Les variations périodiques des glaciers des Alpes suisses. — 60e rapport, 1939

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Soixantième Rapport — 1939.

L' enneigement des Alpes suisses en 1939.

L' année nivométrique 1938/39, en haute montagne, a débuté par un octobre un peu trop chaud, clair et sec. Novembre, trop sec aussi, a eu un excès considérable de chaleur ( 3 à 3,5° ). Quant à décembre, également un peu trop sec, il a eu une température et une insolation normales. Janvier 1939 a été trop chaud et trop sombre. Février l' a dépassé encore en excès de température et il a été relativement trop clair et trop sec. En revanche mars a été trop froid de 2i5 à 3° et trop sombre aussi; sa précipitation a été plutôt normale Seul avril n' a guère eu que la moitié de sa précipitation habituelle, et ce mois a été, lui aussi, trop chaud de l,s à 2°. Un mai très froid ( 2,5° de déficit ) et trop sombre lui a succédé, avec des précipitations doubles des normales. Juin a été trop chaud et trop sombre. Juillet, trop froid et trop sombre aussi, a été un peu trop sec, tandis qu' août, un peu trop chaud, mais trop sombre, enregistrait trop d' eau météorique. Les précipitations de septembre ont été également un peu trop fortes, l' insolation trop faible et la température un peu trop basse.

Il est résulté de toutes ces circonstances un enneigement plutôt tardif de nos Alpes, mais contrebalancé par un désenneigement tardif aussi. L' en global n' a d' ailleurs pas été fort et les chaleurs d' août en ont eu complètement raison. M. Max Oechslin, inspecteur des forêts d' Uri, a note, par exemple, que la limite des neiges est remontée jusqu' à 2310 m. à fin août 1939 aux flancs du Bristenstock et du Belmeten. En 1938, le désenneigement s' était fait jusqu' à 2370 m ., soit 60 m. plus haut. Quant à la limite automnale du névé, aux glaciers des Alpes uranaises, elle est descendue à 2370 m. en moyenne, soit 20 m. plus bas qu' en 1938. Le phénomène de l' avalanche n' a pas été très actif durant l' hiver 1938/39. Toutefois, les grandes chutes de neige de mars ont provoqué un certain nombre d' accidents. Cela a été tout d' abord, le 7 mars, l' ensevelissement d' un groupe d' officiers et soldats par une gigantesque avalanche poudreuse, près de la cabane du Wildhorn, accident qui fit quatre morts. Tout un corps de troupe demeura bloqué pendant plusieurs jours dans la cabane par une tempête de neige qui eût rendu la descente trop téméraire. Ce même mois, dans le canton de Lucerne, près d' Escholzmatt, une femme fut engloutie par une avalanche et retrouvée à l' état de cadavre.

Toutefois les neiges de l' hiver n' ont pas laissé de résidus notables. Le 11 septembre, dans le vallon du Gratschlucht, en amont de la halte du Mutt- bach sur Gletsch, on ne voyait plus que trois petits restes de névé, souillés de pierraille. Dans le vallon de Gletsch même il n' y avait plus rien sous le Längisgrat, non plus que dans le lit du Rhône au lieu dit « In den Lammen », sous la Maienwang.Mercanton. ) Voici maintenant quelques données numériques:

Suisse orientale. A la cabane Parsenn ( 2280 m .), l' enneigement maximum ( 24 mars ) a été de 1,8 m. ( 1938: 1)7 m .); au Weissfluhjoch ( 2660 m .), il a été ( 24 mars ) de 2,4 m. ( 1938: 2,05 m. ).

Du 15 septembre 1938 au 11 mars 1939, la balise supérieure du Silvretta ( 3013 m .) a marqué un enneigement de 2,2 m. et un résidu positif automnal de 0,95 m. Pour la perche inférieure ( 2760 m .), les chiffres sont respectivement: 2,5 m. et —1,1S m. A la fin de la saison chaude, en effet, on a retrouvé à cet endroit, sur la glace à nu, les semis d' ocre faits en 1938, 1937 et même 1936, ce qui signifie la dissipation, en 1939, de toutes les masses gagnées par le névé depuis l' automne 1936.Z.G.K.., Billwiller * ). ) A l' Observatoire du Säntis ( 2500 m .), la couverture neigeuse s' est établie définitivement le 7 octobre et a atteint le 24 mars 1939 son épaisseur maximum par 4,4 m. ( 1938: 4,s m. ). Elle a disparu entièrement le 23 juin, presqu' un mois plus tard que l' année précédente.M. Z. A., Zurich. ) Suisse centrale. Aux Claudes, du 14 septembre 1938 au 4 juin 1939, l' enneigement a été de plus de 4,5 m. à la balise inférieure ( 2708 m .) et de 5,B m. à la balise supérieure ( 2910 m. ). Les résidus automnaux ont été respectivement 0 et 2,75 m. ( 24 septembre ).

Au nivomètre de l' Eiger ( 3100 m .) dont M. le directeur Liechti et le personnel du Chemin de fer de la Jungfrau continuent de prendre un soin diligent, le maximum n' a atteint que 42 degrés, le 26 mai 1939 2 ) ( 1938: 54 ). L' étiage a été noté le 16 septembre par 2 degrés seulement ( 1938: 10 degrés ).

Voici les trois derniers bilans:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMitresEtéMitresAutomneMitres 1936—1937211937 > 221937 — 1 1937—1938181938221938 — 4 1938—1939161939201939 — 4 Suisse occidentale. L' équipement nivométrique des Diablerets a été surveillé toute l' année par MM. Reber, père et fils, comme d' habitude. Le nivomètre ( 3030 m .), dégagé au début de juillet ( n°91: 2 juillet ), a marqué l' étiage par 74 degrés le 10 septembre ( 1938: 73 degrés ). Voici les derniers bilans:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1936—1937 > 91937 > 71937 + 2 1937—1938 > 6,5 1938 > 8,5 1938 — 2 1938—1939 > 91939 > 8,B 1939 + 0,6 La balise saillait le 10 septembre de 2,0 m. ( une autre, plus ancienne, émergeait tout juste ). Le névé a donc gagné l,0 m. d' épaisseur. Quant au totalisateur de la Becca d' Audon et au pluviomètre du village, ils ont indiqué:

Becca d' Audon EpoquesTsanflewonDiablerets -Village ( 2870 m.1170 m. ) 29 IX 1938—25 VI 1939 98 cm.93,5 cm.

25 VI 1939—24 X 1939 48 cm.105,5 cm.

29 IX 1938—24 X 1939 146 cm.199 cm.

soit 137 et 186 cm. en 365 jours.

A Orny-Trient, M. Reber a fait les opérations usuelles le 25 septembre 1939. Il n' a pu ni retrouver la balise, enfouie probablement pour toujours, ni se servir du nivomèlre, trop déchaussé. Le totalisateur a fourni, en revanche, les données suivantes:

Col d' OrnaOrsières £P°«ues3169 m.980 m. ) 20 IX 1938—25 IX 1939 289 cm.69 cm.

soit 286 et 68 cm en 365 jours.

Conclusion: En 1939, l' enneigement des Alpes suisses a été à peu près stationnaire.

Chronique des glaciers suisses en 1939.

Les contrôles de 1939 ont porté sur 57 glaciers seulement; ils ont été fortement contrariés et restreints par la mobilisation. Dans certaines parties du pays, les Grisons notamment, le personnel forestier n' a procédé qu' à un nombre infime de mensurations. Grâce au dévouement de M. Oechslin, inspecteur cantonal des forêts d' Uri, l' ensemble des glaciers de la Reuss a été heureusement contrôlé, évitant ainsi dans nos séries une lacune qui eût été sensible, car cet ensemble d' appareils, d' altitude et de dimensions peu différentes, mais d' orientations variées, représente très bien le régime de glaciation de nos Alpes centrales. Nous avons des observations de MM. Guex ( Trient ), Campiche ( Rosenlaui, etc. ), Streiff-Becker, ainsi que des membres de la Commission helvétique des glaciers: MM. Lütschg ( Mattmark ) et Mercanton ( Rhône ). Chose méritoire, la Compagnie des Forces motrices de l' Ober n' a pas interrompu les très importantes mensurations que son ingénieur, M. Flotron, poursuit aux deux glaciers de l' Aar et, d' autre part, la Commission des glaciers a pu faire la campagne de sondages prévue à l' Unteraar. Nous exprimons ici notre gratitude à tous ces collaborateurs et pareillement au Club Alpin Suisse dont une nouvelle subvention nous a seule permis de continuer les dits sondages.

Voici, dans leur forme habituelle, les résultats de ces contrôles:

I. Bassin du Rhône.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers193719381939 Rhône0,557 Gratschlucht14,5(3ans8 Fiesch4316,s Talli15 ( 2 ans5 ( 2 ans ) Aletsch1819 Kaltwasser43, B10,6 Schwarzenberg21,5178 Allalin292729 Fee19,66037,5 Gorner109,517 Findelen50 ( 2 ans ) Turtmann72026,5 Latschen47,54,5 Duran ( Tsinal ) 58,411,5 Moming02,54,6 Moiry62314 Ferpècle4,B15,5(2ans ) Arolla10,526 ( 2ans ) Tsigiorenove42 ( 3 ans ) Duran ( Seillon ) 1913,B Lendarreg310 Grand Désert15 Mont Fort5 Valsoreg0060 Salane141123,s Trient122514,5 Grand Plan-Névé 20 ( 3 ans1316,5 Petit Plan-Névé 0 ( 3 ans ) 0l,s Martinets8,s22 Paneyrosse31 ( 2 ans26,5 Prapioz0 ( 2 ans134 Scex Rouge5 ( 2 ans ) 100 En outre étaient en décrue: Ofental et Thäliboden.

La campagne au glacier du Rhône et du Gratschlucht a eu lieu les 10 et 11 septembre 1939 dans des conditions rendues difficiles par la mobilisation et l' arrêt du trafic postal. C' est grâce seulement à l' obligeance de M. Edouard Seiler, de Gletsch, qui a bien voulu conduire le chroniqueur à pied d' œuvre, que les mensurations essentielles ont pu se faire. Le glacier a encore reculé, abandonnant environ 540 m2 de terrain devant son lobe gauche, ce qui équivaut là à un retrait d' environ 7 m. Le lobe droit était devenu inaccessible à une mensuration sommaire et on ne pouvait faire emploi des repères peints à son voisinage. En effet, le torrent glaciaire coule maintenant, sur un certain parcours, à ciel ouvert entre le bord droit du glacier et une falaise rocheuse abrupte. Cette sorte de gorge semble se prolonger directement sous la glace jusqu' au creux très profond où depuis des décennies on voit s' engouffrer en cascade impressionnante les eaux de fonte du glacier, sous l' Untersaas. Ainsi se confirme notre vieille opinion que cette cascade n' était pas autre chose qu' un accident du Rhône lui-même dont le cours sous-glaciaire suit essentiellement le bord droit de la cataracte. Il n' a pas été possible non plus de faire des mesures au cryocinémètre. Au Belvédère, ce même 11 septembre, la distance du bord glaciaire au repère plombé était, en suivant le terrain, de 29,5 m. On avait mesuré, en 1938, 34,5 m. Le glacier se serait donc élargi de 5 m. A la même hauteur, sur la rive droite de la cataracte, la déglaciation ne semble pas avoir progressé autant que l' amaigrissement considérable du front même pouvait le faire pressentir. L' avenir dira si, à la hauteur du Belvédère, le glacier avait vraiment tendance à s' élargir, ce qui signifierait l' arrêt prochain de la décrue frontale.

Maintenant que le glacier du Rhône a quitté entièrement le plafond du vallon de Gletsch, les lecteurs de cette chronique seront peut-être heureux de pouvoir reconnaître les vestiges les plus marquants de sa longue occupation de ce territoire, avant que les divagations du Rhône et surtout l' intervention de l' homme les aient trop effacés.

En suivant le cours du torrent, dès le portail glaciaire, on rencontre d' abord, à quelque 200 m. en aval et à 1,9 km. de la source thermale de Gletsch, un rempart régulier haut de 3 ou 4 m ., de coupe très nettement triangulaire dans sa partie centrale, où le torrent le traverse. C' est la moraine édifiée par la dernière crue notable, laquelle avait commence en 1913 pour s' achever en 1921. La moraine est faite des matériaux refoulés dans son avance par le front glaciaire qui occupait en 1912 une position à peine moins en retrait qu' à l' heure actuelle. En suivant de là l' un ou l' autre des sentiers qui conduisent à Gletsch et plus particulièrement celui de la rive droite, l' œil du touriste est arrêté, de distance en distance, par des murets faits de blocs arrangés suivant des lignes d' aspect, au premier abord, capricieux mais qui, vues d' un peu haut, révèlent une régularité et un parallélisme remarquables. Distants les uns des autres de 10 à 20 m ., parfois davantage, parfois moins, ces murets ont une forme générale en ogive à sommet tourné vers l' aval. La plupart des blocs portent des traces de peinture noire qui révèlent immédiatement leur origine artificielle: ce sont en effet les alignements par lesquels, dès le début de ses mensurations au glacier du Rhône, en 1874, l' ingénieur Gösset tint à fixer la position exacte qu' atteignait le front à la fin de fete. Ce travail se poursuivit pendant de nombreuses années; il fallut l' interrompre à cause de son coût trop élevé. Le Rhône a eu raison de la partie centrale de ces intéressants monuments; ils sont mieux conserves sur sa rive droite où, de la route de la Furka et au lever du soleil, ils se distinguent encore fort bien comme autant d' arcs imbriqués. Un peu après avoir quitté cette zone caillouteuse, que le glacier occupait encore avant 1870, et dans des parages où la couverture herbacée est maintenant continue, on rencontre les vestiges de la dernière grande crue du dix-neuvième siècle, celle qui prit fin en 1856, laissant derrière elle un rempart imposant, haut de 5 à 6 m ., de section triangulaire également. C' est le terme le plus amont d' un ensemble de moraines qu' on discerne encore plus ou moins nettement aux abords immédiats des hôtels Seiler. Mesurée le long du Rhône, sa distance à la source thermale est d' un tiers de kilomètre. Exploitée souvent — de même que ses voisines — comme carrière, il n' en reste que des lambeaux séparés. Un pylône établi en bordure du chemin, sur la rive droite, par les soins éclairés de Joseph Seiler peu avant sa mort et portant gravée la date 1856, rappelle au touriste cette étape du front et sa signification dans l' histoire du glacier. A 295 m. de la source un second pylône semblable marque le point où le chemin traverse le rempart morainique édifié et abandonné en 1818 par le glacier. Plus élevée de quelques mètres et aussi plus puissante que la précédente, cette moraine frontale témoigne encore de l' importante particulière de la plus grande crue du dix-neuvième siècle. Elle est encore bien visible en dépit des déprédations humaines et est assez grande pour abriter en un point de petites étables. Depuis là le chemin traverse des prairies qui, sur la rive droite, sont plutôt des tourbières. Des ruisselets, s' étalant parfois en lagots, y épousent plus ou moins la forme arquée des moraines dont ils drainent les eaux.

En approchant de l' hôtel jusqu' à l' îlot rocheux au pied méridional duquel il se dresse, on retrouve les restes d' une enceinte importante. Sur la rive gauche elle s' amorce au pied du talus du chemin de fer et s' incurve vers le Rhône en longeant la face est de l' annexe principale de l' hôtel, près du pont supérieur. Sur la rive droite, entre le torrent et l' îlot rocheux, elle a été entièrement rasée par l' homme Il en a été de même au nord de ce rocher où, en 1913/14, pour les besoins du chemin de fer, le terrain a été presque entièrement nivelé par les carriers. On distingue pourtant là encore nettement un lambeau de talus morainique triangulaire appuyé à l' îlot rocheux et un autre vestige plus important sous le flanc nord du vallon de Gletsch. Il s' agit ici très probablement de la moraine construite par le glacier pendant sa crue de la fin du seizième siècle, puis abandonné tout au début du dix-septième, vers 1602 vraisemblablement. Cette crue a été la plus forte que l' histoire de nos glaciers ait enregistrée, spécialement pour les glaciers de Grindelwald, du Giétroz, de la vallée de Saas, etc., et qui engendra tant de catastrophes. En dépeçant cette moraine à l' endroit qui, actuellement, sert à l' hôtel de terrain d' étendage, on trouva, ensevelis profondément sous sa blocaille, une demi-douzaine de troncs d' arbres fortement râpés mais bien conservés encore. Une coupe de l' un d' eux, un mélèze, examinée par le chroniqueur, révéla que l' arbre avait au moins 250 ans quand le glacier s' en saisit, soit qu' il eût poussé sur le plafond même de la vallée, soit que — plus vraisemblablement — du flanc nord de celle-ci une avalanche ou un éboulement l' ait précipité devant le glacier. En tous cas cela reporte la naissance de l' arbre au milieu du quatorzième siècle de notre ère. La présente moraine n' est qu' à une centaine de mètres de la source thermale. Entre elle et la mo- raine de 1818, à quelque 50 mètres en amont et encadrés sur la rive droite par deux ruisselets marécageux, on aperçoit encore les vestiges d' un rempart intercalaire et de moindre importance. Il doit dater de 1640 environ. C' est la seule moraine frontale ancienne qui ait échappé à l' avance destructrice du glacier au début du dix-neuvième siècle. Sur la rive gauche, dans la prairie aplanie, on ne retrouve qu' avec peine quelques traces de cette formation. Notons enfin qu' un torrent a dû couler longtemps au pied même du flanc nord du vallon, entamant là les puissants remparts morainiques. Il devait déboucher juste à l' ouest de l' îlot rocheux de Gletsch, sur la placette où s' élève actuellement la poste, après avoir contourné le rocher juste en amont de la source thermale.Mercanton. ) Le front du Gratschlucht a beaucoup changé. La moraine médiane, déjà passablement saillante en 1938, a accentué notablement son relief. Le recul est là d' environ 8 m. En revanche le bord du lobe gauche était introuvable sous le névé, large de 20 à 40 m ., qui borde depuis quelques années le véritable front.Mercanton. ) Au devant du Duran de Tsinal, une partie du lobe frontal s' est détachée.

NB. Le recul du glacier de Latschen en 1937/38 a été de 7,5 m. et non de 5 m ., comme imprimé précédemment.Gaillard. ) II. Bassin de l' Aar.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers193719381939 Oberaar2016,s14 Unteraar403026 Rosenlaui118x Grindelwald Supérieur. .1730,6x Grindelwald Inférieur. .xx2 Eiger18 ( 2 ans8 Stein102943 Blûmlisalp107 Schwarz1,s210 Tsanfleuron26106 Rätzli1025,53,5 Balmhorn15 Tschinge128,5(3ans ) Gamchi10,5(3ans ) Wildhorn0(2 ans6 ( 2 ans ) En outre sont:

stationnaires: Gauli.

en décrue: Trift, Renfen, Thierberg.

Voici, obligeamment communiqués par la C. F. M. Oberhasli, les chiffres obtenus aux deux glaciers de l' Aar par leur ingénieur, M. Flotron:

La montée annuelle des eaux du lac de la Grimsel a été très lente; elles n' ont atteint le glacier que le 9 août et leur cote maximale, 1912 m ., que le 4 septembre. Le point le plus avancé du glacier est au milieu du front. De là le lit s' élève assez fortement vers les flancs de la vallée, de sorte que les parties marginales du front reposent maintenant au-dessus du niveau des eaux. Le recul annuel du glacier s' en est trouvé réduit, de même que la profondeur de l' eau à l' aplomb de sa falaise terminale, laquelle, de paroi verticale qu' elle était naguère tend à devenir un simple talus de glace. On constate également que le profil longitudinal du lit, passablement irrégulier, présente plus de pente qu' antérieure. Le glacier a abandonné 12,284 m2 de terrain en 377 jours, ce qui correspond à un recul moyen de 26 m. C' est 1972 m2 et environ 4,5 m. de moins qu' en 1937/38. Le recul maximum a été de 46 m. sur une quarantaine de mètres de longueur, mais au sud du portail glaciaire, qui est sensiblement au milieu du front, le recul n' a été que d' une douzaine de mètres. En un point même le glacier a avancé un peu. La hauteur moyenne de la falaise glaciaire est d' environ 35 m .; elle est encore d' une cinquantaine de mètres au milieu du front. La surface glaciaire, dans ces parages, s' est affaissée de quelque 5 m.

Sur le profil de Brandlamm Inférieur, la vitesse superficielle moyenne a dépassé de 1 à 2 m. sa valeur de 1938.

Le bloc Hugi n' a voyage que de 20 m. vers l' aval et sa vitesse propre est restée de 4,5 m. par an inférieure à la vitesse de la glace observée précisément en amont de lui sur le profil Brandlamm Supérieur. C' est la première fois, depuis neuf ans qu' on le surveille, que ce bloc a marche plus lentement que la glace qui le porte; il doit donc avoir dérapé vers l' amont. Il était, le 11 septembre 1939, juste au milieu du glacier et à 178 m. en aval du profil Brandlamm Supérieur.

Tableau ni.Glacier d' Unleraar.

Mensurations de la Compagnie des Forces Motrices de l' Oberhasli.

des profils 1936/37 1937/38 1938/391936/37 1937/38 1938/39 Grunerhorn, Finsteraar: 2595 m. 0,05 — 0,, 1,u40,042>e 41,, Wildläger, Lauteraar: 2550 m. 0>6 — 0,9S —1,229,e32,x 31(1 Mieselenegg: 2415 m. 0,,l,o —1,230,96 33,4 31,9 Pavillon Dollfus: 2280 m. 1,4S — 0,85 — 1f127>es29,428,3 Brandlamm, Supérieur: 2120 m. Lob —018 — 0,,15,1S 15,u 15>0 Brandlamm, Inférieur: 2000 m. l,os —114 —1,56>2S6,76,7 Le tableau III permet de comparer variations du niveau et vitesses superficielles au cours des trois dernières années. Il montre qu' en somme la surface, tant de l' Unteraar proprement dit que de ses affluents du Finsteraar et du Lauteraar jusqu' aux profils traces au pied du Grunerhorn d' une part et du Wildläger de l' autre, s' est abaissée en moyenne de l,2 m ., soit 0,3 m. de plus que l' année précédente. De même la vitesse superficielle des glaces a diminué partout, très peu à vrai dire dans le profil Brandlamm Inférieur. Le ralentissement majeur s' est produit, avec 1,58 m. par an, sur le profil Mieselenegg.

Le tableau IV donne les quantités de glace dissipées à l' Unteraar en 1938/39.

Tableau IV.1937/38 1938/39 De front à front499,000 m3430,000 m3 Du front au profil Brandlamm Inférieur. .260,000 m3264,000 m3 Du Brandlamm Inférieur au Brandlamm Su-périeur1,209,000 m31,333,000 m3 Du Brandlamm Supérieur au Pavillon Dollfus1,840,000 m32,239,000 m3 Du Pavillon Dollfus au Mieselenegg 2,775,000 m33,520,000 m3 Du Mieselenegg au profil du Grunerhorn ( Finsteraar)1,681,000 m33,375,000 m3 Du Mieselen au profil du Wildläger ( Lauteraar2,456,000 m33,064,000 m3 Total des masses dissipées 10,720,000 m3 14,225,000 m3 La campagne de sondages de la Commission des glaciers à l' Unteraar a duré 20 jours. Le temps pluvieux de l' été 1939 l' a malheureusement beaucoup contrariée; les opérateurs, auxquels la section Zofingue du C.A.S. donnait gracieusement l' hospitalité de sa cabane du Lauteraar, durent y attendre maintes fois trop longtemps une embellie. L' exploration sismo-métrique s' est déroulée entre le profil Pavillon Dollfus et l' Abschwung. Y ont pris part successivement ou ensemble, sous la direction de MM. Jost, Kreis et Renaud, membres de la Commission: MM. Florin, R. Vuille et H. Schlapbach, avec les deux aides obligeamment mis à leur disposition par la Compagnie des forces motrices de l' Oberhasli, MM. Schœppi et Aeberhardt. Cette compagnie a donné généreusement aussi le concours de ses embarcations pour le transport du personnel et du matériel entre la Grimsel et le glacier. Enfin une escouade de clubistes qui s' exerçaient sous la direction de notre collègue R. Wyss à leur rôle de guide de la jeunesse du C.A.S. ( J. O. ) y a aidé également, ce dont il faut la remercier.

La campagne a été fructueuse. Avec 200 kg. de telsite on a obtenu quelque 200 sismogrammes satisfaisants dont l' élaboration est en bonne voie, malgré la guerre. On a atteint ainsi, un peu en aval de l' Abschwung, au confluent des deux grands bras du glacier, des profondeurs dépassant 400 m. ( max. 440 m. ).

D' autre part, M. le professeur Florin a pu faire pour la Commission, comme en 1938 déjà, de précieuses photographies concernant la structure de la sur- face glaciaire. Le lecteur sera sans doute heureux d' en trouver quelques reproductions: table de glacier dans son évolution; trous méridiens dans leur forme et leur orientation caractéristiques; cônes nés d' un tas de sable protégeant la glace contre l' ablation, etc. Il trouvera également en outre la reproduction d' un document ancien qui mérite l' attention. Il s' agit d' une aquarelle inédite et très peu connue du géologue et glaciériste Hogard. Elle représente l' extrémité du glacier Supérieur du Grindelwald en 1847. Nous devons ce précieux document à la générosité de Mme Raguet, descendante de l' artiste, par l' initiative de M. H. Ingold, président de la Société des Sciences de Colmar. Nous leur en savons un gré infini.

Le glacier d' Oberaar, dans un recul moyen de 3,e m. en 377 jours, a abandonné encore 6376 m2 de terrain. Le cône de glace réserve à peu près sur l' axe du glacier par l' amas de matériaux morainiques déjà cité dans plusieurs rapports précédents, se rapproche toujours davantage du front, formant bosse sur le glacier, autrement très uniforme.F. M. Oberhasli. ) Les glaciers du Grindelwald n' ont malheureusement pas pu être mensurés en 1939. Le glacier Inférieur est estimé en décrue de 1 à 2 m. par M. A. Gertsch ( Marmorbruch ) et les exploiteurs de la grotte de glace estivale. Quant au glacier Supérieur, M. F. Kaufmann-Jossi ( Hotel Wetterhorn ) le juge en décrue également.Nil. ) Le Rosenlaui continue à décroître de partout. Il en est de même pour le Trift.Campiche. ) La langue du Rätzli s' amincit d' année en année. Son front s' est divisé en deux lobes, de part et d' autre d' une grande masse rocheuse; le lobe oriental, qui descend le plus bas, a été seul mensuré.Schwarz. ) UI. Bassin de la Reuss.

Tableau V. Variations, en mètres, en Glaciers d' Uri193719381939 Fknälpli E0 ( 2 ans ) Griess ( Unterschächen ) .14202 Kartige11294,s Wallenbühl ( Voralp ). .5113 Kehlen359 Schlossberg1152 Hüfi21,5334 Brunni1080 Schiessbach1195 Damma453 St-Anna463 Tiefen763,5 Wyttenwasser11,,9.

Tableau V ( suite).IV. Bassin de la Linth.

Variations, en mètres, en 193719381939 Sulz6 — 2,5Clarides5 ( 2 ansBiferten12 ( 2 ansGlärnisch5 ( 2 ansM. Oechslin donne les précisions suivantes sur les glaciers de son ressort: Les chutes tardives de l' hiver 1938/39 n' ont que peu épaissi les névés, les masses de neige tombées de mars à mai ayant passablement fondu d' emblée. Le temps pluvieux de l' été et de l' automne 1939 a provoqué également une forte ablation non seulement des langues, mais encore des glaciers dans leur ensemble.Voici quelques détails:

En dépit de son avance de 2 m ., le Griess ( Unterschächen ) montre un fort affaissement. Au Schlossberg, en retrait, le glacier régénéré au bas de la paroi rocheuse est beaucoup moins alimenté qu' avant, les éboulis fondant la plupart du temps dans les nombreuses niches du rocher. Le front du Brunni doit à la persistance d' une grosse avalanche tombée là en mai d' être resté stationnaire. En réalité l'on discerne un affaissement notable de son névé. Au Hüfi, il ne reste plus que deux lambeaux de glace dans la gorge et le recul est très fort dans la région comprise entre les points cotés 2165 et 2437 m. de l' atlas fédéral. Au Schiessbach, 1e lambeau glaciaire qui mesurait 6 m. sur 22 en 1938 s' est réduit à 5 m. sur 15. La langue est plus fortement crevassée. Un amoncellement frontal de moraine décèle une avance hivernale et printanière d' environ 10 m. dont le retrait estival a eu plus que raison d' ailleurs, reportant le front de 1939 à 5 m. en arrière de celui de 1938. L' abla très forte du Kehlen s' explique par la grande souillure de sa surface par les débris morainiques. Les cônes de sable y étaient particulièrement nombreux durant l' été. Au Tiefen, dans la combe entre le Gletscherhorn-Tiefen-stock et le Tiefensattel, se montre quantité de têtes rocheuses; il y a dix ans, on n' en voyait qu' une seule pointer hors de la glace. ( Oechslin. ) Dans le massif des Clarides, l' affaissement des névés continue et se traduit par la dénudation de nouvelles masses rocheuses. Le crevassement a été fort en aval de la cote 2800 m ., faible au-dessus. ( Streif f-Becker. ) Tableau vi.V. Bassin du Rhin.

Variations, en mètres, en Glaciers1937193819slT Sardona — x ( 2 ansPiz Sol3 ( 3 ans ) Punteglas — 34 Vorab — 4,53>B4 Lavaz — 77 Tableau VI ( suite ).

Variaiions, en mètres, en Glaciers 19371938 - 11,51128 ( 2 ans457,,10,, 61939 Porchabella, Paradies., Verstankla, Lenta...

VI. Bassin de Finn.

Morteratsch — 12,s25,5 Roseg — 9,58,534,s23,5 Schwarzhorn — 5,55,6 Picquogl — 22 ( 2 ans ) Tiatscha7,5 ( 3 ans ) VII. Bassin de l' Adda.

Forno — 17 ( 2 ans34,5 ( 2 ans ) Albignax ( 3 ans ) Cantone21 ( 3 ans ) VIII. Bassin du Tessin.

Rossboden — 51,B — 119 Basodino17 ( 2 ans ) 0 Bresciana — x6,B 15 2,.

Le tableau VII récapitule les observations suisses de 1939. Tableau VII.

Bassins Nombre de glaciers observés en crue stationnaires en décrue Rhône..

26 4 1 21 Aar

14 1 1 12 Reuss

11 1 1 9 Linth

0 Rhin

1 0 0 1 Inn

2 0 0 2 Adda

1 0 0 1 Tessin

2 2 0 0 Totaux 57 8 3 46 % en 1938

4 14 8 5 88 81 % en 1939

Différences en %

+ 10

— 3y Conclusion: En 1939, de 100 glaciers des Alpes suisses, 14 étaient en crue, 5 étaient stationnaires et 81 étaient en décrue.P.L. Mercanton.

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