Cours central de sauvetage

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( Octobre 1951Par F. Küpper Avec 5 illustrations ( 55—59Lausanne ) Je ne veux pas faire ici le compte rendu de cet excellent et très utile cours central de sauvetage en montagne qui a eu lieu à Urnerboden du 1er au 7 octobre 1951; ce serait trop tard et fastidieux. Mais ce qui est toujours actuel et de plus en plus à l' ordre du jour, c' est la leçon qui s' en dégage et que nous devons mettre en pratique pour le bien des alpinistes blessés ou en danger.

Je m' étendrai donc plus spécialement sur: 1° l' organisation du secours en montagne, 2° les maladies et blessures dues à la montagne et Vis premiers remèdes à y apporter, 3° les moyens de transport des blessés ou malades.

Qu' il me soit permis, avant d' entrer dans les détails, de rendre hommage au Comité central de Glaris, et plus particulièrement à son préposé à l' organisation de secours, le Dr J. Brauchli, ainsi qu' au très compétent organisateur technique, le Dr R. Campel de Pontresina. L' actuel Comité central, à Neuchâtel, par l' action du D1 Clerc, successeur de M. le Dr Brauchli à l' orga de secours, pousse activement à l' amélioration des moyens de secours en montagne.

Il est utile enfin de souligner l' importance et le caractère international qu' a revêtus ce cours central, par la présence des délégués d' Autriche, de Bavière et d' Italie. Seule parmis nos voisins, la France n' avait pas envoyé de délégués et c' était regrettable, car la célèbre école de haute montagne de Chamonix ou de Grenoble aurait apporté une contribution aussi utile que bienvenue à ce cours. Le président de l' Union internationale des associations d' al ( UIAA ), D' Arcis, était présent et a exposé l' œuvre accomplie déjà par son organisation dans le domaine international; c' est ainsi qu' elle a fait conclure un « gentlemen agree-ment » par lequel les clubs alpins de Suisse, de France et d' Italie ont convenu de s' aider mutuellement afin de pouvoir recouvrer les frais des caravanes de secours; qu' elle a provoqué la création de services de mise en garde contre le danger des avalanches, qu' elle cherche à susciter et à encourager les recherches en vue de trouver un moyen de découvrir les personnes ensevelies dans une avalanche, et cela à l' aide des procédés électriques modernes, qu' elle a aussi poussé à l' organisation de cours tels que celui-ci et s' est efforcée de faire connaître le matériel moderne de sauvetage inventé par les Autrichiens, qu' enfin elle a créé le « Cisalp », centre international d' appel en cas d' accident à la montagne.

Il y avait donc, à Urnerboden, une quarantaine de participants, dont une bonne demi-douzaine d' étrangers. Le cours comprenait chaque jour une heure ou deux de théorie sur les premiers secours en cas de maladie ou d' accident, sur le matériel de sauvetage, son contrôle et son emploi, sur l' organisation enfin des postes de secours. Le reste du temps était consacré aux exercices sur le terrain ( rocher, neige et glace ), dans les parages du col du Klausen.

Quelques mots d' histoire Jusqu' au siècle passé, la montagne n' était parcourue que par de rares voyageurs ou par quelques pâtres. La superstition et la crainte éloignaient les excursionnistes. Seuls des passages importants à travers les Alpes étaient fréquentés. Ainsi les cols du St-Bernard, du Simplon, du Lukmanier, du Brenner, sont célèbres dès l' antiquité. Et très tôt, sur les deux premiers de ces 1 Cet article aurait dû paraître peu après le cours central de sauvetage en montagne. Un très grave accident d' auto a empêché l' auteur de l' écrire plus tôt.

cols, s' est fondée une organisation de sauvetage et d' hospitalisation tenue par les dévoués chanoines du St-Bernard. Mais ce n' est que depuis la seconde moitié du 19e siècle que les hommes ont cherché dans la montagne une amie, un asile de paix et de détente et un terrain de saine émulation physique et morale.

Avec l' afflux d' excursionnistes en montagne, les accidents ont augmenté au point de nécessiter une organisation non plus privée mais générale et bien donnée. En 1903 étaient fondées les deux premières stations de secours à Zermatt et à Glaris. En 1951, il y en avait environ 130 et plusieurs centaines de stations d' appel et de dépôts de matériel.

Organisation du sauvetage en montagne En Bavière et en Autriche, l' organisation du sauvetage en montagne est très poussée. On peut la citer en modèle. Les sauveteurs appelés « Bergwacht » sont des spécialistes, la plupart du temps des guides. Ils sont groupés en équipes dans tous les endroits importants et ont une centrale à Munich pour les Bavarois et à Innsbruck pour les Autrichiens. Ils sont munis d' un matériel très moderne, câbles, treuil, brancards et luges de secours et du matériel sanitaire de première urgence. Ils ont des postes d' observation et d' appel et, aussitôt alertés, ils se rendent, par des moyens motorisés, rapidement sur les lieux d' accident. Là, grâce à un matériel moderne et pratique et grâce à leur technique et leur entraînement, ils mettent un minimum de temps pour secourir et descendre un blessé, dépanner un varappeur dans une situation critique, sortir un homme d' une crevasse ou ramener... un cadavre.

L' organisation interne d' une de ces équipes est aussi excellente et mérite d' être détaillée.

Avant l' accident. Le chef d' équipe ou son remplaçant est toujours de piquet. Il est responsable du matériel de sauvetage, de sa conservation et de son remplacement; ce matériel doit être conforme au règlement et être adapté aux conditions de l' endroit. Le chef est responsable également d' avoir des équipiers capables, bien formés et atteignables à tout instant.

Pendant l' accident. Dès l' alarme, le chef alerte ses hommes. Chacun a une mission clairement établie et emporte, en plus de son propre équipement, une partie déterminée du matériel de sauvetage. Un deuxième remplaçant du chef reste sur place pour coordonner les renforts à envoyer ou les renseignements à donner. Si c' est nécessaire, il alerte une deuxième équipe ( de piquet ) qui prend le matériel supplémentaire et part aussitôt.

Après l' accident. Le chef d' équipe fait rapport sur l' action de secours et calcule les frais. Il transmet le tout immédiatement aux instances compétentes. Il contrôle et fait réparer le matériel.

Cette excellente organisation allemande est réalisée également chez nous, mais avec beaucoup de lacunes et bien des imprécisions, que le CAS s' efforce d' améliorer chaque année, par son organisation des postes de secours et des postes d' appel. Une entente et une collaboration active entre les guides de montagne et les délégués des sections du CAS aux commissions de sauvetage est absolument nécessaire dans ce but. J' envisage même une collaboration plus étendue, par exemple avec la Garde aérienne Suisse de sauvetage.

Quelles sont les maladies et blessures dues à la montagne et comment y porter les premiers remèdes?

Elles sont extrêmement nombreuses et dépendent des situations, des circonstances et des conditions atmosphériques. Il serait malaisé et inutile d' en faire ici un tableau complet. Qu' il suffise de citer les principales.

Blessures superficielles: suites de choc, de chutes, de dérapage, lavage et désinfection: eau cuite, alcool dilué, Merfen, Désogen, teinture d' iode, pansements secs, de préférence aux pommades.

Blessures plus profondes: ne pas trop « gratter », enlever le plus gros de la poussière ou de la terre, pansements secs, en attendant le médecin.

Fractures ( fermées ou ouvertes ): immobiliser le membre fracturé par des attelles ( pour les jambes, her les deux jambes ). Ne pas trop serrer ( danger d' arrêt de la circulation ). Transporter le plus rapidement possible le blessé sans le secouer ( danger d' embolie ).

Choc: suite de chutes violentes et de fractures graves: ne donner ni alcool ni morphine ni pantopon ni antinévralgique, à cause de la circulation sanguine et du pouls qui tendent à diminuer dangereusement; mais soutenir le cœur par des stimulants cardiaques en attendant le médecin ( coramine, caféine ). Transporter le blessé le plus doucement possible.

Par suite de chutes, il peut y avoir:

Des blessures aux poumons: ( diagnostic: toux et bave rose ).

Des blessures à l' intestin, au foie, à l' estomac: ( enflure ) dans ce cas, il faut transporter le blessé en position demi-assise.

On peut avoir également des blessures aux reins ( urine rose ) ou à la colonne vertébrale ( mouvements bloqués ). Là, il est indiqué de transporter le blessé à plat, sur le ventre.

Gelures totales ou partielles:

Totales: l' homme à secourir est gelé mais n' est pas mort et donne tous les signes extérieurs d' un cadavre: couleur blanche et immobilité. Il faut réchauffer le blessé par des frictions et des lavages à l' eau froide puis tiède et par des massages lents et répétés; ensuite, bien envelopper le malade avec des vêtements chauds et des cruches, pour éviter des suites pénibles ( angines, pneumonie, abcès, rhumatismes, etc. ), et donner des boissons chaudes et de la coramine. Mais si la température interne tombe en dessous de 20°, il est très probable que la mort a fait son œuvre.

Gelures partielles: 3 degrés différents: 1er: rouge, pas d' ampoules, 2e: des ampoules, 3e: gris, pas d' ampoules, mais des signes de nécroses qui atteignent jusqu' aux muscles et aux os. A l' auscultation, on entend un bruit de carton.

Ces gelures partielles atteignent surtout les extrémités du corps humain et les organes à circulation sanguine ralentie: nez, oreilles, joues, pieds, mains, etc. Même traitement, mais localement.

Etoujfementpar suite d' avalanche. En premier lieu: nettoyer les voies respiratoires de toute neige, terre ou pierre, ensuite faire la respiration artificielle: tenir le sinistré de préférence sur le ventre, la tête plus bas que les pieds.

Brûlures du soleil, coups de foudre: Ne pas mouiller les blessures mais les enduire de matière grasse propre ou de farine, si possible d' un baume anesthésique et isotonique: par exemple: Baume Panthésine ou Baume Dr Wild.

Faire un pansement sec par-dessus. Ne pas percer les ampoules. Voir un médecin dès que possible.

Coup de chaleur: Lorsqu' après un échauffement et une transpiration excessive le corps ne peut plus transpirer, la circulation se fait mal, le cœur « a des ratés », le malade « tombe dans les pommes ». Laver le malade à l' eau froide et lui donner à boire de l' eau légèrement salée. S' il en est incapable, lui faire des injections d' eau physiologique stérile ( eau salée ).

Cette liste pourrait s' allonger indéfiniment: refroidissements, toux, rhumes, entérites ou le contraire, yeux brûlés par le soleil et la neige, abcès, panaris, névralgies, mal de montagne, etc. Ces cas relèvent plus des soins que le malade peut s' administrer lui-même et dont il trouvera les recettes dans sa propre expérience, que de l' intervention de « secouristes ». C' est pourquoi je ne m' y étends pas.

Comment et par quels moyens transporter un blessé ou un malade?

Là également, les réponses sont aussi variées que le sont les circonstances et les lieux, le genre de blessures et les moyens à portée de mains.

Un principe élémentaire est de faire vite et sans secousse pour le blessé.

Distinguons d' abord le port, la descente et le téléphérage du blessé.

Port du blessé par un homme seul: à califourchon sur le dos, ou en travers sur les épaules:

Le port à califourchon peut être amélioré par des couvertures ou toiles de tente roulées ou pliées en triangle ou au moyen de sacs, dont le meilleur et le plus pratique est le fameux sac Gramminger.

Port du blessé par deux hommes: Au moyen d' une perche à laquelle est suspendu le blessé étendu dans une toile de tente, ou accroché par une longue corde crochetée en treillis ou au moyen d' un brancard, soit le brancard militaire, soit un brancard improvisé avec des branches et des perches, soit l' excellent et très léger brancard Mariner, qu' on peut suspendre à un câble, faire porter par deux hommes ou munir d' une roue pour rouler le blessé sur un terrain même mouvementé, soit enfin le traîneau Akja en aluminium, très maniable, dans lequel un seul skieur peut descendre un blessé sans aucune difficulté.

N' oublions pas la luge canadienne utilisable en hiver seulement et le montage de la luge Gaillard-Dufour sur une paire de skis.

Mais il peut arriver qu' il faille descendre un blessé le long d' une longue paroi de rocher ou par-dessus une dépression ou un vide. C' est là que le matériel moderne a toute sa raison d' être.

M. Gramminger de Munich, l' inventeur du sac à porter ( Tragsitz Gramminger ) a indiqué qu' au cours d' un sauvetage le long d' une paroi abrupte de 450 mètres, il lui avait fallu cinq à six heures, avec des cordes de rappel de 60 mètres, pour descendre une cordée de deux hommes qui s' était dérochée et était retenue par un éperon de roc au-dessus du vide. S' il avait eu à ce moment là les câbles d' acier de 100 mètres de long et qui peuvent se joindre bout à bout, une heure au maximum lui aurait suffi.

Ce matériel moderne existe déjà en Suisse; l' armée en possède. Une caisse se compose de: 3 câbles-porteurs de 100 mètres de long et 6 millimètres de diamètre, d' un câble-tracteur plus mince, pour le téléphérage, long de 250 mètres, d' un frein-tambour en bois sur lequel s' enroule le câble et qui retient tout le poids, d' un trépied léger sur lequel se déroulent les câbles avant d' être retenus par le frein-tambour et qui sert à rappeler, mais du point de départ - le câble-porteur ou tracteur.

Comme le long d' une paroi un câble très long a toujours tendance à tourner sur lui-même et imprimer un mouvement giratoire désagréable ou dangereux aux personnes suspendues au bout du filin, celui-ci est terminé par un crochet mobile sur lui-même et auquel est suspendu le blessé et le sauveteur.

Lorsqu' il s' agit de traverser un vide ou une dépression, les câbles de 6 millimètres servent de câbles-porteurs. On y suspend une ou deux roulettes métalliques retenant le blessé, confortablement installé dans une toile de tente, dans le sac Gramminger ou étendu sur un brancard ou dans une luge de secours.

L' amarrage du téléphérique est fortement établi au point supérieur et tendu au point inférieur. Le câble-tracteur est déroulé depuis « en haut » sur le tambour-frein en bois. Ainsi, il n' y a aucun danger que le téléphérage s' emballe et que le blessé s' écrase au point inférieur de fixation du câble-porteur. Ce système est particulièrement rapide lorsqu' il y a plusieurs blessés à transporter.

Sauvetage dans la neige et la glace. L' avalanche ou la crevasse guettent le skieur ou le montagnard.

Que faire en cas d' avalanche? Plusieurs solutions sont dictées par les circonstances:

I ° Celui qui est pris par V avalanche doit chercher à filer vers le bas de la pente, obliquement, plus vite que l' avalanche. C' est rarement possible et demande énormément de sang-froid; ou bien il doit chercher à dégager ses fixations et nager pour rester en surface, ou encore se protéger le visage avec les mains en poussant les coudes en avant, de façon à se conserver un peu de vide et d' air devant la tête.

2° Ceux qui sont témoins d' une avalanche doivent se partager le sauvetage comme suit:

Un ou deux hommes restent sur place, sans bouger, en cherchant à situer l' endroit où ils ont vu pour la dernière fois le sinistré.

Un autre va poser des jalons sur l' endroit désigné par l' observateur.

Seulement alors il faut commencer les sondages.

Si l'on possède ou peut avoir un chien d' avalanche, il faut le mettre sur l' endroit le plus vite possible, pendant que le corps du disparu est encore chaud et dégage des émanations, et avant que tout le monde ait piétiné la place et masqué les recherches olfactives du chien.

Enfin, quand le disparu est retrouvé et dégagé, il faut faire la respiration artificielle seulement après avoir dégagé les voies respiratoires du blessé.

Le médecin - quand il arrive à tempsfera, selon son diagnostic et ce qu' il jugera opportun, par exemple: une injection de coramine, de cardiazol, de camphre, d' adrénaline, de lobé-line, etc. De toutes façons, il faut veiller: lo à ce que le blessé ne prenne pas froid, 2° à ce que les sauveteurs ne soient pas emportés à leur tour par une nouvelle avalanche à la même place. Se rappeler le tragique sauvetage, dans FEngadine, du cantonnier pris sous une coulée de neige, et la mort du sympathique et dévoué guide Göte de Pontresina et de plusieurs autres sauveteurs, par une deuxième et une troisième avalanches, 3° aux blessures que l' accidenté peut avoir revues par suite de chocs contre des rocs ou des arbres ou d' écrasement sous l' avalanche.

Que faire en cas de chute dans une crevasse? Il est rare qu' un homme seul tombe dans une crevasse. Frison-Roche, dans son beau roman « La Grande Crevasse », a donné un tableau saisissant de la tentative de sauvetage, par lui-même, d' un excellent guide tombe dans une crevasse. Mais en général, les alpinistes sur les glaciers sont encordés par deux, trois ou même quatre. Et parfois ils sont plusieurs cordées sur le même glacier.

II est rare que toute la cordée disparaisse dans une crevasse. Le cas pourtant s' est présenté et, s' il n' y a pas de témoin, c' est en général sans issue, surtout si la crevasse est profonde ou bien si le pont de neige tombe par-dessus les accidentés.

Mais en général, le ou les sinistrés sont retenus par un bout de corde se rattachant aux camarades restés sur le glacier.

Que faire alors? Si celui qui retient est seul sur le glacier, il doit aussitôt chercher à amarrer la corde à un piolet ou à un ski bien planté dans la neige, au moyen par exemple de cordelettes de siège. S' il en possède, il lance ensuite au sinistré une deuxième corde, dont une extrémité est aussi amarrée dans la glace ou la neige et dont il garde la deuxième extrémité. Cette corde, avec un mousqueton de rappel libre, permettra de hisser le sinistré à la façon d' un palan, le mousqueton de rappel servant de poulie et étant accroché à la ceinture et à la corde du sinistré Celui-ci, de son côté, peut s' aider avec des petites cordelettes ( en allemand « Stehschlinge » ) au moyen du nœud « Prusik », fixé à la corde au-dessus du point d' attache et en passant l' anneau de cordelette sous le pied, pour soulager la pression qu' exerce la corde autour de sa poitrine. S' il est habile et s' il possède deux de ces cordelettes, il peut se sortir de lui-même de sa fâcheuse position. Ce cas est nécessaire, si le sauveteur est seul et ne possède ni réserve de corde, ni deuxième corde.

Si les sauveteurs sont deux ou plusieurs et possèdent des cordes, ils peuvent lancer deux cordes et hissent le sinistré en élevant alternativement les deux cordes, le sinistré ayant auparavant passé les cordes à l' intérieur de sa ceinture et fixé les anneaux sous les pieds.

Les méthodes sont nombreuses. Je ne fais qu' en citer rapidement des exemples. Il s' agit avant tout de sauver, vite et sans dommage.

Le cours central de sauvetage en montagne, à Urnerboden, a essayé à peu près toutes les méthodes de sauvetage dans tous les terrains: rocs, pierriers, pentes herbeuses, parois de rochers, neige et glace. Il l' a fait par-dessus le vide au moyen du téléphérage. Il a comparé les méthodes des pays voisins et s' en est inspiré. Il a analysé également l' organisation du sauvetage en montagne chez nos voisins et chez nous. Il a esquissé des directives sur les premiers soins à donner, en attendant le médecin.

Que reste-t-il à faire pour l' avenir?

Beaucoup de choses encore, beaucoup plus qu' on ne le croirait et qu' on ne le voudrait.

Il faut partir du point de vue essentiel suivant: la vie d' un homme blessé en montagne tient toujours à la rapidité et à la compétence des soins apportés à le secourir. Combien de vies auraient pu être sauvées si l'on avait pu alerter plus vite, descendre une paroi plus rapidement ou atteindre un hôpital avant que le blessé ne laisse à la montagne son dernier souffle.

Il faut alerter vite la colonne de secours! Ne pourrions-nous pas avoir comme dans certaines contrées, au moment des afflux de courses en montagne, des postes d' observation. C' est difficile, j' en conviens, mais on pourrait essayer? D' autre part, ne pourrait-on pas essayer l' emploi des postes de radio portatifs, comme dans l' armée?

Il faut pouvoir descendre rapidement au bas d' une paroi de rochers, ou par-dessus des obstacles naturels; les moyens modernes avec les longs câbles d' acier accéléreraient de beaucoup les secours. Ce projet est en voie de réalisation grâce au Comité central du CAS.

Il faut enfin atteindre rapidement un hôpital pour pouvoir faire des transfusions, etc. C' est là que je tendrais la main avec une reconnaissance immense à la « Garde aérienne suisse de sauvetage » qui a eu la gentillesse et l' heureuse idée en septembre 1953, d' inviter les autorités et quelques guides du CAS à ses démonstrations à l' aérodrome de Sion.

Avec l' avion ou l' hélicoptère, on sauverait encore bien des vies dont les heures seraient comptées sans des secours immédiats.

Le côté financier de ces sauvetages est un lourd problème. Mais avec une organisation bien définie et l' appui du CAS et de la Garde aérienne suisse de sauvetage, on sauvera plus de vies encore que par le passé, la vie de ceux que la montagne attire et que parfois elle meurtrit.

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