Chronique himalayenne 1973

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G. O. Dyhrenfurth, Ringgenberg ( BE )

Avec compléments des années précédentes La fin de l' âge d' or approche, pour l' Himalaya et le Karakorum. Le problème central de notre époque, la surpopulation, aboutit à des tragédies, même en Asie centrale. Les répétitions de grandes expéditions, comme les excursions favorites, doivent souvent tomber sous le coup des limitations de nombre. On en vient presque à se réjouir que certaines régions soient aujourd'hui politiquement fermées, les beaux sept mille de Lulana au Bhutan septentrional, par exemple, et... le Tibet ou la Chine rouge.

Les dernières années furent si fertiles en drames et tragédies que cette chronique de 1973 ( avec quelques compléments ) n' a pu être mise au point qu' à fin 1974. Nous commençons comme toujours par l' est:

NEPAL 1. Le Club alpin académique de Kyoto avait pour but le Yalung Kang, jadis nommé Kangchendzönga West ( 8420 m ). H. Higuchi et E. JVishi-bori en assuraient la direction. Les camps d' alti furent établis depuis le SW, avec un camp V à 8000 mètres. Takeo Matsuda et Yutaka Ageta touchèrent le sommet le 14 mai 1973, à i 8 heures. Ils bivouaquèrent à la descente, dans un trou de neige, environ 200 mètres sous le sommet. Au matin, Matsuda était en si mauvais état qu' Ageta partit seul chercher de l' aide. On le suivait à la lunette depuis le camp de base, et on le vit soudain tomber, probablement atteint par une pierre. On découvrit plus tard le manche brisé de son piolet. Fin tragique, et obscure.

Références: Michael Cheney ( Himalayan ClubAAJ 1974, p. 202/203.

2. Le Kangbachen Peak ( 7902 m ) est le sommet NW, assez détaché, du massif du Kangchendzönga. Une équipe de l' Université japonaise de Rikko, dirigée par r. Sakai et T. Yamanoi, entreprit l' escalade de son flanc NW depuis le Glacier de Ramtang. Ils avaient atteint un camp IV ( 6550 m ), quand la neige tomba durant soixante heures. Ils ne voulurent pas abandonner, et firent encore quatre tentatives, qui s' enlisèrent dans la neige.

Le succès était réserve à une expédition polonaise du Polski Klub Gorski ( Varsovie ), dirigée par P. Mtotechi, en mai igj4. Attendons la chronique 1974 pour les détails de cette première!

Référence: Correspondance de A. Zawada.

3. Une forte équipe tchécoslovaque, dirigée par Ivan Galfy, s' en prit une nouvelle fois au Makalu ( 8481 m ) avant la mousson de 1973. Elle visait la nouvelle voie du pilier SW. Le 21 mai, l' équipe de pointe quitta le camp V ( 7850 m ) et dépassa 8000 mètres. Mais Jan Kounicky eut une panne avec son appareil à oxygène. Il arracha son masque, perdit l' équilibre, tomba de plus de cent mètres sur un névé, et se blessa grièvement. Il mourut cinq jours plus tard; l' expédition fut abandonnée.

Référence: Michael Cheney, Him. Club.

4. Les Japonais n' eurent pas de chance non plus au Lhotse ( 8511 m ). Les treize hommes de l' expé de Kanagawa, dirigés par Ryochei Uchida, ne cherchaient rien de moins qu' à forcer la paroi sud, haute de 2000 mètres; elle est presque verti- cale, par endroits surplombante, et pourrait être parmi les plus difficiles de l' Himalaya. Le point le plus haut, atteint le 8 mai par deux grimpeurs, est l' emplacement d' un camp IV, à 7315 mètres. On est impatient de savoir ce que l' expédition italienne de 1975 fera dans cette face sud du Lhotse.

Références: I. Yoshizawa, M. Cheney.

5. C' est une expédition colossale que les Italiens montèrent pour le Mont Everest en 1973, comme le montrent quelques chiffres et dates: tout compté, il y avait 64 Italiens, dont 56 militaires, et seulement huit civils. Leur chef et organisateur était le grand industriel Guido Monzino, avec Piero Nava comme remplaçant. Le coût global s' éleva aux alentours de 3 milliards de lires, soit 18 millions de francs suisses. Si l'on ajoute ceux qui n' étaient pas italiens, on arrive à 90 grimpeurs et Sherpa, plus 44 aides au camp de base. Deux hélicoptères assurèrent les transports jusqu' au camp II ( env. 6400 m ) dans la Combe Ouest. Quand une machine tomba en panne le 17 avril, l' armée italienne en engagea immédiatement une neuve. Des vivres frais étaient régulièrement livrés de Kathmandu par Lukla jusque dans la Combe Ouest. Une permission officielle n' avait été donnée aux hélicoptères que pour des actions de secours, mais on n' y prit pas garde, et le camp VI fut monté au Col Sud ( 7g86 m ) en un temps record.

Le 5 mai 1973, Mirko Minuzzo, Rinaldo Carrel, le Sherpa Lakpa Tensing et le Népalais Sambhu Tamang touchaient le sommet ( 8848 m ) par le chemin ordinaire. Le 7 mai les suivirent les trois officiers F. Innamorati, V. Epis et C. Benedetti, avec le Sherpa Sonam Gyaltsen.

Le Mont Everest, ou plutôt Chomolongma, récemment nommé « Sagarmatha », est la grande borne frontière de trois religions mondiales: le bouddhisme, l' hindouisme et le communisme; c' est pourquoi bien des gens considèrent comme déplacé qu' une statue de la Madone ait été érigée à son sommet. On s' étonne d' autre part que cette expédition géante se soit terminée si tôt, alors que le début de la mousson était encore loin, et que la plupart des grimpeurs n' avaient encore rien fait.

Références: Rivista Mensile, mai 1973, p. 215; La Montagne et Alpinisme 3/1973, p. 115; AAJ 1974, p. 203/204; Mountain 38, sept. 1974, p. 38.

6. Cinq mois plus tard, une expédition japonaise réussit la première ascension de Y Everest après la mousson, mais après bien des complications: tentative infructueuse dans le versant sud, une fois de plus; tempêtes et avalanches où le SherpaJangbu perdit la vie; passage à la voie normale du Col Sud. Hiachi hhiguro et Tazuo Kato étaient au sommet le 26 octobre 1973 à 16 h 1130. Ils durent bivouaquer à la descente vers 8600 mètres, souffrirent de gelures, mais en réchappèrent. On peut dire que la littérature de la voie normale de l' Everest a assez duré.

Référence: AAJ 1974, p. 204.

Le Gouvernement du royaume du Népal affiche complet au Mont Everest ou Sagarmatha jusqu' en automne 1978 inclus. Il y a au moins dix grandes expéditions sur la liste d' attente. Une affaire fructueuse!

7. Les vingt Japonais du Tohan Club, dirigés par Shigeyuki Nakamura, avaient pour but le Pumori ( 7145 m ), l' élégante « montagne de la fille ». Déjà gravi deux fois, le sommet fut approché cette fois directement du SE, par un nouvel itinéraire^ il offrit en avril 1973 trois semaines d' une escalade très difficile, avec 1400 mètres de cordes fixes et trois camps d' altitude. Shimosaka et T. Shigeno bivouaquèrent à 7056 mètres le 30 avril, et foulèrent le sommet tôt le lendemain matin. Aucun Sherpa ne fut engagé entre le camp de base et le sommet - un exploit remarquable.

Référence: AAJ 1974^.204/205.

8. Compléments de 1972. Les excursions organisées dans la région de Khumbu et du Rolwaling Himal ont enregistré des succès à signaler. Un groupe d' Allgäu, venant du sud, de la Vallée de t Sur le sommet du Dhaula III ( 7715 m ). A gauche: le Dhaulagiri I ( 8167 m ) et tout à gauche, au fond: l' Annapurna I ( 8ogi m ) Photo: Expédition allemande de 1973 à l' Himalaya Lumding, fit probablement la première ascension du Kongde Ri ( 6093 m ), qui domine de haut Thame Og ( 3800 m ).

Une équipe bavaroise réussit le Tsoboje ( 6689 m ), précédemment appelé Chobutse ou Kang Dare ( la Hache de neige ), qui se trouve à l' est de Sangma et ne semble pas avoir été gravi auparavant.

Références: Alpenvereins-Jahrbuch 156—157; p. 110-112, 158-160.

y^, vol.98, p. 112-118, 9. Un groupe suédois se dirigea aussi sur le Rolwaling Himal en automne 1973. Quatre participants passèrent deux nuits glaciales au Col de Trashi Labtsa ( 5755 m ), d' où Mmp Lena Karlkvist gravit seule le Parchamo voisin ( 6273 m ). C' était la répétition d' une ascension britannique, de Davis-Boulthee, en 1955.

Référence: Svcnska Fjallklubben, selon AAJ 1974, p. 207.

10. Le point culminant du Gurkha Himal, le Manaslu ( 8156 m ), fut de nouveau approché de l' est, en mars et avril 1973, cette fois par une expédition de Souabe, dirigée par Gerhard Schmatz, de Neu-Ulm. Les participants étaient le guide zermattois René Arnold, les Allemands Volkert Gazert ( médecin ), Siegfried Hupfauer, Günter Kämpfe, Mme Hannelore Schmatz et Manfred Sturm, et le guide et instructeur de ski autrichien Sebastian Wörgötter. Le Sherpa bien connu Urkien était sirdar. La marche d' approche prit douze jours, de Kathmandou à Sama, dernier hameau dans la Vallée de la Buri Gandaki. Le couvent en était redouté pour avoir plusieurs fois interdit à des touristes les approches de la montagne sainte du Manaslu. Cette fois, tout alla bien, du fait que des moines influents durent demander l' aide du médecin d' expédition, qui leur fut volontiers accordée. Quand ils reçurent en plus un cadeau en argent, ils accordèrent leur bénédiction à l' en des sahibs.

Le camp de base fut établi vers 3900 mètres, près du front du Glacier du Manaslu. La neige tombait en rafales, et on n' était que le 20 mars, mais le camp I fut monté déjà trois jours après, à 4900 mètres. Le 24 mars, trois hommes montaient à ski au Col Naike ( 5600 m ), emplacement du camp II qui allait se transformer en « base avancée », comme on en a pris l' habitude avec la plupart des 8000. Au-dessus se trouve une grande zone de séracs, où cinq Sud-Coréens, un Japonais et dix Sherpa furent tués par des avalanches en 1971 et 1972, au point que le Manaslu passe pour la plus dangereuse des grandes montagnes. Après des jours d' observation et d' hésitation, on se décida pour un cheminement plus au sud, malgré une immense crevasse difficile à traverser. Avec un dépôt intermédiaire, le camp III fut placé vers 6350 mètres.

Les progrès furent freinés par le temps instable et par un oedème pulmonaire dont souffrit Arnold. Le 4 avril fut atteint le Col Nord ( 6900 m env. ), emplacement du camp IV. Avec les tempêtes de neige, c' est seulement le 22 avril que le camp V put être occupé pour la tentative finale. G. Schmatz, S. Hupfauer et Urkien formaient la cordée du sommet. Ils ne partirent malheureusement qu' à 9 heures, et il se révéla bientôt que seul l' appareil à oxygène du Sherpa fonctionnait, alors que les soupapes des deux Allemands se glaçaient constamment. Suffoqués, ils ôtèrent leurs masques et décidèrent d' abandonner leurs sacs avec les appareils et les bouteilles d' oxygène.

En regardant en arrière, un peu plus tard, « nous voyons nos sacs comme deux petits points, et quelques centaines de mètres plus à l' est un point rouge bien plus gros. Nous estimons qu' il s' agit des deux membres ( ou de l' un d' eux ) de l' expédition autrichienne de 1972 au Manaslu, qui s' étaient perdus sur le plateau et avaient gelé. Mais nous ne pourrons-rien faire pour nous en assurer durant la descente ou demain. Nous avons assez à faire avec nous-mêmes. » Vers 14 heures, ils atteignent l' édifice sommital dont les rochers émergent du névé. Le temps est si misérable qu' Urkien veut faire demi-tour; mais en fin de compte, le courageux Sherpa reste fidèle à ses sahibs. « Après une heure, nous touchons 1 2 Lhotse ( 8511 m, 8426 m, 8jy6 m ) et Lhotse Shar ( 8jg8 m ), vus du sud-ouest Photo: Erwin Schneider ( archives Dyhrenfurth ) enfin le point culminant. Nous sommes sur le plus haut sommet jamais gravi par des Allemands » ( 8156 m ). Rapidement « nous prenons des photos, ramassons quelques cailloux, et quittons cet endroit inhospitalier ».

A quelques mètres du sommet, les piolets se mettent à grésiller. A leurs ennuis s' ajoute maintenant un orage de haute altitude, dont les éclairs les font sursauter, et le tonnerre les assourdit. Ils descendent aussi vite que possible, luttant plus bas dans des bourrasques de neige. Trois heures plus tard, ils arrivent épuisés dans le camp V, sommairement installé. Ils s' en sont tirés de justesse!

Références: Correspondance et rapport officiel de VExpédition de Souabe de igyj à l' Himalaya.

11.Une expédition espagnole de douze hommes conduits par Jaime Garcia Orti obtint du gouvernement népalais une autorisation pour le Manaslu après la mousson, pour la première fois. Le camp II n' était heureusement pas occupé quand des tourmentes et des avalanches détruisirent et dispersèrent par deux fois le camp entre le 1 o et le 13 octobre. On n' utilisa pas plus loin l' au.

Référence: Michael Cheney, Himalayan Club.

12. \J Annapurna I ( 8091 m ) était le but d' une expédition de onze Japonais de la section de Shinano du CAJ. Après une tentative par l' arête NE, qui n' a pas encore été gravie, ils passèrent à la voie de l' armée britannique de 1970. Mais ils durent faire demi-tour, épuisés, dans la tempête, à une cinquantaine de mètres sous le sommet. Une seconde tentative échoua aussi. Le 18 mai 1973, alors qu' ils avaient renoncé, une avalanche emporta le camp III ( 6500 m ), où quatre Japonais et le Sherpa Rinzi perdirent la vie.

Référence: AAJ 1974, p. ao6.

13. VAnnapurna I ( 8091 m ) fut aussi le théâtre d' une tragédie durant la mousson: Une expédi- 2 tion italienne forte de onze hommes, dirigés par Guido Machetto, suivit la voie classique ouverte par les Français en 1950 jusqu' au camp II ( 5750 m ), puis s' attaqua à l' éperon NW. Le 18 septembre, donc pendant la mousson, elle plaça un camp III à 6300 mètres, et, le 21, un camp IV à 6900 mètres. Le surlendemain, le groupe de pointe poussa jusqu' à 7050 mètres, mais fut chassé par la tourmente de tous les camps supérieurs. Seuls Miller Rava et Leo Gerruti décidèrent de tenir au camp IL Dans la nuit du 26 septembre, une énorme avalanche de glace et de rochers se détacha du bord du plateau supérieur, et ensevelit tout. On ne retrouva aucun signe des grimpeurs ou de leur camp. L' expédition fut abandonnée.

Référence: AAJ 1974, p. 207.

14. L' expédition de Sangaku Doshikai, dirigée par Yukio Shimamura, voulait essayer VAnnapurna II ( 7937 m ) parla face sud, que personne n' avait touchée. Mais l' observation détaillée de ce versant lui laissa si peu d' espoir que l' expédition se rabattit sur la voie ouverte en 1971 par l' Université de Shinshu. L' ascension fut répétée le 6 mai 1973 par Katsuyuki Kondo, en solitaire, au clair de lune. Une réussite remarquable.

Références: Les Alpes iyj2 IV, p. 238; AAJ 1974, p. 206; Correspondance de Ichiro Yoshizawa.

15. Le Modi Peak ( 7219 m ), que l'on appelle aussi à tort « Annapurna Sud », a déjà été gravi plusieurs fois. Un groupe japonais du Club alpin de Sagamino, que dirigeait Kuniaki Tamada, essaya une voie rocheuse depuis la réserve de la Modi Khola, au printemps 1973. Mais le mauvais temps et les dangers ne permirent pas de dépasser 6760 m, le 28 avril.

Référence: Michael Cheney, Him. Club.

16. h' Expédition himalayenne igjj de la section de Munich du Club alpin allemand avait choisi pour l' automne le sommet encore vierge du Dhaulagiri III ( 7715 m ). Les participants étaient sept universitaires de 26 à 34 ans, camarades de montagne habitués à collaborer, qui avaient déjà grimpé dans les Andes, l' Alaska, le Karakorum et l' Hindukush: Klaus Schreckenbach, chef ( physicien ), Gerhard Haberl ( mathématicien ), Konrad Hiller ( géologue ), Peter von Gizycki ( géologue ), Klaus Süssmilch ( ingénieur ), Hans Saler ( mécanicien de précision ), Bernd Schreckenbach ( photographe ). Du Népal vinrent: le capitaine Rimai Kamud, officier de liaison, les trois Sherpa Pasang, Tensing et Norbu, un cuisinier et 61 porteurs. C' était une petite expédition. Elle quitta Pokhara le 9 septembre 1973, et traversa le Col de Ghorepani pour rejoindre la Gorge de la Kali Gandaki. A Jomson, les bagages furent charges sur 34 bêtes ( yacks et mulets ), et on continua par les trois cols de Sangda La ( 5250 m ), La-Sa ( 5400 m ) et Mu-La ( 5850 m ), pour établir le camp de base, le 21 septembre, à Mukut ( 4050 m ).

Pour atteindre les grands sommets depuis le nord, il faut franchir YArêtedu Chorten, une muraille qui s' étend du SE au NW devant les 7000. Cette barricade est l' obstacle le plus difficile de toute l' ascension, et exige les moyens de progression modernes, avec environ 700 mètres de cordes fixes. Le camp I fut pose, le 24 septembre, vers 5000 mètres, et le faîte de l' Arête du Chorten ( 5650 m ) fut atteint le lendemain, dans une brèche. Après la descente d' un couloir escarpé du versant sud, on trouva un emplacement pour le camp II ( 5300 m ), « camp de sortie » avancé. Alors le temps tourna: énormes chutes de neige pendant dix jours! Trois participants furent enfermés « comme des fauves dans une cage ». La crise dura jusqu' au 9 octobre. Enfin s' installa le beau temps d' automne. En avant! Voici leur chronique officielle:

« 12.10. Etablissement du camp III ( 5850 m ), grotte de neige.

17.10. Après un bivouac, le camp IV est place à 6950 m ( grotte de neige ).

20.10. Trois participants ( Hans Saler, Gerhard Haberl, Klaus Schreckenbach ) quittent le camp IV à 7 heures, montent le versant SW et atteignent le sommet ( du Dhaulagiri III, 7715 m ) vers 12h 30 sous des rafales de neige.

23.10. Trois autres participants ( Konrad Hiller, Klaus Süssmilch, Peter von Gizycki ) et le sirdar Norbu atteignent le sommet par l' arête ouest.

24.10-31.10. Evacuation des camps d' alti. » Un exploit en tous points remarquable. Nos félicitations!

Références: Correspondance, photos, rapports officiels en allemand et anglais. Annuaire de la section de Munich 1973, Österr. Bergsteiger-Zeitung Nr. t, 1974.

17. Neuf hommes de la Société himalayenne autrichienne, sous la direction de Adolf Huber, quittèrent Pokhara le 14 mars pour une longue marche par Dhorpatan et le Col de Jangla Bhanjyang ( 4445 m ) jusqu' à la Vallée de la Barbung Khola, au nord de la chaîne des Dhaulagiri. Il leur fallut 22 jours pour atteindre Mukut. Puis ils commencèrent à placer leurs camps en direction du Dhaulagiri IV ( 7661 m ). L' Arête du Chorten présenta de grandes difficultés. Ils montèrent un camp V à 7265 mètres. Mais le ravitaillement ne suivit pas, le temps se gâta et une terrible tempête de neige sévit pendant deux jours. Le groupe de pointe était épuisé; il fallut abandonner.

Références: Récit d' A. Huber; AAJ 1974, p. 205/206.

18. Malgré sa mauvaise réputation, le Dhaulagiri IV ^7661 m ) fut de nouveau approché en automne par une expédition britannique de neuf hommes, sous la direction d' Anthony P. Johnson. Ils entreprirent l' ascension dangereuse de l' itinéraire où cinq alpinistes autrichiens de l' ÖAK et un Sherpa avaient disparu en 1969, soit par le sud et la combe de Konaban. Le camp de base fut établi à la mi-octobre 1973. Alan Dewison fit une chute mortelle, le 20 novembre, près du camp IX. Le 23 novembre, le Sherpa Kancha fut tué par une avalanche entre le camp de base et le camp I. Ce fut l' abandon, sans que le mystère du Dhaula IV ait étééclairci.

Référence: Michael Cheney, Him. Club.

19. LePutha Hiunchuli ( 7246 m ), extrémité occidentale de la chaîne du Dhaulagiri, est une mon- tagne à ski, sans difficultés. Un groupe japonais, dirige par K. Moro, eut l' idée d' ouvrir une nouvelle voie intéressante sur son arête NE. Durant la tentative, le 12 octobre, 1973, une avalanche détruisit leur camp V ( 6400 m ). Deux Japonais, M. Deguchi et /. Mizutani, y trouvèrent la mort avec le sirdar Sherpa Ang Myima.

Référence: M. Cheney.

20. Un des nombreux groupes académiques du Japon ( Université de Kitasato ), dirige par E. Kawamura, arriva en avion à Jumla, au Népal occidental, en septembre. Il se rendit dans le Kanjiroba Himal, qui ne posse de pas de 7000, mais de nombreux beaux 6000. La première ascension du « Serku Dholina » ( 6227 m ) fut réussie. Une autre équipe, que dirigeait F. Watanabe, avait déjà rendu visite en avril au Kanjeralwa ( 6662 m ), au SE du sommet principal ( 6882 m ) du Kanjiroba.

Références: AAJ 1974, p. 207 et 209; I. Yoshizawa.

21. h' Api ( 7132 m ), dans le coin NE du Népal, fut conquis par les Japonais en i960, mais son intéressante arête ouest restait à faire. Un groupe de l' Université de Chuo, dirige par Kuniharu Ichikawa, en entreprit la difficile escalade, mais ne parvint qu' à 6150 mètres, et dut abandonner le er mai par très mauvais temps.

Référence: AAJ 1974, p. 206. GARHWAL La région est fermée aux étrangers depuis des années. Nous nous limitons donc à quelques notes: La troisième ascension du Kämet ( 7756 m ) fut réussie le 20 septembre 1973 par une expédition indienne de quatorze hommes sous la direction de Anil Deb. Le Panch Càuli ( 6904 m ) avait été essayé neuf fois par cinq pays. Un groupe indien, dirigé par Mahendra Singh, réussit enfin, le 26 mai, à toucher le sommet principal en escalade moderne. Le Balakun ( 6532 m ), proche du Nilkanta, et le Nandapal ( 6306 m ), à l' est du Tirsuli, ont été gravis par la police frontière indo-tibé- taine. R. Chandekar dirigea la première ascension du Chaudhara ( 6512 m ), au NW du Panch Chuli. Le Vasuki Peak ( 6792 m ), dont le glacier alimente le Chaturangi, fut aussi raflé par la police. Une nouvelle ascension du Mana Peak ( 7272 m ) nous rappelle la première que fit jadis F. S. Smythe.

Références: Kamal K. Guha, Himalayan Club.

HIMACHAL PRADESH Les régions de Kulu, Lahul, Spid, Chamba, etc., ne possèdent point de 7000, et un nombre limité de 6000, mais de très nombreux 5000 qui offrent de bons buts sans faire concurrence aux géants. Sept Anglais du Groupe d' escalade alpine,.dirigés par Adrian Burgess, passèrent deux jours et demi dans la paroi granitique ouest de VAU Ratni Tibba ( 5490 m ), haute de 1400 mètres. Trente-neuf membres de l' Expédition de l' armée britannique, dirigés par Jon Fleming, s' occupèrent autour des « vieilles connaissances » que sont Y Indrasan ( 6221 m ), le Deo Tibba ( 6001 m ), le Menthosa ( 6444 m ), etc.

Références: AAJ 1974; AJ 1974.

KISHTWAR Cette région forme l' angle sud du Cachemire. Son sommet le plus imposant est le Brammah ( 6416 m ). N. Estcourt et C. Bonington en réussirent, le 24 août 1973, la première ascension par la très difficile arête SE ( cotation: V ).

Référence: AAJ 1974, p. 215.

KARAKORUM Le plus haut sommet vierge de l' Inde était depuis longtemps le Saser Kangri ( 7672 m ), à l' ex SE du Grand Karakorum, dans la boucle de la rivière Shayok. Cinq vaines tentatives furent lancées contre ce géant avant sa conquête en 1973. Une expédition de la police frontière indo-tibé- taine, dirigée par Joginder Singh, monta depuis le Shayok par le glacier de Kunchang, long de 30 ki- lomètres. Le 5 juin 1973 et les deux jours suivants, le sommet principal fut atteint par Y. C. Khanna, S. Bhangu, Temba Tarkey, Dawa Temba, Roshan Lai, Bidhiman, Rinjee et Rabgias, soit huit hommes. Le Saser est encadré de trois autres sommets qui dépassent tous 7300 mètres. La police frontière peut, à bon droit, être fière de cette réussite.

Références: AAJ 1974, p.215; AJ 1974, p.254; Kamal K. Guha, Himalayan Club.

Traduit de Vallemand par Pierre Vittoz

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