Au pied des Gastlosen

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Avec 1 illustration ( 15Par W. Maurer

S' il existe encore une région dans notre pays qui gagne à être connue davantage, c' est bien celle des Gastlosen, cette chaîne frontière entre les cantons de Berne et Fribourg. On y accède soit par la vallée de la Jogne, soit par le Jaunpass et la vallée d' Abländschen, ou encore par le d' Enhaut.

Ce dimanche matin 17 février 1946, un car nous a conduits en une heure environ de Fribourg à Jaun. Nous sommes quatorze de la section Moléson, auxquels s' ajouteront dans le courant de la journée vingt-deux autres clubistes partis la veille déjà pour cette course au Petit Mont, Stillwasserwald.

Le temps est à la neige. Les skis sur l' épaule nous traversons le village et quittons la vallée de la Jogne. Nous chaussons nos skis sur le premier replat, puis c' est la montée. La colonne se forme peu à peu compacte et serpente vers l' amont. Le cheminement conduit d' abord à travers quelques pâturages, mais bientôt les derniers toits de Jaun disparaissent dans le fond et nous entrons dans les grandes forêts du Stillwasserwald. Qui a bien pu donner ce nom à ce pittoresque vallon: la forêt des eaux tranquilles? Un poète n' aurait pu mieux choisir. L' esprit se libère à mesure que nous nous élevons, et l'on donne libre cours à son imagination. En deux temps, les spatules, dosant judicieusement leur effort, absorbent le terrain et les bâtons battent la mesure. Le sentier continue à flanc de coteau, pour aboutir enfin aux pâturages supérieurs. Allons encore jusque vers ce chaletUne halte, car il y a une heure que nous marchons, nous permet de situer derrière nous les sommets qui s' élèvent au nord de la vallée: les Bruns, la Körbli, le Col des Neuschels, la Reidigenalp, le Bäderhorn. Et les GastlosenNous suivons la piste et bientôt nous sommes de nouveau en forêt. Comme c' est beauC' est la voix d' une dame qui ne peut garder plus longtemps pour elle ses impressions à la vue des Gastlosen que l'on distingue maintenant, quoiqu' imparfaitement, à travers les hauts conifères. Les sommets, malheureusement, sont encore enveloppés de nuages. Entre temps nous sommes arrivés au-dessus de la zone des forêts. Nous traversons un petit replat, puis gravissons le dernier raidillon conduisant vers la crête qui longe à quelques centaines de mètres la chaîne des Gastlosen qui boudent toujours. C' est que les Gastlosen ne sont pas hospitalières, elles le disent elles-mêmes. Mais si elles ne le sont pas, la cabane qui nous attend à vingt minutes d' ici le sera d' autant plus. C' est la nouvelle cabane que le régiment fribourgeois a érigée en souvenir de ses mobilisations et qui est ouverte à tout le monde. Située à 1800 m. d' altitude, à l' intersection du Stillwasserwald et du Petit Mont au pied même des Gastlosen, cette cabane servira désormais de base pour les nombreuses courses dans cette belle région.

Après le dîner, séance d' orientation sur le vaste balcon du chalet. Au loin nous distinguons autour du cirque du Petit Mont les plus hauts sommets fribourgeois, la Hochmatt, Brenlaire et Foliéran, les Vanils et dans le prolongement des Gastlosen le Col du Loup, la Wandfluh, l' Amelier, le Capucin, les Dents de Ruth et de Savigny. Pour un moment les Gastlosen daignent se découvrir et nous essayons d' en voir davantage de ces parois de rochers lavés, aux formes bizarres, et que l'on dénomme à juste titre les Dolomites suisses. Les donjons, les tours, les clochetons alternant avec les pointes, les cheminées et les vires. La roche est bonne et chacun peut choisir une ascension correspondant à ses capacités. Il y en a pour tous les goûts et sur les quarante et quelques sommités que compte la chaîne il y a encore des « premières » pour les plus exigeants.

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