L'Avalanche

Hinweis: Questo articolo è disponibile in un'unica lingua. In passato, gli annuari non venivano tradotti.

Par Granit.

Un silence irréel plane sur la vallée. Soudain, sur le glacier suspendu dans l' azur, Une fente s' allonge en un trait net et dur Qui s' élargit, béant sur la neige irisée.

Tout un pan du glacier dans l' abîme s' écroule, S' écrase au flanc des rocs, rebondit en éclats, Emplit l' air cristallin d' un infernal fracas Et vers le fond du val en un torrent s' écoule.

Alarmant les échos du Mont Blanc jusqu' en Bagne, Brisant tout devant elle, arrachant jusqu' aux rocs, Ravageant les forêts sous son terrible choc, L' avalanche en tonnant dévale la montagne!

Qui dira la terreur de la terre aux abois? Quels mots rendront jamais ce chaos effroyable? Le chamois dément fuit, et, tapis dans l' étable, Les bergers résignés font le signe de croix.

Lorsqu' au tumulte enfin succède un lourd silence, Le vallon vert n' est plus qu' un amas de séracs. Couverts sont les chalets, couverts les petits lacs; L' alpage tout entier n' est qu' une tombe immense.

Il semble qu' en ces lieux où tout n' est plus que glace La mort doive régner jusqu' à la fin des temps. Et cependant déjà le soleil de printemps Fait fondre en ruisselets la rugueuse surface.

Des fleurettes déjà montrent leur tête blanche; Où la neige a fondu, l' herbe sort aussitôt. La vie en ce désert triomphera bientôt, Plus belle et plus féconde où passa l' avalanche.

Feedback