L'action suisse dans la restauration des sols montagnards et la conservation des ressources naturelles au Népal

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Edouard Rieben, Vallorbe

Avant-propos Dégradées autrefois par une occupation humaine abusive, par des exploitations forestières incontrôlées et un pacage désordonné, les régions montagnardes de notre pays portent aujourd'hui encore l' empreinte de ce processus funeste; le ravinement par les eaux torrentielles ronge toujours les flancs de maintes vallées, les éboulements et les avalanches y compromettent la sécurité des agglomérations et des voies de communication. Cependant ces fléaux ont reculé dans une mesure considérable depuis le début du siècle, un assainissement fondamental est intervenu dans ce domaine, une conversion intégrale s' est manifestée dans la protection des terres montagnardes contre le déboisement et l' érosion. Cette évolution heureuse est due essentiellement à l' introduc et à l' application de nos lois forestières qui ont réglementé les coupes, favorisé la restauration des boisés et l' extension de la couverture sylvestre. On peut affirmer que, aujourd'hui et dans l' ensem, la Suisse présente un visage harmonieux et sain, un équilibre organique et stable.

Malheureusement il n' en est pas de même partout et le phénomène de dégradation que connut notre pays autrefois s' exerce maintenant encore avec une intensité extrême dans nombre de régions élevées du globe, dont les populations en constante progression ignorent les bienfaits d' un manteau forestier normalement constitué et grignotent en raison de leur pauvreté constamment au capital de fertilité que cèlent encore leurs terres; par là, elles compromettent les bases mêmes de leur alimentation et de leur survie. Une telle région est représentée par l' aire montagnarde du Nepal, on la pression démographique et l' inter anarchique de l' homme dans la couverture végétale et le relief ont des conséquences désastreuses pour le régime des eaux et la production agricole.

Afin d' aider la nation himalayenne à maîtriser et combattre ce processus dangereux pour son avenir, la Suisse a contribué à la création à Jiri, dans l' Est népalais, d' un centre montagnard d' ex, de démonstration et de formation, capable de diffuser les moyens et les procédés de vaincre l' érosion, de consolider les terres et de sauvegarder les ressources naturelles de ce pays magnifique, habitat d' un peuple pauvre certes, mais aussi sobre et courageux. Il intéressera certainement les lecteurs de notre revue de connaître les effets de l' érosion, comment ils se sont manifestes autrefois dans les Alpes, mais également les caractères de l' action de restauration menée dans ce domaine au Nepal par la Confédération et par Helvetas, l' Association suisse d' assistance technique.

Pour mieux comprendre le problème tel qu' il se pose à ce pays, il convient de décrire avant tout brièvement:

Le milieu Le Nepal présente un relief unique au monde par sa diversité. Allant des plaines du Téraï, sises à une altitude de Zoo mètres - caractérisées par leur faune et leur flore subtropicales — qu' aux sommets les plus élevés du globe, il est découpé par des vallées transversales fort encaissées, avec des flancs abrupts façonnés dans un substratum sensible à l' érosion. En effet, le sous-sol géologique y est composé essentiellement de roches métamorphiques, dont l' altération produit un sol meuble qui est facilement entraîné par les eaux de ruissellement.

L' un des caractères les plus marquants du milieu est constitué par le climat, qui est déterminé par le régime de la mousson; aux sept à huit mois de sécheresse hivernale succèdent quatre à cinq mois de pluies journalières torrentielles, qui confèrent certes aux terres leur productivité, mais qui en compromettent aussi l' in.

Si de vastes forêts — dont une. partie est demeurée vierge - recouvrent les régions restées presque inaccessibles à l' exploitation sylvestre, en revanche le moyen pays — fort densément occupé - est très déboisé à la suite des coupes abusives et d' un pacage inconsidéré. Les zones basses et médianes — qui hébergent des populations d' origine indo-népalaise et de religion hindouiste - sont mises en valeur presque toujours sous la forme de terrasses irrigables, façonnées avec beaucoup d' art et entretenues avec infiniment de persévérance et de ténacité; les étages supérieurs de l' aire cultivable sont, eux, affectés essentiellement à l' exploitation pastorale par les montagnards de souche tibétaine et de religion bouddhique, représentés avant tout par les Sherpas. Jusqu' à plus de 3000 mètres d' altitude, même les terres fort déclives sont utilisées pour la production alimentaire, la culture est souvent pratiquée sur des stations n' en avant véritablement plus la vocation et qui sont de ce fait rongées par le décapement et l' érosion.

Uérosion, ses causes et ses conséquences Comme partout ailleurs, au Nepal l' érosion est due à l' exploitation anarchique des terres et au déboisement. La progression démographique et la faim ont obligé les populations à faire reculer l' aire forestière pour gagner de nouvelles tei-res agricoles et pastorales; la diminution de la production ligneuse qui en a résulté provoque le grignotement de toutes les réserves de bois dans les zones accessibles, si bien que les boisés qui ont réussi à subsister ne sont en fait plus que des maquis sans valeur. C' est pourquoi, dans de vastes régions, le fumier séché au soleil est utilisé comme combustible, ce qui prive les sols de fer-tilisants compensatoires précieux; il en découle que les cultures doivent être toujours plus étendues ou constamment déplacées sur les terres disposant encore d' un certain pouvoir de production et qui ne se trouvent plus guère que sur l' aire sylvestre. C' est la raison pour laquelle aujourd'hui encore de vastes forêts sont sciemment brûlées pour que leur substratum puisse être affecté à la production alimentaire, selon le procédé de la culture itinérante. De plus, la santé et la pérennité de grands massifs sont compromises par la pratique du brout, c'est-à-dire de la récolte des feuilles sur les arbres pour assurer la nutrition du bétail.

La denudation et la dégradation qui résultent de ces processus renforcent naturellement le ravinement par les eaux, qui entraînent durant les crues de la mousson la terre arable vers le fond des dépressions et vers les fleuves. Lorsque le dispositif d' irrigation n' est pas rationnellement conçu et soigneusement entretenu, des flancs entiers de montagnes peuvent être emportés par les torrents dévastateurs. Mais l' érosion la plus sournoise - et à long terme la plus dangereuse - est constituée par le décapement presque imperceptible et insidieux provoqué dans le sol par un ruissellement non contrôlé. Ainsi, à force de vouloir étendre l' aire agricole et pastorale au-delà de limites organiques, à force de vouloir pousser à tout prix la production alimentaire, le Népalais en a, en réalité, sapé les bases mêmes et compromis sa survie. On se trouve là devant un cycle infernal qui conduit tout droit à la catas- trophe si l'on n' intervient pas à temps par une conversion fondamentale des méthodes et un assainissement intégral de la situation.

Les remèdes potentiels sont représentés en fait par les procédés appliqués et éprouvés dans notre pays, mais introduits dans ce milieu particulier d' une façon raisonnée et adaptée aux conditions spécifiques de la montagne népalaise. Précisons, avant tout, que tout se tient da ns l' économie montagnarde et que tous les secteurs des activités humaines y sont interdépendants. Un exemple le démontre facilement: il importe de supprimer dès que possible la pratique désastreuse consistant à utiliser le fumier comme combustible, mais cela ne peut se réaliser qu' en restaurant les forêts et en reboisant les sols à vocation sylvestre; de son côté, cette opération implique la suppression du parcours du bétail sur ces terres, ce qui ne peut s' envisager qu' après avoir assuré une entière compensation des pertes d' her grâce à une amélioration de la production fourragère. Ainsi l' intervention du forestier demeure inefficace, si elle ne s' intègre pas dans un ensemble d' opérations concertées et coordonnées, tendant à promouvoir la revitalisation et le développement ordonné de chacun des secteurs de la production du sol.

Il faut par conséquent abolir tout d' abord l' ex anarchique des terres, les utilisations mixtes et désordonnées de l' aire montagnarde. Il importe en particulier de cantonner les forêts et les pâturages, puis de restaurer les boisés et d' a les herbages. Ce sont là les objectifs essentiels du Centre forestier créé par Helvetas, en collaboration avec les gouvernements népalais et suisse, dans l' Est du pays himalayen; cet établissement — dirige jusqu' à ce printemps par l' ingé forestier lausannois J. Stebler - est partie intégrante d' un complexe général d' expérimen, de démonstration et de formation pour tous les secteurs de l' économie montagnarde, qui a été fondé à Jiri, il y a une dizaine d' années. :'Examinons de plus près les deux fonctions fondamentales du Centre forestier de Jiri: la restauration des terres montagnardes par une utilisation organique et la protection des sols par le reboisement et la reconstitution de la sylve.

La restauration des terres montagnardes et la conservation des ressources naturelles par une utilisation organique Contrairement à ce que l'on pense communément, la protection des sols contre l' érosion et la reconstitution du potentiel de production des terres ne requièrent pas toujours de coûteux travaux de reboisement ni l' édification d' ouvrages onéreux. Au contraire et comme le prouvent les expériences rassemblées dans la réalisation des nombreux projets élaborés par le soussigné, une amélioration fondamentale peut être obtenue simplement par une meilleure organisation dans la mise en valeur de l' aire montagnarde, par l' introduc d' une exploitation ordonnée du territoire. A une exploitation mixte et extensive sous la forme d' un pacage incontrôlé couvrant l' ensemble des sols non affectés à la culture, il faut substituer une utilisation spécialisée et intensive. Les terres doivent être réparties entre l' habitat, la culture, le pâturage et la forêt d' une façon harmonieuse, conforme à la vocation du milieu, en particulier en fonction du substratum, du relief et du climat local. Au Nepal — comme dans toutes les régions dégradées — l' opération essentielle consiste à supprimer ou tout au moins à réduire la pression exercée par les troupeaux sur l' aire à vocation sylvestre et sur la végétation arborescente. Ces mesures fort simples en soi - mais point toujours faciles à appliquer en raison de l' opposition manifestée par les usagers séculaires - suffisent souvent pour assurer la venue par la voie naturelle d' un abondant recrû, capable de former bientôt un massif forestier dense et sain; celui-ci constitue alors le moyen le plus efficace de fixer les sols, de favoriser l' infiltration des pluies torrentielles de la mousson et de régulariser le régime des eaux, donc de réduire les affouillements et les inondations.

Cependant l' application de ces mesures implique la création de compensations pour les pertes d' herbages qui en découlent; cela peut se réaliser par l' augmentation de la production fourragère grâce, entre autres, à la culture de plantes adéquates nouvelles comme le trèfle blanc - introduit à Jiri avec beaucoup de succès -, à l' amélioration des pâturages et à la création de vergers à arbres fourragers. De plus, l' introduction d' un pacage contrôlé impose une conversion de l' économie pastorale traditionnelle et la substitution d' une exploitation ordonnée des pelouses à l' utilisation anarchique actuelle; en fait, une telle réforme appelle l' effacement de l' esprit individualiste devant la volonté de coopération. C' est ce que le Centre forestier de Jiri tente d' éveiller par la fondation de consortages pastoraux, d' une sorte de « syndicats d' alpage » groupant les paysans qui disposent des droits de parcours sur les terres communautaires. Sans déranger fondamentalement les structures sociales organiques et liées au milieu, il importe de mobiliser toutes les forces vives de ces populations, de synchroniser les divers secteurs d' activité et de coordonner les efforts entrepris pour rénover l' économie montagnarde.

La lutte contre l' érosion et la conservation des sols par le reboisement Une exploitation ordonnée telle qu' elle vient d' être évoquée, l' intensification de la mise en valeur de chaque station en fonction de sa vocation doivent rendre superflus l' incendie des forêts pour gagner de nouveaux pâturages, l' ex abusive des cultures par le défrichement, la récolte inconsidérée du brout sur les arbres; la couverture sylvestre recouvrera sa santé et sa prospérité en quelque sorte par la voie naturelle.

Mais de vastes territoires menacés par le décapement et l' érosion sont dépourvus d' un manteau arborescent protecteur et souvent même de tout arbre forestier capable de fournir des semences, donc de se reproduire. Là doit alors intervenir le reboisement par la plantation de jeunes sujets élevés en pépinière à partir de graines récoltées dans des stations analogues. Tout en assurant le maintien ou la reconstitution de la fertilité du substratum par la mise à demeure d' essences améliorant le sol, on veille naturellement à enrichir le mélange au moyen d' espèces aptes à produire des bois de valeur.

Les plants produits dans les pépinières servent d' ailleurs aussi à introduire des essences nobles dans les maquis dégradés qui revêtent de si vastes étendues de l' aire montagnarde népalaise. De même, on y élève divers feuillus dont la frondaison est appréciée par le bétail comme nourriture hivernale et que l'on utilise pour créer des vergers à arbres fourragers, rendant par là superflue la récolte du brout dans les boisés protecteurs.

Au Centre de Jiri a été créée en automne 1962 une première forêt pilote, dans laquelle divers procédés de plantation et de traitement ont été mis à l' épreuve par l' ingénieur forestier bernois A. Hirsbrunner, le pionnier des opérations entreprises dans le cadre de ce projet; une seconde a suivi en 1965. Protégés efficacement contre les incursions des troupeaux, contre le feu et les exploitations incontrôlées, ces peuplements se distinguent aujourd'hui déjà nettement des boisés soumis encore aux servitudes séculaires.

Les caractères et les activités du Centre forestier de Jiri 1 Certes on peut édicter des lois imposant l' appli des diverses mesures théoriquement capables d' assurer la conservation des sols et des ressources naturelles; c' est d' ailleurs aussi ce qu' a effectivement réalisé le Gouvernement népalais. Mais l' expérience a prouvé que de telles prescriptions demeurent en fait inopérantes tant que les bases sociales, biologiques et économiques de leur mise en œuvre n' ont pas été créées, tant que les populations concernées n' ont pas été organiquement renseignées et formées, tant qu' il ne leur a pas été démontré comment elles peuvent s' adap ter à une situation nouvelle et respecter les impératifs légaux découlant des intérêts généraux du pays.

Le Centre forestier de Jiri considère comme sa tâche fondamentale d' expérimenter les procédés avant de les généraliser, puis, après les avoir valablement éprouvés, de les démontrer et de les diffuser grâce à la formation d' instructeurs et de cadres choisis dans les communautés locales et parmi les fonctionnaires gouvernementaux appelés à œuvrer dans l' aire montagnarde. Dans un complexe de bâtiments simples, mais fort harmonieusement et rationnellement conçus, il instruit tout d' abord des « conseillers d' exploitation », c' est dire de jeunes montagnards animés d' esprit d' en et en général désignés par leur village pour apprendre les éléments essentiels et pratiques de la lutte contre l' érosion, de la sylviculture et de l' exploitation pastorale; après leur retour dans leurs vallées, ces instructeurs deviendront des noyaux de diffusion du progrès et des pôles de croissance. Le Centre forestier de Jiri a également pour fonction de perfectionner les « techniciens » de l' économie sylvestre, de les initier spécialement aux activités et à la sylviculture propres à la montagne népalaise.

Du Centre de Jiri émanent aussi de multiples initiatives tendant à réaliser effectivement sur le terrain les postulats énoncés dans son enseignement; ainsi l' ingénieur forestier suisse élabore avec ses collaborateurs népalais des projets de reboisement, de desserte, d' améliorations pastorales de lutte contre l' érosion; il en surveille l' exécution tout en conférant aux responsables autochtones la possibilité de se former d' une façon approfondie et de se rendre ainsi progressivement indépendants de l' aide et des conseils étrangers. Par là, le Centre peut agir aussi bien à la base par la pénétration des idées nouvelles et des procédés évolués dans les populations concernées qu' au niveau du Service forestier gouvernemental.

Conclusions Créé sur la base de projets élaborés en 1962 et 1965 par l' auteur de cet exposé, conduit avec dynamisme en étroite collaboration avec les organes gouvernementaux népalais et avec l' aide de la Confédération suisse, le Centre forestier de Jiri veut faire bénéficier la vaillante nation himalayenne des expériences rassemblées dans nos Alpes et des résultats qui y ont été obtenus dans la restauration des terres et la conservation des ressources naturelles. Malgré la modicité des moyens financiers mis en œuvre, cela est réalisé avec beaucoup de succès sur la base d' une législation nouvelle certes, mais grâce surtout au travail persévérant d' hommes compétents et dévoués. Il peut être utile de rappeler ici que les opérations entreprises dans ce domaine au Nepal servent les intérêts fondamentaux non seulement de ce pays, mais également de l' Inde; en effet, elles contribuent à réduire les crues des rivières et adoucir ainsi la gravité des inondations qui affectent régulièrement les plaines du Gange durant la mousson.

En octobre 1969, nous avons à nouveau parcouru la vaste aire d' activité du Centre et pu constater que l' Association suisse d' assistance technique a entrepris là une action heureuse et efficace, conforme à notre vocation, correspondant aux besoins profonds d' un pays et d' une population qui présentent de grandes affinités avec les nôtres. Puisse ce travail bénéfique jouir de l' appui soutenu du peuple suisse, en particulier de tous les hommes attachés à la montagne et à la nature!

Haute vallée de Dhor Patan dans l' Ouest népalais, à environ 3000 mètres d' altitude; à l' arrière les chaînes du Dhaulagiri ( qui culmine à 8173 m ) et de l' Annapurna ( dont le sommet atteint 8078 m ).

Alors que les pâturages, mal exploités et incomplètement mis en valeur, se revêtent progressivement d' une flore importune et dépourvue de valeur alimentaire, de vastes forêts sont sciemment détruites par le feu pour faire place à de nouvelles pelouses. Il en résulte la dégradation de l' aire montagnarde, une intense érosion et des crues qui affectent tout le bas-pays. Seule l' introduction d' une utilisation ordonnée des terres, conforme à leur vocation, est capable d' assainir la situation et de restaurer les sols.

2Une grande partie de la montagne népalaise est admirablement mise en valeur par la culture pratiquée sur des terrasses façonnées avec un art incomparable et entretenues avec ténacité; un contrôle rigoureux des mouvements de l' eau de ruissellement permet d' utiliser à bon escient le précieux liquide et d' éviter le décapement des terres. Malheureusement la culture est allée quelquefois au-delà de limites organiques, ce qui a provoqué souvent une intense érosion et l' éboulement de flancs entiers de vallées.

Vue prise d' un Pilatus-Porter, lors d' un vol allant de Kathmandou à Jiri.

3Afin de constituer des moyens d' expérimentation, des exemples de démonstration et des noyaux de diffusion de procédés simples et évolués, le Centre de Jiri a créé des forêts pilotes où sont mises en œuvre des méthodes sylviculturales dont l' application est à la portée des populations autochtones. Grâce à leur protection contre les incursions des troupeaux, contre le feu et les coupes incontrôlées, ces peuplements se distinguent nettement, aujourd'hui déjà - six ans après leur fermeture - des boisés non libérés de ces servitudes.

Cette vue représente l' un de ces complexes avec sa pépinière. Les essences de valeur, telles que le pin, ont été dégagées du maquis par quelques coups de « kukri », la serpe des Népalais, et elles dominent ainsi déjà le peup 4Les pluies torrentielles de la mousson rongent la montagne, creusent de profonds ravins et grignotent progressivement les meilleures terres agricoles. Il importe de mettre un frein à ce processus catastrophique, d' une part par les reboisements et, d' autre part, par la correction des torrents. Dans le cadre des cours qu' il organise pour les conseillers d' exploitation et pour le personnel sylvestre, le Centre forestier de Jiri crée, avec la collaboration des élèves, des ouvrages destinés à consolider le lit des ruisseaux et à stabiliser les terres.

A droite, champs de millet et de sarrasin, cette polygonacée qui a été longtemps cultivée dans les Alpes suisses, car elle est très rustique et produit un aliment de valeur.

5La région de Bhandar, située à l' est de Jiri et à une altitude moyenne de sioo mètres. Ce site, bien connu des expéditions se rendant de Kathmandou dans le Khumbu, fait actuellement l' objet, de la part du Centre forestier de Jiri, d' un aménagement général et d' un équipement destinés à mettre ses terres sylvestres et pastorales en valeur d' une façon complète et rationnelle. Les forêts sont progressivement fermées au parcours du bétail et restaurées, tandis que les pâturages sont améliorés d' une façon fondamentale, munis d' abris et de points d' eau.

Au premier plan, arbres sur lesquels les feuilles ont été récoltées pour la nutrition hivernale des troupeaux; cette pratique dégrade de vastes boisés protecteurs et l'on tend aujourd'hui à la concentrer sur des vergers à arbres fourragers spécialement créés à cet effet.

6L' objectif fondamental d' un projet tel que celui de fin est de supprimer la faim et la misère par une mise en valeur ordonnée et harmonieuse des terres restaurées et protégées contre l' érosion, de hausser le niveau de vie des déshérités, de rendre la joie de vivre à un peuple montagnard sympathique, courageux et épris de liberté!

Terrasses façonnées avec une ingéniosité admirable et portant des cultures de haute productivité.

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