Les variations périodiques des glaciers des Alpes suisses. 51e Rapport. 1930

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Cinquante-unième Rapport — 1930.

L' enneigement des Alpes suisses en 1930.

L' année nivométrique 1929/1930 a eu, en haute montagne, les caractères mensuels suivants, d' après les excellents résumés que le Dr Brückmann, de l' Institut fédéral de Meteorologie, en donne chaque mois au « Journal forestier suisse »:

Octobre 1929, trop chaud de 1° et plus, a eu un léger déficit de soleil et une précipitation différant peu de la normale dans les deux sens. Novembre, de température normale, a été un peu trop sombre; précipitation normale aussi. Décembre a été notablement trop chaud et trop sombre; sa précipitation a été double de l' ordinaire.

La température de janvier 1930 a eu un excès de 3° au moins. Un déficit de précipitation considérable a entraîné une grande sécheresse du sol. En revanche, l' insolation a été normale. Février, très sec et très ensoleillé, a eu cependant une température légèrement trop basse. En revanche, mars, trop chaud de 2°, a été en déficit d' eau au fond des vallées alpines, mais a eu 30 °/0 de précipitation de trop sur les crêtes. Avril a été doux, sombre et mouillé; les jours de pluie ont été fréquents et la température a été trop haute de 1/a à 1°. Mai, sombre, avec une température trop basse aussi de 1/2 à 1°, a eu de 40 à 80 % d' eau météorique de trop. Juin, lui, a été trop sec et beaucoup trop chaud; sa température a dépassé de 4° la normale. Notons, à titre d' exemple, qu' au Säntis ( 2500 m .), il n' a jamais neigé, alors que la règle veut qu' il neige au cours de dix journées. Quant à l' insolation, elle a été en excès de 40 à 50 heures. Juillet a changé tout cela: il a été froid ( déficit 1 à IV20 ) et sa précipitation a dépassé de 50 °/0 la moyenne. Les jours de neige ont été deux fois plus nombreux que d' habitude et à 2500 mètres tout au moins, le manque de soleil a atteint 30 à 70 % de l' insolation normale. Août a été, lui aussi, trop sombre. Septembre 1930, trop chaud de 1° et trop souvent mouillé a eu 40 heures de soleil de moins qu' à l' ordinaire.

En résumé, l' année nivométrique 1929/1930 a été pauvre en précipitations hivernales et défavorable en revanche au désenneigement estival.

On n' a pas signalé d' avalanches désastreuses ni même importantes durant l' hiver 1929/1930.

A. Etat des neiges.

Suisse orientale. Le départ de M. Jean Lugeon pour l' étranger nous a privés des renseignements que ce zélé collaborateur nous assurait depuis plusieurs années déjà pour certaines parties des Grisons. On trouvera plus loin les observations usuelles de la Commission glaciologique zurichoise au Silvretta et du Skiklub de Davos au Parsenn.

Suisse centrale. Notre collègue, M. Oechslin, inspecteur en chef des forêts d' Uri, a recueilli sur l' enneigement au flanc nord du Bristenstock et au Belmeten des données qu' il présente sous la forme instructive du tableau I.

Enneigement au flanc nord du Bristenstock et au Belmeten.

_,. TM .Altitudes minimum et maxi- Amplitudes en aDmum de la limite inférieure 1928/29 1929/30 nimin 1929 Octobre440—237017201930 Novembre550—14501360900 Décembre440—18701401430 1930 Janvier490—12400750 Février440— 72040280 Mars440—1350370910 Avri1440—1230670790 Mai850—18706601020 Juin1950—204066090 Juillet1620—2320610700 Août1920—2360210440 Septembre1870—2310720440 Le niveau maximum a été 2360 m. à fin août; en 1929, il avait atteint 2370 m. en septembre.

D' autre part, M. Oechslin a observé les limites du névé suivantes:

Alpes uranaises. Limite du névé à la fin d' août 1930. Tableau I. Exposition Limite du névé i¾JSrt¾« m.m.

Schlossberg NNE238090 Jakobiger N2310110 Grosse Windgälle... N237020 » »... S241080 Düssistock W2520100 Bristenstock E2200280 » N2300150 » S258090 » W2460 Salbitschyn NE251080 Spitzberge SSE2370180 » N2310170 Silberberg-Susten... E2350130 Moosstock S2340160 Gurtschenstock N2320 C' est un abaissement moyen de 126 mètres par rapport à 1929.

( Oechslin. ) Ni au fond ni aux flancs du vallon de Gletsch on ne voyait, le 16 septembre 1930, vestiges de vieille neige ou d' avalanches. On n' en trouvait pas non plus au-dessus du chemin de fer de la Furka, dans la laisse du Glacier de Gratschlucht. De très petits névés subsistaient seuls au-dessus du sentier militaire, entre le glacier et le Längisgrat.

Dans la Langgraben des Twingi de Binn, le cône de l' avalanche annuelle s' est complètement dissipé.Imhof. ) Suisse occidentale. Dans la combe d' Orny, au début de septembre 1930, sous les Echelets, on voyait encore un reste d' avalanche ( Farquet ); lors de la campagne nivométrique annuelle, le 18 octobre, il n' en subsistait rien. Il n' y avait plus rien non plus dans la « tine », devant la cabane inférieure. L' enneigement masquait toutes les crevasses du glacier et celle même du col d' Orny était invisible. On s' imaginait difficilement qu' en automne 1929 toute cette région était une écumoire!

Les soufflures, tant celle de la Tour que celle devant la cabane étaient très changées. L' isthme de névé qui les sépare était très réduit; il aboutissait à quelque 5 mètres au-dessous de la terrasse supportant la cabane Dupuis. Le promontoire de celle-ci était toujours très déchaussé. La soufflure de la Tour avait, le 19 octobre, 25 m. de largeur, soit 1,5 m. de plus que le 29 septembre 1929. Sa profondeur était de 9 m.

Le bord de la soufflure de la cabane, dans l' alignement: repère rocheux-balise, était à 54 m. ( horizontalement ) du dit repère; il s' en est donc écarté encore de 8 m. depuis l' automne de 1929. Un lagot s' était formé au fond de la soufflure, sur le même alignement.

On ne rencontrait plus de crevasses sur le parcours cabane-totalisateur.

( Mercanton. ) A La Chaux-des- Grands, sur Trient, les importants névés habituels, qui s' étaient complètement dissipés en 1929, se sont reformés en 1930 dans leurs dimensions usuelles.J. Guex. ) Le 24 septembre 1929, le Dr Gaschen n' a plus trouvé de neige au point d' eau alimentant la cabane des Diablerets, non plus qu' Entre la Reille. En revanche, aucune crevasse n' était visible sur le Dôme, non plus que dans les parages du mougin, sur le Tsanfleuron.

B. Relevés nivométriques.

Ensemble d' Orny. Le Dr M. Bornand ( C.A.S. Diablerets ) l' a visité le 6 juillet. La campagne ordinaire d' automne, un peu tardive, a été faite les 18 et 19 octobre, par le rapporteur avec le concours, chaque année plus précieux, du Dr Roud, notre fidèle collaborateur de St-Légier. Nous étions accompagnés de MM. de Gautard, père et fils, de M. Marcel Jaton, licencié ès-sciences, et des porteurs Léon Farquet et Joris fils, d' Orsières.

Mais l' événement nivométrique le plus remarquable de cette année aura été l' entrée, si longtemps rêvée, souhaitée et réclamée par le rapporteur, de l' avion au service de la nivométrie: le célèbre aviateur allemand Udet, dont l' adresse et le « cran » sont proverbiaux, secondant une compagnie cinémato- VII18 graphique qui tournait un film dans la région, a effectué les 25 et 26 mai et le 20 juin, sur le Col d' Orny, plusieurs atterrissages réussis, malgré la neige fraîche et des conjonctures météorologiques peu propices. Il pilotait le petit biplan Klemm de 80 CV, avec lequel il pratique ses prestigieux vols à hélice calée. M. Udet avait bien voulu me promettre de profiter de ses atterrissages pour mesurer l' émergence de la balise, dont je lui avais signalé l' existence, et le danger éventuel pour sa machine. L' aviateur a tenu parole et je puis avouer que dans ma carrière de nivométriste peu de satisfactions m' ont été aussi grandes que de recevoir, à trois reprises et à peine le pilote revenu à la Blécherette, son point de départ, les mesures espérées. Les atterrissages de mai se sont faits sur skis, celui de juin sur roues, tous sans accroc. D' ailleurs, Udet n' a pas poussé la coquetterie jusqu' à se poser exactement devant la cabane, sur le rebord même de la soufflure de la Tour? La photographie qu' il a aimablement mise à ma disposition en témoigne éloquemment. Mais, revanche imprévue du glacier, la résistance des neiges entravait beaucoup le décollage de l' avion qui ne pouvait partir sans la poussée des nombreux auxiliaires gîtes dans la cabane. C' est pourquoi aussi le rapporteur dut abandonner le projet d' atterrissage sur le Tsanfleuron où M. Udet avait obligeamment accepté de le transporter pour la visite de ses installations. Ce projet devra être repris; souhaitons que ce soit bientôt, car l' avion doit intervenir sans retard en faveur des opérations nivométriques pour en réduire le temps et la fatigue. Ainsi seulement pourra-t-on les généraliser. Nos aviateurs suisses, si adroits et si « allants », peuvent prétendre à suivre l' exemple de leur collègue d' Allemagne.

En attendant, remercions-les une fois de plus ici — et l' aviation militaire tout entière — de mettre, comme ils le font si obligeamment toujours, ces qualités au service de la Commission des glaciers, en emmenant le rapporteur partout où il a quelque chose à examiner d' en haut.

Nivomètre. Son déchaussement s' est atténué un peu, mais son zéro est encore très haut, en automne, au-dessus du glacier. Dans l' impossibilité de le lire directement, j' ai recouru, comme précédemment, à la photographie. Un bon cliché permet de mesurer l' écart entre ce zéro et le liseré de neige, en fonction même de l' échelle qui s' y peint. Voici maintenant, dans la forme usuelle, lectures et bilans du nivomètre:

Nivomètre du Col d' Orny ( 3100 m. ). ( 2 degrés valent 1 m. ) Degrés Tableau I. Epoque192819291930 6 VIIX 16 VI5 8 VII1 —VIII17 VIIX 27 VIIV?

17 IX—XII Tableau III ( suite).Degrés Epoque192819291930 29 IXXX7 X—XVIII19 XVIII Minimum absolu de 1929 ( IX ): —XX; maximum absolu de 1930: — V ?; minimum absolu de 1930: —VIII.

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1926—1927 > 51927 > 61927 — 1 1927—1928 > 41928 >11,51928 — 7,6 1928—1929 > 51929 > 61929 _ 1 1929—1930 > 71930 > 11930 + 6 Les chiffres romains sont des divisions fictives correspondant aux mesures prises par les photographies du nivomètre. Ils peuvent être considérés cependant comme corrects pour autant que le désenneigement excessif des lieux n' a pas ôté toute signification à ces notations quantitatives, car le nivomètre appartient actuellement encore au dissipateur du glacier d' Orny.

Balise et sondages. Le tableau IV renferme l' ensemble des observations à la balise. Tableau V. Balise du Col d' Orny.

K. Observateur ren mètres 25 V 0aUdetj 26 V 0,0Udet [ par avion 20 VI 0,9Udetl 6 VII 1,8Bornand 27 VII 1,85 Mignot 5 IX >2Farquet 19 X 1,35 Mercanton D' après Farquet, la balise était désenneigée jusqu' à son extrémité inférieure le 5 septembre, mais tenant à l' ancienne par sa ligature, ne se serait pas abattue.

Le 19 octobre on l' a rallongée au moyen d' une ancienne balise, récupérée naguère et conservée dans la cabane. Cette nouvelle perche a été entaillée d' un XXX ( millésime, [19]30 ). Elle avait 450 cm. de longueur totale et émergeait le 19 octobre de 320 cm ., dominant en outre de 185 cm. la précédente. Les mesures au théodolite, installé sur le bloc-repère de la cabane, ont donné pour sa distance horizontale 188 m. et pour la différence de niveau du glacier à son pied: 16,om. On peut admettre 16;1 m. pour le niveau d' étiage de 1930. La surface du glacier à l' étiage a donc baissé de 0,2 m. encore depuis 1929. Quant à la surface d' étiage de 1929, la sonde de Church Fa décelée à 1,25 m. en moyenne au-dessous; elle s' est donc enfoncée de 1,45 m. depuis 1929. La pesée des échantillons de sondage a indiqué pour le résidu glaciaire de 1930 une hauteur, en eau, de 45,5 cm ., correspondant à la densité moyenne 0,35 du matériel glacé.

On a répandu un kg. d' ocre rouge au pied méridional de la balise, sur 5 m. en direction WE et 3 m. en direction N-S.

Totalisateur. M. Bornand y a prélevé, le 6 juillet, un échantillon de densité 1.074s. La vidange, les pesées et le remplissage annuels ont eu lieu le 19 septembre par un très beau temps et en 2 heures seulement. Le liquide avait alors la densité 1.064. Le totalisateur avait emmagasiné depuis le 29 septembre 1929 57,29 kg. d' eau météorique. Le prélèvement de juillet a servi à déterminer, par la comparaison des densités, la précipitation jusqu' à ce moment. Voici les résultats accompagnés de ceux d' Orsières, que l' Obser de Genève ( M. Tiercy ) a bien voulu, à son ordinaire, nous communiquer: EpoquesCol d' Orny ( 3150 m. ) Orsières ( 980 m. ) 29 IX 1929— 6 VII 1930225 cm.54 cm.

6 VII 1930—19 X 1930 62»5 cm.32,s cm.

29 IX 1929—19 X 1930287,5 cm.86,5 cm.

C' est pour 365 jours une hauteur de 272,5 cm ., soit quelques 40 cm. de plus que l' année précédente.

Glacier d' Orny. Les mensurations ont eu lieu le 19 octobre dans les azimuts habituels. Le front du glacier s' est affaissé notablement, tout particulièrement sur l' éperon rocheux qui le partage en deux lobes. Voici les variations depuis 1929:

niIV -10 m.3,5(?)m.8,5 m.6,5 m.

C' est un recul moyen de 5,5 m.

Deux cryocinémètres placés à l' endroit habituel du front, au droit du repère III, ont indiqué respectivement des vitesses de 3,6 et de 4 cm./j ., soit 3,8 cm./j. en moyenne. C' est 2,2 cm./j. de plus qu' en 1929 et pourtant les mesures ont eu lieu trois semaines plus tard. Ceci accentue encore l' écart en faveur de 1930 car, on le sait, les vitesses d' écoulement frontal vont diminuant vers la fin de l' année.

Ensemble nivométrique des Diablerets. M. Ernest Reber, guide, l' a surveillé tout l' été. La campagne automnale a été faite le 25 septembre 1930 par M. Gaschen et lui.

Nivomètre. Le tableau V en donne lectures et bilans: Nivomètre des Diablerets ( 3030 m. ).

( 2 degrés valent 1 m. ) Tableau V. Degrés Epoque192819291930 15 VI91 ( enfoui20 VI9191 30 VI86 5 VII918584 10 VII83 Tableau V ( suite).Degrés Epoque192819291930 21 VII858082 28 VII82 2 Vili807681 6 Vili80 17 Vili767381 25 Vili747279 30 Vili737178 1 IX77 5 IX726976 9 IX726875 15 IX6774 19 IX712 X6575 21 X76 Minimum absolu de 1929 ( X ): 65; maximum absolu de 1930: > 91; minimum absolu de 1930 ( IX ): 74.

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1926—19274192741927 0 1927—1928419281019286 1928—19291019291319293 1929—19301319308,619304,B Balise. Le tableau VI en donne lectures et bilans. Balise des Diablerets ( 2850 m. ). Tableau VI. Enneigement en mètres depuis le 2 X 1929 19292 X 0,01930 17 VIII... 2,5 193020 VI(+)3,419 VIII... 2,4 30 VI 2,625 VIII... 2;1 6 VII2,430 VIII.. .1,9 10 VII2,21 IX ...Lg 14 VII2,54 IX ...1,„ 23 VII2,78 IX ...1,4 28 VII2,8 15—25 IX ...1,3 ( étiage ) 2 Vili2,03 X. ...llf 6 Vili25121 X. ...1>9 10 Vili2,2 AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1926—1927 > 3a1927 > 1,819271,8 1927—1928 > 3,41928 > 6,019282,6 1928—1929 > 3)61929 > 5,519291,, 1929—1930 > 3,41930 > 2,j19301,3 Un kg. d' ocre rouge a été étalé au pied de la balise.

Totalisateur. Un échantillon du 8 juin ( Reber ) avait la densité 1.1265. Les opérations automnales, effectuées le 25 septembre par MM. Gaschen et Reber, ont fourni un liquide de densité 1.088. On déduit de ces densités et des pesées les valeurs suivantes de la précipitation durant l' année nivométrique; comme de coutume, celles fournies par le pluviomètre de Diablerets-Village les complètent:

TsanfleuronDiablerets- Village EpOqUe2270 m.1170 m. ) 2 X 1929— 8 VI 1930 113 cm.86 cm.

8 VI 1930—25 IX 1930 74,5 cm.59 cm.

2 X 1929—25 IX 1930 187,5 cm.145 cm.

C' est, pour le Tsanfleuron, 190 cm. en 365 jours, soit 42 cm. de plus qu' en 1928/1929. Notons ici, comme pour Orny, l' abondance relative des précipitations estivales.

Nivomètre de l' Eiger. Comme d' habitude, la Compagnie du chemin de fer de la Jungfrau en a assumé le soin avec une régularité exemplaire et qui fait grand honneur à son personnel, ainsi qu' à l' intérêt scientifique toujours en éveil de son directeur, M. Liechti. Le tableau VII donne lectures et bilans.

Nivomètre de l' Eiger ( 3100 m. ). Tableau VII.2 degrés valent 1 m. ) DegrésDegrés Epoque 192819291930Epoque 192819291930 7 I423215 VII 321618 14 I — 36 — 4 VIII 20 11 18 24 I 48 46 38 12 VIII 16 7 20 9 II523820 VIII10418 21 II4039 3 IX4610 28 II484011 IX8 15 III324614 IX01210 30 III 5223 IX 2 16 14 8 IV 50 40 48 29 IX 4 18 16 22 IV 48 — 46 4 X 2 20 20 15 V 46 38 42 20 X 2 15 26 31 V 42 — 34 7 XI 6 10 34 8 VI 40 36 30 21 XI 10 6 36 16 VI 38 35 24 12 XII 22 17 40 24 VI 36 33 20 Minimum absolu de 1929 ( VIII ): 4; maximum absolu de 1930 ( IV ): 48; minimum absolu de 1930 ( IX ): 8.

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMètresEtéMètresAutomne Mètres 1926—19272319271919274 1927—192814192826192812 1928—19292319292119292 1929—1930221930201930j- 2 Balises du Jungfraufirn. Le personnel de la station du Col a continué ses lectures de l' enneigement aux balises érigées sur le Jungfraufirn, sous les fenêtres de la station. Le tableau VIII donne pour la balise supérieure lectures et bilans. Je les emprunte, comme d' autres résultats qui vont suivre, au précieux rapport dans lequel M. Billwiller consigne chaque année les expériences de la Commission glaciologique zurichoise * ).

Balise supérieure du Jungfraufirn ( 3330 m. environ ). Enneigement en mètres depuis le 30 septembre 1929.

Tableau Vili. Epoque 1929 19 XI 1>25 29 XI l'35 1930 7 I 1-65 14 I l'55 28 I 1,6 7 II 1,65 21 li l'8ó 27 II 1,9 14 III 2,65 21 III 2,45 Epoque 1930 6 IV 2,a 9 V3 ^ vJ>65 16 V4,2S 31 V4,2 18 VI3,2 16 VII3,15 31 VIII2,95 19 IX 3,35 3 X 3,85 Clarides. MM. E. Welti et Durst junior ont fait la campagne annuelle. La balise inférieure, une longue perche de frêne, s' était courbée dès l' hiver au point qu' on n' en a pu rien tirer. Un sondage a rencontré l' ocre de 1929 à 0,8 m. sous la surface, ce qui, après déduction de la neige fraîche, décèle un résidu annuel positif de 0,35 m.

Le mougin du Geissbützistock a mesuré du 15 septembre 1929 au 26 septembre 1930 345 cm. d' eau, soit, en 365 jours: 342 cm. et 30 cm. de plus que l' année précédente.

Enneigement en mètres depuis le 15 septembre 1929.

Tableau X. Balise supérieureBalise supérieure Epoque2910 m.Epoque2910 m. ) 1930 20 12,151930 15 VI3>45 4 III2,2524 VI2,95 10 III2,451 VII2,5ä 11 IV3>058 VII2,05 5 V3,6514 IX1,9 31 V4,h26 IX2,15 Silvretta. La campagne annuelle a été faite par M. E. Welti et le guide A. Michaud, qui surveille les balises durant l' été. Le dit avait retrouvé l' ocre de 1929 à la surface du névé le 4 septembre 1930. Au col un sondage du 26 septembre l' a rencontré à 1,45 m. de profondeur. Déduction faite de la neige fraîche c' est un gain annuel de 0,8S m. pour le collecteur glaciaire.

Le tableau X en renferme les données.

Enneigement en mètres depuis le 25 septembre 1929.

Tableau X.

Balise Balise Balise Balise inférieure supérieure inférieure supérieure Epoque ( 2760 m. ) ( 3013 m. ) Epoque ( 2760 m. ) ( 3013 m. ) 1930 1 I 1,4 1,6 1930 26 IV 2,o 2,4 12 II 1,4 1,7 7 VI 2,8 3,6 21 II 1,4 1,7 27 VI 0,3 — 13 III 1>55 1,75 2 VIII 0.!

1>25 21 III 2,!

2,3 22 VIII 0,2528 III

2,1 4 IX -0,53 IV 1,7 2,o 26 IX 0,1 1,8 23 IVLe totalisateur de l' Eckhorn ( 3150 m .) a recueilli, du 25 septembre 1929 au 26 septembre 1930, 112 cm. d' eau, celui de la cabane 134,6, soit un peu moins qu' en 1929 pour tous deux, mais à Klosters on en a mesuré un peu plus, avec 135 cm.

Parsenn et Weissîluh. Le Skiklub de Davos a continué de surveiller ses deux balises. Celle de la cabane Parsenn ( 2280 m .) a marqué, le 16 avril, un enneigement maximum de l,s m. A la Weissfluh ( 2640 m .), il a atteint 2,e m ., le 18 mai.

Säntis et Gothard. D' après l' Institut fédéral de Météorologie, l' enneige du Gothard ( 2100 m .) a débuté le 19 octobre 1929 et a atteint son maximum le 25 avril 1930 par 2,7 m. Le désenneigement a été total le 22 juin.

Au Säntis ( 2500 m .), la neige a persisté du 9 octobre 1929 au 20 juin 1930; son épaisseur maximum a été 2,7 m. le 9 mai.

Totalisateur du Mattmark. Les huit mougins entretenus dans le bassin du Mattmark pour la Commission des glaciers par les soins de son viceprésident, le Dr Lütschg, ont mesuré des précipitations notablement supérieures à celles de 1929. Leurs hauteurs vont de 108 à 292 cm. en 365 jours; elles ne croissent pas constamment ni régulièrement avec l' altitude.

Conclusions. En résumé, l' enneigement a été progressif en 1930 dans les Alpes suisses. Cette progression tient plus au faible désenneigement estival qu' à l' enneigement hivernal, lequel a été médiocre.P.L. M.

Chronique des glaciers suisses en 1930,

Les contrôles de 1930 ont porté sur 96 glaciers; les données émanent en majeure partie des agents forestiers; le reste nous vient de membres et de collaborateurs de la Commission des glaciers delà S.H.S.N. Ce sont MM. Guex ( Trient ), Imhof ( Binn ), Campiche ( Rosenlaui ), Maag ( Findelen ), Renaud ( Zmutt ), enfin MM. Lütschg, Mercanton, Oechslin, de dite Commission. La Compagnie des Forces Motrices de l' Oberhasli a continué, sous l' impulsion heureuse de son directeur M. Käch, ses mensurations détaillées de l' Unteraar. Enfin le chroniqueur, à bord d' avions militaires, a pu recueillir quelques documents aéro-photographiques, reproduits ici en partie. Grâce à ces divers concours, il peut donner, une fois de plus, pour 1930, un tableau satisfaisant de la glaciation suisse. Que tous en soient remerciés ici.

Voici maintenant, dans leur forme habituelle, les résultats de ces contrôles:

I. Bassin du Rhône.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers 192819291930 Rhône6520 Gratschlucht10,s 04 Thâli ( Binn)12120 Turben23213 Mittlenberg352,53,5 Fiesch 1118 Aletsch18,51418 Kaltivasser10156,5 Ofenta13,531,, Schivarzenberg22Thäliboden62Allalin2 03,5 Fee71915 Gorner5,52,515,5 Zmutt11130 Findelen12423,5 Turtmann214,512,6 Latschen 41,56,6 Duran ( Tsinal)00 Moming2,s0 Moirg12,50 Ferpècle428 Arolla 0112,5 Tsigiorenove3,52610,5 Duran ( Seillon)174,5 Grand Désert13,62812,B Mont Fort6,540 Corbassière3,510 Saleine 374 Orny5,67,55,5 Trient5517 Martinets123 Paneyrosse 120(1511,, Grand Plan-Névé2 02 Petit Plan-Névé235 Prapioz1615Scex Rouge62730 En outre sont donnés comme stationnaire: Valsorey, Pierredar, en décrue: Giétroz, Botseresse, Tsesette, Montduran, Otemma, Breney.

Le recul du glacier du Rhône s' est accentué beaucoup, amenant la disparition du beau portail qui le signalait ces années dernières à l' admiration des touristes. L' ampleur de ce portail était due à l' entassement des glaces au bas de la paroi rocheuse supportant la cataracte. L' amaigrissement constant du glacier a transformé son extrémité en une nappe amincie qui tend à s' étaler plutôt, en lame, sur la partie basse plus déclive, du lit rocheux.

Le levé sommaire du front effectué en septembre par le chroniqueur avec MM. Jaton et Stoucky, a donné les résultats ci-après:

Aire couverte en aval du profil bleum2 Largeur sur le dit profilm Variation d' aire totale en 1930 m2 Aire réduite »)5530 m2 Ordonnée moyenne de l' aire totale31 m Le cryocinémètre placé le 18 septembre devant le lobe gauche du front, à 6 mètres environ du torrent, a mesuré une vitesse de 4,4 cm./j. Deux instruments semblables, installés le lendemain devant le lobe droit au bord même du torrent, puis à 6 m. de lui, ont mesuré respectivement 13,0 et 17,t cm./j ., soit 15,0 cm./j. en moyenne. En 1929, on avait trouvé dans les mêmes parages 6,6 cm./j. seulement. Il s' agit évidemment là encore de discordances d' ori locale, dues aux formes compliquées du front et du lit. Preuve est donnée une fois de plus, qu' il faut attacher plus de crédit à l' ordre de grandeur des vitesses indiquées par le cryocinémètre qu' au détail de leurs valeurs et qu' on ne saurait juger sainement du régime actuel d' un glacier si l'on n' a pas apposé l' instrument en des points d' autant plus nombreux que le front est plus irrégulier.

Au Belvédère, le bord gauche du glacier s' est écarté de 2(1 m. du repère plombé; il s' est disloqué notablement, rendant ardu et précaire le maintien de la grotte de glace.Mercanton. ) Dans la vallée de Binn, l' extrémité du glacier de Turben est maintenant à 46 m. du flanc du glacier de Mittlenberg. Elle en était à 32 m. seulement en automne 1929.A. Imhof. ) On a trouvé trois morceaux de bois encore engagés dans la glace sous le portail du Findelen; il s' agit de débris forestiers, selon toute probabilité.

( Maag. ) Le portail du Zmutt s' est déplacé vers la gauche, tout en reculant, mais les parties du front fortement habillées de matériaux morainiques ont plutôt avancé, la chaleur insuffisante de l' été n' ayant pu tenir en échec l' amenée naturelle du matériel glacé au front.Renaud. ) Notre collaborateur, M. André Renaud, secondé par son frère, M. P. Renaud, a continué au glacier de Gorner son étude des dolines, avec l' appui de la Commission des glaciers. Cette troisième campagne de mensurations semble avoir fait la preuve que les dolines, tout au moins dans leur forme adulte, participent intégralement du mouvement des glaces dans lesquelles elles sont creusées. L' origine même de cet énigmatique accident glaciaire sera l' objet des prochaines investigations.

Une constatation du plus haut intérêt a été faite le 18 août 1930 au glacier d' Arolla, aussi par M. Renaud: la partie haute du glacier s' est séparée complètement de sa partie basse, entre le Mont Collon et le Plan de Rertol. Cette séparation était prévue depuis longtemps; elle n' avait pas été signalée encore. Je passe la parole à M. Renaud:

« L' Atlas topographique fédéral ( feuille 531 ) représente le glacier d' Arolla comme formé de trois affluents, à savoir, de l' ouest à l' est: l' affluent duVuibé, l' affluent du Mont Collon, et le glacier d' Arolla proprement dit. Ce dernier, le plus important, évacue les neiges des parages du Col de Collon, du Mont Brûlé, du Col de Tsa-de-Tsan. Son confluent avec le glacier dit du Mont Collon est figuré sur la carte entre l' arête N du Mont Collon et le plan de Bertol. Or, depuis 1894, année de sa dernière crue, l' extrémité de cet appareil composite a beaucoup changé. En décrue continuelle jusqu' en 1925, son front a reculé de 307 m .; sa marge droite s' est crevassée et affaissée sous une couche de matériaux morainiques. Ceci témoigne d' une anémie considérable de l' affluent oriental, le Haut Glacier d' Arolla, qui alimente précisément la partie droite du Bas Glacier. La manifestation la plus récente de cette atrophie est justement la disjonction de ce haut glacier d' avec le reste. J' ai pu constater en effet, les 18 et 19 août 1930, que ce Haut Glacier ne rejoint plus celui du Mont Collon. Il en est séparé, à l' endroit où ils confluaient naguère, par une laisse de 150 m. de largeur environ, en amont de laquelle il s' est formé un front indépendant ( 2400 m. ). Ce front, souillé de moraine superficielle, émet sur son flanc droit, par un portail très bien constitué, un torrent important. Ce torrent coule d' abord à ciel ouvert sur les rochers abandonnés par la glace, puis, 250 m. plus loin et 100 m. plus bas, disparaît sous la marge droite du glacier inférieur, l' affluent du Mont Collon. Ce dernier, sauf le maigre apport du glacier suspendu du Vuibé, est donc seul à alimenter l' ancien glacier d' Arolla, qu' il conviendrait donc d' appeler désormais Glacier du Mont Collon.

De quand date cette disjonction totale? Donnée comme faite en 1907, par M. le Professeur Argand ( C. F. XXVIIIe Rapport ), elle n' était en réalité qu' amorcée, comme l' a montré l' étude très précise de M. Mercanton ( C. F.: L' écoulement du glacier d' Arolla de 1908 à 1909, Bull. Soc. vaudoise des Se. Nat ., vol. XLVI, 1911 ). De renseignements obtenus à Arolla, il résulte que la disjonction remonte à l' été de 1920. » Au Corbassière, les masses de glacier « mort » qui bordent le flanc gauche de la langue actuelle ont continué de s' affaisser sous leur épais revêtement morainique. Le glacier a reculé de 18 m. depuis 1928; on peut estimer à 10 m. le retrait de l' année dernière. Le cryocinémètre, ancré à l' endroit habituel le 28 septembre 1930, a mesuré une vitesse de 2,5 cm./j ., inférieure d' un 1/i cm./j. à celle du 8 octobre 1929. Le portail, en anse de panier très ample, venait de perdre par écroulement toute une partie de sa voûte ( voir fig. ).

( Mercanton, Roud, de Gautard. ) Au Trient, la poche que le glacier dissimule depuis de nombreuses années au bas du rocher des Ecandies, s' est vidée entre le 20 et le 25 juillet, grossissant le torrent pendant 2 jours au point d' en endommager les berges près de Peuty.

Une poche a crevé aussi le 24 août, au glacier des Grands; son flot s' est déversé sur le petit glacier des Petoudes entraînant d' énormes blocs de pierre et élargissant considérablement la brèche par laquelle les eaux torrentielles pénètrent sur la laisse du Trient. L' évacuation de cette poche a duré une quinzaine d' heures. Guex. ) II. Bassin de l' Aar.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers 192819291930 Oberaar 013 Unteraar10,51214 Rosenlaui15139 Grindelwald Supérieur ...9,59,541 Grindelwald Inférieur, front 2,578,5 » », gorge70Eiger7114 Stein1442 Blümlisalp105 0 Schwarz 44 0 Tsanfleuron214824 Gamchi173Rätzli11194 En outre sont:

stationnaire: Gauli, en décrue: Trift, Thierberg.

Voici le résumé des mensurations faites aux deux glaciers de l' Aar par les ingénieurs des Forces motrices de l' Oberhasli:

De 1928 à 1930, l' Oberaar a reculé de 27 m. Quant à l' Unteraar, son recul moyen a été de 13,85 m. du 18 octobre 1929 au 2 septembre 1930. La masse dissipée sur l' aire abandonnée a été 218,000 m3. Le tableau XIII montre les changements de niveau et de vitesse superficielle des 4 profils de la langue:

Glacier d' Unteraar. Mensurations de la Compagnie des Forces motrices de l' Oberhasli.

Tableau XIII. Variations du niveauVitesses superficielles .moyen, en m./anmoyennes, en m./an des profils1927/28 1928/29 1929/301927/28 1928/29 1929/30 Mieselen: 2420 m.1,71,31,638,837,236,4 Pavillon Dollfus: 2290 m.1>45 -2,3 -0t143,,34,033,0 Brandlamm, Supérieur: 2130 m.0,4 -¾M0,M18,017,,16,, Brandlamm, Inférieur: 2020 m.2,41,15 -1,25,,6,05,4 Sur l' affluent du Finsteraar, le profil du Grunerhorn s' est abaissé aussi de 1,2 m .; en même temps la vitesse y diminuait de 1,5 m./an. Sur l' affluent du Lauteraar, le profil du Wildläger a montré la même chose: le niveau moyen s' est abaissé de 0,9 m. et la vitesse de 1,8 m./an.

Le glacier d' Unteraar, ou tout au moins — car nous savons peu de chose de son collecteur — son dissipateur a subi une décrue généralisée et un ralentissement corrélatif. Les ingénieurs évaluent sa perte de substance, de l' au 1929 à l' automne 1930, à 10,4 millions de m3, soit 4,8 millions du front au profil du Mieselen et 5,6 millions de ce profil aux profils amont des deux grands affluents constituant le glacier. Cette dissipation peut paraître énorme: elle n' atteint pourtant pas la moitié des 23 millions de m3 de la période 1928/1929, années d' ablation exceptionnelle.

( Kraftwerke Oberhasli A.G. ) Au Trift, la décrue se poursuit partout. Des amas de cailloux sont venus au jour sur le plateau entre la cabane et le Triftlimmi. Le glacier s' encaisse entre ses remparts morainiques. Son recul semble n' avoir pas cessé depuis quelque 40 ans. A cette époque, paraît-il, on n' avait pas besoin de descendre pour gagner le glacier depuis le steinmann de la Wildegg; maintenant, la dénivellation est de 50 m.Campiche. ) Le Thierberg, qui était en crue de 1921 à 1925, recule lentement. Au Rosenlaui, très crevassé dans toute son étendue et sujet à de fréquents écroulements locaux, les rochers pointant en son milieu prennent toujours plus d' extension. L' abaissement du niveau des glaces dans le Wetterkessel s' accuse. La piste allant du col de Dossen à ladite Wetterkessel devient plus ardue le plus déclive, comme aussi la « route d' hiver » qui suit la marge droite du glacier dans toute sa longueur sous le Dossenhorn.Campiche. ) Les deux glaciers du Grindelwald, dont l' étude spéciale par la Commission est terminée, sont rentrés dans le réseau des contrôles forestiers.

Le recul du glacier Supérieur se poursuit activement, spécialement sous le Milchbach. Çà et là des masses complètement détachées du front fondent sur place.

Le retrait du glacier Inférieur semble aussi s' être un peu accentué; il a fallu creuser deux fois la grotte du lobe frontal droit, en raison des crevasses qui la sapaient.Müller. ) Un gros bloc de rocher a été mis à nu par le retrait frontal du Rätzli.

( Schwarz. ) IH. Bassin de la Beuss.

Tableau V. Variations, en mètres, en Glaciers192819291930 FirnMpli E12,524Griessen24128 Kartige17114,5 Wallenbühl ( Voralp ) ...111117 Kehlefirn17,51710 Schlossberg6,5115 Hüfi42 Brunni4,548 Schiessbach31221 Damma42518,5 St-Anna10,52,54 Tiefen510,51,5 IV. Bassin de la Limli.

Sulz - 1)505,5 Clarides — 40(137 1 Biferten28 0 En décrue: Griess — 3.

Le dissipateur du Griess ( Unterschächen ) est couvert de matériaux morainiques dans sa plus grande partie. Devant le glacier de Schlossberg gisait un lambeau « mort » long de 30 m ., large de 8 m. et épais de 4 à 10 m ., protégé quelque peu par de la moraine. Tout le dissipateur glaciaire est fortement crevassé.

Le lobe frontal gauche du Hüfi, bien que le glacier soit en retrait, a continué de pousser des blocs devant lui édifiant un rempart typique. A la hauteur de la cabane, l' affaissement des glaces est très grand.

Au Brunni, la bosse rocheuse qui surgit du milieu du vallon, se déglacie de plus en plus; le glacier a à peine 10 m. d' épaisseur à son arrivée sur cette bosse.

Le Kartigel, en recul aussi, avec un beau portail et une langue assez crevassée, n' est plus alimenté que par les névés de la région Winterberg-Fleckistock. La région Winterberg-Splitzer est aujourd'hui entièrement déglaciée.

Le Wallenbühl ( Voralp ) a reculé de 17 m. en moyenne; ce recul va qu' à 30 m. au portail, mais la crue de 6 m. du lobe frontal droit atténue le retrait total. Le glacier a édifié devant lui divers remparts morainiques témoignant d' oscillations répétées de son front au cours de l' année.

Au Schiessbach, une énorme avalanche balayant tout le glacier, a rasé la moraine frontale qui le cernait encore en 1929.

Le Kehlenalp, très crevassé, avait un beau portail. Au Tiefen, le front a avancé un peu à gauche, reculé à droite et au milieu Le glacier n' a pas atteint les trous forés dans la roche en place en 1929 pour l' étude de l' érosion glaciaire.

Tous ces renseignements émanent de M. l' inspecteur cantonal des forêts Oechslin, notre collègue de la Commission des glaciers.

Au Firnälpli E, la base de mensurations, établie en 1894 et envahie ultérieurement, est redevenue libre de glace et a pu être utilisée derechef pour le contrôle.Reinhart. ) V. Bassin du Rhin.

Tableau V. Variations, en mètres, en Glaciers192819291930 Sardona166,55,5 Piz So114,54,515,5 Punteglas11,5134,5 Ober-Segnes9,5Vorab1619 Lavaz10,515,53,s Tambo11204 Zapport1015Porchabella14,57,,12,s Paradies211710 Uertsch15Verstankla1026,5 Lenta15150 VI. Bassin de l' Imi.

Morteratsch81111 Roseg24,510,512,5 Jenaisch8,58Lavin177Lischanna5,512,s9,6 Schwarzhorn2,521 Picquog116,58,57 Tiatscha57603,5 VU. Bassin de l' Adda.

Forno — 514,57 Pala — 52015,5 Albigna — 84,5Bondasca06Cantone — 44,5 VIII. Bassin du Tesstn.

Tableau XV ( suite ).

Variations, en mètres, en Glaciers Rossboden.

Muccia

Bresciana

Basodino

1928 1929 1930 4,5 — 41 - 51 28(5 - 27>5 - 6 349 9 — 12 10 Stalionnaire: Scaletta.

Le Vorab, abandonnant la terrasse de débris qu' il couvrait encore récemment, a reculé jusqu' à l' abrupt qui la barre en amont. Au Lavaz, un lambeau de glacier « mort » gît, détaché du front, sous sa couverture de moraine. L' aile occidentale de la langue, depuis plusieurs années recouverte de névé, est apparue pour la première fois dépouillée de son revêtement glacé.

MM. Vogt et Meisser n' ont malheureusement pas pu visiter les glaciers du Val Bregaglia dont ils ont entrepris la surveillance.

Le Bresciana est très crevassé; sa langue s' est amincie aussi.

Le tableau XVI récapitule toutes ces observations. Tableau XVI.

Bassins Nombre de glaciers observés en crue stalionnaires en décrue Rhône

41 6 5 30 Aar

15 0 3 12 Reuss

13 3

0 1 0 1

13 1

Linth

Rhin

12 0 2 10 Inn

6 2

0 0 0 0

6 2

Adda

Tessin

4 1 0 3 Totaux

96 8 11 77 % en 1929

11 8 12 12 77 80 % en 1930

Différences en ¾

Donc, en 1930, de 100 glaciers des Alpes suisses, 8 seulement étaient en crue, 12 étaient stationnaires et 80 étaient en décrue.

Le régime de décrue prévalait donc complètement sous l' effet de la pénurie des précipitations hivernales et, pour une part aussi, des pluies estivales fréquentes favorisant l' ablation des langues glaciaires d' altitudes basses.p.L. M.

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