Crête de Morning, son accès depuis le Val d'Anniviers

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son accès depuis le Val d' Anniviers

Par Jean Baumgartner

son accès depuis le Val d' Anniviers Avec 1 illustration ( 168Genève ) Dans leur éternel désir de sortir des chemins battus, les alpinistes nous révèlent constamment des voies nouvelles, et si beaucoup d' entre elles ne resteront que comme des prouesses réservées aux champions des techniques modernes, il en est d' autres qui méritent de sortir de l' oubli ou du dédain dans lesquels leur situation subalterne par rapport aux grands sommets ou leur éloignement des voies d' accès commodes les ont laissées.

C' est le cas de la Crête de Moming.

Récemment, deux articles de ce, journal ( Karl Baumann, Les Alpes, 1943, n° 6, p. 184, et Wilh. Preiswerk, ibid. 1945, n° 9, p. 257 ) en ont révélé les beautés aux amateurs de grandes arêtes.

Mon propos n' est pas d' ajouter quoique ce soit à leurs attachants récits pour ce qui concerne le parcours de l' arête elle-même, du Col de Hohlicht à l' épaule du Rothorn de Zinal. Les grimpeurs trouveront dans leurs descriptions tous les détails qu' ils pourraient souhaiter sur ce trajet. Il est bien plutôt d' attirer l' attention des amateurs sur les possibilités d' accès par le versant occidental au départ de Zinal, les auteurs précités ayant tous deux gagné l' arête par le versant oriental en partant de la cabane du Weisshorn.

Nous avons réalisé cette expédition, André Martin de Vissoie, mon fils et moi, à la fin d' août 1945. Partis de Zinal même à 1 h. du matin, nous avons gagné la moraine de la rive gauche du Glacier de Moming et pris pied sur ce glacier au pied de l' arête nord du Besso. Favorisés par les excellentes conditions d' enneigement glaciaire consécutives à de récentes chutes de neige de cette fin d' été, nous avons eu facilement raison de ce glacier crevassé, tantôt nous tenant près des rochers du Besso, tantôt gagnant sur le glacier lui-même pour éviter les obstacles. Du pied du contrefort oriental du Besso la traversée du plateau supérieur presque horizontal du Glacier de Moming n' est qu' une agréable promenade jusqu' à la chute de séracs qui le barre au pied de la Pointe nord de Moming et qui se franchit d' ailleurs sans difficultés. Ne l' a pas été à skis à Pâques de cette même année ( v. Les Alpes, 1945, n° 5, mai ).

Une fois à l' aplomb de la Pointe nord, on a le choix entre plusieurs itinéraires, la montée directe au Col de Moming, la possibilité de gagner la Pointe nord elle-même par les rochers de son versant occidental sur la rive droite du Col de Moming lorsque ces rochers sont secs, la montée au Col de Hohlicht.

Nous avons choisi cette dernière voie afin de parcourir l' arête dans sa totalité. Par suite des bonnes conditions d' enneigement, elle nous a été beaucoup plus facile que nous l' escomptions. Pour gagner l' aplomb du col, il fallut redescendre quelque peu par une marche de flanc et une taille du bas du couloir dépouillé de son revêtement de neige par de récentes avalanches. En remontant quelques gradins rocheux nous avons gagné le pied de la côte neigeuse qui descend du col et qu' indique Kurz dans son Guide des Alpes valaisannes, et l' avons quittée peu après — vu sa déclivité et la nécessité de tailler — pour atteindre le col par les rochers de sa rive droite.

Dès lors, nous avons suivi le fil de l' arête, contournant quelques obstacles pour gagner du temps et appréciant à notre tour la qualité de la roche et la sauvagerie des lieux si bien décrites par nos devanciers. Retardés par l' enneige récent des rochers, nous n' avons atteint l' épaule du Rothorn ( par des rochers verglacés! Ne pas gagner cette arête trop à droite !) qu' à la tombée de la nuit, si bien que l' arête blanche dût être descendue par la nuit noire et que la cabane du Mountet ne fût atteinte qu' à 11 heures du soir.

Sans doute la voie d' accès que nous avons choisie est-elle longue, guère plus cependant qu' au départ de la cabane du Weisshorn, puisque la caravane Baumann n' a atteint le Col de Hohlicht qu' à 10 h. 45. Elle possède par contre l' inappréciable avantage de se dérouler toute entière dans l' ombre, le soleil ne nous ayant atteint qu' à l' arrivée sur le col et — qui plus est — dans un cirque glaciaire de toute beauté. D' ailleurs, suivant les conditions du terrain et selon les qualités de rapidité de la caravane, quelques heures pourraient sans doute être gagnées sur l' ensemble de la traversée.

En tout état de cause, la course ainsi comprise représente le type d' une ascension complète par la variété du terrain dans laquelle elle s' exécute. On pourrait certainement en abréger la durée en partant du Mountet et en parcourant l' arête en sens inverse, ce qui ferait gagner — bénéfice appréciable — Die Alpen - 1946 - Les Alpes19 près de 1200 m. de dénivellation au départ. Cela permettrait de pousser jusqu' au Schallijoch et de descendre parle Glacier du Weisshorn sur le Haut Arpitettaz. Les amateurs de bivouac préféreront s' offrir encore le lendemain le Weisshorn par le Schalligrat. C' est ce que les guides de Zermatt — partant du Trifthorn — appellent la « Tournée des Grands-Ducs », le nec plus ultra évidemment. Voir dans les « Varia* l' illustration avec le tracé de ce nouvel itinéraire.

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