du Canada, traversent les Etats de Montana, Wyoming, Colorado, Nouveau-Mexique et Texas.

Sur la chaîne des Cascades au Nordouest, l' humidité du Pacifique déverse pendant la saison froide une énorme quantité de neige. L' hiver 1948/49 fut spécialement riche en précipitations et, à certains endroits, ce fut une catastrophe: plus de dix mètres de neige compacte et mouillée recouvrait complètement et écrasait les maisons qui, disons-le, ne sont pas construites aussi solidement que chez nous. Les télésièges enneigés étaient hors d' usage; on pouvait s' asseoir sur le sommet des pylones.

Dans l' Etat de Washington, plusieurs grandes routes sont menacées par des glissements de neige qui bloquent temporairement les communications. Dans ces conditions, le problème des constructions de protection contre avalanches se pose d' une façon assez compliquée. En effet, la pression d' une couche de neige mouillée, de huit mètres d' épaisseur, inclinée de 35° sur un mur de retenue, est de 18 tonnes par mètre courant. On se rend compte de la résistance que devrait avoir une galerie protégeant une route ou un chemin de fer.

Les chutes de neige sont si importantes que d' énormes avalanches balayent des vallées entières, rendant le tourisme très dangereux, spécialement pour des skieurs ne connaissant que des pentes d' exercice. A Government Camp près de Portland, Oregon, l' échafaudage construit pour les juges du tremplin de saut de Multopore fut emporté un hiver par une avalanche qui balaya tout un côté de la piste.

Au-dessus de la limite des forêts qui se trouve à 1500 mètres d' altitude, la pratique du ski n' est guère favorable en hiver, souvent même impossible. Les gros volcans, surgissant des immenses forêts, sont balayés de vents violents qui chassent la neige et forment d' énormes vagues. Au printemps, le sport du ski devient plus favorable sur les névés et glaciers recouvrant les montagnes.

Au Sud, en dépit d' un climat méridional, les conditions de la Sierra Nevada sont meilleures. Bien que l' enneigement soit moins important et que la neige fonde rapidement à partir d' avril, le climat plus sec rend cette neige meilleure. A part les glissements accompagnant les chutes de neige importantes, de grosses avalanches de printemps seront toujours à craindre, car la température devient subitement très élevée. Les stations de ski sont nombreuses en Californie, mais pour la plupart, les pistes se limitent à une série de pentes d' exercice. A un endroit même, on peut compter plus de douze cordes monte-pente mécaniques.

J' eus la chance de visiter Minerai King, un ancien centre minier dans le parc national du Sequoia où des particuliers veulent lancer une station de ski. La traversée du parc où les arbres de plus de cent mètres de haut ne sont pas rares est un enchantement. Les montagnes de granit rose, entourant la station projetée, s' élèvent jusqu' à 4000 mètres d' altitude. Des genévriers poussent jusqu' à la fine pointe des cimes. Les nombreuses descentes de plus de 1000 mètres de dénivellation sont variées et comparables aux meilleures des Alpes. De nombreuses ascensions en font un paradis pour le grimpeur. La seule supériorité des Alpes est constituée par ses glaciers, inexistants dans la Sierra, qui compense ce handicap par son climat, sa végétation luxuriante et la sauvagerie des paysages.

Au nord de ces chaînes, près de Reno ( Nevada ), se dresse un massif, le Mont Rose, où les conditions de ski sont excellentes. Notre passage eut lieu lors des concours scolaires de ski. En entrant dans la salle du restaurant La Mont Superior, 3400 m, domine la route conduisant à Alta ( Utah ) Après chaque importante chute de neige, les avalanches coupent les communications 11 - Photo A. Roch

Comment l' avalanche protégea la forêt près de Berthoud Pass ( Colorado ). Une avalanche avait emporté les arbres sur une largeur de 50 à 100 m. L' année suivante, un feu de forêt venant de la droite fut

12 - Photo A. Roch arrêté par la coupe qu' avait faite l' avalanche. On remarque que lesOrell Füssli Arts Graphiques S.A.Z.urich arbres repoussent mieux sur le parcours de l' avalanche qu' en terrain brulé situé à l' arrivée, nous vimes trois adolescents, jambe ou bras dans le plâtre, étendus sur des canapés. Près de Reno, un aviateur, travaillant pour une ligne aérienne faisant le service entre les Etats-Unis et la Chine, a acheté une vallée: Squaw Valley; il a dix ans pour la payer. Il y construit un télésiège sur une dénivellation de 600 mètres, un hôtel et peu à peu une station. Emile Allais a été engagé pour y diriger l' enseignement du ski. Les pentes sont variées, le site est ouvert et la vue est superbe sur l' immense lac Tahoe qui s' étale dans le lointain.

A l' est de Salt Lake City et d' Ogden se trouve une chaîne, les Wasatch Mountains, qui offrent probablement les meilleures conditions pour le ski aux Etats-Unis. Alta, Brighton Wood et Snow Basin sont les trois principaux endroits organisés. Ils sont faciles d' accès; le climat y est sec, les précipitations fréquentes et la température basse sans être extrême. La neige est presque toujours poudreuse et légère. Aussi les skieurs de Salt Lake sont habiles dans la neige profonde. Le fond des vallées est à 2700 mètres d' altitude et les sommets ont de 3500 et 3700 mètres. Ils sont jolis, un peu petits, peut-être, mais le terrain de ski est excellent.

Les avalanches y sont très nombreuses du fait des fréquentes et importantes chutes de neige, des grosses différences de température et de la raideur des pentes. Les conditions de neige et d' avalanches sont étudiées depuis dix ans à Alta et des mesures sont prises pour fermer les pistes et déclencher artificiellement les avalanches. Grâce à ces précautions, il n' y eut qu' un seul accident mortel. Deux constructions de protection contre avalanches furent édifiées; mais, trop petites et trop faibles, elles se révélèrent insuffisantes. Les nouveaux bâtiments du service des routes ( Highway Department ), hangars pour les chasse-neige, etc., sont construits de telle façon que les avalanches puissent glisser par-dessus sans les endommager.

Au nord-ouest d' Alta, dans l' Etat de Idaho sur la ligne de chemin de fer du « Union Pacific », se trouve Sun Valley, la station la plus mondaine des Etats-Unis. Elle est équipée de nombreux télésièges et autres monte-pente mécaniques. La pratique du ski y souffre de plusieurs désavantages: la neige y est souvent soufflée et les pistes favorables sont situées trop loin de la station.

La grosse réclame de l' endroit est une piscine d' eau chaude naturelle à ciel ouvert. Cependant, le propriétaire de la source voulait trop d' argent pour son eau, en sorte qu' on en chauffe au charbon à meilleur marché.

Plus à l' est, les Montagnes Rocheuses couvrent un immense territoire par endroits peu exploré. Le désagrément est qu' il y fait très froid en hiver. En revanche, la neige, tombant en faible quantité, un à deux mètres d' épais, y est éternellement poudreuse, si pulvérulente même, qu' il est très pénible de skier dans les forêts sans une piste; car on enfonce jusqu' au genou. Au-dessus de la limite des arbres, qui croissent jusqu' à 3500 mètres d' alti, la neige soufflée se plaque et forme des bancs extrêmement dangereux, du fait qu' ils reposent sur une grosse couche de neige de faible cohésion. Aspen, où j' eus la chance d' étudier les conditions hivernales en 1947 et où se trouve actuellement le plus long télésiège du monde, est la station la plus comparable aux meilleures des Alpes. Habituellement, il y neige un peu chaque nuit, tandis que le temps se dégage au cours de la journée suivante, de sorte que l'on peut skier sur une éternelle poudreuse. En général, les avalanches sont rares, car les fréquentes chutes de neige sont insuffisantes pour former des plaques de neige instables. Mais si par hasard une chute plus importante a lieu, la neige se plaque un peu partout et la situation devient très dangereuse. C' est ce qui arriva en février 1948.

Le climat hivernal des Alpes est intermédiaire entre les énormes masses de neige humide et compacte du Nordouest et la neige éternellement pulvérulente et de faible épaisseur des Montagnes Rocheuses.

A 15 kilomètres au sud d' Aspen se trouve Ashcroft, village de mineurs abandonné, le meilleur centre de ski que je connaisse. Une dizaine de sommets de 4000 mètres couronnent l' amphithéâtre fermant la vallée dont le fond se trouve à 2700 mètres d' altitude. D' un certain sommet, l' Electric Peak, une dizaine de descentes différentes de 1300 à 1500 mètres de dénivellation, feraient de cet endroit une station comparable à Davos. Le développement du ski va certainement permettre de lancer un tel paradis. Les stations décrites sont celles que j' ai visitées, et la liste est incomplète, car les possibilités sont illimitées.

On sait qu' aux Etats-Unis tout est extraordinaire; tandis que dans les Alpes, les forêts constituent la meilleure protection contre les avalanches, non loin du Berthoud Pass près de Denver, c' est une avalanche qui protégea la forêt. En effet sur le flanc d' une montagne, une bande de 50 mètres de largeur fut emportée par un glissement. L' année suivante, un feu de forêt menaça de dégarnir la montagne entière et fut arrêté par la coupure qu' avait faite l' avalanche.

Un propriétaire peut couper sur son terrain tous les arbres qu' il veut, aucune loi ne l' en empêche. Aussi, sous l' influence de personnalités prévoyantes, en particulier de certains membres du Sierra Club de Californie, l' Etat s' est approprié les plus belles régions naturelles et en a fait des parcs nationaux qui dépendent du Service des Forêts. Ce service a pour mission d' ouvrir ces terrains au public et s' applique actuellement à la formation et à l' entraînement de forestiers spécialistes dans la connaissance de la neige et des avalanches, des mesures à prendre en cas de danger, de l' organisation des stations, des sauvetages, etc.

La vie dans l' Ouest des Etats-Unis est certainement plus amusante qu' en Suisse. Il n' y a pas de différence de classes sociales. Dans les stations de ski, par exemple, le personnel des hôtels est constitué par d' aimables jeunes filles qui viennent surtout pour apprendre à faire du ski. Chaque jour, elles évoluent pendant leurs deux heures de liberté. On s' intéresse à leurs progrès, on en discute le soir, et l' ambiance est charmante. Dans les stations suisses, il est généralement interdit au personnel de faire du ski.

Les professeurs de ski américains sont joviaux et amicaux et ne se croient pas sortis de la cuisse de Jupiter; ce qui contraste souvent avec les allures de paon de certains instructeurs bavarois, autrichiens et même suisses malheureusement.

On assiste actuellement à un grand « Boom » du ski aux Etats-Unis. C' est une excellente chose, car il est naturel que chaque skieur américain désire connaître les Alpes. Recevons-les comme ils le font eux-mêmes, cordialement, et donnons leur des salles de bain sans supplément!

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