L'arête S de l'Aiguille Noire de Peuterey

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Avec 4 illustrations ( 6—8Par Arthur Visoni

L' alpinisme, nous en avons fait tous l' expérience une fois ou l' autre, demande une formation morale, physique et technique. C' est de cette préparation, lentement acquise, que naîtra en premier lieu l' intention de tenter une ascension d' une certaine envergure, et c' est d' elle, encore, que dépendra la réalisation, réussite brillante ou lamentable échec.

Celui qui veut s' attaquer à une arête périlleuse ou vaincre une redoutable paroi doit être prêt, le moment venu, à se lancer dans l' aventure. Il attend de ses compagnons de cordée qu' ils soient également bien préparés et ainsi se trouve réalisée cette harmonieuse et nécessaire coordination des forces d' une caravane qui est une des conditions essentielles du succès.

Il est des arêtes et des parois dont la conquête récente ne fut achevée qu' au prix des efforts soutenus et répétés des plus audacieux grimpeurs. Montagnes fantastiques qui représentent pour nous, alpinistes de force moyenne, des ascensions extraordinaires réservées à des varappeurs d' élite. Nous nous passionnons à la lecture de ces dernières victoires et notre imagination entoure ces pics d' une auréole d' inaccessibilité.

Au début du mois d' août de cette année 1947 si propice aux ascensions, dix heures après avoir quitté la cabane de Saleinaz, j' atteins le Montenvers dans l' après d' une belle et chaude journée. C' est par le haut que j' ai voulu pénétrer dans cet immense massif du Mont Blanc. Recherchant une bienfaisante solitude, j' ai franchi la frontière au Col du Chardonnet, heureux, après dix années d' absence, de fouler à nouveau le sol alpin français.

C' est ici que j' ai pris rendez-vous avec mon ami Raymond Lambert. Alors que les trains arrivent et déversent le flot habituel et si comique des visiteurs de la Mer de Glace, nous causons et mon ami m' annonce que nous allons partir, tout à l' heure, pour la cabane du Requin en compagnie de Madeleine Borgeaud de Lausanne et d' Erika Stagni de Genève. J' apprends encore que nous franchirons, demain, le Col du Géant pour descendre en Italie à Entrèves. Le but de ce voyage, qui me remplit de joie, est de gravir l' Aiguille Noire de Peuterey, une des plus belles aiguilles des Alpes, par l' arête sud. Enfin mon vœu va se réaliser de pouvoir admirer les formidables contreforts italiens du Mont Blanc et de lutter avec son beau granit.

Nous arrivons au refuge du Requin à la nuit tombante. Au milieu de nombreux alpinistes français, sympathiques et loquaces, notre petit groupe se sent bien vite à l' aise. Le lendemain, après la traversée laborieuse mais intéressante du labyrinthe des séracs du Géant, nous atteignons, en deux heures trente, l' auberge Torino.

Le ciel est limpide et, depuis l' esplanade, j' ai tout à coup la révélation de ce panorama grandiose du versant italien du Mont Blanc. Etonnement mêlé d' émotion de me trouver, pour la première fois, en face de ces grands précipices de la Brenva. Voici l' Aiguille Noire de Peuterey, véritable obélisque rocheux, qui s' élève à 3772 m. A droite de la Noire pointent ces curieux gendarmes qu' on reconnaît d' emblée: les Dames Anglaises; encore à droite c' est l' Aiguille Blanche de Peuterey dont L' arête glorieuse vient buter contre le Grand Pilier d' Angle pour rebondir jusqu' au Mont Blanc de Courmayeur à 4748 m.

Depuis quelques jours le Col du Géant est relié à Entrèves par un téléférique pareil à celui du Col du Théodule, et nous allons en profiter. Raymond Lambert étant connu du douanier, nous pénétrons en Italie sans montrer nos passeports. D' ailleurs j' ai oublié le mien et cela me vaudra de passer la frontière en qualité de... porteur!

Dans la cabine spacieuse et vitrée nous pensons aux conséquences, bonnes et mauvaises, que créera la possibilité d' atteindre si facilement les hauts plateaux neigeux. Entrèves, ravissant village alpestre, gardera-t-il encore longtemps son cachet de simplicité?

Nous sommes heureux de quitter bientôt la route poussiéreuse de la chapelle de Notre Dame de la Guérison, pour prendre le sentier qui traverse les délicieux sous-bois et les riantes prairies du Purtud.

Peu à peu nous nous élevons et, après avoir fait une bonne provision de bois aux derniers mélèzes, nous gravissons les ressauts formés de grandes dalles, sillonnées de nombreuses cascatelles, qui donnent accès au Fauteuil des Allemands. Une raide montée dans des gazons se termine enfin devant le minuscule refuge de la Noire, à 2325 m. Il est occupé par deux Italiens et je n' oublierai jamais le curieux spectacle qu' offrait l' un deux quand nous entrâmes. De petite stature, assis les jambes croisées sur une des couchettes supérieures, il rappelait un grotesque dieu Pan avec sa petite barbe pointue et son chapeau tyrolien. L' expression de son visage impassible et impénétrable donnait à cette vision un caractère secret. Par une bizarre association d' idées il me sembla que l' Aiguille Noire en devenait plus mystérieuse!

Toutes les dispositions sont prises pour permettre un départ rapide le lendemain matin. Contrôle minutieux du matériel comprenant deux cordes de 50 mètres, pitons, mousquetons et marteaux. Pour le bivouac prévu nous n' avons ni tente, ni sacs de couchage. Quant aux vivres, ils seront réduits au strict minimum car nous n' aurons qu' un sac que nous porterons à tour de rôle, Raymond et moi.

Rien ne laissait prévoir un changement de temps si subit lorsque, au matin du mardi 5 août, la pluie se fit entendre sur le toit métallique du refuge.

Il ne cessa de pleuvoir jusqu' au soir. La journée fut agréablement partagée entre le repos et la causerie. Reprenant un thème souvent discuté, nous essayons d' analyser et de définir ce qui nous attire sur les montagnes. Dans l' alpinisme comme dans toute autre activité, l' homme tend au progrès, à la perfection. Le grimpeur retirera le maximum de jouissances d' une entreprise qui réunira la mise en œuvre d' une technique parfaite et l' apport de ses plus hautes facultés psychiques et intellectuelles. Nous concluons que pour les uns, le plaisir de l' escalade est lié à une jouissance artistique où la recherche d' esthétique, les réminiscences littéraires et la richesse d' ima gination apportent leurs éléments toujours changeants. Pour d' autres, le jeu de la montagne offre ce merveilleux sentiment de la liberté allié à l' amour de la nature et à ce besoin d' aventure qui n' est probablement qu' un instinct permettant à l' être humain de fuir la civilisation.

Quelques étoiles scintillent encore au ciel purifié lorsque nous quittons le refuge, au lever du jour, le mercredi 6 août. Le temps s' est remis au beau.

Les deux Italiens partent peu après nous. Ils veulent aussi « faire » la Noire, mais par l' arête est, voie normale que nous emprunterons à la descente. De légers brouillards, écharpes mouvantes, enveloppent le bas de l' arête quand nous attaquons, une heure plus tard, la face abrupte à droite du Col des Chasseurs. Là-haut, les dalles de granit, superbement dorées par les premiers rayons, sont un appel irrésistible. Par un système de vires et de fissures alternant avec des épaulements et de petites terrasses nous nous élevons rapidement. La jolie Pointe Gamba, 3052 m ., première des six tours que compte l' arête sud, est bientôt dépassée. Les difficultés augmentent, exigeant une attention plus prononcée et des mouvements plus précis. Une plaque de vingt mètres est franchie sans trop de peine à l' aide d' un piton. Plus loin un gros cube surplombant nous oblige à une courte échelle que termine un dur rétablissement. Nous avons atteint la deuxième tour constituée par deux gendarmes et suivie d' une brèche. Un court rappel nous dépose sur la crête aiguë.

Raymond a repris la tête de notre cordée et moi... le sac. Nous serons chaque fois content, l' un et l' autre, de l' échanger contre la place de leader.

Tantôt sur l' arête, puis à droite sur des dalles de plus en plus redressées, nous progressons sur un rocher excellent et arrivons vers midi au sommet de la troisième tour ou Pointe Welzenbach, à 3350 m. Nous jouissons là d' un bon repos et d' une vue surprenante. C' est ici le règne de la verticalité, les splendides murailles granitiques de couleur fauve et ocre plongent d' un seul jet dans un vide profond. La vue est particulièrement belle sur le glacier du Frêney à l' aspect terriblement chaotique et sur l' arête de l' Innominata, une des grandes routes du Mont Blanc.

Un rappel de 25 mètres permet de gagner la brèche entre la Pointe Welzenbach et la Pointe Brendel. Peu après nous nous trouvons devant un ressaut en forme de demi-lune. A mon tour de passer en tête de cordée, la ceinture garnie de pitons et mousquetons. Après une enjambée au-dessus d' un raide couloir, je m' agrippe en pleine paroi ouest. A l' aide de prises rares et infimes je m' élève d' une dizaine de mètres, soulagé d' atteindre un premier piton pour m' assurer. La grimpée continue, dure et exposée à souhait, jusque sous un surplomb infranchissable où un second mousqueton entre en jeu. A côté de l' auvent, mais dominant un à-pic impressionnant, un dièdre oblique, jalonné de pitons et d' une quantité égale de pénibles rétablissements, débouche sur une vaste plate-forme. Mes compagnons m' ont rejoint et, enthousiastes, nous partageons le même sentiment fait d' un peu d' angoisse et de griserie d' avoir franchi ce rude et beau passage.

L' arête sud de la Noire nous réserve d' autres surprises, et nous continuons sans tarder. Devant nous s' élève une paroi jaune inabordable et nous prenons, à gauche, une fissure se terminant sous des dalles escarpées et garnies de deux pitons. Elles sont désespérément lisses et il faut se rétablir sur le deuxième piton placé à cinq mètres au-dessus du premier. C' est l' occasion pour Raymond Lambert de nous faire une magistrale démonstration de ses qualités de guide, alliées à sa grande expérience de la technique artificielle dans le rocher. Un peu plus tard nous sommes réunis sur la Pointe Brendel, à 3500 m. environ.

Les heures s' écoulent, inexorables, et nous ne pouvons nous accorder le moindre répit avant d' avoir escaladé le dièdre, haut de 40 mètres, de la cinquième tour. Nos deux compagnes, outre un entraînement physique parfait, montrent un cran admirable. Notre caravane est donc en bonne condition pour vaincre cet obstacle qui est, paraît-il, d' une difficulté extrême.

La brèche suivante exige à nouveau la double corde. La varappe reprend, riche d' imprévus. L' étreinte du granit, la forte saveur du danger, la fierté que crée l' effort, la lumière, la caresse du vent, sont autant de sensations qui nous pénètrent. Nous ressentons comme une sorte d' ivresse et sommes comme de grands enfants heureux et confiants.

Nous voici devant l' arête verticale de la cinquième tour. Pour accéder au pied de la fameuse fissure, nous nous engageons dans une succession de traversées en diagonale dans la face ouest.

Le soleil est sur le point de disparaître quand nous arrivons, Raymond et moi, à la base du dièdre. Le regard que nous échangeons est un engagement, muet et réciproque, de tout mettre en œuvre pour ne pas être pris dans la souricière par la nuit. Nous sommes toujours reliés les quatre ensemble. Erika et la courageuse Mado qui ferme la marche, se maintiennent chacune à un piton, les pieds sur de petites saillies. Raymond a repris la place de second à qui est dévolu le rôle ingrat de porteur et la tâche importante d' assurer le premier de cordée.

Pendant que je monte le long de ce véritable mur d' airain, les rayons du soleil couchant, dans une apothéose digne de ce lieu, colorent les flancs de la Noire de teintes inoubliables. Magnifique, l' escalade se poursuit. Les contractions et relâchements musculaires en sont la cadence indispensable. Planter un piton réclame prudence et résistance à la fatigue, et à chaque anneau se répète la délicate manœuvre d' y fixer un mousqueton et la corde. Instant critique pendant lequel le grimpeur maintient son équilibre d' une main, les pieds appuyés contre les pans du dièdre. Solution d' un problème triangulaire que n' avait pas prévu Pythagore! Je m' arrête à 20 mètres de hauteur environ, accroché à un solide piton. Un temps précieux mais nécessaire est employé pour l' assurage de chacun. Enfin, Raymond peut venir me relayer et je parviens à une niche au-dessous d' énormes surplombs. C' est le haut de la fissure. Toute cette partie, où l' absence de prises permet d' étudier à fond les lois de l' adhérence, se déroule au-dessus d' un vide de plus de mille mètres. Mais le plus difficile reste à faire! Mon compagnon est venu s' installer près de moi, tandis qu' Erika et Mado sont échelonnées plus bas.

Dans ce site sauvage, sur lequel la pénombre étend son voile encore transparent, nous paraissons d' étranges fidèles aux gestes incompréhensibles.

Sous l' œil vigilant de mon camarade, je prends pied sur une vire montante et très inclinée d' une longueur de trois mètres. Sur des plaques de rocher noir les mains ne trouvent que des prises imbriquées. Souplement, cintrant mon corps, j' avance lentement jusqu' à un piton dont I' aide est la bienvenue. Arc-bouté au-dessus d' un abîme, je continue à suivre la vire, toujours déversée, qui s' interrompt tout à coup; la coupure franchie par un grand pas, la vire reprend en s' élargissant et je me trouve bientôt en lieu sûr. Il fait sombre, déjà! A l' aide d' une dés deux cordes auxquelles nous sommes attachés, nous pouvons faire monter Erika et Mado qui effectuent la traversée de la vire assurées des deux côtés. Nous venons de vivre des minutes angoissantes et sommes allégés d' un grand poids quand nous nous retrouvons, tous réunis, dans l' obscurité qui nous entoure. Il nous a fallu plus de deux heures pour forcer ce puissant bastion.

La nuit, de son manteau opaque, nous arête ici, et nous nous préparons au bivouac.

Nuit contemplative, faite d' heures longues et froides, pendant lesquelles, une nouvelle fois encore, la grandeur et l' âpreté de la lutte avec la montagne se graveront profondément en nous.

Sous la voûte étoilée, dans ce silence imposant que vient troubler notre présence insolite, nous sentirons mieux, fragiles humains dont l' existence n' est qu' un souffle dans l' éternité, le rythme lent et majestueux de l' univers.

L' aube alpine puis l' aurore avec toutes ses splendeurs nous trouvent au sommet de la cinquième tour. Pour lutter contre le froid mordant, pour retrouver la chaleur qui donne la sécurité dans l' effort, nous avons quitté le bivouac à l' annonce timide du jour. Nous avons repris doucement contact avec le granit rugueux. A mesure que s' intensifiait la circulation sanguine, le bien-être devenait vigueur et s' alliait à la volonté pour créer la vie active. Le lever du soleil, prometteur d' une journée radieuse, est salué avec joie et ferveur.

Nous venons d' arriver au pied du ressaut de dalles qui défend l' accès à la Pointe Bich, sixième et dernière tour avant le sommet. Il s' agit de franchir une série de surplombs formés par des plaques superposées. Malgré le rocher encore froid, Raymond enlèvera cet ultime et important passage de sixième degré avec sa maîtrise et sa prudence coutumières. Les difficultés vont ensuite en décroissant sur un rocher moins compact. Enfin, des pierrailles nous amènent sous la Pointe Bich que nous atteignons vers 9 heures. La vue est d' une rare beauté, mais nous avons hâte de finir l' ascension. Un long rappel aboutissant dans un couloir rébarbatif suivi d' une montée facile et c' est le point culminant.

Véritable merveille d' architecture alpine, l' Aiguille Noire de Peuterey est située devant le plus haut sommet des Alpes comme une énigme que doit résoudre celui qui la gravit. Du sommet s' offrent alors à ses yeux, en même temps qu' à son désir, les voies d' ascensions les plus belles et les plus riches d' émotion qui se puissent imaginer. Ce sont les arêtes du Brouillard, de l' Inno et de Peuterey qui s' élancent à l' assaut des hautes parois du Mont Blanc. Comme un éventail ouvert en face de nous, le monarque des Alpes étend ses puissantes ramifications entre les Aiguilles du Diable et l' arête du Brouillard Sans se lasser, nos regards insatiables parcourent l' horizon. Après l' effort accompli, nous éprouvons sur cette cime ensoleillée un délicieux sentiment de détente. Rarement il nous sera donné de jouir de la réussite aussi intensément. Le temps parfait et le décor unique sont la meilleure récompense à nos peines et viennent compléter l' euphorie qui nous baigne.

A 11 heures, en deux cordées, nous entreprenons la descente de l' arête est. La voie, compliquée, zigzague de la crête à la face sud dans un rocher délité et qui demande beaucoup d' attention. Une cordée de deux alpinistes nous précède. Nous la rattrapons bientôt, et notre surprise est vive de reconnaître les deux Italiens. Jusqu' au moment où ils nous apprendront qu' ils ont dû bivouaquer nous ne pouvons nous expliquer leur présence qui nous intrigue et nous semble un mirage. Seule, la difficulté de la route à suivre a été la cause de leur bivouac. Nous faisons route ensemble un moment, mais notre caravane est plus rapide et arrivera au refuge avec deux heures d' avance.

A partir de ce point, nous quittons définitivement l' arête. Des vires et des terrasses nous déposent au haut du grand couloir Rey. En prévision d' une chute de pierres, nous faisons un rappel de 20 mètres pour éviter le goulet formé par l' entrée du couloir. De ressaut en ressaut, par des pentes herbeuses et fleuries, nous perdons de l' altitude; une dernière fois nous nous abandonnons à la double corde. Des éboulis, une large vire, une dalle, puis une glissade sur le névé du Combalet et nous enlevons le lien qui nous unissait depuis 37 heures. Aucun de nous ne ressent une très grande fatigue, malgré les six heures de descente ininterrompue.

Au refuge nous faisons joyeusement honneur à nos toutes dernières provisions qui consistent en quelques galettes d' avoine, amandes, raisins secs, pommes, aulx et oignons!

Du bord du torrent qui chantonne à proximité et dont l' eau revigore nos corps, nous regardons, pensifs, l' orgueilleuse aiguille s' estomper au crépuscule.

L' ascension de l' Aiguille Noire de Peuterey par l' arête sud est incontestablement une course de grande classe. « C' est l' escalade de rocher pur, la plus difficile du massif du Mont Blanc... »; pourtant, depuis quelques années, des itinéraires encore plus ardus ont été tracés, en particulier dans les Aiguilles de Chamonix. Sa conquête, qui ne fut achevée qu' après sept tentatives, est une histoire des plus captivantes.

La beauté incomparable de cette cime, l' élancement prodigieux de son arête sud et la tension à laquelle astreignent ses nombreux obstacles nous laissent un souvenir impérissable.

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