Le Mont Collon

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Par A. Wissmer

Planté dans l' infini, comme en mer un récif, Il ferme le vallon par un verrou massif. A sa droite, à sa gauche, en deux larges coulées, Descendent, alourdis de roches écroulées, Le glacier de Vuibez et celui d' Arolla. Au-dessus de leurs flots qu' un hasard accola, Il se dresse, écrasant de granits et de glaces, Vers les grands horizons et les larges espaces. Le tonnerre des rocs résonne dans ses flancs; Et, par les matins clairs et les couchers sanglants, A l' heure où sur les monts le ciel est plus limpide, Sa crête blanche alors apparaît translucide, Et contre ses parois les séracs incrustés S' illuminent des feux de leurs reflets bleutés. Il domine les pics, les forêts, la moraine, L' alpage, le torrent qui roule vers la plaine, Et des chaos de rocs l' immense désarroi. Il domine partout, il est seul, il est roi. Dans ce monde cerné par la glace et la neige, Il paraît investi d' un certain privilège, Car sur l' arc qui se tend entre ses deux sommets L' orage et les brouillards ne s' arrêtent jamais; L' éclair peut s' acharner sur la cime voisine, Les nuages noircis, que le vent dissémine, Peuvent ceindre les monts ou ramper sur les cols, Et l' ouragan gronder vers le Plan de Bertol... Il conserve toujours sa tête pure et fière, Et sur son front glacé des rayons de lumière!

De même qu' au réel s' oppose le néant, A la large vallée il fallait ce géant...

Die Alpen - 1945 - Les Alpes15

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