Les variations périodiques des glaciers des Alpes suisses

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Cinquante-cinquième Rapport — 1934.

L' enneigement des Alpes suisses en 1934.

L' année niuométrique 1933/34 a eu les caractères généraux suivants dans les hautes montagnes de Suisse: octobre 1933 a été trop chaud, normalement ensoleillé et normalement pluvieux; novembre, au contraire, a été trop frais, trop sombre et trop sec; décembre, assez clair et un peu trop sec, a été trop froid d' environ 2°.

Janvier 1934 a été un peu trop chaud, un peu trop mouillé et a manqué de soleil. Février, trop froid, a eu une nébulosité inférieure à la normale et a reçu trop peu d' eau. Mars, en revanche, a été trop chaud, trop sombre et beaucoup trop neigeux. Avril a été très ensoleillé; sa température a été l' une des plus fortes qu' on ait observée depuis trois quarts de siècle; enfin, ses précipitations n' ont souvent atteint que le quart de la quantité habituelle. Mai a eu les mêmes caractères, avec des excès de température allant jusqu' à 3°. Juin a été plutôt normal. Juillet, trop chaud, trop clair et trop sec. Août trop froid, trop sombre et trop orageux. Septembre, enfin, a été doux, clair et sec, particularités que le mois suivant a montrées encore.

En résumé, l' hiver 1933/34 a été pauvre de précipitations, tandis que le printemps et l' été, chauds, ont été favorables à un désenneigement énergique.

On n' a guère signalé d' avalanches importantes. Notons toutefois que la célèbre « Chaumény », qui descend ordinairement en mars vers le Léman, entre le Bouveret et St-Gingolph, a dévalé le 17 janvier déjà et jusque dans l' eau. A l' autre extrémité de la chaîne alpine, entre Pontresina et les Maisons de la Bernina, 1a « Grosse Marianne » s' est détachée du Mont Pers et a recouvert la voie ferrée sur quelque 800 m. de longueur, faisant périr, malheureusement, les deux braves qui s' étaient portés au-devant du train pour l' avertir du danger. En revanche la « Meissenbodenlaui », près d' Elm, n' est pas descendue du tout, ce qui est très rare. Près du glacier du Rhône, tant sur le Gletscherboden que dans le défilé d'«In den Lammen », il n' y avait plus trace de neige à la mi-septembre 1934. Du Belvédère, le glacier du Rhône apparaissait nu à perte de vue et on n' apercevait plus aucun névé sous les Gerstenhörner, non plus que sous le Galenstock. Au début d' octobre, ainsi que le chroniqueur a pu l' observer en survolant la région du Trient, tout était extraordinairement découvert. Le glacier d' Orny était complètement dénudé, plus même qu' en 1921. On montait à la nouvelle cabane du Trient par la pente à l' est du nivomètre, pour la première fois complètement désenneigée. Enfin, une rimaie béait sous le promontoire qui porte le totalisateur et la nouvelle cabane. Le golfe sous l' Aiguille d' Orny laissait voir une moraine médiane notable. La neige finissait déjà à mi-hauteur de la pente sous la Fenêtre du Chamois. Enfin le déchaussement s' est accentué encore à l' ancienne cabane Dupuis.Mercanton. ) Voici maintenant quelques données numériques:

Suisse orientale. A la cabane Parsenn ( 2280 m .), l' enneigement maximum a atteint 1,1 m. ( 1933: 2,1 m. ).

Les balises du Silvretta ont marqué: l' inférieure ( 2760 m .): maximum 2,0 m. à mi-mars; la supérieure ( 3013 m. ): 2,4 m. à fin avril; à celle-ci, le résidu automnal d' enneigement a été 0,9 m ., tandis que la perche inférieure indiquait un désenneigement final de 0,5 m. 1 ).

Au col séparant le Piz d' Err du Piz delias Chalderas, le résidu positif était l,6 m. le 5 octobre 1934.Golaz. ) Au Säntis ( 2500 m .), l' enneigement maximum, 2,4 m ., au début de février, est resté inférieur de 2,2 m. à celui de 1933.

Suisse centrale. Aux Clarides, du 13 septembre 1933 au début d' avril 1934, l' enneigement maximum n' a été que de 2,1 m. à la balise inférieure ( 2708 m .) et 3,15 m. à la supérieure ( 2910 m .), tandis qu' à fin septembre la perche supérieure mesurait un résidu de 1,5 m. encore, il y avait déficit de 1,55 m. à la balise inférieure.

Au Col de la Jungfrau à fin juillet 1934, moment de l' étiage, et depuis le 4 septembre 1933, l' enneigement résiduel des deux balises ( 3300 m .) a été 3,5 et 3,6 m.Billwiller. ) Le nivomètre de VEiger ( 3100 m .), dont M. le directeur Dr Liechti et le personnel du chemin de fer de la Jungfrau continuent de prendre soin avec une ponctualité précieuse, a marqué un maximum de 34 degrés ( 42 en 1933 ) 2 ). L' étiage a été atteint à' fin octobre par — 6 degrés ( 1933: 14 ). Voici les bilans des trois dernières années:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMitresEtéMitres Automne Mitres 1931—1932141932231932 — 9 1932—1933181933141933 + 4 1933—1934101934201934 — 10 Suisse occidentale. L' équipement nivométrique des Diablerets a été surveillé toute l' année par M. E. Reber, guide, et son fils André. Le nivomètre ( 3030 m .), dégagé très tôt ( 1e 23 février ), a marqué l' étiage, 63 degrés, le 1er octobre; celui de 1933 avait été 72. Voici les bilans:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMitresEtéMitresAutomne Mitres 1931—1932 > 41932 > 8,51932 — 4,5 1932—1933 > 8,5 1933 > 9,51933 — 1 1933—1934 > 51934 > 9,51934 — 4,5 La balise plantée en 1933 à 0,5 m. au-dessus de l' étiage, s' est abattue le 31 juillet; le 25 août, une ancienne balise ( 1931réémerge et saille de 0,8 m.

le 1er octobre, indiquant ainsi un désenneigement d' au moins 1 m. Le totalisateur a recueilli une quantité vraiment faible de précipitations; les contrôles n' ont pourtant révélé aucune défectuosité dans son fonctionnement. Voici les résultats:

EpoquesTsanfleuronDiablerets- Village2870 m.1170 m. ) 22 XI 1933—17 VI 1934 62,5 cm.44 cm.

17 VI 1934—1er x 1934 26 cm.46,5 cm.

22 XI 1933—1er x 1934 88,6 cm.90,5 cm.

soit 105 et 107 cm. en 365 jours.

Les contrôles à Orny-Trient ont été faits les 5 et 6 octobre par le Dr W. Jost et le rapporteur, avec Léon Farquet. Le totalisateur a été remis en service.

La balise, qui émergeait le 12 septembre 1932 de 1,8 m ., saillait de l,6 m. à l' étiage de 1934, indiquant un résidu positif de 0,2 m. seulement, en deux ans, mais la surface d' étiage s' est abaissée d' environ 0,4 m. dans ce même laps de temps, d' après nos mesures au théodolite.

Le nivomètre est complètement déchaussé et son aplomb ne rencontre plus le glacier, mais bien un talus morainique à sec. Cette échelle est donc, temporairement seulement — espérons-le —, hors d' usage. Le rapporteur, piloté successivement par MM. Bompard et Roubaty sur avions de chasse de l' Aviation militaire, a pu obtenir, les 15 mai et 2 octobre, des vues utilisables de cette échelle, en passant en « rase-névé » devant elle. Le 15 mai, elle eut marqué — XXI10,5 m .) et le 2 octobre — XL20 m .), ce qui correspond à un désenneigement estival de 10 m ., mais ce chiffre appelle des réserves et il serait vain d' essayer un bilan du nivomètre.

Conclusion. Faute d' accumulation neigeuse en hiver et en raison de l' énergique ablation estivo-automnale, l' enneigement des Alpes suisses a été, en 1934, fortement régressif.

Chronique des glaciers suisses en 1934.

Les contrôles de 1934 n' ont pu porter que sur 94 glaciers seulement. Les données émanent en majeure partie de nos agents forestiers; le reste nous vient de clubistes, membres et collaborateurs de la Commission des Glaciers de la Société Helvétique des Sciences naturelles. Ce sont MM. Guex ( Trient ), Imhof ( Binn ), Campiche ( Rosenlaui ), Vogt et Meisser ( Bregaglia ), Streiff-Becker ( Clarides ), Golaz ( Piz d' Err ), puis MM. Lütschg, Mercanton, Oechslin de ladite Commission. La Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli a continué, sous l' impulsion résolue de son directeur M. Kaech, les mensurations détaillées de l' Unteraar. Enfin le chroniqueur, obligeamment accueilli à bord de ses machines par l' Aviation militaire suisse, a pu constituer nombre de documents photographiques, ici reproduits en partie. Grâce à ces divers concours il peut donner, une fois de plus, un tableau suffisant des variations récentes de nos glaciers. Que tous en soient remerciés ici!

Voici, dans leur forme habituelle, les résultats de ces contrôles:

I. Bassin du Rhône.

Tableau I. Variations, en mitres, en Glaeiers19321933 1934 Rhône16925 Gratschlucht103,515,5

Tälli ( Binn)3014,513

Mittlenberg6710 Fiesch2,51130 Aletsch 2,6313 Kaltwasser129,57 Ofenta11,5135 Schwarzenberg21,51616,5 Thäliboden11164,5 Kessjen3,84,5 — Allalin7,5 — 1020 Fee16,5711,, Gorner9,51113,5 Zmutt2Findelen 344,5 Turtmann92,527,5 Lœtschen 0731,5 Duron ( Tsinal)1,544,5 Moming8130 Moiry522,515,5 Ferpècle4,5423 Arolla11105,5 Tsigiorenove613544 Duran ( Seillon)2,54,54 Lendarreg3,583,5 Grand Désert102020 Mont Fort257,5 Valsorey 076,5 Saleine 0920 Orny3 ans24 Trient101625 Martinets 54 — Paneyrosse 1846,5 Grand Plan Névé 27,53,5 Petit Plan Névé 131 5 Prapioz128 4 Scex Rouge477 Sont, en outre, en recul: Tseudet, Corbassière.

Le retrait du glacier du Rhône a été plus considérable que jamais. Son lobe gauche a reculé de 10 à 20 m ., bien que, près du portail, une petite partie ait avancé de quelque 6 m ., franchissant encore là le profil bleu sur environ 2 m. de largeur; partout ailleurs, le pourtour glaciaire reste bien en amont dudit profil et repose déjà sur le flanc rocheux du vallon. Le lobe droit a reculé de 30 à 40 m .; le rétrécissement transversal de la langue a été particulièrement grand de ce côté. Les mensurations faites le 16 septembre par le chroniqueur et M. Calatayud, ingénieur E. I. L., ont indiqué:

Aire couverte en aval du profil bleu8 m2 Largeur sur le dit profil2 m.

Variation d' aire totale en 1933/34— 3160 m2 Le portail s' est transporté de plus en plus vers la droite et semble remonter graduellement le cours sous-glaciaire du torrent qui donne lieu à la cascade visible dans les rochers, sous le Saas, près du bord droit du glacier.

Un événement capital s' est produit en juillet: à une centaine de mètres au-dessus du front et au milieu des glaces, une fenêtre arrondie s' est ouverte, découvrant le lit rocheux. Dès lors elle s' est sans cesse élargie: le 31 juillet, elle avait une vingtaine de mètres de diamètre; à fin août, elle avait doublé et à fin septembre triplé de largeur. Nous voici revenus à peu près à l' aspect du glacier en 1912, lors de son dernier minimum.

Au Belvédère, le glacier s' est écarté de 8 m. encore du repère plombé, perpendiculairement au rocher; il était, le 19 septembre, à 23 m. de celui-ci.

Il n' était guère possible d' installer convenablement un cryocinémètre devant le lobe gauche du front, mais deux instruments, simultanément ancrés dans le lobe droit, à 20 et 35 m. du Rhône, ont indiqué, le 16 septembre 1934, le premier, 8,4 cm./j ., le deuxième 2,6 cm./j. seulement et avec moins de sûreté. Au début de septembre 1933, on avait noté 8,25 cm./j. à 24 m. et 9,85 cm./j. à 41 m. du torrent.Mercanton et Calatayud. ) Le retrait du glacier sur des assises rocheuses inclinées et irrégulières a, de tous temps, entraîné l' instabilité de masses de glace qui parfois s' effondrent sur le cours sous-glaciaire même du torrent, provoquant son arrêt temporaire, arrêt tôt suivi d' une débâcle redoutable pour les rives du Rhône. Le 17 juillet, une famille zurichoise, père, mère et garçonnet, étaient assis, sans méfiance, au bord du torrent, lorsque subitement d' énormes masses d' eau chargées de glaçons débouchèrent du portail et les balayèrent. On réussit à sauver la mère, à 150 m. en amont de Gletsch, avec des blessures graves; le père et le fils furent retrouvés noyés. De larges affiches placées bien en vue, près du glacier, par les Hôtels Seiler, mettent pourtant depuis longtemps les visiteurs en garde contre les surprises funestes du glacier.

Une très forte coulée de boue et de pierres est descendue le 24 juillet des Diablons au nord de Zinal; il s' agit, sans doute, d' une débâcle d' un glacier malheureusement non identifié.

Depuis 1931 et particulièrement en 1934, le recul du glacier d' Orny a été considérable.

II. Bassin de l' Aar.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers193219331934 Oberaar16,53125,5 Unteraar11,55467 Rosenlaui121210 Grindelwald Supérieur. .2912Grindelwald Inférieur ...32Eiger63Stein12914 Blümlisalp6612 Schwarz1210Tsanfleuron381322 Gamchi185Rätzli.. 14,51416 Wildhorn03,59 En outre sont:

stationnaires: Renfen, Gauli, en décrue: Trift, Thierberg, Tschingel.

Voici, obligeamment communiquées par M. le directeur Dr Kaech, les mesures faites aux deux glaciers de l' Aar par la Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli, et plus spécialement par M. Flotron, son ingénieur-géomètre:

L' effet destructeur des eaux du lac de la Grimsel sur les glaces de l' Unter a été énorme en 1934 et a réduit de 37,400 m2 ( 5000 m2 de plus qu' en 1933 ) l' étendue du glacier, en faisant reculer le front de 67 m. en moyenne en 347 jours. Ce retrait n' a d' ailleurs pas été uniforme: au bord gauche, sous le Brunberg, il comptait une soixantaine de mètres; il s' est élevé brusquement à 120 m. vers le milieu du glacier. Au milieu même, il n' était plus que de 45 m. et se réduisait à quelque 20 m. au bord droit, sous le Zinkenstock. Ce recul exceptionnel de la partie gauche du front est imputable à un crevassement très fort qui y a détaché de grandes masses de glaces, parties à la dérive. L' em du torrent tend toujours plus vers la rive droite. La grande falaise frontale avait atteint 50 m. de hauteur à son point culminant.

Le bloc d' Hugi se trouvait, le 23 septembre 1934, à 56 m. en aval du profil « Oberer Brandlamm »; sa vitesse de descente s' avère supérieure de 20 % à la vitesse maximum du glacier ici-même. En amont de ce profil, jusqu' à celui du Mieselen et au delà, les vitesses superficielles ont beaucoup diminué, de même, d' ailleurs, que les hauteurs des profils; la corrélation n' est du reste pas très explicite. L' abaissement de la surface glaciaire a été particulièrement fort sur les deux affluents du Finsteraar et du Lauteraar.

Le tableau III montre les changements de niveau et de vitesse superficielle des profils:

Tableau m.Glacier d' Unteraar.

Mensurations de la Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli.

Variations du niveauVitesses superficielles Altitudemoyen, en m./anmoyennes, en m./an des profils 1931/32 1932/33 1933/341931/32 1932/33 1933/34 Grunerhorn, Finsteraar: 2600 m.01,65 - 3,044,744,55 41,95 Wildläger, Lauteraar:

2550 m.1,553,0533,031,95 Mieselen: 2415 m. 0,3 — 1,55 — 1,9536,45 36,95 33,8 Pavillon Dollfus: 2280 m. 0,25 - 0,85 - 1,8532,934,05 31,35 Brandlamm, Supérieur: 2125 m. + 0,2 - 0,75 - 0,9516,55 17,117,1 Brandlamm, Inférieur: 2005 m. 1,85 — 1,3 — 2,25,255,455,4 La cubature du volume perdu par l' Unteraar révèle, pour 1934, une dissipation énorme, supérieure de 60% à celle de 1932/33 ( tableau IV ):

Tableau IV.1932/331933/34 Du front de 1933 au front de 1934 845,000 m31,122,000 m3 Du front de 1934au profil Brandlamm Inférieur488,000 m3821,000 m3 Du Brandlamm Inférieur au Brandlamm Supérieur 1,154,000 m81,748,000 m3 Du Brandlamm Supérieur au Pavillon Dollfus 1,803,000 m83,156,000 m3 Du Pavillon Dollfus au Mieselen3,672,000 m85,854,000 m3 Total 7,962,000 m3 12,701,000 m3 Le glacier d' Oberaar a perdu 25,5 m. de sa longueur et libéré encore 11,200 m2 de terrain.Kraftwerke Oberhasli. ) Le Rosenlaui continue de décroître, surtout au côté droit du front; sa langue s' amincit et se disloque. Des chutes de glace menacent toujours le sentier de la cabane Dossen. Le gros rocher, coté 2367 m ., entre la Dossenwand et le Wellhorn, découvre de plus en plus; les glaces s' y éboulent par-dessus et de chaque côté; le haut glacier, au-dessus de 2700 m ., ne montre pas de changement notable.

Le Trift s' affaisse énormément dans sa partie basse horizontale. Depuis quarante-cinq ans, d' après le guide J. Kehrli, cet affaissement a été d' une soixantaine de mètres, tandis que le glacier perdait près de 300 m. de sa longueur. Il y a vingt ans, pour gagner le glacier sous la cabane Windegg, on descendait de 5 à 10 m. Maintenant, il faut dévaler 35 m. Les parties hautes du glacier, sauf une apparition renforcée de matériaux morainiques au pied des Thierberge et du Maasplankenstock, ne paraissent pas notablement modifiées.Campiche. ) Le glacier de l' Eiger a encore perdu de son épaisseur frontale. Au Grindelwald Supérieur, le recul a été considérable; la masse rocheuse, à droite, découvre toujours davantage, tandis que sous le Milchbach, 1a langue s' est fort amincie. Au Grindelwald Inférieur, les changements sont peu marqués; un lent recul se fait sentir sur les deux côtés du front, mais l' abrupt médian, dominant la gorge, semble stationnaire. L' observateur ayant malencontreusement égaré son carnet de notes, ne peut donner aucun chiffre. ( Schwammberger. ) La langue du Rätzli s' est fortement affaissée et raccourcie; pour la première fois, des rochers sont venus au jour sur son flanc oriental.Schwarz. ) III. Bassin de la Reuss.

Tableau V. Variations, en mètres, en Glaciers193219331934 Firnalpli E32 Griess ( Klausen ) 195 Kartigel 573 Wallenbühl ( Voralp ) ...73310 Kehlefirn1812,56,5 Schlossberg 1,513 Hüfi1,5 2319 Brunni123,5Schiessbach17388 Damma6946 St-Anna27Tiefen1 623 Griessen ( Engelberg )... depuis 1930 — 41,5 — 12,5 IV. Bassin de 1a Linth.

Sulz22,52,5 Clarides15Biferten5,66,624 Glärnisch9,5 Au Schlossberg, le pilier de glace qui seul relie encore le front au corps du glacier est réduit à une vingtaine de mètres de largeur; l' alimentation frontable se fait partiellement de glaces éboulées par-dessus le rocher à nu. Le petit glacier suspendu sous le Schlossbergwald, qui est exposé au S, a perdu dans ces derniers 15 ans la moitié de son étendue.

Le bras latéral droit du Griess ( Unterschächen ) recule toujours plus. M. Oechslin, inspecteur cantonal des forêts d' Uri, a soumis la laisse importante de ce glacier à un examen botanique serré pour essayer de déterminer un rapport entre l' âge des moraines déposées et leur couverture végétale. Dans son beau mémoire 1 ), notre savant collègue arrive à la conclusion que l' en de cette laisse glaciaire par la végétation est dû essentiellement aux hasards de l' apport et de la germination des graines, et non à une formation systématique en colonies des plantes envahisseuses. On ne saurait donc trouver, dans la flore de ces moraines, une base pour leur chronologie.

La langue de YHüfi se retire dans une gorge quasi inaccessible.

Le front du Wallenbühl a bien avancé de 10 m ., mais le glacier tout entier s' est affaissé et sa rimaie s' ouvre une dizaine de mètres plus aval que précédemment.

Au Schiessbach, près des Kehlen et Schyenlücke, 1a rimaie s' ouvre 20 m. plus bas qu' en 1924; l' étendue du glacier a diminué dans tous les sens. En dépit d' une avance de 6,5 m ., le Kehlen s' est fort affaissé aussi. Dans tout le Dammafirn, les rimaies ont aussi gagné vers l' aval.

De longtemps on n' avait observé, d' ailleurs, pareils désenneigement et crevassement des glaciers de la Reuss.Oechslin. ) Dans le bassin de la Linth, on a noté les faits suivants:

Le Biferten s' est affaissé beaucoup; un entonnoir profond s' y est creusé en même temps qu' un nounatak rocheux crevait la surface glaciaire.

Au Névé des Clarides, au-dessus de la cabane du C.A.S., de gros lambeaux de glace se sont séparés, à l' état mort, des affluents du Gemsälpli et de l' Altenoren. Le désenneigement a surpassé celui de 1921.

Le lobe N du Glärnisch a perdu 59 m. depuis 1923.

( Streiff-Becker et J. Becker. ) Tableau VI.V. Bassin du Rhin.

Variations, en mètres, en Glaciers193219331934 Sardona198,518,5 Piz So152,559 Punteglas458 Obersegnes124,516 Vorab7,55,524 Lavaz7,5215,5 Tambo3410 Porchabella4,51014 Paradies31030 Scaletta847 Verstankla7,544,5 Lenta6,52,5 Tableau VI ( suite).VI. Bassin de l' Inn.

Variations, en mètres, en Glaciers 19321933 1934 Morleratsch— 15415 Roseg15,5 Lischanna— 114 1 Schwarzhorn 064,5 Picquog15,510 Tiatscha— 7920 VII. Bassin de l' Adda.

Forno4015 Pala39Albigna— 7,512,50 Cantone— 27,5 — 8 VIII. Bassin du Tessili.

Rossboden7114,8 Muccia03241 Bresciana14,513 Basodino184326,5 Le glacier de Lavin a perdu 47 m. depuis 1929.

( Golaz. )

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