Un nouveau terrain d'escalade dans le Jura

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PAR P.H. GIRARDIN, BIENNE

Avec 2 illustrations ( 223, 225 ) Les Biennois, on le sait, sont gâtés en fait de terrains d' escalade. Ils avaient en effet à leur disposition le Raimeux des grandes foules, les Sommêtres, les Roches d' Orvin, le Schilt - le plus beau de tous, qui est trop peu connu des Jurassiens - et enfin le Paradis près de la Heutte qui fut découvert il n' y a que quatre ans, et qui compte trois belles voies: l' arête du Faucon, la face de la Heutte et le dièdre du Paradis avec ses trois sorties si délicates.

Ils ont maintenant les Rochers de Plagne, qui sont aux Biennois ce que le Salève est aux Genevois, car ils renferment tous les raffinements que l'on peut demander en matière de varappe.

Ils sont situés à cinq minutes de Bienne, au-dessus de Rondchâtel. Plusieurs voies ont été tracées dans toute la chaîne, et l'on n' en compte pas une au-dessous du quatrième degré.

La première, ouverte le 20 novembre 1955, est la face de Plagne, haute de 120 mètres et considérée à ce jour comme la plus difficile du Jura. Son escalade en est très extérieure et libre. De bons pitons y permettent un assurage efficace. Lionel Terray, qui en a fait l' ascension cette dernière saison, a été émerveillé par la continuité des difficultés dans un rocher excellent.

Le Grand Vide et l' Ecusson, variantes qui en partent, sont aussi très impressionnantes. Le relais de la première nommée procure toujours un immense plaisir, et le leader ne peut s' empêcher d' avoir un frisson quand il doit quitter ce lieu confortable pour affronter les prochaines difficultés.

La Direttissime de la Paroi Jaune, ouverte cette année et qui n' a été faite à ce jour qu' une seule fois, a exigé neuf heures d' efforts.

Par un petit sentier qui suit la base des rochers on arrive au Pilier des Grottes comprenant la voie de l' Aiguille et celle du Grand Toit. Cette dernière est très pénible, même pour les plus musclés, car elle est barrée par plusieurs toits dont le plus grand a six mètres d' avancée.

A cent mètres plus à droite commence la voie du Croissant, long itinéraire qui se déroule dans un moins bon rocher. Son passage le plus caractéristique est une traversée descendante dans des couches horizontales.

Plus à droite encore, une grande voie s' est ouverte le 3 mars 1957: la face de Rondchâtel. Elle comporte de nombreux passages exposés et, ce qui la rend attrayante, de confortables relais. Le plus beau est sans doute le Fauteuil, comme suspendu au-dessus d' un immense vide.

C' est avec cette voie que se terminent les itinéraires les plus longs. Toutefois en continuant toujours à droite on remarque que la paroi est divisée par une forêt où se trouve le Nid d' Aigle: petit refuge aménagé dans une grotte qui, les dimanches, dégage une sympathique odeur de grillade. Une voie et un sentier y accèdent.

A l' extrême droite de la chaîne de Plagne existe encore la Charuque, voie mixte, haute de cinquante mètres. De la sortie de celle-ci, après avoir traverse un bout de forêt, on peut continuer par une autre escalade: la face de Frinvillier. Durant son ascension on admire un magnifique panorama qui s' étend des Alpes bernoises au massif du Mont Blanc. Des pitons de progression ont été laissés en place, ceci afin d' alléger les grimpeurs suivants.

Il est bien entendu possible de combiner tous ces itinéraires en vue d' une belle course de week-end.

Toutes ces voies donnant à l' ouest, on peut varapper jusque tard dans la soirée, et il n' est pas rare de voir en été quelques enragés, sitôt le travail terminé, évoluer une demi-heure plus tard entre ciel et terre.

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