Nevado Cayesh

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PAR MARCEL BRON

Chaque grimpeur a, dans sa vie d' alpiniste, connu l' envie de conquérir un sommet tout particulièrement. Parce que beau, majestueux, audacieux, ou encore parce qu' entouré d' une réputation d' inaccessibilité. Que sais-je, tout cela ce sont des atouts qui peuvent attirer le grimpeur vers une montagne que d' autres pourraient juger tout à fait quelconque.

C' est Claude Kogan qui me présenta le Cayesh. Elle le connaissait mieux que personne, pour en avoir fait le tour en 1957, et était la seule alpiniste européenne à en connaître toutes les faces. En contemplant longuement les photos qu' elle m' apporta, je le connus à mon tour et commençai à le désirer. Avec moi, Roger Habersaat et Jean-Jacques Asper.

Situé au sud de la Cordillera Blanca est, entouré des géants des Andes, Huascarân, Huantsân, Chinchey, Pucaranra, le Nevado Cayesh fait un peu minable avec ses quelque 5721 m d' altitude. Pourtant une réputation terrible l' entoure et une photographie, prise par l' expédition Lionel Terray du Huantsân, montre combien cette réputation est fondée.Véritable lame de roc et de glace, le Cayesh ne pourrait être accessible que par ses faces. Ses arêtes, extrêmement longues, découpées et garnies de monstrueuses corniches n' offrent aucune chance. Sa face sud, mal exposée, est trop enneigée. Reste la face nord-ouest et la facette nord-est, toutes deux d' une dénivellation de 700 m, extrêmement raides, et qui doivent présenter des difficultés rocheuses et glaciaires certainement très ardues. D' après Claude Kogan c' est la facette nord-est qui serait la plus rapidement en bonne condition. Mais elle est, en revanche, d' un accès plus difficile. Mieux vaut perdre un jour de marche d' approche que de se trouver devant une face impraticable...

C' est le 8 juillet que nous établissons à l' est de la montagne notre camp de base, dans le profond ravin du Chopiraju, entouré de toutes parts d' énormes avalanches de séracs. Il fait très froid et le site est très sévère. Pendant notre courte marche d' approche nous avons aperçu un instant la calotte sommitale de notre objectif et la hâte nous gagne de le voir, en entier, devant nous, et, peut-être, de le conquérir. Nous n' avons pour cela que très peu de temps, car dans neuf jours nous devons être de retour à Huarâs. Il nous sera donc impossible d' aménager progressivement la montagne, voire même de pousser plusieurs tentatives contre elle.

Nous ne nous rendons pas encore compte que nos chances sont minces et notre optimisme n' est pas encore entamé.

... Mon amertume est grande. Sur ce mauvais relais, nous avons décidé, voilà bientôt six heures, la retraite. La nuit nous a surpris en pleine escalade et sur cette face de rochers imbriqués nous n' avons aucune chance de trouver une plate-forme. Nous avons bien essayé d' amorcer une retraite rapide, mais l' homogénéité du rocher ne nous a pas permis de placer un piton de rappel et bien vite nous sommes revenus sur ce relais que maintenant je trouve bien inconfortable. Nous ne pouvons pas utiliser notre sac de bivouac, ni même nous déchausser. Roger, pour se chauffer, consomme notre meta; Seth Abderhalden qui, dans cette tentative, a remplacé Jean-Jacques, brûle nos coins de bois. Je suis tantôt assis, tantôt debout et il m' est impossible de dormir. J' ai trop froid, je n' ai même pas envie de manger.

Pourtant, ce matin, notre forme était excellente, notre moral, bon. Sans perdre de temps, nous avons forcé le premier rempart de dalles. Malgré nos sacs énormes, nous avons apprécié la beauté de cette varappe, l' ambiance extraordinaire qui se dégageait du décor. Aux passages d' escalades artificielle succédaient des passages libres d' une très grande difficulté et vraiment nous ne nous attendions pas à pareil morceau!

Notre amertume a commence à l' instant où nous résolvions ce premier problème et débouchions sur le névé, que du camp d' altitude nous avions jugé facile. La glace était très mauvaise, l' assurage tout à fait illusoire, la pente d' une inclinaison de près de 60Sur ce terrain où nous pensions évoluer avec rapidité et gagner quelques centaines de mètres sans trop de peine, nous avancions encore plus lentement, avec beaucoup plus de précautions que dans les dalles d' attaque. D' autre part, nous avions une juste vision de la suite des opérations: une grande dalle rocheuse sur laquelle étaient collés çà et là de larges névés, butant quatre cents mètres plus haut contre une tour dont les murs verticaux devaient constituer un obstacle très coriace. La coiffant, une calotte de glace qui bavait de toutes parts, formant d' impressionnants surplombs. Cet autre obstacle franchi, restait la pente sommitale redressée à 70° et longue de 150 m environ... Cela a achevé de nous déprimer.

Nous avons pourtant continue, essuyant de temps à autre de petites avalanches de pierres et de glace. A chaque mètre le sac se faisait plus pesant. Enfin la nuit est arrivée et nous a surpris en plein effort. Roger, sur les escarpolettes, luttait contre une mauvaise fissure surplombante luisante de verglas. Seth s' impatientait, deux longueurs au-dessous, et moi accroché aux pitons du mauvais relais qui nous sert maintenant de refuge!

Nous avons ressenti d' abord une sorte de soulagement: pour la première fois depuis ce matin nous allions pouvoir nous arrêter et manger un petit quelque chose. Puis la crainte nous a envahis. Nous étions à près de 5400 m d' altitude et il était évident qu' à l' endroit où nous nous trouvions il n' était pas possible de prendre toutes les dispositions nécessaires pour lutter contre le froid. C' est alors que nous avons tenté une rapide retraite... Vainement, hélas! et je pense maintenant que je vis un de mes plus pénibles bivouacs.

Roger se chauffe toujours au méta. Seth brûle encore ses coins de bois. Le ciel progressivement s' éclaircit, une à une les étoiles s' éteignent. Nous sommes complètement gelés, nos pieds sont insensibles. Dans ces conditions poursuivre l' escalade serait insensé, et je me réjouis de la décision que nous avons prise hier soir. Avec impatience nous attendons les premiers rayons d' un soleil qui, nous l' espérons, nous redonnera un peu de chaleur.

Glissant le long de nos deux filins réunis, nous reperdons le terrain que nous avions ravi hier avec tant de peine au Nevado Cayesh. Bientôt nous retrouverons nos amis, le toubib, Jean- Jacques, Emilio le porteur, qui doivent avec anxiété scruter la paroi où nous ne sommes plus. La lutte était par trop inégale; nous avons perdu: le Cayesh reste invaincu.

Mon amertume est grande. Pourtant dans mon cœur subsiste le désir de revenir au pied de cette montagne et, qui sait, peut-être de la conquérir enfin.

Während unsere Gruppe den Parrón Huandoy und die Aguja Nevada bestieg, kämpften unsere Kameraden am Cayesh, dem ungeheuer kühnen Felszahn in der Nähe des Huantsân. Es handelt sich vielleicht um den schwierigsten noch unbestiegenen Gipfel der Anden. Der Anmarsch über Chavin hatte unsern Kameraden einen Tag mehr Zeit gekostet als derjenige zur Laguna Parrón. Und vor allem am Zeitproblem sollte dieser Versuch scheitern. Als unsere Kameraden Seth Abderhalden, Marcel Bron und Roger Habersaat nach Durchkletterung von 300 m Wandhöhe, fast alles im 6. Grad, nach einem Biwak in den Seilen auf 5400 m, zurückkamen, da waren sie sich einig: Der Cayesh kann bestiegen werden, aber nur nach guter Vorbereitung des Weges. Man muss mindestens die Hälfte des Turmes mit fixen Seilen begehbar machen, Material hinaufbringen, sich dann im Basislager gut erholen, um dann schnell über den vorbereiteten Wandteil wegzukommen und mit einem oder zwei Biwaks den Gipfel zu erreichen. Dazu aber sind total mindestens 14 Tage nötig; unsere Leute aber hatten nur 7 am Berg selbst, denn das Datum der Rückreise stand unverschiebbar fest.R. S.

Warum das alles?

VON RUEDI SCHATZ Nun sind wir wieder alle daheim, die einen in Genf, die andern draussen im Toggenburg, weit verstreut in der Schweiz sind alle Kameraden, und unsere kleine Gemeinschaft ist äusserlich aufgelöst, zur Erinnerung geworden wie das Erleben, durch das wir in diesem herrlichen Jahr 1959 gegangen sind.

Was haben wir heimgebracht? Was ist an Dauerndem gewonnen? Am fassbarsten können darüber wohl unsere Wissenschafter Auskunft geben. Ihre Arbeit ist noch längst nicht fertig. In diesem Heft geben sie einen ersten, groben Überblick über das, was sie in Peru finden und erkennen konnten. Die gründliche Auswertung aber braucht Zeit, und wenn diese nötige Zeit vergangen ist, dann wird eine schöne Karte, werden Arbeiten über die Geologie und die Flora einer vergessenen Gegend vorliegen.

Fassbar ist auch dieses Heft, das unsern Clubkameraden einen kleinen Teil unserer Erlebnisse mitzuteilen versucht, wie die Vorträge, die wir da und dort halten, die Bilder, die wir zeigen durften. Diese Berichte versuchen, einen kleinen Teil der grossen Dankesschuld gegenüber dem SAC und allen seinen Mitgliedern und Gönnern abzutragen, die uns das Abenteuer ermöglicht haben. Hier können sie an unserer Fahrt teilnehmen, so gut das daheim in der Stube, die « Alpen » in der Hand, möglich ist.

Das Wertvollste aber scheint mir doch dieses Erlebnis selbst zu sein, das wir alle als kostbaren Schatz der Erinnerung in uns tragen. Wir standen auf 19 Gipfeln, auf spitzen und auf breiten, auf mühsam erkämpften und auf leichter erreichten, im strahlenden Sonnenlicht und in dichtem Nebel. Aber sie bezeichnen ja jeweils nur eine Etappe eines Weges, der selbst das Ziel einer Expedition ist.

Was durften wir erleben an diesen gleissenden Tropenbergen, wie manchmal ging der Atem keuchend, wie oft sauste der Pickel in das Eis der Flanken, wie zögerten wir vor dem Betreten der gewaltigen Wächten, wie wühlten wir uns mühsam durch den tiefen Pulverschnee am schwindligen Steilhang, wie oft waren wir erleichtert bei der Rückkehr ins Lager! Und können wir die Abende je vergessen im Messezelt, das Rumoren und Klappern der Küche nebenan, die Laterne ob dem kleinen Klapptisch, die braunen Gesichter und die verwilderten Barte, die Nachrichten aus der Heimat, das Hineinkriechen in den Schlafsack, das Grasrupfen eines Maultiers neben dem Zelt, die Arrieros zusammengedrängt unter braunen Ponchos, der klare Himmel mit tausend Sternen, die Wasser, gefroren in der Kälte der Nacht, die Ruhe des Dunkels über uns alle gebreitet. Und tauchen vor uns nicht immer wieder die lachenden Gesichter unserer Träger auf: Emilio mit seinem schwarzen Hut, Absolom mit seinem Bubenkopf, denken wir nicht zurück, immer wieder, an die grüne Überfülle des Urwaldes, an die tosenden Flüsse, an die lange Kolonne, die sich über die Pässe windet, an die Mulas und die Rufe ihrer Treiber. Und die Weite des Meeres und der grossen, jungen Länder ist in uns und hat einen Hauch von Heimweh hinterlassen nach der Freiheit, nach grenzenlosem Raum, nach Wandern, nach dem einfachen Leben im wesentlichen, im Gehen, im Schlafen, im Essen, im Zeit haben zu besinnlichem Schauen, in der Gemeinschaft einer festen Kameradschaft.

Und das vielleicht ist das Schönste: wir werden verbunden bleiben miteinander! Dreieinhalb Monate gleiche Freuden, gleiche Ängste, gleiche Hoffnungen, gleiche Sorgen stellen ein starkes Band dar. Wir erreichten nicht nur unsere Ziele, wir konnten lachen dabei, viel und herzlich. Jeder hat seinen Teil beigesteuert, in Küche und Lager, bei Packen und Schreiben, am Berg und im Tal, im Spass und im Ernst. Nirgends wie auf einer Expedition zeigt sich der wahre Wert des Menschen, die ganze innerste Persönlichkeit. Was gibt es da für Schichten um diesen Kern in unserem Alltagsleben, Schichten, die Starkes und Schwaches verbergen; da ist die Mauer des Herkommens, dort der Bildung, hier der Stellung, dort der Äusserlichkeit und wieder der Mantel der Unscheinbarkeit, das Vorurteil und die Anmassung. Und alle diese Hüllen und Schichten, die allzu glänzenden und die zu farblosen, fallen weg auf gemeinsamer Fahrt. Und übrig bleibt der Mensch selbst, seine Stärke und seine Angst, sein Humor oder seine Kleinlichkeit, seine Hingabe oder sein Egoismus.

Dieses Erlebnis hat dann etwas Beglückendes, wenn der Mensch nach Fallen aller Hüllen die Probe besteht. Ich will meine Kameraden nicht rühmen, sondern nur sagen: morgen schon würde ich wieder mit ihnen ausziehen, und wäre es, wohin es sei, in ihrem Kreis würde mir nie bangen.

Karten, Geologie, Pflanzen; Farbenbilder und einige Vorträge; ein schön gedrucktes Heft, 19 Gipfel und ein Schatz von Erlebnissen. Genügt das? Lohnt sich eine solche Unternehmung? Noch mehr: lässt sie sich rechtfertigen? Darf man deswegen Arbeit und Familie verlassen? Die Risiken auf sich nehmen? Von Lohnen in einem materiellen Sinn kann freilich keine Rede sein, und den schweizerischen Wertmaßstab, der in der Regel in Franken besteht, müssen wir verlassen. Aber nur schon eines: Wir Teilnehmer, aber auch viele, die unsere Bilder sahen, haben Freude gehabt. Ich sage Freude, nicht Vergnügen. Unter Vergnügen versteht unsere vergnügungssüchtige Welt in der Regel ein weitgehend müheloses Geniessen. Freude haben aber kann man an Musse und Anstrengung, an Pflichterfüllung und Freiheit, und es scheint mir wenig höhere Lebenswerte zu geben als diese echte Freude. Und sie wurde uns im Übermass zuteil!

Freude am Keuchen, Freude am harten Lager am Boden, Freude am Lagerfeuer, an einem Stücklein Schaffleisch, Freude am Abenteuer, am Schritt ins Unbekannte und an der Gefahr. Es ist vielleicht eine kindliche Freude, eine Freude der Buben, die von Kapitänen und Cowboys träumen, und Bergsteiger mögen Menschen sein, die nie ganz erwachsen werden. Und doch, ist diese Freude am materiell Unvernünftigen, am Unbekannten, an der Gefahr nicht etwas wesentlich Menschliches?

Sind nicht europäische Menschen seit Jahrhunderten über die Erde gezogen, zum Nord- und Südpol, durch Wüsten und Urwälder, sind sie nicht eingedrungen ins Kleinste wie ins Grösste der Natur aus keinem andern Grund, als aus dieser Freude am Unbekannten, aus dem Mut zum Neuen, zur Gefahr? Wo der Mensch etwas Neues schaffen will, muss er den Mut haben, den Schritt ins Unbekannte zu tun, die Gefährdung auf sich zu nehmen, sei es geistig, sei es körperlich, sei es für körperliche und geistige Existenz zusammen. Der Forscher, der Künstler, der grosse Unternehmer, der Neues aufbaut, sie alle brauchen vor allem diesen Mut.

Das sind hohe Vergleiche: die Bergsteiger, die da mit ihrem Rucksäcklein dem Gipfel zustreben, bewegen sich auf einem bescheidenen Niveau dieses menschlichen Weges zum Neuen, ihr Teil an diesem Wagnis zum Schöpferischen ist klein. Und doch, ist nicht auch in ihnen ein wenig von diesem Geist lebendig, von diesem Mut, der alles Wesentliche geschaffen hat? Und darf man in unsern Jungen nicht dieses Feuerchen lebendig erhalten in einer Welt, wo viele nur noch nach materieller Sicherheit fragen? Und soll man sich nicht freuen, dass die vielen Bergsteiger, ob sie nun in unsern Alpen oder in fernen Gebirgen ihre Wege suchen, noch einen Keim dieses Geistes hegen und pflegen, selbst wenn auch sie sonst in einem Leben der Sicherheit eingebettet sind?

Ich glaube ja. Und ich glaube, dass darin die letzte Rechtfertigung einer Expedition liegt. Und ich danke allen jenen, die auch so denken und nicht zögern, diesen Geist zu unterstützen, zu pflegen und zu fördern. Und so muss ich danken dem Schweizer Alpenclub und allen seinen Mitgliedern, deren Opferwillen unser Leben um unvergessliche Erlebnisse bereichert hat, unsern Arbeitgebern, die uns ziehen liessen, unsern Frauen, die zu Hause das schwere Warten auf sich nahmen. Und dann vor allem auch meinen Kameraden für ihre Mitarbeit, für ihre Fröhlichkeit, für ihre Freundschaft.

Bestiegene Gipfel 29. Mai Nevado Kaico 5265 m 14. Juni Nevado Redon do 5250 m Pico Eugenio 5100 m Cabeza Bianca 5940 m 30. Mai Nevado Chaullaccassa 5100 m Nevado Artisión 5430 m 31. Mai Nevado Pucapuca.

5450 m 15. Juni Nevado Panta 5840 m 4. Juni Nevado Paccha 5210 m 17. Juni Nevado Runasayoc 5400 m Nevado Soirococha 5540 m 10. Juli Nevado Huandoy-Nordwand 6395 m 7. Juni Pumasillo 6070 m 12. Juli Chopiraju 5456 m Camballa 5720 m 15. Juli Aguja Nevada 5886 m 10. Juni Nevado Choquetacarpo 5520 m 16. Juli Aguja Nevada Chica 5500 m 11. Juni Nevado Kuima 5570 m DIE WISSENSCHAFTLICHEN ARBEITEN

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