Louis Gianoli

Hinweis: Questo articolo è disponibile in un'unica lingua. In passato, gli annuari non venivano tradotti.

Par A. Roussy.

« Il faut, pour peindre les Alpes, les avoir vues et les aimer, les avoir étudiées en toutes saisons, car, là-haut, les saisons se développent avec bien plus d' intensité que dans la plaine », écrivait, il y a quelque treize ans, le peintre genevois Louis Gianoli, dont Les Alpes reproduisent aujourd'hui le beau tableau l' Alpe en hiver. « Voyez, dit-il aux jeunes artistes, observez, comparez; mieux encore: écoutez la voix de votre conscience, et si vous êtes sincères, si vous ne vous laissez pas influencer par une recherche factice, si vous voyez la nature telle qu' elle est et non telle que certains voudraient qu' elle fût, vous saurez comprendre ses mystères et vous contribuerez par vos œuvres à faire connaître les richesses ignorées de nos Alpes. Et si vos camarades alpinistes retrouvent dans vos tableaux cette nature qu' ils admirent tant là-haut, ce calme imposant des hauteurs et cette harmonie parfaite qui frappent tous les vrais montagnards; si, sans se préoccuper du sujet, de la facture ou de la signature, ils se sentent émus, c' est que vous aurez, comme eux, été touchés par la beauté sereine qui règne sur les hauteurs, au seuil de la plus sublime des cathédrales. Et ce sera votre plus belle récompense * ). » Il nous a paru que le tableau qui orne le présent numéro des Alpes est la meilleure illustration des sentiments qu' exprime le peintre dans les lignes que nous venons de transcrire. Depuis une trentaine d' années, en toutes saisons, Gianoli séjourne dans le Valais, plus spécialement à la Forclaz d' Hérens. A vrai dire, il a commence sa carrière par la peinture de genre, mais dès ses premières courses dans nos Alpes, il sentit que sa vocation l' appelait à chercher à rendre les beautés nouvelles qui se présentaient à ses yeux émerveillés. Et dès lors il a pénétré les mystères de ce monde des sommets et des hautes vallées en interprétant la nature alpestre dans sa vérité. Nos camarades alpinistes estimeront, croyons-nous, comme nous, que les caractères de la montagne en hiver se retrouvent, dans ce tableau, avec leur vrai caractère. Ne sent-on pas que ce caractère est rendu là par un alpiniste enthousiaste? Ne ressent-on pas le sentiment de sincérité, de fidélité à la réalité, à la nature, en voyant un tableau tel que celui-ci? Sans doute y a-t-il plusieurs façons de comprendre la nature, de la reproduire sur une toile; sans doute aussi peut-on chercher à l' interpréter selon ses propres sentiments à un moment donne. Certains n' ont remarqué dans les montagnes que « de sublimes horreurs » ou des « spectacles terrifiants ». Gianoli, lui, y voit la tendresse, la pureté, et il convient de l' en féliciter. Il ne se laisse pas « influencer par une recherche factice », il est sincère, profondément sincère.

Certains de ses tableaux ont été acquis soit par la Confédération, soit par divers musées. Ajoutons que c' est en grande partie à lui que nous devons les expositions d' art alpin organisées par le C.A.S. puisque dans l' article cité plus haut il écrivait: « Ne serait-ce pas une tâche digne de l' activité du Comité central du Club Alpin Suisse de prendre l' initiative d' une exposition nationale à laquelle tous nos peintres de la montagne seraient invités à prendre part? » Et l'on sait le succès remporté par nos deux expositions.

Feedback