Formation et mouvement des glaciers

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Avec 4 croquis.

Par René Kœchlin.

Nous avons déjà montré que dans un glacier normal il devait y avoir une relation entre l' épaisseur du glacier et la pente. Si, d' autre part, comme tout le fait supposer, une relation existe également entre la largeur du glacier et sa profondeur, ou épaisseur, on est fondé d' en déduire qu' il doit y avoir un rapport entre la pente d' un glacier et sa largeur. Pour le vérifier, nous avons porté dans un diagramme ( fig. 2 ) ces dimensions ( pente et largeur ) l' une en fonction de l' autre pour un grand nombre de glaciers en choisissant les parties où ceux-ci ont une pente et une largeur régulière. On trouve ainsi FORMATION ET MOUVEMENT DES GLACIERS.

une série de points qui ne s' écartent que peu d' une courbe moyenne, ces écarts étant d' ailleurs justifiés par les variations de la nature de la roche constituant le lit du glacier.

On remarquera qu' à partir de 700 à 1000 m. de largeur la pente du glacier devient beaucoup plus faible. Cette largeur doit certainement correspondre CD' fel Si

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Cette gorge se déplace à l' arrière dans le cours des siècles, se creusant dans les fentes des anciens névés, qui forment ainsi des épaulements des deux côtés de la vallée. C' est un profil caractéristique de bien des vallées glaciaires des Alpes.

Citons comme exemples typiques de vallées ainsi formées celle de Lauterbrunnen dans l' Oberland bernois et le Blindental dans le Valais. On y retrouve dans le haut de la vallée encore un bout du glacier qui l' a formée et dont la largeur correspond à celle de la gorge.

Les fiords de Scandinavie ne sont que les restes de vallées glaciaires qui se sont ainsi déplacées vers l' intérieur. Débouchant dans la mer, le glacier a arrêté son érosion en fondant et cela toujours à une même profondeur au-dessous du niveau de la mer, les conditions dans lesquelles s' est arrêtée l' éro ayant été toujours les mêmes. Ainsi s' explique la profondeur presque constante qu' on rencontre dans un même fiord tant que la résistance de la roche reste la même.

Signalons encore quelques observations qu' on pourra faire dans un glacier de formation normale ( voir fig. 4 ). Le glacier a une surface concave à l' amont, convexe à l' aval tandis qu' à la limite des neiges sa surface est plane. Là les filets de glace ont un mouvement parallèle à l' axe du glacier, c'est-à-dire à sa pente. A l' amont ces filets se dirigent vers l' axe en s' inclinant vers le bas; à l' aval ils partent de l' axe en s' inclinant vers les côtés et légèrement vers le haut, suivant l' intensité de l' ablation qui est plus grande vers les bords. Les eaux produites par celle-ci et qui s' infiltrent à travers les fentes de la glace forment un torrent qui descend au fond du lit en tunnel débouchant à l' extré inférieure du glacier.

Après avoir décrit la formation d' un glacier type tel qu' il se développerait dans des conditions absolument normales et dans une roche homogène, il nous reste à dire quelques mots sur les particularités qui se présentent lorsque l' érosion du glacier ne se fait pas dans une roche homogène.

Dans les névés on rencontre fréquemment, surtout dans la roche granitique, des zones plus tendres; le glacier s' y creuse alors de véritables cuvettes. La plupart de nos lacs de montagne, que l'on trouve dans les régions que les glaciers ont occupées à une époque antérieure, sont dus à cette cause. Ils se remplissent ensuite petit à petit par les alluvions; formant de grandes surfaces planes, les « Boden », qu' on trouve souvent dans les vallées supérieures des Alpes. Les roches « moutonnées » qu' on y trouve également sont dues à la même cause, à l' inégalité que présentent certaines roches à l' usure des glaciers.

Lorsqu' un glacier traverse un banc de rochers plus durs, il se formera une cascade de glace. Celle-ci se partage en lamelles, en séracs, qui après la chute lente se ressoudent de nouveau à l' aval en une masse compacte en vertu de la propriété déjà décrite de la « regélation » que possède la glace.

Dans ce court exposé des phénomènes glaciaires l' alpiniste trouvera l' explication de la formation des paysages si divers et si grandioses de nos régions alpestres. Que la connaissance des lois qui ont présidé à ces formations donne un intérêt de plus à ses observations!

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