A l'Obergabelhorn par la face nord de la Wellenkuppe

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Par André Roch.

L' ascension de l' Obergabelhorn en partant de la cabane du Mountet devient un problème assez sérieux. Le long de l' arête nord, une paroi de glace surplombante barre la route. Auparavant, on pouvait franchir ce mur en escaladant un sérac, mais celui-ci s' est effondré il y a trois ans.

La dernière ascension par cette arête a été conduite par Théophile Theytaz en hiver 1927. C' est aussi la première ascension hivernale de l' Obergabelhorn par le versant du Mountet.

La caravane eut beaucoup de peine à contourner le mur de glace par la gauche, où elle dut s' engager sur deux longueurs de corde dans le flanc nord-est.

Etudié avec soin à la lunette, l' endroit critique n' a rien d' engageant; et nous imaginâmes une route directe à la Wellenkuppe par le glacier de l' Obergabelhorn et la face nord. Le mauvais temps du milieu du mois d' août avait terriblement enneigé les hautes montagnes. C' est ce qui nous permit d' escalader sans peine cette face qui, en glace, nécessiterait plusieurs heures de taille ardue.

Après une ascension du Grand Cornier, où la neige fraîche avait entravé notre marche et fatigué nos muscles, nous prîmes une journée de repos. Le jour suivant, Jimmy Bélaieff et moi quittions la cabane par un magnifique clair de lune à 4 heures 10 minutes. Nous traversons horizontalement le haut du Glacier Durand pour gagner le pied du Glacier de l' Obergabelhorn.

La neige fraîche recouvre les petites crevasses, ce qui est très désagréable, car à tout moment nous plongeons d' un pied dans un trou.

Nous longeons en remontant une pente raide sous une chute de séracs à notre droite, puis arrivons à un mur de glace vertical que nous franchissons avec peine à cause de la neige fraîche amoncelée. Plus haut, la pente est raide et la neige profonde; cependant, nous avançons rapidement, nous relayant pour brasser et ouvrir le passage.

D' immenses crevasses s' enchevêtrent en un labyrinthe grandiose et nous montons, redescendons, tournons et revenons pour atteindre une première terrasse menacée par des séracs sur la gauche; aussi tirons-nous à droite pour nous enfiler dans une combe où la pente est très raide et où la neige fraîche nous arrive parfois jusqu' à la ceinture. Heureusement qu' un peu plus haut la neige a fondu au soleil et s' est durcie, de sorte qu' elle porte mieux.

Nous arrivons enfin au dernier plateau juste sous le gendarme de l' Ober et, gagnant le pied de la pente de la Wellenkuppe, nous faisons halte pour nous restaurer et ajuster les crampons.

La pente qui nous reste à gravir, d' une longueur de 250 mètres, est raide, mais la neige y est d' excellente qualité, durcie et collée à la glace de dessous. Dans le haut on voit affleurer la glace; il est probable que nous aurons besoin de tailler des degrés.

Attachés à 20 mètres de distance, nous repartons, nous éloignant et nous rapprochant en taillant à chaque longueur de corde une bonne marche à travers la neige, pour nous assurer l' un l' autre.

A mesure que nous nous élevons le long de nos « degrés de poule », la couche de neige devient insuffisante et sa consistance trop molle rend la montée désagréable. Nous ne pouvons nous amuser à tailler, car nous perdrions un temps précieux. Pourtant, arrivés à une sorte de cassure, la glace est à vif et, vu la raideur de la pente, nous sommes obligés de faire de bonnes marches, ce qui ralentit aussitôt notre progression.

Sur l' arête, en haut, passe une caravane de Zermatt. Elle va très vite. Ce sont deux guides et un touriste, et nous sommes très contents, car ils feront les traces sur l' arête.

La neige peu à peu reprend sur la glace, et notre allure s' accélère; puis la raideur de la pente diminue et la neige devient de plus en plus profonde, de sorte qu' il nous faut de nouveau brasser. Nous atteignons l' arête un peu avant le grand gendarme que nous franchissons sans déchausser nos crampons, car les rochers sont tout enneigés.

Puis, suivant la crête neigeuse, nous atteignons l' arête terminale qui se redresse jusqu' au sommet, arête dont l' escalade est une jouissance exquise dans un rocher solide et fissuré à souhait.

Cependant, de l' autre côté du sommet, l' Arbengrat est tout en neige poudreuse et la caravane de Zermatt a abandonné son projet primitif de redescendre par là. Sagement nous l' imitons et regagnons le sommet de la Wellenkuppe.

Il n' est pas question de redescendre nos « degrés de poule », car cette neige, dure le matin, est maintenant fondante et nous obligerait à tailler du haut en bas.

Nous nous dirigeons donc dans la direction du col du Trift 1e long de l' arête qui relie ce col à la Wellenkuppe. Elle a été suivie par de Tscharner et Lozeron, puis plus tard par deux Lausannois. Le haut est pourri, d' une raideur extrême et très enneigé, de sorte que nous descendons avec beaucoup de précautions. Nous employons une heure et demie jusqu' aux deux petits gendarmes bien caractéristiques que l'on contourne à gauche par le nord; et cela nous paraît interminable. Mais plus bas l' arête est en excellent rocher et nous accélérons la marche autant que possible.

Au lieu de passer un sommet de l' arête, nous traversons, en montant, à gauche, pour gagner un petit gendarme remarquable d' une arête secondaire partant de ce sommet. Puis une vire descendante nous amène à l' arête nord-ouest. Nous suivons cette arête jusqu' en bas dans du rocher relativement facile et plus ou moins solide. Par une cheminée ouverte à gauche ( ouest ), nous atteignons le glacier de l' Obergabelhorn et nos traces du matin au plateau inférieur.

Mais la neige est fondante et roule en avalanche, de sorte que notre rentrée est des plus fatigantes; nous sautons le mur de glace ou le matin nous avions rencontré les premières difficultés; et au bas du glacier, nous retrouvons notre cher ami Hubert Martin qui est gentiment venu à notre rencontre. Horaire: Départ cabane 4 h. 10; sommet de l' Obergabelhorn 10 h.; Wellenkuppe 12 h.; retour cabane 18 h.

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