Le Tödi

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Werner Luchsinger, Schwanden ( GL )

Histoire de sa conquête Le Tödi, point culminant des Alpes glaronnaises, imposant massif qui ferme la vallée, exerce sa fascination non seulement sur les habitants de l' arrière glaronnais et leurs hôtes, mais également sur nombre de gens qui résident dans des contrées éloignées d' où on peut voir sa coupole neigeuse parmi les sommets des Alpes. Cette fascination était à peine moins forte il y a cent cinquante ans, alors que cette montagne passait pour invincible, attirant pourtant constamment des hommes prêts à relever le défi.

Les tentatives des savants Placidus a Spescha et Johann Hegetschweiler, des chasseurs de chamois Augustin Biscuolm, Placi Curschellas, Bernhard et Gabriel Vögeli ainsi que de Thomas Thut, du touriste Friedrich von Dürler et des alpinistes Rudolf Theodor Simler ( premier président central du CAS ) et Kaspar Hauser ( premier président de la section Tödi du CAS ) représentent autant de jalons dans l' histoire de la conquête du massif du Tödi.

Voici les dates et faits principaux de cette conquête: 1760 Christoph Jezeler essaie en vain d' escalader le Tödi. 1788 Le Père Placidus a Spescha escalade le Stoc Grond en partant de la Porta da Gliems. 1793 Le Père Placidus a Spescha atteint pour la deuxième fois le Piz Urlaun par son arête sud.

1819 Johannes Hegetschweiler, avec le guide Hans Thut, tente la première du Piz Russein à partir du Sandpass par le versant sud-ouest.

1820 Nouvelle tentative de Hegetschweiler, cette fois par la Bifertenalpeli, le Grünhorn et la Schneerus. A l' extrémité supérieure de celle-ci ( aujourd'hui Hegetschweilerplatte ), il atteint de nouveau le glacier de Biferten.

Voici comment Hegetschweiler raconte cette ascension:

« De l' Ochsenstock, la descente fut rapide sur la Bifertenalpeli; ainsi se nomme un maigre pâturage à moutons presque détruit par le glacier et les pierriers. Par des éboulis et un glacier sans nom venant du versant nord-est du Tödi qui rejoint le flanc du glacier de Biferten ( d' hui « Hinter Rotfirn » ), nous progressions en direction d' un gendarme avancé. Nous suivions un puissant talus d' éboulis, parce que le glacier de Biferten lui-même n' est pas encore praticable en raison des brusques cassures de ses paliers. Sur le gendarme, nous avons trouvé les derniers témoins de la végétation. Tout autour, on ne voyait aucun signe de vie, de sorte qu' on pouvait bien le nommer « Grünhorn ».

Après une brève pause, nous nous sommes remis en route. Un des accompagnants se laissa audacieusement glisser sur le glacier, nous autres avons escaladé péniblement une falaise pour rejoindre plus haut ce glacier traître et abrupt. Nous sommes tombés sur une couche de plaques de schiste finement feuilletées, épaisse de plusieurs pieds; tout autour, du calcaire jaune-rouge, et pas trace de roche primitive. Un pont de neige sur le glacier nous conduisit au second gendarme. C' est ensemble que nous avons continué à avancer dans ce désert groenlandais. Après deux heures de rudes efforts, nous sommes parvenus à une haute paroi glaciaire, dont les séracs bleus s' élançaient vers le ciel, pareils aux tours d' un château féerique. Ils se dressaient sur un haut socle rocheux qui affleurait par endroits. L' un d' eux penchait vers nous de façon pittoresque et semblait prit à s' effondrer. Nous avons baptisé cette image colossale, par référence au casque à mèche de notre guide, du nom de » Thuts Mütze ».

D' ici, la seule issue est une petite gorge située entre cette paroi et les falaises inhospitalières du Tödi. Il en sort un ruisseau, libre de glace à plusieurs endroits, qui invite le grimpeur à monter dans les rochers. Mais avant de nous engager dans la gorge, nous avons décidé que Thut partirait en reconnaissance.

En sécurité contre une paroi rocheuse, nous attendions des nouvelles en silence. Il ne doit guère exister de lieu plus sauvage, plus affreux dans les Alpes que celui-là. En fixant le glacier devant moi, je finis par voir le fleuve de glace s' écouler, et cette illusion impressionnante me fit oublier quelques instants l' horreur de notre environnement.

Au bout d' une demi-heure, notre guide revint et nous cria joyeusement du haut d' un promontoire que le Tödi pouvait être gravi! Nous avons escaladé plusieurs rochers et sommes parvenus à un ravin où coulait un peu d' eau qu' il fallait absolument traverser. Avec l' assistance du guide, qui de la main assurait nos pieds, nous avons forcé ce passage, malgré la raideur de la paroi et l' eau qui nous coulait le long des manches quand nous prenions appui des mains sur le rocher. Au-dessus de cette gorge, à quelques centaines de pieds et presque à la verticale, une fissure remplie de glace bleue d' environ vingt pas de large s' élève de plusieurs milliers de pieds et semble séparer le Rusein du Tödi. Nous avons passé rapidement et silencieusement à côté de ce ruban d' azur, car une foule de blocs de glace récemment tombés nous servait d' avertissement. Nous avons continué encore quelque temps à gravir des rochers et des glaciers, puis nous nous sommes enfin trouvés sur la mer de glace, au sud-est de la montagne. De ce côté, une cascade bondissait de la haute falaise du Rusein. Elle s' évaporait en fine poussière. Si on se tient dessous, on peut voir un splendide arc-en-ciel. On est mouillé sans même voir de l' eau!

Notre regard errait dans ce chaos sans trouver de repère. Aucun être vivant ne devait jamais avoir hanté ces lieux, et même l' aigle ne plane plus sur ces hauteurs dépourvues de proies. Nous nous croyions bientôt au but de notre voyage, mais la montagne dressait encore de puissantes parois jaunes devant nous. Nous étions sur la ligne de partage des eaux entre Glaris et les Grisons. Mais le föhn mit bientôt fin à notre réflexion. Au-dessus de nous s' étendait un ciel bleu-noir. Seuls quelques objets émergeaient des brouillards qui recouvraient le pays des mortels et bientôt le vent nous serra d' encore plus près, signe annonciateur de la pluie. Dans ces circonstances, il ne fallait pas songer à continuer, ni à rester sur la montagne. A contre-cœur, nous avons décidé de revenir sur nos pas. Certes, nous avions prouvé que ce qui passait pour impossible - pénétrer aux Grisons par un passage situé entre Biferten et Tödi, et gravir la mer de glace derrière le Rusein, seul endroit d' où le dernier ressaut peut être vaincu - était tout aussi possible que le passage depuis les Grisons. Mais le principal: l' as elle-même, restait inachevée, et ce qui pour moi était tout aussi désagréable, elle semblait devoir le rester encore pendant les tentatives suivantes. » 1822 Hegetschweiler avec des accompagnants est de nouveau en route vers le Tödi. Il fait à nouveau demi-tour, près de la « Hegetschweilerplatte ».

1824 Sur l' injonction du Père Placidus a Spescha, Augustin Biscuolm et Placi Curschellas gravissent le Piz Russein probablement par le versant sud-ouest. Ils atteignent le sommet le Ier septembre.

Voici ce qu' écrit le Père Placidus a Spescha: « Ma sixième tentative d' escalade du Russein a elle aussi échoué, mais mon but a pourtant été atteint, et j' en rends grâce à Dieu. J' y ai envoyé les deux chasseurs de chamois Placi Curschellas de Trons et Augustin Biscuolm de Disentis à partir de la cabane supérieure de l' alpage de Russein. Le premier septembre 1824, ils ont atteint le som- met à il heures. D' après leurs dires, la traversée sur le Tödi ( Glarner Tödi ) est possible. La brume recouvrait la chaîne centrale des Alpes à l' exception de quelques sommets. Les régions les mieux visibles étaient la France, c'est-à-dire l' Alsace, et le pays de Bade. En pays glaronnais, ils ont vu huit ou neuf localités et notamment une église importante. Derrière eux, la vallée de Medels et le Lukmanier. Plus à l' ouest se dressait un très haut sommet neigeux, probablement le Mont-Blanc. Mais ils font situé au Piémont. Ils ont admiré l' abîme effrayant des vallées les plus proches, Sandalp et Russein, et les névés et glaciers environnants. Ils ont cru voir aussi une partie du lac des Quatre-Cantons, ce qui est tout à fait possible. Ils ne sont restés que trente minutes au sommet. Ils se sont beaucoup plaints de la difficulté à respirer, de troubles de la vue et du vertige, et leurs visages étaient enflammés par la neige fraîche. Lorsqu' ils ont atteint le sommet, un vent faible du sud-ouest leur soufflait des parcelles de neige au visage. L' un s' est assis sur son bonnet, l' autre sur son piolet. Ils ont mangé leur lard fumé et en ont laissé là-haut la couenne, comme signe de leur passage, car ils n' ont trouvé aucun caillou pour ériger un cairn. Ils ont affirmé qu' au d' eux n' aurait gravi seul cette montagne, car ils ont dû s' entraider et s' encourager l' un Vautre. Moi-même je suis monté avec mon serviteur Carli Cagernard de Trons à une altitude importante, vers la droite, pour suivre desyeux la progression et le retour des chasseurs. Nous nous sommes rencontrés à 4 heures de l' après, près de la cabane mentionnée plus haut où nous nous sommes restaurés et avons fait le récit de la course. » 1834 Jakob Ris, Albrecht Stüssi et Jakob Wichser prétendent être parvenus au Tödi le 17 juillet. Cette nouvelle se révèle fausse. Hegetschweiler entreprend une nouvelle expédition. Le temps le force à nouveau à faire demi-tour, au pied du Stoc Grond.

1837 Le Ier août, trois alpinistes de Linthal, Bernhard et Gabriel Vögeli et Thomas Thut tentent d' escalader le Tödi glaronnais par la Schneerus, mais échouent à cause du mauvais temps. Un nouvel essai, le 4 août, échoue également. Le I t août déjà, ils se remettent en route et cette fois, atteig- nent leur but - ce qu' on aura de la peine à croire dans la vallée. C' est Bernhard Vögeli qui raconte:

« Déjà tout gamin, j' avais un désir intense d' escalader le sommet neigeux que nous voyions de notre maison dans toute sa splendeur et, de là-haut, de tourner mes regards vers le vaste monde par-delà les monts et les vallées de notre pays. En effet, comme il est le premier à s' enflammer à l' aube et le dernier à rester éclairé par le soleil couchant, j' en avais conclu qu' il devait être sensiblement plus haut que ses voisins. Mais je repoussais la réalisation de ce projet d' année en année. C' est alors qu' Hegetschweiler, un montagnard audacieux, manifesta cette même intention et fit plusieurs tentatives, accompagné des guides les plus capables. Mais aucune ne fut couronnée de succès et, tant à Glaris qu' aux Grisons, l' idée que cette montagne était invincible se renforça. Je ne pus dissimuler mon désir plus longtemps. Je trouvai des compagnons de route en la personne de mon fils Gabriel et mon voisin Thut. Eux aussi étaient attirés par la gloire d' être les premiers à gravir ces hauteurs inviolées et aussi par l' espoir de servir de guides à de futurs touristes, s' ils réussissaient à trouver un itinéraire. Le premier essai fut décidé pour le mois de juillet 1836. Mais les conditions atmosphériques restèrent défavorables durant tout l' été. Ce n' est qu' à la fin du mois dernier ( juillet 183J ) que le jour du départ fut fixe. En fanant dans les hauts pâturages, nous nous étions rendu compte que l' état des glaciers autorisait une excursion de ce genre. Le 31 juillet nous quittions notre village pour monter au chalet de la Sandalp où nous avons passé la nuit. Le lendemain, nous sommes partis avant le lever du soleil, avons traversé le glacier de Biferten et sommes parvenus à l' extrémité du glacier d' Urlaun où le brouillard qui nous enveloppa soudainement nous engagea à faire demi-tour.

Convaincus de la possibilité d' atteindre notre but, nous avons repris, le 4 août, le chemin du Tödikulm à partir du même chalet d' alpage; mais nous étions mieux équipés et mieux fournis en vivres et décidés à tenter le tout pour le tout. Comme avant, nous avons traversé le glacier de Biferten, quoiqu' un peu plus bas. Il nous fallut beaucoup de temps et d' efforts pour contourner environ huit gouffres affreux ( crevasses ), et nous sommes arrivés assez tard à une tour de glace ( peut-être Thuts Mütze ) que Hegetschweiler n' avait dépassée que de peu. Non loin de là, nous avons passé la nuit à la belle étoile, au pied d' une paroi. Nous avons souffert du froid. Très tôt le lendemain, nous nous sommes de nouveau attachés à la corde - comme la veille -pour traverser les champs de glace avec plus de sécurité, et nous avons eu l' occasion de nous féliciter de cette mesure de prudence. En effet, mon fils est tombé dans une crevasse et n' a pu en être retiré qu' à grand-peine. Bientôt nous nous sommes trouvés devant une paroi de rocher abrupte le long de laquelle s' élève une gorge étroite semblable à une cheminée. C' est par là que nous espérions forcer le passage vers la corniche neigeuse qui nous surplombait. le grimpai en tête et, après quelque hésitation, mes compagnons me suivirent bien que cette entreprise leur parût fort hasardeuse. Sur ces rochers presque verticaux, la petite échelle que nous avions emportée nous rendit d' excellents services. Au moment où je m' apprêtais à me hisser hors de la cheminée, une terrible masse de neige, passant par-dessus moi, s' effondra dans l' abîme. Si j' étais sorti de la cheminée, ne serait-ce qu' avec le moitié du corps, j' aurais immanquablement été balayé. Durant quelques minutes, mes compagnons me crurent perdu, car j' étais entièrement recouvert de neige. Le retour ne fut pas facile. Arrivés au névé, nous avons vu des nuages d' orage s' amonceler, et notre espoir d' atteindre le sommet du Tödi le même jour s' évanouit. Une fuite rapide nous éloigna de cette région inhospitalière.

Nous fûmes plus heureux à notre troisième tentative. Le jeudi io août, à minuit et demi, nous sommes partis de chez nous munis comme auparavant de crampons, de cordes à loin, de crochets de Pottage, d' une échelle et, pour notre nourriture, de pain et d' eau. Nous avons atteint sans encombre « Thuts Mütze » où la nuit est tombée. Nous l' avons passée de nouveau sous une paroi surplombante. De là, en grimpant sur le versant grison de la montagne, nous sommes arrivés à un vaste champ de neige où nous avons fait un repas frugal, réchauffés par les rayons du soleil de midi, sur un rocher transporté là par une avalanche. En montant toujours, nous sommes parvenus à un ressaut abrupt recouvert de neige fraîche qui nous arrivait aux genoux. Nous avons dû y peiner une heure durant. Vers midi, nous avons vu une petite pente de neige sur laquelle nous nous sommes avancés avec appréhension. Tout à fait sur le versant sud, nous avons atteint, à ce qu' il nous a semblé, la coupole supérieure de la montagne; mais, comme un épais brouillard nous entourait, et que nous ne pouvions voir à dix pas, nous avons avancé au hasard. Ce fut là que je me sentis mal, épuisé par l' effort, et mes compagnons virent avec effroi mon visage changer de couleur. Des frissons et un violent tremblement m' avaient saisi. Prenant conscience du péril de ma situation, je bandai mes dernières forces, fis quelques mouvements et bus plusieurs gorgées d' eau le pus heureusement me délivrer de cet état en peu de temps. Nous avons continué à marcher sur ce plateau. Soudain les nuages s' écartèrent et notre regard embrassa une foule infinie de montagnes, dont aucune n' était aussi haute que nous. Nous nous sommes convaincus presque avec effroi que nous étions sur la cime du Tödi encore jamais atteinte. Notre vallée, où nous reconnaissions nos maisons et les bains de Stachelberg, s' étendait à nos pieds, dans des profondeurs pleines d' ombre, et nous avons versé des larmes de joie, comblés par notre bonheur. En toute hâte, nous avons confectionné une croix pour servir de signal, avec deux bâtons et quelques mouchoirs tenus par du fil et des épingles que nous avions emportés dans cette intention. Puis nous nous sommes assis sur le névé étincelant vers lequel nous avions si souvent levé des regards d' envie. Après avoir observé encore quelques instants ce monde inconnu entre des bancs de nuages, nous avons pris le chemin de retour à 2 heures, en remerciant Dieu d' avoir permis I' accomplissement de notre rêve. » Le 1 g août, les trois artisans de cette première atteignent à nouveau le sommet en compagnie de Friedrich von Dürler, ce qui dissipe les derniers doutes.

Dans la Gazette de Glaris du 24 août 1837, on lit:

« Linthal. Canton de Glaris. Ascension du Tödi. A des époques anciennes ou récentes, des hommes de divers rangs ont souvent tenté - mais toujours sans succès - de gravir le Tödi, haut de i 1-12000 pieds, le plus haut et le plus beau sommet entre les cantons d' Un, de Glaris et des Grisons. Plus d' un chasseur de chamois ou montagnard gardait I' espoir de gravir ce témoin important et majestueux de la Toute-puissance. Un tel espoir était partagé par les montagnards Bernhard Vögeli, Gabriel Vögeli son fils et Thomas Thut ( céhb .) à Linthal. Ils décidèrent plus d' une fois de rendre visite au Tödikulm. Ils ont quitté le 31 juillet de cette année leurs tranquilles demeures dans l' intention de fouler la cime de leur impérieux voisin.

Mais en vain, car le iev août, ils sont parvenus à « Thuts Mütze » et ont dû faire demi-tour. Les 4 et n août, les mêmes personnes ont tenté une seconde expérience; ils ont progressé davantage, mais ils ne sont pas non plus parvenus au but fixé. Toutefois, déçus de cet échec, ils décidèrent de se rendre maîtres du Tödi les ro et 11 août, ce qui leur réussit, grâce à leur clairvoyance, leur pondération et leur persévérance. Ils annoncèrent triomphalement leur victoire aux hôtes du Stachelbergbad, mais sans trouver le succès qu' ils espéraient. Cependant, Fridrich Dürler, gentilhomme de Zurich, trouva le récit de ces hommes digne d' at et les invita à prouver l' exploit dont ils se vantaient en le conduisant au sommet du Tödi, ce qu' ils acceptèrent immédiatement.

Le 18 de ce mois, vers midi, Dürler et ces hommes quittèrent Stachelbergbad par beau temps, bien équipés, et montèrent jus qu' au bel alpage de Sand où ils passèrent la nuit. Tôt le lendemain matin, ils entamèrent d' un bon pas la partie la plus sérieuse de la marche. Et samedi ig août, à 1 heure de l' après, ils eurent le plaisir extrême d' at le Tödikulm. A 2 heures, ce sommet tant convoité était atteint par un temps magnifique. Ils plantèrent un grand drapeau et remercièrent Dieu avec ferveur pour son assistance et sa protection. Après s' être restaurés, ils ont pris le chemin du retour, versa heures environ, sous un ciel serein. Tard le soir, ils ont atteint le chalet du haut de la Sandalp où ils ont passé la nuit. Dimanche matin, ils ont poursuivi leur randonnée vers les Bains de Stachelberg. Arrivés au pont de la Linth de Thierfeld, les joyeux excursionnistes furent accueillis et félicités par des admirateurs venus à leur rencontre et qui les accompagnèrent en triomphe jusqu' aux Bains. Ils y reçurent vers 12 heures un accueil des plus chaleureux et amical, et tous ont reconnu la valeur de leur exploit. Au moment où les quatre hommes s' étaient approchés de la cime du géant des montagnes glaronnaises, la joie avait été immense chez ceux qui, dans la commune de Linthal, tout près du Tödi ou plus loin, s' étaient postés pour suivre leur marche sur le glacier et le Tödikulm. Plus d' une prière à voix haute ou en silence jaillit des coeurs vers le Tout-Puissant. Grâce soit rendue à la Providence qui a gardé ces hommes! Honneur et mérite à Monsieur Fridrich Dürler de Zurich qui aime tout ce qui est bon! Respect et reconnaissance à Bernhard Vögeli, son fils Gabriel Vögeli et Thomas Thut de Linthal! C' est ce que souhaitent les soussignés qui attestent la véracité du récit ci-dessus.

Linthal, le 20 août 1837 J. M. Leuzinger, pasteur Th. Wichser, du Conseil J. Paravicini Joachim Legier junior J. Hefti. » 1859 Le 8 août, Heinrich Speich, Th. von Hallwyl et H. Sprecher atteignent en compagnie des guides Thut ( père et fils ) et Gabriel Vögeli pour la première fois le Piz Russein à partir du Tödi de Glaris.

1861 Le 31 juillet, Rudolf Theodor Simler et Georg Sand font cette même traversée avec leurs guides Gabriel Zweifel et Heinrich Elmer et croient être les premiers à la réaliser ( d' où le nom de Simlergrat ). Simler dira en contemplant le vaste panorama glaciaire:

« Tout cela m' écrasait. Je ne pouvais confier âmes seules faibles forces i' exploration de cette région, et c' est ainsi que germa en moi l' idée d' une association des amis de la montagne. » 1863 Construction de la cabane du Grünhorn, la première du Club alpin suisse.

1871 Le 16 juillet, Kaspar Hauser et les guides Albrecht Zweifel et Peter Hefti atteignent le Sandgipfel à partir du Simlergrat et tentent de descendre par la Sandpforte vers le nord-ouest sur Ober Sand, mais leur entreprise est vouée à l' échec.

1881 Le er janvier, première hivernale du Tödi par W. Gröbli avec le guide Salomon Zweifel.

1884 9 août. Le guide S. Zweifel et son client W. Gröbli atteignent depuis Ober Sand la Sandpforte et le Sandgipfel.

1900 er juillet. Première ascension du Tödi par le versant est.

1904 31 juillet. Maggi et Rinderknecht font la traversée de la paroi nord-est, du Bifertengrätli au Sandgipfel.

1911 Le guide Jost Zweifel escalade le Tödi à ski pour la première fois avec un client hollandais. Le i août de la même année, G. Miescher et K. Steiner viennent à bout ( en 13 heures ) de la difficile arête nord du Sandgipfel. 1920 Première ascension du Tödi par le couloir Hintere Röti, le 13 juin.

1942 Le 26 juin, E. Anderegg et P. Schafflützel atteignent le Piz Russein par la voie directe de la face nord-ouest. Paul Betschard et Sepp Zurfluh répètent cette voie difficile en hiver, les 21 et 22 décembre 1970. 1959 5 octobre. Karl Brühwiler et Jakob Schiltknecht traversent la paroi nord-est du Vorder Rötifirn au Sandgipfel. Et aujourd'hui? Après comme avant, le Tödi fascine les hommes. L' escalader un jour reste le désir secret de tout habitant de la vallée de la Linth. Un rêve qui ne se réalise que pour quel-ques-uns. Mais ils sont nombreux aussi les alpinistes venus des environs ou de régions plus lointaines

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